Pakistan : le gouvernement du Pendjab va bloquer les cartes SIM des personnes qui refusent le vaccin anti-COVID

Cela risque-t-il de nous arriver dans un avenir proche ?

C’est une décision officielle du gouvernement de la province du Pendjab, au Pakistan, même si la date d’entrée en vigueur n’est pas encore fixée : les personnes qui refuseront de recevoir le vaccin anti-COVID verront leur carte SIM bloquée. La mesure concerne l’ensemble de la population de la province à l’heure où le gouvernement fédéral du pays vient de faire savoir que tous les employés des secteurs public et privés devront être pleinement vaccinés d’ici au 30 juin.


« La décision définitive a été prise de bloquer les cartes SIM des téléphones mobiles des gens qui ne se font pas vacciner », a déclaré Syed Hammad Raza, porte-parole du ministre de la santé de la province, le Dr Yasmin Rashid. Mme Rashid a opté pour cette contrainte jeudi dernier, en précisant que le gouvernement du Pendjab utilise toutes les ressources à sa disposition pour assurer que les résidents recevront bien l’agent biologique expérimental.


La seule inconnue, selon la presse pakistanaise, est de savoir à quelle date la mesure qui privera de communications les récalcitrants sera effective.


Une autre mesure, à l’échelle nationale celle-là, a déjà été mise en route avec une échéance ferme à partir de juillet : le gouvernement fédéral cessera de verser leurs salaires à ses employés qui n’auront pas reçu le vaccin anti-COVID. Privés, donc, de leur gagne-pain et de leurs moyens de subsistance.


Une association de défense des droits informatiques, l’antenne indienne du Software Freedom Law Centre, a critiqué la décision sur le blocage des cartes SIM en affirmant qu’il s’agit d’une « mesure régressive qui affecte la liberté d’expression des citoyens ». « Il faut sensibiliser la population à la vaccination, et non la contraindre », a déclaré Prasanth Sugathan à The National.


Mais loin de s’interroger sur la sécurité du vaccin et la liberté des individus à son endroit, Sugathan a insisté sur le fait qu’en cours de pandémie, les téléphones portables jouent un rôle important pour permettre aux personnes de rester en contact et de recevoir des informations. Ainsi souligne-t-on que la sanction pourrait rendre plus difficile l’accès au vaccin alors que le Pakistan a numérisé la plupart des procédures COVID-19.


De fait, prendre rendez-vous pour la vaccination se fait par SMS, tandis que pour signaler des symptômes il faut passer par un numéro d’urgence dédié. Mais ce n’est pas la seule absurdité.


La « réticence vaccinale » était importante au Pakistan au début de la campagne de piqûres anti-COVID et par ailleurs la livraison des piqûres a subi des retards ; la vaccination de masse n’a commencé qu’à la fin du mois de mai – avec l’ouverture de 677 centres de vaccination dans le seul Pendjab, par exemple. Le pays s’est engagé à investir 1,1 milliard de dollars pour l’opération, avec l’objectif de vacciner jusqu’à 70 millions de personnes d’ici à la fin de l’année.


Ce qui ne fera jamais qu’un petit tiers de la population totale du pays : 220 millions de personnes.


A l’heure qu’il est, seuls 2,5 millions de Pakistanais ont reçu une vaccination complète. Néanmoins, le ministre Mme Rashid n’a pas hésité à attribuer la forte baisse actuelle de « cas » au Pendjab à la « vaccination massive ».


Au Pendjab, 300.000 personnes ayant reçu la première dose ne sont jamais revenues pour se faire injecter la seconde. « Il se peut que certaines d’entre elles soient mortes avant de recevoir la deuxième dose », a déclaré ingénument un responsable du ministère national de la santé, ajoutant que d’autres avaient pu être infectées après réception de la première dose, entraînant la décision de ne pas revenir pour la seconde, et qu’un troisième groupe avait peut-être tout simplement été affecté par la « propagande négative » autour du vaccin.


Reste la question de savoir comment on peut prétendre sanctionner la part de toute façon importante d’individus qui aura toutes les chances de ne même pas avoir accès au vaccin ? Mais ce n’est pas un détail comme celui-là qui arrête les autorités d’un Absurdistan de plus en plus globalisé.


Au 12 juin 2021, selon les derniers chiffres connus, le Pakistan comptabilisait 942.000 « cas » de COVID-19, et un total de 21.723 décès, soit un mort pour 10,000 habitants. Le Pendjab a officiellement totalisé 10,516 morts attribuées au COVID (cette province réunit environ la moitié de la population du Pakistan). Ces chiffres seraient sous-évalués. Il faudra attendre des statistiques fiables et à jour pour constater l’existence (ou non) d’une surmortalité en 2020 et 2021.


Il faut savoir aussi que les directives officielles du Pakistan sont comme celles en vigueur dans de nombreux pays pour les patients COVID symptomatiques : rester chez soi, prendre du paracétamol, et attendre que la situation respiratoire devienne grave avant d’être hospitalisé.

Tiré du blog de Jeanne Smits (14/06/2021)

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