Méditations de la semaine 14 (ASDE 09)

Méditation de la semaine 14

 

La messe a une grande valeur pour le soulagement des âmes du purgatoire.

 

Dans le monastère de Clairvaux, gouverné par saint Bernard, vivait un religieux peu observateur de la Règle et qui voulait retourner dans le monde. Ce religieux mourut.

 

On chantait son service, lorsqu’un vieux religieux, d’une grande sainteté, vit une troupe de démons qui disaient que, jusque-là, ils n’avaient pu entraîner en enfer un seul religieux de ce monastère, mais qu’ils auraient l’âme de celui dont on faisait la sépulture. La nuit suivante le saint vieillard vit le défunt en songe. Il lui apparut le visage abattu, poussant de tristes soupirs. « Vous avez eu connaissance, hier, dit-il, de mon supplice et de la joie des démons. Voyez maintenant les tortures auxquelles je suis soumis, par la justice divine, pour les péchés que je n’ai pas expiés sur la terre. »

 

Il le conduisit en esprit à un puits profond et large : « Voici, ajouta-t-il, où les démons, pleins de rage, me précipitent continuellement. Ils m’en retirent pour m’y rejeter de nouveau, sans me laisser un instant de repos. » Le bon religieux fut saisi de tristesse. De grand matin, il alla tout raconter à saint Bernard, qui avait eu une apparition semblable. Le saint abbé assembla ses religieux et leur apprit ce qu’il avait vu et leur recommanda de se tenir en garde contre les pièges du démon. Il leur demanda, pour cette âme infortunée, des prières, des jeûnes, surtout le saint sacrifice de la messe. On s’y mit le jour même, plusieurs messes furent dites.

 

Peu de jours après, le vieillard vit de nouveau le défunt, mais tout différent, cette fois. Il était joyeux et tout resplendissant de lumière. Il dit qu’il était très heureux, grâce à la bonté divine et à la charité de ses frères. Interrogé sur l’œuvre d’expiation qui l’avait le plus soulagé, il prit le vieux moine par la main et le conduisit à l’église, où se célébrait la messe. « Voici, dit-il, le plus grand prix de ma rançon, ce qui a le mieux opéré ma délivrance, c’est cette hostie salutaire qui efface les péchés du monde.

 

Livre d’or des âmes du purgatoire, p. 166

 

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Les sacrements sont des réserves inépuisables de grâces et de sainteté : des canaux intarissables de tous les biens spirituels les plus précieux. Ceux qui veulent se sauver, en les négligeant, ressemblent à ces malades insensés, qui veulent se guérir sans prendre de remèdes. L’indifférence envers les sacrements est punie très sévèrement après la mort. Nous en voyons un exemple dans une religieuse qui mourut en 1589 au monastère de Sainte-Marie-des-Anges, à Florence.

 

Très estimée de ses sœurs, elle se fit voir bientôt à sainte Madeleine de Pazzi, pour demander d’être secourue dans le rigoureux purgatoire auquel elle était condamnée. La sainte était en prière devant l’autel du Saint-Sacrement, lorsqu’elle aperçut la défunte, agenouillée au milieu de l’église, avec un aspect assez étrange. Elle avait un manteau de flammes qui la consumaient, à l’exception de la poitrine, que protégeait un voile pendu à son cou. Madeleine s’étonnait de voir une de ses sœurs dans ce tourment. Elle lui demanda ce que cela signifiait.

 

« Je souffre ainsi, lui dit-elle, pour n’avoir pas assez aimé le Saint-Sacrement, pour avoir communié rarement et avec négligence. La divine justice m’a condamnée à venir, chaque jour, dans l’église du monastère, pour rendre mes devoirs à la sainte Eucharistie. J’ai une grande reconnaissance à Dieu, qui m’a donné, en récompense de ma pureté, le voile qui me met la poitrine à l’abri du feu qui me consume le reste du corps. » Ce récit toucha profondément la sainte, qui se mit à prier, à communier, à faire pénitence pour cette âme, jusqu’à ce qu’il lui fût révélé qu’elle était délivrée

 

M.J.S. Benoît, p. 217

 

 

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