ASDE 051 Edito

 

Avons-nous véritablement conscience que lorsque nous nous adressons à Notre Seigneur, il se trouve réellement à nos côtés. Les Écritures nous disent que là où deux ou trois des siens sont réunis en son nom, le Seigneur est au milieu d’eux. A fortiori, dans un groupe plus conséquent, il est tout aussi présent, bien entendu. Et lors de nos assemblées dominicales, comme à chaque célébration eucharistique, le Seigneur est bien présent. C’est lui qui préside l’assemblée dans le chef du célébrant. Que dire de sa présence au moment de la consécration puisqu’Il prend véritablement la place du prêtre dont les mains sont comme le prolongement des mains de Jésus.

 

Mais il ne faut pas nécessairement que nous soyons plusieurs pour que le Seigneur soit là. Lorsque le chrétien se trouve seul et qu’il s’adresse à Dieu dans la prière, la présence de notre Dieu est tout aussi certaine. Dès que l’âme se tourne vers son Créateur, aussitôt le lien s’établit. Dieu, le mendiant de notre cœur, qui attend patiemment que nous nous tournions vers Lui, est tout à nous. Par un mystère qui nous dépasse, je ne me tromperais pas en vous disant que c’est un peu comme si nous étions les deux seuls êtres de l’univers. L’humanité tout entière, donc quelques milliards d’individus, se retrouverait dans la prière en même temps que Dieu se donnerait tout autant à chacun de nous en particulier.

 

La prière est ce moment privilégié par lequel l’âme entre en contact avec Dieu. Bien que nous souhaiterions parfois sentir cette présence du Seigneur, et, par grâce, Il peut nous l’accorder quand cela lui semble opportun et bon pour nous, le fait de ne pas avoir de ressenti n’intervient en rien dans la réalité de sa présence. Il me plait de savoir que même en me rendant en voiture d’un endroit à un autre, en priant, le Seigneur est à mes côtés. Le siège passager est libre, le Seigneur peut y prendre place. C’est comme si l’on s’était arrêté au bord de la route pour prendre en charge un auto-stoppeur, on lui ouvre la portière pour demander où il se rend, il monte à vos côtés. Vous lui aurez peut-être serré la main en signe de bonjour et de bienvenue. Pourquoi ne pas faire de même pour le Seigneur que nous avons convié à nous accompagner dans notre trajet, pour un temps plus ou moins long. Pensez à sa présence. Dites-vous bien que si vous lui tendez la main, pour l’accueillir, et par enthousiasme aussi,  il vous la saisira avec chaleur et amour. Ce que je dis n’est pas qu’une simple image mais une réalité finalement bien concrète puisqu’Il est là. Ne pas l’accepter comme une certitude, ce serait douter de la réalité de sa présence.

 

Le moment de la Consécration durant la célébration eucharistique est un moment privilégié de la présence de Jésus qui prend possession pleinement, totalement du pain et du vin. Notre foi nous fait dire oui à cette acceptation. Quand nous aurons quitté cette terre et que nous serons dans ce Ciel qui nous attend et pour lequel nous sommes créés, ne l’oublions pas, et que nos yeux nous permettront de voir ce qui se passe réellement à ce moment-là, combien nous regretterons de ne pas avoir pris la pleine mesure de l’acte eucharistique. Rappelez-vous ce témoignage de Catalina que nous avions repris dans un précédent numéro et qui nous amenait à avoir une idée plus concrète de la grandeur du mystère eucharistique, par la présence nombreuse non seulement d’êtres surnaturels de la milice céleste, comme celle de la Vierge Marie et de nombreux saints. Comme l’évènement doit être de taille, surhumaine, pour ainsi ramener au milieu de l’assemblée tous ces êtres célestes. Efforçons-nous de saisir la grandeur de cet instant et préparons-nous y dès l’offertoire.

 

Le Seigneur attend de chacun de nous que nous nous donnions à Lui tout entier mais, réaliste, Il ne connaît que trop bien nos faiblesses. Il sait très bien que les distractions peuvent à tout moment détourner notre attention. Il nous demande simplement cet effort qui nous permettra rapidement de revenir à lui, en toute simplicité.

 

Jésus est en fait toujours là près de nous, que nous l’ayons sollicité ou non. C’est nous qui ne sommes pas là. Quand on prie, il faut tout simplement rejoindre le Seigneur en se mettant en sa présence. Quand nous accueillons un ami chez nous, nous sommes tout heureux qu’il soit venu nous rendre visite. Sachant qu’il allait nous rendre visite, nous pouvons avoir été impatient de le voir arriver. Quand Jésus sait que nous allons l’appeler – Il connaît tout de nous – Il est, Lui aussi, impatient que nous arrivions, son Amour est tellement grand pour nous ! Nous avons, nous aussi, à susciter cet élan de notre cœur pour nous faire désirer sa présence. Ce que le Seigneur veut de nous, c’est notre détermination à vouloir venir à Lui.

 

C’est au fil des mois et des années que va se forger dans le cœur du priant cet amour de la prière. N’ayons pas peur d’avoir recours à des moyens bien simples pour « nous mettre en condition ». Ce que l’on appelle les oraisons jaculatoires font partie de ces moyens. Ce sont de petites phrases courtes qui impriment en notre cœur et notre âme cette mise en présence de Dieu : par exemple, « Jésus, j’ai confiance en toi, ouvre mon cœur à ton amour ». Essayez, en y mettant chaque fois toute votre ardeur, adhérant à ces vérités toute simples. Elles finiront comme par tisser une échelle pour grimper vers le Cœur de Dieu. C’est un peu comme une colline qu’il faut atteindre, par étape. Elle peut être dure à gravir, surtout au début mais une fois que l’on aura appris à la connaître, elle se découvrira à vous pour ce qu’elle est, dans toute sa beauté et sa lumière. Il en est de même du Cœur de Dieu qui ne désire qu’une seule chose, se faire connaître de tous pour se partager avec chacun.

 

C’est tout cela qui va transformer peu à peu notre être spirituel. Si l’on voit de beaux fruits dans les arbres, comme pour les cerisiers en cette période de l’année, ils ne sont pas nécessairement accessibles sans peine. Gravir la montage sacrée demande de sérieux efforts et une préparation sérieuse, mais lorsque le sommet est atteint, quel embrasement du cœur devant la beauté indescriptible des lieux et de ses environs.

 

Ainsi goûter de la présence du Seigneur demande humilité et persévérance. Surtout ne vous décourager pas dans votre quête. Il faut savoir être patient mais quelle joie quand les efforts seront récompensés.

 

Christian Dachy

 

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