ASDE 02 – Je suis le Chemin

Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie

Partie 1

 

A la suite de St Jean de la Croix et d’Elisabeth de la Trinité, laissons-nous guider par eux pour suivre celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie.

 

Fascinée par Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, avide de pénétrer toujours davantage dans la profondeur de son mystère, adorant du même mouvement sa transcendance infinie est son invraisemblable proximité, Elisabeth de la Trinité, à la suite de Jean de la Croix, affirme que Dieu est tout pour elle et elle souhaite que cela soit vrai pour chacun d’entre nous.

 

Elisabeth sait aussi que personne n’a jamais vu Dieu, mais que son Fils est venu le révéler (Jn 1,18), Jésus est le seul chemin qui conduit à Dieu. La spiritualité trinitaire d’Elisabeth sera toujours christocentrique. A la question du Christ : Pour vous qui suis-je ? Elisabeth répond dans sa prière : « O mon Christ aimé, crucifié par amour ».

 

Voilà qui est Jésus pour Elisabeth : « [son] Christ aimé ». C’est à lui qu’elle s’adresse en premier dans sa célèbre prière, à Lui l’homme Jésus, au Crucifié par amour, à Celui qui est la révélation du Père. Plus loin, elle s’adressera au Verbe : « O Verbe éternel, Parole de mon Dieu », consciente que le Christ incarné reste le Verbe au sein de la Trinité. Elle parlera ensuite à l’Esprit Saint et, enfin au Père. Cette façon de procéder est très significative : Jésus, qui est le Verbe, nous conduit au Père dans l’Esprit.

 

 

Je suis le Chemin

 

 

Elisabeth nous redit sa vision christocentrique : « [Dieu] restait caché en son inaccessible [lumière] et la créature avait besoin qu’il descendît jusqu’à elle, qu’Il vécût de sa vie, afin qu’en mettant ses pas dans la trace des siens elle pût ainsi remonter jusqu’à Lui, et se faire sainte de sa sainteté. »

 

Je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez comme j’ai fait, avait dit Jésus à ses apôtres le soir du jeudi saint (Jn 13, 15). Elisabeth va regarder Jésus ; plus exactement, elle va le fixer pour que, progressivement, sa vie ne soit qu’un rayonnement de Sa Vie : « Il importe donc que j’étudie ce divin Modèle, afin de m’identifier si bien avec lui que je puisse sans cesse l’exprimer aux yeux du Père », affirme-t-elle. Saint Jean de la Croix ne dit pas autre chose à travers toute son œuvre. Il demande : « Imitez Jésus qui est souverainement parfait, souverainement saint, et vous ne serez jamais en danger d’errer » ; il nous avertit : « tout esprit qui cherche les douceurs et la facilité, qui refuse d’imiter le Christ, je ne saurais l’estimer bon. […] le Christ est la voie, […] en suivant cette voie, on reproduit le Christ, notre modèle et notre lumière. »

 

Jésus est le centre de notre vie, la source et le terme de notre foi (He 12, 2). Elisabeth et saint Jean de la Croix nous en font la démonstration : pour eux comme pour nous, le Sauveur des hommes est le Chemin, la Vérité et la Vie (Jn, 14, 6).

 

Nul ne vient au Père sans passer par moi (Lc 10, 22). Voilà ce que Jésus vient faire, l’œuvre qu’Il veut accomplir : nous prendre aujourd’hui là où nous sommes et nous mener Lui-même là où il veut que nous allions. Nous n’avons qu’à Le laisser faire. Ne plus compter sur nous, mais sur Lui. C’est fou, cela semble invraisemblable, irréaliste, mais c’est vrai ! C’est comme cela que Dieu nous aime et veut nous sauver… Il sait où nous devons parvenir et Il veut nous y conduire. Il ne nous demande que notre disponibilité, notre acquiescement, notre bonne volonté. Je suis la vigne, vous êtes les sarments, celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là produire du fruit en abondance car sans moi vous ne pouvez rien faire (Jn 15,5-6). Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui, en moi, ne produit pas de fruit, il l’enlève et tout sarment qui produit du fruit, il le taille le purifie pour qu’il porte davantage (Jn 15, 1-3).

 

Elisabeth en est persuadée et l’exprime : « Voilà l’œuvre du Christ en face de toute âme de bonne volonté, et c’est le travail que son immense amour, son ‘’trop grand amour’’ [Ep 2, 4), le presse de faire en moi. […] Il me remplira de Lui, Il m’ensevelira en Lui, Il me fera revivre en Lui, je pourrai dire : ‘’Je ne vis plus, Mon Maître vit en moi !’’ [Ga 2, 20] Et je serai ‘’sainte, pure, irrépréhensible’’ aux yeux du Père. » Et Jean de la Croix insiste : « C’est Dieu, l’âme ne doit pas l’oublier, qui, dans cette affaire, est le principal agent ; c’est lui qui doit servir de guide et la conduire comme par la main, jusqu’à un but qu’elle ne saurait atteindre par elle-même. »

Voilà à quoi nous sommes appelés et ce qui, dès maintenant, est en train de se réaliser si nous acceptons de nous laisser faire, de nous laisser aimer, de nous laisser transformer.

 

Laisser Dieu être Dieu, laisse Jésus faire en toi son œuvre… Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance (Jn 10, 10). Tout cela, ce n’est pas pour nous tout seuls, ce n’est pas pour que nous en profitions égoïstement, chacun dans notre coin. A travers nous, cette plénitude de vie et de joie doit déborder sur les autres, sur tous les autres : Je me sanctifie pour eux, disait Jésus (Jn 17, 19). C’est pour eux aussi qu’Il est en train de nous sanctifier, si nous le voulons.

 

Il est le Chemin, mais sur ce chemin, Il nous demande mystérieusement d’entraîner les autres, tous les autres, ceux qui sont près et ceux qui sont loin.

 

Extrait de « Regards d’amour » Elisabeth de la Trinité et Jean de la Croix (p 89 à 95)

… (A suivre)

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