Extrait des cahiers de Maria Valtorta (ASDE 15)

Extrait des cahiers

de Maria Valtorta

 

Le 4 août 1943,

 

Job 33, 14.19.23.29.

 

Jésus dit :

 

« Non. Ce n’est ni une fois ni trois, comme le prétend Elihu, mais avec une patience inépuisable que Dieu vous parle pour vous ramener au bien. Par des songes – comme tu le sais –, par des inspirations et des conseils, par des exemples, des lectures, des souffrances, des maladies, des morts, par tous les moyens les plus doux comme les plus sévères. Il s’adresse à vous pour vous dire ‘Je suis. Souvenez-vous de moi. Sachez que m’oublier, moi et ma Loi signifie un malheur inhumain’.

 

Si Dieu devait s’adresser à votre âme une fois seulement pour la remettre sur la bonne voie, pas un d’entre vous ne parviendrait au but, qui est la Vie éternelle. Ceux qui étaient soumis à l’ancienne Loi pouvaient certes le penser. Mais depuis que je règne par ma Croix, c’est une autre Loi qui vous juge et vous régit, la loi de la miséricorde ; celle-ci a embrassé La Justice et la Loi du Sinaï, inchangée et immuable, et l’a tellement étreinte et recouverte de ses fleurs que la pierre dure et sévère a été complètement enveloppée d’un vêtement fleuri dont chaque étamine est une miséricorde du Seigneur pour vous. Le voile de mon Sang s’est étendu sur la Loi antique, et il crie au Père miséricorde pour vous.

 

Moi, le Fils de l’Amour, je suis venu instaurer l’Amour sur la terre, or l’Amour est patience et pardon. Moi, le Maître, j’ai enseigné à l’homme à pardonner à son prochain soixante-dix fois sept fois, pour leur dire de pardonner sans compter. J’attends cela de l’homme, de ce pauvre homme en qui, en dépit de ma volonté, de mes miracles et de mon aide sacramentelle, la haine est inoculée par l’Ennemi et y fermente, car la chair est un terrain propice à la fermentation des vices sataniques. Je dois par conséquent l’attendre de moi-même, qui suis la Perfection, et parfaitement. C’est pourquoi je parle, conseille et pardonne, non pas soixante-dix fois sept fois, mais soixante-dix fois soixante-dix fois soixante-dix fois, c’est-à-dire toujours, dès l’instant où les lumières de votre raison s’ouvrent et jusqu’à celui de votre dernière agonie ; encore faut-il que vous veniez à moi avec une intention droite.

 

Mais la faiblesse de l’homme est si grande que, de lui-même, il ne saurait comprendre et agir, ni se repentir et se sauver. Plus l’homme est faible – car, pour l’âme, le péché est une faiblesse, une faiblesse qui augmente dans la mesure où le péché est plus grave ou plus fréquent et répété, et il parvient à tuer les forces de l’âme comme par consomption –, moins il est apte à comprendre, à agir, à se repentir et à se sauver. C’est alors que, par la communion des saints, des forces surnaturelles lui sont infusées, qui l’en rendent capables.

 

Elihu dit : ‘S’il se trouve près de lui un ange qui parle en sa faveur, Dieu aura pitié de lui.’ Au temps de Job, le ciel était uniquement peuplé d’anges. Les justes attendaient le Christ dans le séjour des limbes pour devenir citoyens des cieux. Mais maintenant, les processions des saints du ciel et de la terre se joignent aux anges.

 

Quelle douce chaîne unit et enserre, entre ses mailles faites de l’or de la charité, la terre et le ciel, les saints du ciel et les justes de la terre, pour entourer les pauvres de la terre d’une étreinte dont le fruit consiste en aide et en salut ! Je parle des vrais pauvres, de ceux qui sont privés de grâce ou en ont bien peu.

 

Cette sublime communion des âmes ‘vivantes’ de la terre et du ciel est trop peu connue dans toute sa vérité. Ses buts sont de communiquer à leurs pauvres frères malades, mourants, et parfois déjà morts, la Vie dont elles sont comblées, puisqu’elles ne font qu’un avec moi, qui suis la Vie. Des prières pour obtenir une patience encore plus longanime de Dieu ou des éclairs, non de punition, mais d’amour qui convertissent les pécheurs à l’instar de Saul sur le chemin de Damas ; et aussi des offrandes pour eux, des actes bénis d’immolation secrète et jamais suffisante qui se déversent tels des fleuves imposants dans les bassins des grâces célestes. Plus on en extrait des trésors, plus ces bassins en débordent, car chaque juste qui vit et chaque saint qui s’élève alimentent cet océan initialement formé de mon Sang, auquel j’associe vos larmes et vos mérites, car vous ne ‘faites qu’un avec moi’ pour sauver comme pour aimer, pour souffrir comme pour vous réjouir.

 

On t’a demandé comment et par quelle lumière sont données ces indulgences qu’aucun miracle notoire ne vient confirmer. C’est l’un des écueils contre lesquels butent ou viennent s’encastrer les âmes qui ne connaissent pas grand-chose à la foi. Je vous instruis donc de cette vérité, car je suis le bon Maître qui vous veut savants et non ignorants. En effet, connaître revient à aimer, à se sauver, et moi qui suis également Roi, je veux que vous soyez sauvés, car je suis le bon Roi ; or un bon roi aime ses sujets et veut qu’ils soient sains et saufs à l’intérieur des limites de son royaume, sans être en proie à la souffrance, à l’indigence ou à la mort.

 

Les indulgences sont appliquées en en tirant les moyens des trésors de la communion des saints – depuis ceux du Saint parmi les saints, moi, Jésus, jusqu’à ceux des justes. Comme des prés au printemps, après une tiède averse nocturne, paraissent tout constellés de fleurs sous le baiser du soleil, ainsi je vois, sous la rosée de la grâce, les âmes justes fleurir sur les champs arides de la terre, puis vivre, embaumer et mourir, la corolle tournée vers le ciel vers lequel elles déversent vie et parfums qui redescendent sanctifier la terre, unis à ceux, lumineux, des bienheureux. Heureuses sont les mottes de terre qui les reçoivent et savent faire fleurir sur le sol aride une nouvelle âme comme fille de Dieu.

 

Peut-être avez-vous peur que les millions de jour d’indulgences ne soient pas couverts par la somme des mérites ? Ne craignez donc rien ! Je multiplie à l’infini les mérites des saints parce que je les unis aux miens, qui sont infinis. Même si tous les hommes en bénéficiaient chaque jour, et pour la somme totale de tous les jours d’indulgence de toutes les prières de la terre, les trésors des mérites sont si grands qu’ils ne sembleraient pas diminuer.

 

Redoutez-vous plutôt que celui qui les accorde le fasse de façon erronée ? J’ai dit à Pierre : ‘Ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux.’ Il s’ensuit que, si j’ai donné à mon Pierre et à ceux qui lui succèdent le pouvoir absolu d’absoudre les péchés, et donc de vous délier des noeuds du Malin, il est logique je lui aie aussi donné la faculté de puiser dans les trésors du ciel ces richesses qui vous en remettent même la dette – ou une partie – qui reste après l’absolution de la condamnation. S’il est possible à ceux qui sont investis de mon esprit de juger et d’absoudre, comment ne doit-il pas être possible d’utiliser des richesses certaines.

 

Une faute peut être jugée personnellement. Cela n’intervient que rarement à mon Tribunal, car je pourvois aux lacunes de mes juges et j’éclaire leur façon de voir. Je laisse sans lumière uniquement ceux qui sont indignes de l’être. Mais c’est sans danger pour les âmes, parce que je supplée par ma miséricorde à leur égard, et je les dirige vers d’autres prêtres dignes de les guider. Je suis toujours vigilant. Une faute peut être jugée personnellement. C’est pourquoi la sévérité des juges montre tellement de différences. Mais, dans toute leur étendue, les mérites des saints sont sûrs et certains. Il n’y a donc pas lieu de craindre que, même s’il y puise à pleines mains, le Chef de l’Eglise et les chefs des diocèses doivent accorder un jour des indulgences qui n’existent plus. Soyez donc rassurés.

 

L’un m’objecte : ‘Est-il juste de lier telle ou telle indulgence à telle ou telle prière, pratique ou fête ?’

 

Ne vous en souciez pas. Même dans le cas où ce ne serait pas juste – mais je vous fais remarquer qu’en matière de culte mes pasteurs sont guidés divinement –, même dans ce cas, je ne permettrais jamais que la confiance des âmes soient trompée. Il s’ensuit que telle ou telle autre prière, pratique ou fête procureront aux âmes cette indulgence qui y est liée par le mérite de la foi des âmes, mérite et foi dont je tiens toujours compte et que je récompense infailliblement.

 

Considérons également le cas d’un pasteur qui accorde une indulgence à une chose qui ne la mérite pas. Ou même à une erreur. Mieux encore : que le pasteur soit privé de lumières en raison de sa mort spirituelle due à un péché mortel. Les âmes seront-elles frustrées pour autant du temps d’indulgence liée à cette chose ? Non, jamais. Ces bonnes âmes l’accomplissent avec une intention droite et sainte. Le point de départ de leur action est saint, et son but encore plus saint : la communion des saints. Si, en cours de route, l’obstacle d’une erreur apparaît, il ne les empêche pas d’arriver, car leur action vole, elle ne rampe pas, elle survole l’écueil et le dépasse de très haut, et vient plonger directement dans les trésors célestes sans aucune diminution.

 

Je récompense la foi véritable. Et rappelez-vous cette grande vérité : tout acte de foi est le fruit de l’amour. L’amour est en lui-même l’indulgence plénière qui efface la multitude des péchés. Même si une indulgence était accordée sans aucune autorité, l’indult de mon amour infini est réservé à l’âme qui veut l’acquérir par amour de moi, et elle sera libérée de toute ombre de mort spirituelle pour vivre et voir la Lumière.

 

Va en paix. Je suis avec toi. »

 

 

 

 

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