ASDE 062 – Bienheureux les miséricordieux avec Mère Teresa

Mère Teresa et les Béatitudes

 

 

Bienheureux les miséricordieux

 

Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. (Mt 5, 7)

 

La miséricorde est plus qu’un sentiment de pitié ou de compassion. La miséricorde doit s’exprimer. Il est nécessaire de mettre constamment l’accent sur le fait que la miséricorde est l’amour qui répond à un besoin, l’amour qui jaillit pour rejoindre le besoin de la personne aimée. La miséricorde est la prière au Père des miséricordes au nom de celui qui souffre.

 

Mère Teresa est une lampe allumée qui rappelle aux disciples de Jésus les exigences de la parabole du Jugement Dernier. Jésus se présente comme celui qui a faim, qui a soif, qui est nu et étranger, malade et en prison (cf. Mt 5, 35-40).

 

A ceux-là qui se sont montrés miséricordieux, il dit : « c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). On est là au cœur de l’Evangile vécu.

 

Heureux les miséricordieux, …Car ils obtiendront miséricorde

Quand elle parle de cette parabole, Mère Teresa a un geste qu’elle affectionne particulièrement. De l’index de la main droite elle touche chaque doigt de la main gauche en redisant les paroles de Jésus : « Tu l’as fait à moi. » Ses mains noueuses et usées par le travail et qui exercent la miséricorde envers un si grand nombre, racontent leur propre histoire.

 

L’œuvre spirituelle de miséricorde est liée aux œuvres corporelles de miséricorde :

  • Avertir le pécheur,
  • Instruire l’ignorant,
  • Conseiller l’indécis,
  • Consoler les malheureux,
  • Supporter l’injustice avec patience,
  • Pardonner les torts,
  • Prier pour les vivants et les morts.

 

Ceux qui se consacrent aux œuvres corporelles de miséricorde se sentent nécessairement engagés dans le travail spirituel de la miséricorde.

 

 Seigneur Jésus,

 De ton vivant, tu nous as demandé

 D’être miséricordieux,

 Comme notre Père est miséricordieux.

 Marie nous assure que

 « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge. »

 Que par la puissance de l’Esprit Saint nous puissions,

 Chaque jour, nous montrer plus miséricordieux.

 Nous espérons obtenir,

 Malgré nos fautes et nos manques,

 La miséricorde promise dans cette Béatitude.

 

 

Ce que dit Mère Teresa

 

Devant un groupe de prêtres, Mère Teresa commenta ces paroles : « C’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 35-40).

 

En se rendant à Damas pour exterminer les chrétiens, Saint-Paul fut jeté à terre et entendit une voix : « Saül, Saül, Pourquoi me persécutes-tu ? » Puis il reçut une réponse très claire : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Ac 9, 4-5).

 

« Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » (cf. Mt, 25, 40). Si en mon nom, vous donnez un verre d’eau, c’est à moi que vous le donnez. Si en mon nom, vous recevez un enfant, c’est moi que vous recevez. (Mc 9, 37).

 

Il a également établi qu’à l’heure de notre mort nous serons jugés sur ce que nous aurons été et ce que nous aurons fait. Lui-même s’identifie à celui qui a faim, qui est nu, étranger, malade, isolé, indésirable, rejeté.

 

Il dit : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger. » J’avais faim d’amour et non seulement de pain. Nu, j’avais non seulement besoin d’un vêtement mais aussi de cette dignité humaine des enfants de Dieu. Etranger, non seulement je n’avais pas de maison de briques, mais j’étais dans la rue, exclu, indésirable, rebut de la société, et c’est à moi que vous l’avez fait. Jésus dans l’Eucharistie s’est fait pain de vie pour satisfaire notre faim de Dieu, car tous, nous avons été créés pour aime et être aimés. Ce que Jésus voulait dire est très clair car comment aimons-nous Dieu ? Si nous avons été créés pour aimer, nous souhaitons tous aimer Dieu, mais comment ? Où est Dieu ? Dieu est partout. Comment aimons-nous Dieu ? La réponse est : il nous donne l’occasion de faire aux autres ce que nous aimerions faire pour lui, de traduire notre amour pour lui dans un acte correct.

 

Dans la règle, Mère Teresa décrit le travail des sœurs :

L’aimer et le servir dans la détresse cachée du plus pauvre des pauvres, à la fois matériellement et spirituellement, en reconnaissant et en restaurant en eux l’image de Dieu et sa ressemblance.

Elles honorent la règle :

  • En soignant les malades et les mourants ;
  • En rassemblant et en enseignant les pauvres et les petits enfants de la rue ;
  • En donnant un toit à ceux qui sont abandonnés et sans abri ;
  • En s’occupant des exclus, des indésirables et des isolés ;
  • En allant vers les plus pauvres spirituellement pour proclamer la parole de Dieu par leur présence et exercer les œuvres spirituelles de miséricorde.

 

 

Vivre les Béatitudes

 

Après avoir commencé à travailler au milieu des bidonvilles, Mère Teresa comprit qu’elle devait également s’occuper des mourants, hommes, femmes, et même enfants, des rues de la cité regorgeant de réfugiés. C’était sa réponse en voyant Dieu mourant dans la saleté et les crachats.

 

Mère Teresa parle ainsi de cette époque : « Je ne pouvais pas laisser les enfants de Dieu mourir comme des bêtes dans le caniveau. » Quand elle recevait quelques roupies, elle importunait les chauffeurs de taxi pour qu’ils la conduisent, elle et les rebuts désemparés de l’humanité, à l’hôpital local.

 

Un jour, Mère Teresa amena à l’hôpital un homme qui avait la rage, dans une brouette qu’elle avait empruntée. On les envoya promener, elle et son patient. On pourrait dire que le mouroir de Calcutta est né à partir d’une brouette.

 

Mère Teresa refusa de partir, tenant bon pour le moribond. Ils finirent par l’accueillir. Certaines personnes à l’article de la mort n’étaient acceptées nulle part. C’est pour eux que Mère Teresa loua deux pièces au sol en terre battue au bidonville de Moti Jihl. Là, avec les sœurs, elle s’occupait des hommes, femmes et enfants mourants jusqu’à ce qu’ils aillent assez bien pour retourner à la rue, ou jusqu’à ce qu’ils traversent les portes de la mort.

 

« Au moins, disait Mère Teresa, je peux leur donner une mort humaine. » C’était tout ce qu’elle pouvait faire pour assurer la dignité sacrée d’une personne humaine.

 

 

Une bénédiction de Dieu à travers un article de miséricorde

 

La miséricorde dont Mère Teresa et les Missionnaires de la Charité faisaient preuve à Calcutta eut de magnifiques retentissements parmi les divers groupes religieux qui composaient la cité.

 

Telle une parabole, le récit de Mère Teresa sur un couple de jeunes mariés hindous offre un exemple poignant de la façon dont ces jeunes exprimèrent leur amour en sacrifiant les honneurs et le luxe pour ceux qui avaient faim.

 

Il s’est passé quelque chose de très beau à Calcutta. Deux jeunes sont venus me voir, des hindous. Ils me donnèrent une grosse somme d’argent. « Comment avez-vous pu vous procurer tant d’argent ? » leur demandais-je. Ils me répondirent : « Nous nous sommes mariés il y a deux ans. Avant notre mariage, nous avons décidé de renoncer à faire un grand festin et à acheter des tenues de mariés. Nous avons décidé de vous donner l’argent de cette économie pour nourrir les pauvres. » Dans une grande famille hindoue, une famille riche, c’est très choquant de ne pas avoir de tenue de mariage et de ne pas faire de grand festin. « Pourquoi avez-vous fait cela ? » leur demandai-je. Et ils me répondirent « Ma Mère, nous nous aimons tant que nous avons voulu obtenir une bénédiction particulière de Dieu en faisant un sacrifice. Nous avons voulu nous faire ce cadeau spécial. »

 

C’est magnifique, n’est-ce pas ? Des choses comme cela arrive tous les jours, des choses vraiment belles. Nous devons les faire connaître. Nous devons faire connaître les choses merveilleuses qui se passent dans le monde. »

 

 

« Les nôtres »

 

Mère Teresa connut une période de bonheur après s’être installée à Mexico pour y travailler avec les quatre premières sœurs. Sœur Frédérique, qui parle espagnol, interrogea les habitants d’un quartier pauvre sur leurs besoins. La Palabra de Dios (la Parole de Dieu) fut la réponse de ces familles pauvres. Les yeux de Mère Teresa pétillaient de joie. Partout où les sœurs étaient demandées, elles étaient prêtes à enseigner l’Evangile et préparer aux sacrements.

 

Comme lieu de travail, elles avaient choisi une immense décharge en bordure de Mexico, probablement la ville la plus peuplée du monde. On jetait là des milliers de tonnes de détritus et c’est là que s’étaient réfugiés les plus pauvres de ces millions d’habitants de Mexico. « Ils sont des nôtres » disaient les sœurs.

 

Ces gens travaillaient avec ardeur, triant la basura (les ordures) à la recherche d’objets récupérables, bouteilles, manches à balai, boîtes de conserve et pièces de mobilier. Tous les jours, des acquéreurs venaient en camion pour marchander avec ceux qui avaient fait le tri. La communauté qui vit dans la basura élève des porcs, des chèvres et des poulets. Ils utilisent les pesos gagnés pour ajouter des haricots et des tortillas à leur menu.

 

Avec l’aide du président du Mexique, on donna aux sœurs une parcelle de terrain. Avec de nombreuses autres ressources, on construisit un foyer pour les mourants et ceux qui étaient abandonnés, non loin de la décharge. Puis ce fut une clinique dirigée par les médecins volontaires et enfin un foyer pour enfants abandonnés. Ces petits avaient beaucoup de handicaps : certains étaient aveugles, d’autres avaient des membres déformés, certains avaient le palais fendu et d’autres le corps rétréci par la faim. Rapidement, des coopérateurs se joignirent aux sœurs pour permettre aux enfants de vivre aussi normalement que leurs handicaps pouvaient le permettre.

 

« Les nôtres », pour les Missionnaires de la Charité, c’était aussi ceux qui faisaient les poubelles du Caire en Egypte. Loin, au-delà de la Cité des Morts, étendue de tombes autour desquelles de nombreux vivants font leur gîte, se trouve la décharge des déchets du Caire.

 

Plus de dix mille éboueurs sillonnent le lieu dans des charrettes tirées par des ânes, pour rassembler les détritus. Cela leur donne le privilège de faire le tri pour trouver des objets vendables. Leur survie, comme leur mode de vie, est fondée sur les ordures, comme on le voit avec les porcs qui sont autour de leurs cabanes et qui se maintiennent en vie en fouillant dans les détritus. Dans un coin de la décharge se trouve le dispensaire et le centre social des Missionnaires de la Charité. Pour ceux qui font partie de cette communauté démunie – et ce sont surtout des Chrétiens – la vie de famille est importante. Les hommes et les plus jeunes conduisent les charrettes à ânes pour les chargements et déchargements. Les doigts agiles des femmes ramassent des boîtes de conserves, toutes sortes de choses, et même des éléments de bijoux bon marché.

 

Sœur Valérie de l’ile de Malte et cinq autres sœurs tiennent un dispensaire pour les enfants asthmatiques et souffrants. Les femmes viennent dans les classes pour y apprendre les bases de la couture et autres travaux aussi bien que l’hygiène (les cours d’hygiène comprennent la distribution du précieux savon).

 

Extrait de Mère Teresa et les Béatitudes (EdB)

Eileen Egan et Kathleen Egan, O.S.B.

 

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