Jésus apparaît à des musulmans (ASDE 12)

Quand le Christ se manifeste

Un ouvrage de Jean-Marie Mathiot

 

Apparition de Jésus à des Musulmans en 1870

(A Damas, en Syrie )

 

 

Recherche et révélation

 

Abd-el-Karim Matar et plusieurs de ses acolytes shadilis avaient l’habitude de se rassembler dans sa maison du faubourg Maydan pour leurs dévotions particulières et ils passaient des jours et des nuits à prier pour obtenir que Dieu les éclaire. Leur nombre variait de 60 à 70. Ils étaient même quelques fois davantage. Vers 1868, ils commencèrent à être tourmentés de doutes sur la vérité de leurs croyances. Ils devinrent inquiets, incertains, perplexes, mais craignant d’être trahis, ils n’osaient pas se dire ce qui les obsédait.

 

Deux ans se passèrent dans cet état d’angoisse et de souffrance, chacun se croyant le seul à ressentir ces tourments de conscience. A la fin, une vision leur donna l’assurance que le christianisme était ce qu’ils cherchaient.

 

Un soir, quarante d’entre eux, ayant à leur tête Abd-el-Karim Matar, s’étaient réunis pour leur prière habituelle et, après avoir fait leurs exercices de dévotion, tous tombèrent endormis, et Notre-Seigneur daigna apparaître à chacun d’eux séparément. Ils s’éveillèrent tous à la fois, pleins de frayeur et d’émotion, et l’un d’entre eux, prenant courage, ayant raconté sa vision aux autres, chacun lui répondit : « Je l’ai vu aussi.»

 

Le Christ les avait consolés, encouragés et exhortés à entrer dans la foi chrétienne, et ils étaient pleins d’une joie qu’ils n’avaient jamais connue, à ce point qu’ils voulaient d’abord courir les rues proclamant la divinité de Jésus-Christ. Mais ils furent avertis d’En-Haut qu’ils n’aboutiraient qu’à se faire égorger et qu’ils ôteraient à la ville tout espoir de suivre leur exemple.

 

 

Un vieillard dans une église

 

Un soir, comme ils étaient réunis pour leurs exercices de dévotion, le sommeil s’empara encore une fois d’eux, et ils se virent eux-mêmes dans une église chrétienne, où un vieillard à longue barbe blanche, portant un vêtement de grosse serge brune et tenant un flambeau allumé, passa devant eux et, leur souriant avec bonté, leur répéta plusieurs fois : « Que ceux qui ont besoin de la vérité me suivent. »

 

En se réveillant, ils se racontèrent mutuellement leur songe et ils se disposèrent à chercher la personne qui leur était apparue. Un jour, un des nouveaux convertis entra par hasard dans le couvent des pères de Terre Sainte. Quel ne fut pas son étonnement en reconnaissant dans le père Emmanuel Forner, supérieur du couvent, le personnage vu en songe. Il était le curé latin de Damas. Il s’approcha du musulman et lui demanda ce qu’il cherchait. Le néophyte répondit en racontant simplement son histoire et celle de ses compagnons et alla en toute hâte informer ceux-ci qui, le lendemain, accoururent en masse au couvent. Le père les reçut avec une bonté touchante, leur donna des livres où ils pourraient apprendre tout ce qu’enseigne l’Eglise, et leur remit à chacun un crucifix. Le père Emmanuel mourut trois mois après.

 

 

 

Persécutions

 

Les convertis, arrivés maintenant à 250, se réunissaient régulièrement pour prier dans la maison de l’un d’entre eux, et ces réunions attirèrent l’attention de leurs voisins musulmans. Plus tard, des crucifix furent aperçus, et les soupçons devinrent des certitudes. Les autorités locales furent informées de ce qui se passait. Les uléas (pasteurs musulmans) furent informés et consternés. Ils eurent plusieurs réunions chez le cheik Dabyau, connu pour son fanatisme, qui habitait le faubourg Maydan. Enfin, une assemblée générale fut tenue dans la maison de ville de l’émir Abd-el-Kader. Selon le Coran, l’homme qui a apostasié l’islam doit mourir. L’assemblée, n’osant pas mettre à exécution la sentence de mort, prononça que les coupables devaient être exilés, leurs maisons détruites et leurs biens confisqués. On convoqua en secret le tribunal qui envoya pendant la nuit des troupes chargées d’occuper les rues du faubourg Maydan. On savait qu’une cinquantaine de shadilis étaient réunis pour prier dans la maison d’un certain Abous-Abbas. Lorsqu’ils sortirent pour retourner chez eux, les soldats en saisirent quatorze qu’ils emmenèrent en prison après avoir pris leurs crucifix.

 

Quelques jours après, ils furent amenés devant le grand tribunal secret que présidait le gouverneur général de la Syrie, violent et rapace. Il employait la persécution d’autant plus volontiers qu’il voulait se rendre favorable les gens pieux de sa religion, lesquels étaient scandalisés de sa négligence notoire à accomplir les devoirs de tout bon musulman, tel que le jeûne et la prière.

 

Après un interrogatoire où les nouveaux chrétiens répondirent avec une simplicité et une fermeté admirable, le gouverneur les renvoya à leurs prisons.

 

 

La Vierge aussi leur est apparue

 

Peu avant leur emprisonnement, ils avaient déclaré au père Emmanuel : « Nous ne croyons pas seulement par suite de vos instructions et de la lecture des livres que vous nous avez donnés, mais nous croyons parce que le Seigneur Jésus-Christ a daigné nous visiter et nous éclairer lui-même, et parce que la sainte Vierge en a fait autant.

 

Le père Emmanuel désirait connaître les visions et les révélations dont ils avaient parlé. Ayant assemblé ses frères et présidant lui-même la réunion, il examina et questionna les convertis séparément. Il les trouva unanime à déclarer que, la première nuit où ils furent témoins d’une apparition, ils avaient prié plusieurs heures et que le sommeil s’était emparé d’eux quand le Sauveur Jésus-Christ apparut à chacun d’eux en particulier.

 

Ils furent éblouis par la lumière qui les environnait, et leur effroi fut grand, mais l’un d’eux, prenant courage, dit : « Seigneur, puis-je parler ? » Il lui fut répondu : « Parlez. » Il demanda : « Qui êtes-vous, Seigneur ? » L’apparition répondit : « Je suis la vérité que tu cherches. Je suis Jésus-Christ, le Fils de Dieu. » Ils se réveillèrent dans un état d’émotion indescriptible et se regardèrent les uns les autres. L’un d’eux prit courage et parla, les autres répondirent, sans en excepter un seul : « Je l’ai vu aussi. » Dans une autre occasion, la bienheureuse Vierge Marie se présenta avec l’enfant Jésus dans ses bras et, le montrant du doigt, répéta trois fois : « Mon fils Jésus-Christ, que vous voyez, est la vérité. »

 

 

Exil

 

Sur les quatorze chrétiens restés en prison, on en laissa sortir deux dont les parents et les amis gagnèrent les autorités par des présents. Abd-el-Karim Matar, qui avait été mis au secret comme suspect d’être chrétien, tomba malade, et ses proches, en donnant une caution, obtinrent de le ramener dans son village natal. Mes membres de sa famille se rassemblèrent autour de lui et le sommèrent de professer de nouveau sa foi musulmane. On en vint à de telles violences que le courageux Abd-el-Karim expira.

 

Dans la nuit du Ramadan, les douze restés en prison, furent envoyés secrètement, chargés de fer, d’abord à Beyrouth, puis au donjon de la forteresse des Dardanelles. Là, ils furent embarqués sur un bateau si mauvais qu’ils firent deux fois naufrage. Enfin, ils prirent terre à Tripoli, puis furent confinés à Moutzouk.

 

 

Les chaînes se rompent

 

Le nombre des convertis s’était beaucoup accru. Ils étaient 4100 en 1870 sans compter les femmes.

Il est arrivé des signes miraculeux à un jeune néophyte de 23 ans qui était soldat de ligne. Il avait déjà vu le Seigneur et la sainte Vierge avec les autres néophytes. Se trouvant un jour dans la caserne avec les autres soldats, il s’était mis en prière dans un coin, lorsque tout à coup le Seigneur lui apparut et lui dit :

Croyez-vous en moi ? Je suis Jésus-Christ.

 

Seigneur, dès la première fois que je vous ai vu, j’ai toujours cru en vous, répondit le jeune homme. Et il l’adora.

 

Vous ne resterez pas dans la milice, mais vous retournerez libres chez vous.

 

Comment puis-je me délivrer ? reprit le jeune homme.

 

C’est moi qui y pourvoirai, répondit le Seigneur.

 

Et la vision disparut. Le jeune homme, qui se trouvait en extase, revint à lui et se mit à crier dans la caserne : Jésus-Christ est le vrai Dieu ! » et cela sans discontinuer.

 

Des soldats accourant l’accablent de reproches, lui couvrent la bouche de leurs mains, d’autres y mettent de la terre, et lui ne cesse de prêcher que Jésus-Christ est Dieu. Les soldats le prennent pour un fou, ils le lient avec une grosse chaîne au cou, aux bras et aux pieds. Tandis que, plein de tranquillité, le néophyte se trouvait en cet état, Jésus-Christ lui apparaît de nouveau et lui dit :

 

Rompez la chaine

Et comment puis-je la rompre puisqu’elle est de fer ?

Rompez-la répète le Seigneur

Et il la brise aussitôt comme si elle eut était faite de cire.

 

Les soldats, le voyant libre et la chaîne rompue, en apportent une autre et, le prisonnier s’étant laissé lier, la brise aussitôt comme la première. Les officiers étonnés disent la chose au colonel. Celui-ci fait comparaître le jeune homme, l’accable de réprimandes, le menace, le traite de fou. Le jeune homme répond qu’il n’est pas fou, mais chrétien. Alors le colonel commande qu’il soit enchaîné de nouveau, emprisonné et privé de nourriture. Mais le prisonnier brise une troisième chaîne, puis une quatrième, et les soldats s’enfuient épouvantés. Les officiers supérieurs n’osent pas le molester davantage. Seulement, avant de le mettre en liberté, ils demandent des ordres à Constantinople, d’où l’on répond que le jeune homme doit venir devant l’autorité supérieure.

 

Le néophyte est donc bientôt envoyé sous escorte, avec des menottes de bois. Arrivé la nuit à Diurat, village à trois heures de Damas, il voit la porte de la chambre s’ouvrir et la sainte Vierge entrer et briser elle-même les menottes et le laisser libre, de sorte qu’il retourne seul et tranquillement à Damas où il se présente à l’autorité. Celle-ci le renvoie à Constantinople, mais cette fois libre et accompagné de quelques soldats. Il arrive sans autre incident à Constantinople et il se présente au conseil militaire qui fait appeler les médecins. Or, sans qu’on sache pourquoi, on lui donne son congé absolu et, à cette heure, il repart libre chez lui. Ainsi s’accomplit la promesse que Jésus lui fit dans sa caserne.

 

Dans tout Damas, on connaissait l’histoire de ce jeune homme, appelé Ahmad-Esahar. En le voyant, on disait, « Voilà le soldat qui a brisé quatre chaînes. »

 

 

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