ASDE 020 : Le jour de Pâques (d’après les écrits de Marie Lataste)

Dieu, la Sainte Trinité

6ème partie

Par Sœur Marie Lataste, mystique catholique

 

LIVRE 2

Le Verbe de Dieu fait homme

 

Chap. 11, Le jour de Pâques

 

Les trois naissances de Dieu

Le jour de Pâques, j’assistai à la sainte messe. La tristesse s’était changée en joie, les habits de deuil avaient disparu, et le prêtre était revêtu de ses plus riches ornements.

 

L’alléluia était dans toutes les bouches ; et, sur presque tous les fronts, il me semblait voir la paix et la tranquillité de l’âme. Au milieu de cette fête, ma langue ne savait prononcer qu’une parole : Alléluia ! Mon cœur n’avait qu’une pensée, Jésus ressuscité ; mes yeux n’avaient qu’un spectacle, la pierre du tombeau renversée et l’ange qui se tenait debout, criant au monde : Il est ressuscité.

Jésus me fit alors entendre sa voix et me dit :

 

 Ma fille, j’ai été engendré de toute éternité dans le sein de mon Père, et ma personne est une parole qui dit éternellement à Dieu, mon Père, les gloires de ma naissance éternelle.

 

« J’ai été engendré, dans le temps, au sein de la glorieuse Vierge Marie, et, au jour de ma naissance, dans le temps, les anges vinrent sur la terre chanter :

Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix aux hommes de bonne volonté sur la terre !

  

« J’ai été engendré aussi à la vie de gloire sur la terre ; le tombeau a été le sein maternel qui m’a donné cette nouvelle vie, et, au jour trois fois mémorable de la Pâque, où je reçus ma naissance à la vie de gloire, la Divinité, les anges, les hommes, la nature entière, célébrè­rent cette troisième naissance de Dieu, par la puissance duquel je sortis du tombeau ; les anges, qui vinrent servir de témoins à ma résur­rection ; les hommes, ceux-ci déjà pris par la mort, en ressuscitant avec moi ; ceux-là, qui voulaient m’empêcher de ressusciter, en publiant ma résurrection ; d’autres, enfin, en me contemplant ressus­cité ; la nature, en se taisant devant moi, en oubliant ses lois pour ne reconnaître que la force de ma divinité.

 

« Voilà ce que vous célébrez en ce jour, ma fille ; vous célébrez ma résurrection, c’est-à-dire ma naissance à la vie de la gloire.-

 

Les trois vies de Dieu

 

« Ô Vie du Fils de l’homme ! Mort du Fils de l’homme ! Résurrec­tion du Fils de l’homme ! Vie éternelle du Fils de Dieu ! Union admi­rable de la vie du Fils de Dieu avec celle du Fils de l’homme ! Vie éternelle du Fils de Dieu avec la vie glorieuse du Fils de l’homme ! Vies étonnantes d’un Dieu, d’un Dieu fait homme, d’un Dieu fait homme ressuscité ! Vie éternelle et vie mortelle, vie éternelle et vie immortelle, vie sans commencement ni fin, vie qui a commencé et qui a fini, vie qui a commencé et qui ne finira jamais, vie glorieuse et désormais impassible ! Considérez autant que vous le pourrez le mys­tère de ces vies. Ne cherchez point à les comprendre, mais cherchez-y votre repos. Ne cherchez point à les scruter, mais cherchez à les attirer en vous.


 Faites-moi dans votre cœur un tombeau, je veux y renfermer ces trois vies, ma vie divine, ma vie mortelle et pénible de Rédemp­teur, ma vie de triomphe et de gloire. La première pour vous rendre fille de Dieu ; la seconde pour vous perfectionner et vous sanctifier de plus en plus, et la troisième pour faire germer en vous la vie glorieuse qui vous attend dans l’éternité. Je ne puis plus mourir, mais je veux être en vous comme immolé, en vous comme enseveli, en vous com­me mort ; comme un mort qui commande à la vie, comme un enseveli qui brise la pierre de son tombeau, comme une victime immolée qui sauve celui qui l’a frappée. J’ai trouvé la mort dans la vie ; mais, dans la mort, j’ai pu reprendre la vie, et cette vie ne finira jamais.

 

« Vous êtes vivante, vous aussi, ma fille ; vivante de la vie de Dieu, qui ne vous peut être enlevée pas plus qu’on ne pouvait m’enlever la vie divine ; vous êtes vivante de la vie naturelle, de la vie du corps, de la vie des sens, de la vie qui vous est propre et personnelle, eh bien ! Cette vie peut vous être enlevée : que dis-je ? Il faut que vous la sacrifiiez. Il faut que vous mouriez à vous-même, à vos inclinations, à vos désirs, à vos pensées, à vos affections, à tout ce qui est vous ; que vous remettiez tout entre les mains de Dieu, aujourd’hui comme au moment où il vous appellera à lui, et le tombeau vous donnera la naissance à la vie glorieuse, à la vie impassible, à la vie de l’éternité que vous partagerez avec le Fils de l’homme. »

 

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