Méditations avril

Courtes méditations du mois d’avril

Tiré du livre « Au fil des jours … avec les âmes du purgatoire »

Jésus, bon Pasteur

Tout ce que nous donnons aux âmes du purgatoire par charité, se change en grâces et après notre mort nous en trouvons le mérite cent fois doublé.

Les fous ont peur de la mort comme d’un grand malheur, mais les sages la désirent comme un repos après leurs labeurs et comme la fin des maux.

Puisque la vie de l’âme continue après la mort, il reste un bien qui ne se perd pas par la mort, mais qui augmente. L’âme ne peut être retenue par aucun obstacle posé par la mort, mais elle devient plus active, ayant la liberté d’action dans son propre domaine, sans être associée au corps, qui lui est plutôt un fardeau qu’un avantage.

Saint Ambroise

L’heure après la mort : « Alors nous aurons besoin de beaucoup de prières, de beaucoup d’aides, de beaucoup de bonnes œuvres, d’une puissante intercession de la part des Anges, lors du voyage à travers les espaces de l’air. Si en voyageant dans un

Photos de Vitraux - Saint-Jean-Chrysostome

pays étranger ou une ville inconnue, nous avons besoin d’un guide, combien plus nécessaire sont pour nous les guides et les aides pour nous conduire entre les dignités, puissances et gouverneurs invisibles de cet air et qui sont appelés des persécuteurs, publicains et percepteurs.

Soulageons les âmes du purgatoire par tout ce qui peine, car Dieu a souci d’appliquer aux morts les mérites des vivants.

Ce n’est pas en vain que l’on fait des offrandes pour ceux qui ne sont plus… Ce n’est pas en vain que le diacre vous crie : « Pour ceux qui sont morts dans le Christ ! C’est la voix de l’Esprit-Saint… Dans les mains du prêtre est l’Hostie sainte. Tout est prêt. Arrivent les anges et les archanges, arrive le Fils de Dieu… » Ayez dans votre maison, à une place apparente, une boîte apparente où chacun puisse y déposer l’obole des morts. Employez ces offrandes à faire dire des messes pour vos défunts.

Saint Jean Chrysostome

Les fournaises les plus ardentes, les feux les plus cuisants auxquels on condamne les martyrs, ne sont qu’une ombre légère, en comparaison des flammes dévorantes qu’on souffre en purgatoire.

Le feu du purgatoire est égal en intensité au feu de l’enfer. Le moindre contact avec ce feu est plus redoutable que toutes les souffrances imaginables de la terre.

Saint Thomas d’Aquin

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Méditation de la semaine 14

La messe a une grande valeur pour le soulagement des âmes du purgatoire.

Dans le monastère de Clairvaux, gouverné par saint Bernard, vivait un religieux peu observateur de la Règle et qui voulait retourner dans le monde. Ce religieux mourut.

On chantait son service, lorsqu’un vieux religieux, d’une grande sainteté, vit une troupe de démons qui disaient que, jusque-là, ils n’avaient pu entraîner en enfer un seul religieux de ce monastère, mais qu’ils auraient l’âme de celui dont on faisait la sépulture. La nuit suivante le saint vieillard vit le défunt en songe. Il lui apparut le visage abattu, poussant de tristes soupirs. « Vous avez eu connaissance, hier, dit-il, de mon supplice et de la joie des démons. Voyez maintenant les tortures auxquelles je suis soumis, par la justice divine, pour les péchés que je n’ai pas expiés sur la terre. »

Saint Bernard de Clairvaux - images saintes

Il le conduisit en esprit à un puits profond et large : « Voici, ajouta-t-il, où les démons, pleins de rage, me précipitent continuellement. Ils m’en retirent pour m’y rejeter de nouveau, sans me laisser un instant de repos. » Le bon religieux fut saisi de tristesse. De grand matin, il alla tout raconter à saint Bernard, qui avait eu une apparition semblable. Le saint abbé assembla ses religieux et leur apprit ce qu’il avait vu et leur recommanda de se tenir en garde contre les pièges du démon. Il leur demanda, pour cette âme infortunée, des prières, des jeûnes, surtout le saint sacrifice de la messe. On s’y mit le jour même, plusieurs messes furent dites.

Peu de jours après, le vieillard vit de nouveau le défunt, mais tout différent, cette fois. Il était joyeux et tout resplendissant de lumière. Il dit qu’il était très heureux, grâce à la bonté divine et à la charité de ses frères. Interrogé sur l’œuvre d’expiation qui l’avait le plus soulagé, il prit le vieux moine par la main et le conduisit à l’église, où se célébrait la messe. « Voici, dit-il, le plus grand prix de ma rançon, ce qui a le mieux opéré ma délivrance, c’est cette hostie salutaire qui efface les péchés du monde.

Livre d’or des âmes du purgatoire, p. 166

Les sacrements sont des réserves inépuisables de grâces et de sainteté : des canaux intarissables de tous les biens spirituels les plus précieux. Ceux qui veulent se sauver, en les négligeant, ressemblent à ces malades insensés, qui veulent se guérir sans prendre de remèdes. L’indifférence envers les sacrements est punie très sévèrement après la mort. Nous en voyons un exemple dans une religieuse qui mourut en 1589 au monastère de Sainte-Marie-des-Anges, à Florence.

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi (Catherine de Pazzi ou de Cortone),  Carmélite (1566-1607).

Très estimée de ses sœurs, elle se fit voir bientôt à sainte Madeleine de Pazzi, pour demander d’être secourue dans le rigoureux purgatoire auquel elle était condamnée. La sainte était en prière devant l’autel du Saint-Sacrement, lorsqu’elle aperçut la défunte, agenouillée au milieu de l’église, avec un aspect assez étrange. Elle avait un manteau de flammes qui la consumaient, à l’exception de la poitrine, que protégeait un voile pendu à son cou. Madeleine s’étonnait de voir une de ses sœurs dans ce tourment. Elle lui demanda ce que cela signifiait.

« Je souffre ainsi, lui dit-elle, pour n’avoir pas assez aimé le Saint-Sacrement, pour avoir communié rarement et avec négligence. La divine justice m’a condamnée à venir, chaque jour, dans l’église du monastère, pour rendre mes devoirs à la sainte Eucharistie. J’ai une grande reconnaissance à Dieu, qui m’a donné, en récompense de ma pureté, le voile qui me met la poitrine à l’abri du feu qui me consume le reste du corps. » Ce récit toucha profondément la sainte, qui se mit à prier, à communier, à faire pénitence pour cette âme, jusqu’à ce qu’il lui fût révélé qu’elle était délivrée

M.J.S. Benoît, p. 217

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