ASDE 053 Brèves de Luc

 

Les Brèves de Luc

 

Je vous en avais déjà parlé il y a quelque temps, c’est maintenant quelque chose de concret, vous pourrez ainsi lire « Les Brèves » de Luc au fil des mois. Ces brèves seront de courtes nouvelles, plus profanes que religieuses probablement, ayant trait à des aspects de l’actualité, le plus souvent passées quasi sous silence et qui sont de nature à attirer notre attention pour aiguiser notre sens critique. Inutile de préciser que le monde va mal, chacun de nous ne peut que le constater au fil des jours. Luc se démènera donc chaque mois pour insister sur l’un ou l’autre point de cette actualité en nous montrant également que des nouvelles peuvent aussi être positives.

B1 – Indignation sélective Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a annoncé la fermeture de 7 mosquées et l’expulsion de 60 imams pour avoir outrepassé une loi interdisant les financements étrangers de responsables religieux. Ces mosquées sont liées à une organisation culturelle et islamique turque, dépendant elle-même de la Diyanet, la direction des affaires religieuses en Turquie. Selon Die Zeit, la colonie turque compte environ 360.000 personnes en Autriche (soit 4,17 % de la population totale) dont 117.000 n’ont que la nationalité turque. Monsieur Erdogan, qui voit dans ces décisions ce qui s’apparenterait à « une guerre entre la croix et le croissant de lune », promet de réagir. Et pourtant les rares chrétiens survivants en Turquie seraient si heureux s’ils pouvaient jouir du dixième de la liberté religieuse dont jouissent les musulmans d’Autriche !

B2 – Vox populi, vox Dei ? – Le 25 mai 2018, les électeurs irlandais ont voté à plus de 66% contre la vie et pour l’eugénisme de fait…Leur premier ministre, a déclaré que ce référendum était « l’aboutissement d’une révolution tranquille. Le peuple a fait savoir qu’il souhaitait une Constitution moderne pour un pays moderne, qu’il faisait confiance aux femmes et qu’il les respectait pour prendre les bonnes décisions concernant leur propre santé. »

La consultation irlandaise posait précisément la question de l’abrogation du 8e amendement de la constitution irlandaise, introduit en 1983, qui interdit l’avortement au nom du droit à la vie de « l’enfant à naître (…) égal à celui de la mère ».

Après le décès par septicémie d’une femme enceinte, une réforme avait été introduite en 2013 permettant une exception lorsque la vie de la mère est menacée.

L’avortement sera donc autorisé en Irlande durant les 12 premières semaines de grossesse, ou jusqu’à 24 semaines en cas de risque pour la santé de la mère ou du bébé… Gardons-nous de tels médecins qui préfèrent supprimer leur patient quand sa santé est compromise…

Pour info, voici la traduction par Émile Littré du serment d’Hippocrate originel :

« Je jure par Apollon, médecin, par Asclépios, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l’engagement suivants :

Je mettrai mon maître de médecine au même rang que les auteurs de mes jours, je partagerai avec lui mon savoir et, le cas échéant, je pourvoirai à ses besoins ; je tiendrai ses enfants pour des frères, et, s’ils désirent apprendre la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni engagement. Je ferai part de mes préceptes, des leçons orales et du reste de l’enseignement à mes fils, à ceux de mon maître et aux disciples liés par engagement et un serment suivant la loi médicale, mais à nul autre.

Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté.

Je ne pratiquerai pas l’opération de la taille, je la laisserai aux gens qui s’en occupent.

Dans quelque maison que j’entre, j’y entrerai pour l’utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou esclaves.

Quoi que je voie ou entende dans la société pendant, ou même hors de l’exercice de ma profession, je tairai ce qui n’a jamais besoin d’être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas.

Si je remplis ce serment sans l’enfreindre, qu’il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais des hommes ; si je le viole et que je me parjure, puissé-je avoir un sort contraire ! »

B3- Europe arc-en-ciel Le 17 mai, le drapeau européen a été supplanté durant 24 heures, sur la façade de notre SPF Affaires Etrangères par le drapeau du lobby LGBTI (Lesbian-Gay-Bisexual –Transgender-Intersexed) Quel symbole ! Quelle mutation ! Quelle étrange façon de célébrer la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie (IDAHOT) du 17 mai, qui coïncidait ironiquement cette année avec le début du ramadan. En un demi-siècle, on nous a appris à « tolérer » (= promouvoir) des tendances sexuelles jusque-là considérées universellement comme a-normales (= sortant de la norme) et tolérées de facto. A force de « tolérance », nous sommes passés à la légalisation et donc la banalisation de ces pratiques par le mariage pour tous puis l’adoption par tous. Aujourd’hui, nous en arrivons à leur normalisation (= elles deviennent la norme) … exclusive de tou te autre norme demain ?

Tous ne peuvent pas se retrouver dans ce symbole alors qu’un drapeau, arc-en-ciel de surcroît, devrait être rassembleur ! Un drapeau n’est pas anodin. Il représente une histoire, un pays, une société, un mode de vivre-ensemble, des valeurs communes. Autrefois, on « servait sous les drapeaux » jusqu’au don de sa vie parfois. Pourrions-nous avoir une même loyauté, une même fidélité, un même attachement viscéral pour cette Europe, mutante, amnésique et volontiers donneuse de leçons, dont les « valeurs » fluctuent au gré des intérêts des lobbies et de la vision sociétale de quelques « élites » réformatrices ? Les nouveaux arrivants, de tous horizons, peuvent-ils s’intégrer à notre société à certains égards si choquante pour eux autant qu’elle l’aurait été pour nos aïeux ? Autrefois, la pudeur interdisait d’étaler sur la place publique ses pratiques sexuelles. Maintenant, certains les arborent … en notre nom à tous.

B4 – L’objection de conscience menacée en France (et ailleurs) – Suite à l’intéressante ’interview du Dr de Rochambeau en septembre :

 https://www.tf1.fr/tmc/quotidien-avec-yann-barthes/videos/l-interview-integralite-docteur-bertrand-de-rochambeau-gynecologue-refuse-de-pratiquer-ivg.html , médecin ayant autrefois pratiqué des avortements et actuel président des gynécologues et obstétriciens de France,  à propos de la réalité de l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) et de l’évocation de la clause de conscience, Agnès Buzyn, ministre française de la Santé, a dit qu’elle demanderait  un « état des lieux » sur l’accès à l’IVG en France pour s’ «  assurer qu’il n’y a pas une augmentation du nombre de médecins qui font valoir la clause de conscience » pour ne pas avoir à pratiquer cet acte. Après les modifications législatives récentes en France en matière d’IVG visant à en supprimer les garde-fous, telle la suppression de la notion de détresse et du délai de réflexion, en viendra-t-on à refuser aux médecins le droit à l’objection de conscience ? Pourquoi tant d’acharnement contre la vie à naître ?

 

B5 – De quoi j’me mêle ?Madame Zuhal Demir, secrétaire d’Etat en charge de la Lutte contre la pauvreté et l’Egalité des chances a été, en 2017, la cible des médias turcs (qui, comme on sait, n’ont plus de liberté, comme l’ensemble de la société turque) qui la présentaient comme un soutien du PKK. En juin 2018, elle était menacée de mort ainsi que sa fille de six mois suite à de semblables accusations d’une candidate belgo-turque de Be.one, le nouveau parti de l’islamiste Abou Jajah. C’est ensuite la page facebook de l’AKP en Belgique qui appelle les électeurs de Genk à ne pas voter pour Zuhal Demir, candidate aux élections communales. Le parti du président Erdogan la présente comme une « ennemie de l’islam et de la Turquie » et il l’accuse, ainsi que la NVA dont elle est issue, d’attiser « le racisme et l’animosité contre l’Islam en Belgique ».

 

Madame Demir s’est récemment opposée au port du voile à l’école ainsi qu’à l’ouverture d’une école islamique à Genk. Last but not least, elle est d’origine kurde…

 

B6- L’Ukraine sans « faciliteiten » Quelques voisins UE de l’Ukraine (dont la Hongrie) sont en froid avec celle-ci suite à une vaste loi sur l’éducation adoptée le 5/9 par le Parlement ukrainien et dont le volet linguistique est le plus sensible. Selon l’article 7, les écoles ukrainiennes devront délivrer, d’ici 2020, un enseignement presque uniquement dans la langue nationale, l’ukrainien, alors que la législation permettait jusqu’ici aux enfants issus des minorités nationales de suivre un enseignement complet dans leur langue maternelle. Seules « une ou plusieurs matières » pourront ensuite continuer à être enseignées dans des langues « natives ou de l’Union européenne » ce qui exclut les nombreuses écoles russophones d’Ukraine. Les révolutionnaires ukrainiens de 2014 ne font décidément rien pour favoriser la réconciliation avec leurs compatriotes russophones.

 

B7 – Meurtre diplomatique Le journaliste saoudien Djamal Al Khashoggi a été assassiné au cours d’un rendez-vous au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul le 2 octobre. Son corps n’a toujours pas été retrouvé. Sans doute parce que son état choquerait le monde davantage encore ? Ceci jette une ombre glacée sur Mohamed Ben Salmane (MBS), le prince héritier saoudien qui, depuis l’avènement en janvier 2015 de son père, âgé et malade, a pris les choses en main. A côté de mesures modernes telles l’autorisation de conduire pour les femmes, l’ouverture de salles de cinéma etc., on lui « doit » également la guerre sanglante et interminable au Yémen (qui fait les affaires de nos marchands d’armes occidentaux), la rétention quelques jours du Premier ministre libanais Saad Hariri, la crise avec le Qatar, l’arrestation et la spoliation de nombreux princes et autres Saoudiens fortunés, des arrestations dans les milieux des droits de l’homme etc. Les articles de Jamal Khashoggi dans le Washington Post sur le despotisme du prince héritier ne lui avaient pas attiré sa bienveillance… Une question cependant : la Turquie d’Erdogan jouerait-elle un rôle dans tout cela ? On la sait volontiers manipulatrice. Connaîtrait-elle la vérité et ferait-elle chanter sa concurrente saoudienne pour n’en dévoiler qu’une partie en échange de concessions saoudiennes dans les dossiers contentieux du Qatar, des Kurdes syriens ou des Frères musulmans ? Il y a des morts plus opportuns que des vivants pour e mbarrasser la partie adverse.

B8 – Solidarité Kosovo – Arnaud Gouillon est persona non grata au Kosovo depuis septembre. Choqué par le pogrom anti-serbe de 2004 qui a duré deux jours à travers tout le Kosovo, ce Français fonda alors, à 19 ans, Solidarité Kosovo pour venir en aide aux 120.000 Serbes des ghettos du Kosovo. Convois de Noël, restauration d’églises, construction ou réhabilitation d’écoles, de fermes, de conserveries sont à l’actif de son association en faveur de ces chrétiens traités en parias par la majorité albanaise et généralement oubliés par nos sociétés qui prônent pourtant tellement la « diversité ». Aujourd’hui, le gouvernement kosovar lui interdit l’accès de son territoire. Sans doute Arnaud Gouillon est-il coupable d’aider et de faire connaître ces minorités serbes restées contre vents et marées et dont le triste sort nuit à la réputation du Kosovo albanais. Circulez, y a rien à voir… Pour ceux qui disposent d’internet, on ne peut que vous recommander l’article du 17/9 à ce sujet de Jean-Christophe

Buisson paru dans le Figaro :

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/09/17/31002-20180917ARTFIG00187-kosovo-la-solidarite-avec-les-serbes-n-est-pas-un-crime.php

 

B9 – Escalade : jusqu’où ? – Le président Trump vient d’annoncer la dénonciation par les USA du traité INF sur les fusées à portée intermédiaire signé par les présidents Reagan et Gorbatchev, en raison du non-respect par la Fédération de Russie (selon les USA) des engagements de l’URSS dans ce domaine. A un journaliste qui demandait au président Poutine ce qu’il ferait si les USA lâchaient la bombe atomique sur la Russie, celui-ci a répondu qu’il ferait de même et que ce n’est pas la Russie qui s’en sortirait le plus mal. Un remake de la crise de Cuba en 1961 lors de laquelle Khrouchtchev avait fait dire à Kennedy : « Si les États-Unis veulent la guerre, alors nous nous retrouverons en enfer. » ? A l’époque, Jean XXIII avait radiodiffusé un Appel à la Paix le 25/10/1962 (relayé en première page de la Pravda du lendemain) et N. Khrouchtchev et J.-F. Kennedy avaient eu la sagesse de négocier des concessions mutuelles. Chacun avait évité à l’autre l’humiliation d’un recul sans contrepartie, et du même coup avait sauvé de justesse le monde de l’embrasement nucléaire. Aujourd’hui, qui fera entendre raison aux USA, forts de leur hégémonie, afin qu’ils aient la sagesse de ne pas pousser à bout leur avantage face à une Russie, assimilée abusivement à l’ancienne URSS, qu’ils encerclent et menacent de toutes les manières (extension de l’OTAN vers l’est, coup d’état en Ukraine (provoquant en retour l’annexion de la Crimée par la Russie), guerre par procuration en Syrie, influence et présence en Afghanistan et ailleurs en Asie centrale, sanctions économiques avec le soutien bon gré mal gré des vassaux (dont nous sommes), manœuvres impressionnantes en Norvège, gesticulations aériennes en Lituanie, bases de missiles en Pologne) ? L’adhésion à l’OTAN devrait amplement suffire pour rassurer chacun de ses membres et garantir son intégrité territoriale. En faire davantage aux frontières de la Russie, c’est clairement la menacer et la forcer à la course aux armements. La Russie subit jusqu’ici stoïquement d’être choisie pour bouc émissaire par l’Occident. Jusqu’à ce que celui-ci aille trop loin… ?

 

B10 – Dictature de la pensée, une – Par arrêt rendu le 25 octobre 2018, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a conclu que les critiques à l’encontre de Mahomet, fondateur de l’islam, étaient constitutives d’une incitation à la haine et ne relevaient pas du droit à la liberté d’expression.

 

Avec cet arrêt sans précédent, la Cour de Strasbourg – qui a juridiction sur 47 pays européens et dont les décisions sont juridiquement contraignantes pour les 28 États membres de l’Union européenne – vient de légitimer en Europe le code islamique du blasphème afin de « préserver la paix religieuse ».

 

L’affaire concerne Elisabeth Sabaditsch-Wolff, condamnée en Autriche, en première instance et en appel, en 2011, pour « dénigrement de doctrines religieuses » dans le cadre de conférences qu’elle donnait sur les dangers de l’islam fondamentaliste.

Les ennuis juridiques de Sabaditsch-Wolff ont commencé en novembre 2009, à l’occasion d’un séminaire en trois volets sur l’islam qui a eu lieu au Freedom Education Institute, une Fondation politique liée au Parti autrichien de la liberté, membre aujourd’hui de la coalition gouvernementale autrichienne. Un hebdomadaire de gauche, News, a réussi à introduire un journaliste au sein du séminaire dans le but d’enregistrer secrètement les conférences. Les avocats de la publication ont ensuite transmis les transcriptions au parquet de Vienne comme preuves qu’un discours de haine se tenait contre l’islam en contravention de l’article 283 du code pénal autrichien (Strafgesetzbuch, StGB).

 

Le discours offensant s’est réduit en réalité à un commentaire désinvolte de Sabaditsch-Wolff contre Mahomet. Elle l’a traité de pédophile pour avoir épousé Aisha alors qu’elle n’était âgée que de six ou sept ans. Sabaditsch-Wolff a déclaré : « 56 ans d’un côté et six ans de l’autre ? Si ce n’est pas de la pédophilie, qu’est-ce que c’est alors ? »

 

La plupart des hadiths (recueils de récits concernant les paroles et les actes de Mahomet) confirment qu’Aicha était prépubère au jour de son mariage et n’avait que neuf ans quand le mariage a été consommé. Le comportement de Mahomet étant illégal en Autriche, les commentaires de Sabaditsch-Wolff étaient corrects au point de vue des faits, mais pas forcément sur le plan politique.

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