ASDE 051 Jean-Pierre Snyers

 

Catholiques muselés ?

 

Pour moi, c’est clair : on essaye de museler les catholiques. Qui ? Les prêtres, les évêques et le pape. Comment ? En leur faisant comprendre que l’unique moyen d’amener les autres à la foi en Jésus-Christ est l’amour et la générosité. Problème : l’amour et la générosité existent aussi chez les athées, chez les adeptes de religions non-chrétiennes et même dans les sectes. Tant mieux d’ailleurs ! Dès lors, s’il faut se fier uniquement à ces deux critères, il est évident qu’on peut se convertir à toutes les idéologies. Et s’il faut attendre que les catholiques soient parfaits pour proclamer leur foi aux périphéries, ils sont inévitablement condamnés à ne jamais ouvrir la bouche pour évangéliser.

 

On le sait, le prosélytisme est considéré comme une horreur et une idiotie par la plupart des gens d’Eglise…qui ne semblent même pas se rendre compte que celui-ci est utilisé abondamment par beaucoup d’autres. Quel homme politique, particulièrement lors d’une campagne électorale ne cherche pas à convertir les électeurs ? Quel supporter de foot ne désire par convaincre que le club qu’il soutient est le meilleur ? Au vu de cela, où est encore dans l’Eglise l’ardeur d’un saint Paul qui écrivait : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ! » (1 Cor 9, 16) ? Qu’est devenue la Prédication apostolique qui vise la conversion des non-chrétiens pour le salut éternel de leur âme ? Au nom d’un dialogue inter-religieux qui fait fit de Celui qui est LA vérité (et non pas une vérité plurielle), Jésus est aujourd’hui trahi par ceux qui ont la mission de faire connaître qu’il est le seul chemin qui mène au Père et à son éternel Royaume. Réveillez-vous, pape François ! Réveillez-vous, prêtres, évêques et cardinaux ! En ratant l’essentiel de ce que Dieu vous confie, vous entraînez gravement votre peuple et la terre entière à renier Celui qui a dit : « Tu n’es ni chaud, ni froid. Ainsi, parce que tu es tiède, je te vomirai de ma bouche ! » (Apocalypse 3, 16).

 

Jean-Pierre Snyers

 

Sans gouvernail

Nous vivons dans un monde instable. Certes, il en a toujours été ainsi mais les bouleversements que nous constatons depuis une cinquantaine d’année sur le plan sociétal et religieux montrent plus que jamais une rupture idéologique par rapport à notre passé. Qui aurait pu imaginer il y a quelques décennies seulement que des réalités telles que l’avortement, le mariage entre personnes du même sexe, l’euthanasie et plus généralement l’abandon de notre héritage judéo-chrétien verraient le jour ? Pareil au niveau de l’Eglise. Stable au temps de mon enfance (je suis né sous Pie XII), celle-ci est devenue aujourd’hui une organisation de plus en plus confuse et divisée dans laquelle il y a autant de doctrines et de liturgies qu’il y a de curés. Chaque prêtre s’habillant comme il veut, disant ce qu’il veut et célébrant comme il veut, il est normal que les humbles fidèles ne s’y retrouvent plus et s’en détournent. Déjà désorientés par l’instabilité du monde, ceux qui espéraient trouver un socle dans la foi catholique en sont pour leurs frais en constatant combien celle-ci est gagnée par le relativisme.

 

Décourageant et critiquant ceux qu’elle appelle « rigides », « conservateurs » ou « identitaires » tout en ne cessant de courir derrière le monde, l’Eglise finit tellement par lui ressembler qu’on peut légitimement se demander quelles sont encore ses raisons d’exister. Si elle n’est plus sur terre pour nous parler du ciel, pour nous aider à nous préparer à l’éternité, si tout ce qu’elle a à dire tourne autour d’un « vivre ensemble » ici-bas, autant se contenter de s’engager dans des ASBL ou des projets humanitaires qui sont d’ailleurs bien utiles. Pas besoin d’être catholique pour cela. Bref, si le pape, les évêques et les prêtres estiment que leur institution s’est trompée durant 2000 ans, qu’elle nous a raconté des bobards jusqu’à Vatican II et que la Tradition doit être jetée aux oubliettes, qu’ils nous le disent clairement et ouvertement. Hélas, la franchise et la transparence n’étant pas des qualités premières en ce milieu, l’ambiguïté continuera sans doute à nourrir l’instabilité qui caractérise un navire désormais sans gouvernail.

 

Jean-Pierre Snyers.

 

Ces deux textes sont tirés du site : http://jpsnyers.blogspot.be/

 

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