ASDE 02 – Manifestation du Christ

Quand le Christ se manifeste

Un ouvrage de Jean-Marie Mathiot

 

Il se manifeste visiblement encore aujourd’hui

« Dieu existe, je l’ai rencontré ! » écrit André Frossard comme titre de son livre où il témoigne de sa rencontre subite de Dieu qui le fait passer de l’athéisme à la foi chrétienne. C’était en 1935.

 

« Jésus est vivant, je l’ai vu ! » s’exclame Lino Sevillano, un avocat colombien de renom dans le titre de son livre, dont la vie est complètement transformée depuis sa rencontre de Jésus en 1983.

 

« Ma rencontre avec le Christ », c’est le témoignage émouvant de Nahed Mettwali, directrice musulmane d’une grande école secondaire au Caire, à qui le Christ des Evangiles s’est révélé en 1988 alors qu’elle persécutait les chrétiens.

 

« Il est venu dans ma prison ! » dira André Levet, condamné à quinze ans de réclusion criminelle quand le Christ le visitera dans sa cellule de 1969, et en fera un apôtre itinérant.

 

« … J’étais au chœur pour faire l’action de grâces de la messe. Tout d’un coup, une grande lumière frappa mon regard et au milieu de cette lumière m’apparut le Christ avec ses plaies … » confesse le Padre Pio qui se retrouve stigmatisé pour cinquante ans en 1918, et vers qui les foules affamées de Dieu convergeront.

 

« Le Seigneur est vraiment ressuscité et il est apparu à Pierre ! » C’est l’exclamation des apôtres, tout joyeux de l’avoir vu, vivant, quelques jours après sa crucifixion. Et Pierre de proclamer à la Pentecôte à 3.000 personnes : « … Dieu l’a ressuscité ce Jésus ; nous en sommes tous témoins ! … »

 

Depuis 2000 ans, des milliers l’on vu, parce qu’il s’est manifesté, vivant, ressuscité. Et leur vie en a été bouleversée. Ils sont devenus ses témoins.

 

Aujourd’hui, dans tous les continents, il continue de faire irruption dans des vies, de surprendre tel ou tel qui ne s’y attendait pas, qu’ils soient des chrétiens endormis, athées, juifs ou musulmans, d’en faire des apôtres ardents pour son Royaume, des prophètes de feu, des messagers de la Bonne Nouvelle, des témoins irradiés de lui, pour nous redire de façon plus actuelle son évangile : combien Dieu aide les hommes, avec la lumière et la puissance du Saint-Esprit, parce qu’ « il est avec nous tous les jours » et « son Saint-Esprit nous conduit vers la vérité. »

 

Aujourd’hui, comme tout au long de l’Histoire, les chrétiens ont tendance à se faire une religion sécurisante bien organisée et contrôlée et à s’y installer, en s’attiédissant progressivement, oubliant leur premier amour, l’alliance que Dieu réalise et veut toujours réaliser avec l’homme. On considère Jésus au passé : il a vécu, il est mort et il est ressuscité il y a deux millénaires. Ça fait loin ! Et on oublie l’impact explosif et permanent de sa résurrection.

 

Ça étonne toujours quand le Christ se manifeste. C’est gênant parce que nos habitudes religieuses sont ébranlées, voire bouleversées. Ça peut être dérangeant parce que ça fait sortir de son sommeil, des conceptions qu’on s’est fait fabriquées. Il faut se réveiller. Il faut reprendre conscience que le Christ est vraiment ressuscité et qu’il est toujours bien vivant et toujours aussi actif qu’il y a 2000 ans, que c’est vraiment lui la vraie lumière qui éclaire tout homme, le maître de l’Histoire, l’Alpha et l’Oméga de l’univers. Sa résurrection n’est-elle pas la percée prophétique de Dieu dans l’Histoire de toute l’humanité, qui concerne tout homme ?

 

« Le Seigneur est vraiment ressuscité et il est apparu à Pierre ! » C’est l’exclamation des apôtres, tout joyeux de l’avoir vu, aux deux disciples qui revenaient d’Emmaüs après avoir cheminé avec lui.

 

Mais leur foi avait été mise à rude épreuve avec la passion et la crucifixion. Pour s’en rendre compte, il suffit de voir le comportement des apôtres, des disciples et des saintes femmes avant qu’il leur apparaisse ressuscité. « Nous espérions, nous, que c’était lui qui allait délivrer Israël… » Déjà, quand il leur avait parlé de son départ prochain, ils étaient déconcertés : « Maintenant vous êtes tristes, leur disait-il, mais je vous reverrai, et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera » (Jn 16, 22).

 

C’est là, au cœur de l’épreuve, du doute, et du découragement et de l’effondrement, que le Christ intervient sans qu’on s’y attende, et qu’il se manifeste vivant, Seigneur, Sauveur et Dieu. Il retourne la situation déconcertante ou dramatique dans laquelle l’homme se débat, marchant à reculons vers le désespoir, la ruine et la mort.

 

Quand, après les tribulations, la lumière s’obscurcit, la route se perd, la foi est ébranlée au risque de disparaître, et la vie s’en va, c’est alors que comme un éclair, le Seigneur donne un signe de sa présence où l’on découvre sa propre misère, et qu’il se manifeste et rassemble les siens.

 

Jésus conduit son Eglise vers son Retour glorieux et il souffle son Esprit de plus en plus sur la terre, pour que s’y déploie le Règne de Dieu, pour que les hommes retrouvent leur Père et se redécouvrent frères.

 

Les manifestations divines visibles, dans l’Ancien Testament, ont joué un rôle fondamental dans la constitution d’Israël : il y a eu, par exemple, l’apparition de Yahvé à Abraham (Gn 12, 1-7 ; 15, 1-17 ; etc.), à Isaac (Gn 26, 2-24), à Jacob (Gn 28, 13 s.), à Moïse dans le buisson ardent (Ex 3), au peuple hébreu sur le Sinaï (Ex 19, 16 s.). Il y eut la colonne de fumée qui les guidait (Ex 13, 21). Il y eut le feu sur le sacrifice d’Elie au mont Carmel (1 R 18, 38). Il y eut l’apparition de Dieu et des sépharins à Isaïe (Is 6), à Ezéchiel (Ez 1 s.). Il y eut l’apparition d’un Ancien, d’un Fils d’Homme, de l’Ange Gabriel, etc. à Daniel (Dn 7, 9 à 8, 15). Il y eut les visions de prophète Zacharie, etc.

 

Dans le Nouveau Testament, il y eut l’apparition de l’Ange Gabriel à Zacharie, à Marie, à Joseph, des Anges aux bergers de Bethléem, d’une étoile aux mages d’Orient, de l’Esprit-Saint sous la forme d’une colombe au baptême de Jésus, etc. Il y eut les apparitions de Jésus ressuscité. Il y eut l’apparition d’un Ange du Seigneur aux apôtres en prison (Ac 5, 19-20), à Pierre en prison (Ac 12, 7-10), à un centurion romain à Césarée (Ac 10, 3-8), et la vision de Pierre à Joppé (Ac 10, 11-16). Il y eut la manifestation de Jésus ressuscité à Saul à Damas (Ac 9) ; etc. Il y eut la révélation de Jésus à Jean sur l’île de Pathmos : l’Apocalypse.

 

Les manifestations et apparitions divines surviennent à un moment nécessaire pour la foi des croyants. Elles expriment l’insondable, la transcendance de Dieu, elles interpellent, elles réveillent la foi, font renaître l’espérance et suscitent l’amour de Dieu, des frères et de la création.

 

Ce sont des flashes de lumière divine dans le brouillard, où dans les ténèbres qui tentent d’égarer les hommes dans leur marche vers Dieu.

 

Dans l’histoire humaine, Dieu multiplie ses interventions pour se révéler, pour sauver son peuple menacé dans sa foi. Il en diversifie les prodiges.

 

Qu’il s’agisse de manifestations eucharistiques, de l’apparition de Jésus et des messages qu’il délivre, de l’apparition du signe de la Croix, toutes favorisent un essor spirituel.

 

  • Les manifestations eucharistiques expriment jusqu’où va l’Incarnation du Verbe qui s’est fait cher, homme comme nous, et qui, de chair, s’est fait pain, pain vivant du Verbe de Vie, pour qu’on puisse le manger, l’assimiler, pour devenir divinisés, vivants de Dieu, à l’image de Jésus.
  • Les apparitions du Christ révèlent sa présence au milieu de nous, dans telle ou telle caractéristique de sa vie parmi nous : ou enfant, ou souffrant, ou miséricordieux, ou ressuscité. Chacune nous montre un des comportements de Dieu parmi les hommes.
  • Les messages du Christ mettent l’accent sur tel ou tel aspect de son Evangile et nous aident à mieux le comprendre, à mieux en vivre, à mieux aimer, à faire avancer le Royaume de Dieu et à préparer le retour de Jésus, qui doit venir tout se soumettre « et, lorsque toutes choses lui auront été soumises, le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous » (1 Co 15, 28).
  • La Croix est indissociable de la résurrection. Elle l’appelle. Par la souffrance de son Fils, Dieu partage nos souffrances et nos peines. La résurrection du Christ pourra dès lors transformer la condition humaine et toute la réalité terrestre : le Christ est alors le premier des vivants. La croix n’est qu’un passage douloureux qui mène à la plénitude de la vie.

 

Chaque apparition, chaque message se traduit sous une forme qui reflète la culture de l’époque, la sensibilité du peuple des croyants.

 

La manifestation du Christ et son message s’adaptent à l’évolution spirituelle des hommes. C’est une pédagogie divine pour les faire évoluer dans leur compréhension de tout ou partie du message évangélique. Elle fait appréhender plus profondément le mystère divin du salut de l’homme, elle en révèle l’action présente. Elle a un impact plus ou moins important selon les besoins profonds d’un homme, d’un groupe, d’une Eglise particulière, de toute l’Eglise ou de toute l’humanité.

 

A nous de dépasser la forme pour saisir l’appel de Dieu par-delà la diversité de ses manifestations ; le Christ est toujours la LUMIERE DU MONDE ; qui le suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.

 

A nous de savoir comprendre les signes qu’il nous fait, et d’avoir une conscience plus vive que le Christ Jésus, le Ressuscité, le Vivant, est AVEC NOUS pour toujours jusqu’à la fin du monde, qu’il est le Témoin fidèles de Dieu, l’Alpha et l’Oméga de notre histoire.

 

Devant les petits à qui il pouvait révéler les mystères du Royaume de Dieu et qui y étaient bien plus ouverts que les savants et les sages, Jésus tressaillit de joie en présence de son Père : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. » Et il révélait : « Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » C’est pourquoi il invitait ceux qui peinent à venir à lui : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. » (Mt 11, 25-30)

 

Il se manifeste aussi à ceux qui l’aiment : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ; or celui qui m’aime sera aimé de mon Père, et je l’aimerai et JE ME MANIFESTERAI A LUI. » (Jn 14, 231)

 

Voici une brève anthologie des manifestations visible du Christ et de ses apparitions au long des siècles, montrant surtout le moment de la rencontre du Seigneur et de ceux qui l’ont vu et en témoignent, car c’est l’évènement qui a fait basculer toute leur vie, et c’est la grande expérience fondatrice de tout apostolat.

 

« Il faut ‘’repartir du Christ’’ avec l’élan de la Pentecôte, avec un enthousiasme renouvelé ; repartir de lui pour témoigner de son Amour … Repars du Christ, Eglise du Nouveau Millénaire ! » suppliait Jean-Paul II à la journée missionnaire mondiale en 2002. Et Benoît XVI enfonçait le clou dans son discours programme de son élection en 2005 : « Je compte avancer avec pour seule préoccupation de proclamer au monde la seule présence du Christ… d’aider à rencontrer toujours plus en profondeur le Christ vivant, éternellement jeune. »

 

Introduction du livre « Quand le Christ se manifeste »

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