ASDE 021 – Lettre d’un ami à un ami n° 13

Lettre d’un ami à un ami n° 13

 

Bien chers amis en Notre Seigneur,

 

Aujourd’hui, je dois vous confier un secret. Ah ! Vous me direz peut-être : Il va encore nous parler du bon Dieu ; il va nous dire de nous abandonner à la divine Providence ; il nous proposera d’être constamment à l’écoute du Saint Esprit et de prier sans cesse en faisant pénitence.

 

Rassurez-vous tout cela, vous l’avez déjà assimilé depuis le temps de votre combat personnel contre les embûches du démon. Alors quelle est cette découverte, cette saveur nouvelle à partager avec vous, si vous le voulez bien ?

 

Il me semble que depuis un certain temps l’âge mûr a creusé en nous des sillons dans lesquels nous nous sommes probablement engagés à l’aveuglette. En effet, tant d’habitudes de vie ont formé ou déformé notre petite vie, tant de joies familiales ou d’amertumes et de drames ont déboulé tout net dans les replis de notre cœur. Et tout cela passe si vite !

 

Pourquoi donc, me demandais-je un jour, sommes-nous victimes de ce scénario souvent incontrôlable ? Ne serait-il pas possible de nous en écarter un peu, de prendre le recul nécessaire au moment même des temps forts vécus dans la passion joyeuse ou désastreuse afin de tempérer nos appétits voraces ?

 

Un prêtre que j’ai bien connu nous répétait souvent « Il faut tempérer vos appétits » (abbé André Fauvelle) ; une autre connaissance, athée cette fois, nous avertissait : « Il faut quitter la table en ayant encore faim » ; une amie très chère et très âgée me susurrait à l’oreille avant son grand départ quelques heures plus tard : « Tu sais, dans la vie, prends le temps de respirer ».

 

Voyez-vous, ces petites phrases que vous ont confiées tant de personnes différentes – et je suis certain que vous en connaissez aussi – nous mènent petit à petit à comprendre que nous demeurons de drôles de machines fragiles ! Notre humanité ne prend pas assez conscience du fait que, d’une part, nous sommes des « produits » de nos géniteurs, humains, eux aussi, et que d’autre part nous avons été façonnés dotés d’une dose d’intelligence, bien absente elle, chez les autres êtres vivants. Toute cette entreprise qui fait de nous ce que nous sommes, des humains, a sûrement un but ultime qu’il nous faut découvrir au plus vite.

 

Dans quelle direction, me direz-vous, se remettre en question ? Et pourquoi adopter une telle attitude ?

 

Il est bien certain que c’est le chemin du bonheur que nous cherchons tous.

 

Parfois nous pensons l’avoir trouvé et, le temps de vie d’un moustique, il a disparu sous les décombres imprévus. Vous entendez alors les gens murmurer : Et oui, la vie ne fait pas de cadeau !

 

Comment, mes frères, ne pas bondir sur tant de réflexions aveugles de ce genre ? La Vie, c’est Jésus ! Le cadeau, c’est la vie ! Et Il vous la prête à chaque respiration ! L’en remercier, c’est le premier élan à Lui offrir à notre réveil chaque matin !

 

A tout instant vécu abondamment, c’est-à-dire en en prenant bien conscience, nous pouvons remettre la boussole à l’heure. Et oui, prenons le temps de nous arrêter, de stopper le va et vient de cette machine humaine qui roule et qui déroule son cinéma, qui aussi croule souvent sous un tas de fatras inutiles pour se retrouver le derrière dans la boue ! La boue de l’arrogance, celle de l’indifférence et de l’impatience, de l’égoïsme et j’en passe !

 

Combien de fois n’avons-nous pas remarqué que la pause s’impose à nous, urgente :

La tête qui nous dirige n’est pas toujours la bonne ; notre mission au cœur de la société où nous fûmes parachutés un jour s’emmêle les pinceaux du trop plein pour échouer sur le rivage ne notre bien pauvre existence ; c’est plein d’étonnement béat que nous remarquons alors avoir abandonné le but fixé, sans même s’en être rendu compte.

 

Mais quelle est cette mission que j’aimerais tant vous transmettre pour vous rafraîchir le cœur ? C’est bien sûr chers amis, celle que vous serez seuls à découvrir secrètement au fond de votre belle âme. Elle est si différente pour chacun de nous, cette bulle d’Amour enfouie, parfois très profondément dans les replis de notre vie intérieure. Nous irons vite la cueillir, cette perle rare qu’à votre naissance le bon Dieu tout fier a déposée délicatement, amoureusement, en se disant : « Voilà ce que je lui donne à celle-ci, voilà ce qu’il reçoit celui-là ».

 

C’est vrai que ces talents reçus gratuitement, il faut parfois aller les chercher bien loin tant ils furent recouverts de voiles opaques et de cartons inutiles, suite aux événements de notre vie. Mais ceux-ci ne sont que des cartons à percer, des voiles à soulever pour apercevoir la lumière du réel, vrai don reçu pour éclairer la route, pour dissiper les doutes.

 

Bien chers amis en Notre Seigneur, entrevoyons maintenant, à l’aube de notre départ pour l’Eternité d’Amour commencée aujourd’hui sur terre si vous le désirez, oui, découvrons chacun ces mannes secrètes qu’il suffit à nos bras de saisir à l’endroit ; elles brillent de tous feux et respirent bon l’encens.

 

Ces bijoux que tu me prêtes, oh mon Dieu, je veux les décupler pour te les rendre un jour fier de les avoir polis ; ils se nomment charité, patience, humilité et voudraient t’être offerts dans mon brin de folie pour que je puisse toujours vivre d’Amour pour Toi.

 

Puisses-tu, Seigneur de Gloire, en inonder la terre. Un seul mot, un seul geste et tout est fécondé ; que la terre promise un jour à nos parents puisse accueillir aussi tous tes petits enfants.

 

Bonne méditation !

 

Jean-Michel Moulart

 

A écouter : Coeur Sacré de mon Jésus (chant composé par Jean-Michel

Ce chant peut se retrouver sur le CD1 des Troubadours du bon Dieu

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