Lettre d’un ami à un ami n° 7 (ASDE 15)

Lettre d’un ami à un ami n° 7

 

 

Bien chers amis, c’est une lettre d’espérance que je vous crie ce matin du fond de mon lit douillet ! Il est en effet 3h30 et le bon Dieu me tient en éveil pour divers motifs qu’il serait trop long de vous expliquer.

 

Quoi qu’il en soit, c’est avec émotion et gratitude envers Notre Seigneur qu’il me plaît en ce jour de vous relater les raisons de ma douce espérance.

 

En ce début d’année, je teste pour le quatrième mois consécutif à la basilique de Bon-Secours une nouvelle mission d’évangélisation dont je me suis senti investi depuis peu par Notre Seigneur.

 

Ayant reçu la permission de notre doyen, j’ai l’immense grâce et honneur de pouvoir lire, communiquer les homélies et interventions diverses à travers le monde de notre Pape François et de tenter ainsi d’en transmettre la moelle sanctifiante aux heureux touristes de passage qui ont la bonne idée de pousser le portail de ce bel édifice.

 

Ce qu’il y a eu de cocasse lors de l’avant dernière expérience, c’est que je me suis adressé, tenez-vous bien, à un public absent ! Et oui, vous avez bien lu, les circonstances actuelles, la foi peu reluisante et presque inactive de notre cher peuple chrétien régional, ont décidé avec la permission du Très Haut de me faire prêcher dans le désert ! Cher Pape François, me voici Jean-Baptiste ! Ah ! bien sûr, quelques amis et amies pieusement intentionnés me donnent chaque fois une grande joie d’y assister, avec grand intérêt d’ailleurs, ce dont je les en remercie. Mais faut-il convertir les convertis ?

 

Mon espoir rayonne pourtant à travers cette minuscule entreprise ; en parcourant oralement les discours de notre chef actuel et écoutant par intermittence son heureuse intervention transférée sur cd avec traduction simultanée, il se fait qu’une consolation spirituelle intense anime mon âme pendant et après cette heure passée au service de l’Eglise.

 

J’y entrevois avec confiance, sérénité et grande certitude quant à son efficacité les quelques gouttes du miel céleste qui s’écoulent incidemment dans l’oreille de certains devenus pèlerins lorsque, accrochés pour cinq minutes, ils branchent, même inconsciemment, leurs écouteurs sur le Seigneur.

 

Je laisse alors frissonner dans mon âme cette parole bien connue qui rassure et qui chante : si vous contribuez à sauver un seul de ces petits, … 

 

J’en remercie le ciel et je ne peux que vous dire, bien chers lecteurs, : « Soyez, vous aussi, des bougies allumées ! N’ayez crainte d’aller à contre-courant, même de paraître ridicule aux yeux du monde et partout où votre chemin vous mène, transmettez la bonne Parole de Dieu »

 

Cette manne que vous aurez semée réchauffera les cœurs brisés, elle suscitera de nouvelles conversions (et c’est bien là un de nos devoirs de baptisés, écoutez notre pape qui l’affirme) ; la voix du Seigneur pénétrera par vous, en vous et en ceux qui vous entendent (même si parfois ils ne font que semblant d’écouter) ; ce sera pour tous un écho du ciel qui souffle sur la terre ingrate pour lui redonner son lustre d’éternité.

 

Merci à Jésus plein d’amour et de majesté ; Il renouvelle en nous à chaque seconde de notre cœur en larmes une neuve espérance, celle de cette nouvelle génération évangélisatrice.

 

Prions aussi, chers frères et sœurs, pour que le futur voyage de notre Pape François en terre sainte se déroule sans embûche. Il y séjournera trois jours de mai principalement pour prier afin de déposer sur le berceau de notre chrétienté un baiser de paix qui stoppera, nous l’espérons bien, la spirale de tant de violence infiltrée sur le front de maintes régions de notre belle planète.

 

Sa demande est insistante : soyons en communion de prières, dès maintenant, pour voir surgir de nouvelles sources d’espoir de guérison du cœur humain.

 

A ce propos, je vous rappelle que notre Archevêque Mgr Léonard avait pris, lui aussi, l’initiative d’un tel pèlerinage en août 2013 dans le même but de guérison du cœur de l’homme ; voyez-vous, il n’y a pas de hasard, seule la Providence agit en temps voulu et cela devrait nous réjouir.

 

Pour entrer davantage en profondeur dans la réflexion qui peut nourrir nos âmes et tenter d’en savourer avec vous le modeste bénéfice offert par Notre Père et puisque la belle fête de la nativité est encore bien présente à notre esprit, je ne peux que vous recommander cette émouvante requête de Mgr Léonard lors de son homélie la dernière nuit de Noël.

 

Prions aussi pour les chrétiens de Syrie « menacés ».

 

 

Par quelle magie se fait-il que, chaque année, même dans notre monde sécularisé, la fête de Noël touche les cœurs ? Le folklore lié à cette fête, les sapins, les retrouvailles familiales y sont pour quelque chose. Mais, même si c’est souvent refoulé dans l’inconscient, les gens savent encore qu’il s’agissait de l’anniversaire d’une naissance. C’est d’ailleurs la signification du mot : « Noël » est la déformation de « natal ». Nous y célébrons la « nativité », le jour « natal » de Jésus.

 

Ce ne peut qu’être source d’émerveillement. L’émerveillement que l’amour de Dieu pour nous soit si grand qu’il ait voulu devenir lui-même un homme parmi les hommes, un homme parmi nous. Et d’abord un enfant. Le Fils de Dieu par lequel l’univers entier fut créé a été comme nous un minuscule embryon, un simple fœtus dans le sein de sa mère, avant de naître à Bethléem et d’être déposé dans une mangeoire pour animaux.

 

Pourquoi s’est-il fait si petit, un petit enfant totalement dépendant de son entourage ? Pourquoi sinon pour que, devant lui, nous ne perdions pas la face, malgré notre petitesse ? Et nous savons qu’après l’humilité déconcertante de sa naissance viendra l’effrayante humiliation de sa mort en croix, entre deux brigands, dans le silence de Dieu. Pourquoi un tel abaissement, une telle solitude ? Pourquoi sinon pour que même le plus grand pécheur n’ait pas peur de s’approcher de lui ? Ne craignons donc pas de venir à lui, tels que nous sommes, en ce jour de Noël. Il nous réservera un accueil au-delà de toute espérance.

 

Il est de tradition qu’en cette fête familiale, notre pensée, notre prière et notre engagement se tournent vers les plus fragiles de nos frères et sœurs en humanité. Cette année, je vous propose de tourner votre cœur vers nos frères et sœurs dans la foi, gravement menacés, voire franchement persécutés, en Syrie et en plusieurs autres pays où pourtant ils sont présents depuis parfois près de vingt siècles, tels que, par exemple, l’Irak ou l’Égypte.

 

Dans nos pays sécularisés, beaucoup de baptisés prétendent avoir la foi, mais sans la pratiquer. Entendons le cri de ceux pour qui la pratique de leur foi implique quotidiennement une menace de mort. Je voudrais répercuter ici le cri de Mgr Samir Nassar, archevêque maronite de Damas, publié sous le titre : « Le bruit infernal de la guerre étouffe le Gloria des anges » : « La Syrie en ce Noël ressemble le mieux à une crèche : une étable ouverte sans porte, froide, démunie et si pauvre… L’enfant Jésus ne manque pas de compagnons en Syrie… Des milliers d’enfants qui ont perdu leurs maisons vivent sous des tentes aussi pauvres que la crèche de Bethléem… Les enfants syriens abandonnés et marqués par les scènes de violences souhaitent même être à la place de Jésus qui a toujours Marie et Joseph qui l’entourent et le chérissent… Ce sentiment d’amertume est bien visible dans les yeux des enfants syriens, leurs larmes et leur silence… Certains envient même l’Enfant divin parce qu’il a trouvé cette étable pour naître et s’abriter alors que certains de ces malheureux enfants syriens sont nés sous les bombes ou sur la route de l’exode. »

 

Je pourrais poursuivre la citation. Et celle d’autres confrères évêques, comme Mgr Warduni, évêque auxiliaire à Bagdad. Mais je me limite à ceci. Ne restons plus indifférents en Occident à tant de frères et sœurs chrétiens qui sont discriminés, menacés, persécutés, qui doivent quitter leur patrie pour assurer la sécurité de leur famille et, par cette émigration, affaiblissent encore la position de leurs frères dans leur pays d’origine.

 

Et n’oublions pas que, depuis que nous sommes confortablement rassemblés dans cette cathédrale, 5 ou 6 de nos frères dans la foi sont morts de mort violente à cause de leur foi en Jésus. Il en tombe, en moyenne, un toutes les cinq minutes. Par amour de l’enfant Jésus dans la crèche, portons-les dans notre prière et attirons sur eux l’intérêt de nos médias. Amen.

 

André-Joseph Léonard

Archevêque de Malines-Bruxelles (aujourd’hui à la retraite)

 

 

Alors que nous vivons tous, nous, braves petits planqués dans la chaleur de notre matérialisme évident, il me paraît important de prendre bien conscience de l’urgence d’insister auprès de Dieu pour nos frères et sœurs d’Orient par de nombreuses et sincères prières d’intercession ; ils souffrent un martyr innommable et les persécutions vont bon train en Syrie comme partout ailleurs !

 

Tentons de leur obtenir de l’infinie miséricorde de Notre Seigneur une réelle délivrance de l’enfer qu’ils connaissent et qui les achèvent comme des mouches, alors que ce sont des humains ! (Un décès toutes les cinq minutes, paraît-il)

 

Malgré tout cela et à travers tout, la lumière brille encore, l’espérance d’un monde meilleur doit triompher car Dieu peut tout, ne l’oublions jamais.

 

Quant à nous, vous le savez, si Jésus est Roi de notre cœur, si Marie n’est pas que maîtresse des anges et qu’elle règne aussi pour nous, que nous la laissions imprimer en nos cœurs son merveilleux modèle de vie, si l’Esprit Saint trouve place en chaque moment dans la belle âme façonnée par pur amour le jour de notre conception, alors, bien chers amis, nous sommes devenus, nous aussi, les plus riches du royaume !

 

Pour mieux servir Dieu et notre prochain.

Bien à vous,

Jean-Michel Moulart

 

 

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