Jésus dans l’Evangile – Partie 2 (ASDE 17)

Jésus dans l’Evangile.

2ème Partie

Dieu-Frère dans ses sentiments intimes.

 

Ce n’est pas une fantaisie, ce n’est pas une pensée téméraire, c’est une vérité que nous affirmons en disant : que les battements du Cœur de Jésus eurent comme moteur, les mêmes, absolument les mêmes sentiments qui font battre les nôtres. C’est à dire, Il aima comme nous, Il aima ce que nous aimons d’un amour légitime et noble.

 

Son premier amour fut, évidemment, Marie, sa Mère. Oh ! Comme il aimait cette Mère qu’Il avait créée plus belle et plus pure que le ciel, pour sa joie à Lui et pour sa gloire ! Comme Il l’aima par raison de gratitude, puisqu’elle Lui donna une puissance qui échappait à sa nature divine, celle de souffrir, de pleurer et de mourir, choses qui devinrent possibles à l’Incarnation, par le « Fiat » de Marie.

 

Comme Il l’aime pour toute la gloire, qu’à travers les âges, elle Lui procurera comme la Mère des hommes, comme la Reine de miséricorde et la Médiatrice intimement unie à toutes les grandes luttes et à toutes les glorieuses victoires de son Fils dans l’Eglise.

 

Après Marie, Il aima d’une affection extraordinairement profonde et délicate, ce charpentier qu’Il appela du nom de « père », dont les bras Le bercèrent entre mille caresses, dans sa première enfance, et dont les mains calleuses Lui offrirent avec émotion le premier morceau de pain ! Pensez aux larmes que dut verser notre Frère Jésus, en recevant le dernier regard et le dernier baiser de Joseph mourant, quand ce Juste laissa dans le veuvage la Reine et, orphelin… ce Dieu, le Nazaréen !

 

 

Il eut aussi ses préférences, puisque le Cœur divin était fait comme le nôtre. Oui, des préférences délicieuses parmi les fleurs de son jardin, je veux dire, parmi les élus de sa maison… Hors de ce coin de Paradis, qu’était son foyer, le nid de son plus grand amour, Il aima, avec une tendresse particulière, les tout-petits, les enfants.

Que doivent avoir pensé les anges, contemplant leur Roi de majesté, parmi les lis et les violettes de cet exil, cherchant et jouissant de leurs parfums, vivifiant de la lumière de ses yeux ces fleurs virginales ?… – « Ah, voilà notre grand ami ! », se disaient les petits, dans les rues, dans les bourgades, sur le grand chemin – et ils couraient, joyeux, pour rattraper ce Jésus dont ils baisaient les mains et qu’ils regardaient de ce regard profond, candide, ensoleillé, que Jésus seul pouvait provoquer, Lui, l’Ami des tout-petits !

 

Et que dire de la caravane si nombreuse des pauvres, des mendiants, de ceux-là que personne n’aime, vêtus de haillons, et qui n’avaient pas une maison à offrir à leur Sauveur ? En échange, Jésus avait un Cœur à leur donner. Il les cherchait avec insistance, sortait à la rencontre des rebutés d’un monde orgueilleux et vain. Oh, bienheureux malheureux !

 

Mais, parmi ceux-là, il y en avait encore d’autres qu’Il aimait davantage, les malades, les estropiés, et Il leur réservait ses plus beaux miracles. Malades privilégiés qui faisaient bien des jaloux. !

 

Ah ! Voilà encore une autre armée que le Maître chérissait : les tristes, ceux qui portaient en secret un cœur saignant, une âme en lambeaux, et qui se tenaient avec timidité dans le second rang des curieux, car ils ne voulaient pas trahir leur agonie intime. Mais Jésus la connaissait ; son Cœur allait à eux et souvent, d’un seul trait de lumière jeté par ses yeux de paradis, Il guérissait des blessures sans remède. Que de confidences le Roi reçut par le langage des larmes, dans le battement des cœurs que Lui seul entendait !

 

 

Que dirons-nous de ce faible du Cœur de Jésus, de cette préférence qui Lui a valu des critiques, des solennelles récriminations, que dis-je, qui a même provoqué… le scandale, le plus sublime des scandales : je veux dire son amour d’infinie tendresse pour les pécheurs ? N’est-Il pas plus beau, si possible, que d’habitude, entouré, dans la rue et chez les publicains, de gens mal famés, publiquement reconnus coupables, qui s’approchaient de ce Maître, le seul Saint au Cœur ouvert à tous, qui les attirait irrésistiblement ?

 

Ils ne venaient pas encore se convertir, non, mais Jésus leur faisait sentir qu’ils étaient ses enfants gâtés, le Maître leur réservait quelque chose qu’Il ne donnait pas aux autres, et ils Le suivaient, et L’écoutaient. Combien de ceux-là, plus qu’ébranlés à l’heure du Calvaire et blessés au cœur, sont tombés à genoux et ont adoré leur Sauveur ! Et quand la Résurrection et puis la Pentecôte déchirèrent tous les voiles, oh, comme ils durent raconter, avec une sainte fierté, la préférence marquée dont ils furent l’objet de la part du Messie !

 

Il aimait ses apôtres, ses comblés, ses douze inséparables qui voltigeaient, à toute heure, comme des aiglons autour de l’Aigle divin ; partageant, Lui et eux, le pain des pauvres et la poussière des grands chemins… causant, en amis, Cœur à cœur, à table dans leur pauvre logis, formant une seule famille : le Roi et sa cour.

 

Cette intimité est d’autant plus touchante que les apôtres étaient et sont restés rudes d’esprit et d’allure, jusqu’à la fin. Et cependant, après Marie, ils furent, eux, les témoins privilégiés de la Vie privée du Sauveur.

 

Et les trois préférés : Pierre, Jacques et Jean ? Le dernier surtout, le Benjamin, dont le droit à la première place du Cœur de Jésus était si reconnu, qu’il se nomme lui-même : « le disciple que Jésus aimait ». Personne ne lui disputait ce titre et n’en était étonné, tellement la prédilection de Jésus pour l’Apôtre-Vierge était évidente. Et cela jusqu’au point de faire dire à quelques-uns que Jean ne mourrait pas.

 

 

Nous voici arrivés maintenant à Béthanie : la famille qui fut l’objet de l’amitié la plus parfaite de la part du Cœur de Jésus. L’Evangile dit, textuellement : « Jésus aimait Marthe et Marie sa sœur, et Lazare ». – Après Nazareth, Béthanie devint son foyer. Il y était chez Lui, Il y laissa sa Mère, donnant ainsi la plus grande preuve de confiance à ce foyer prédestiné. C’est bien là qu’Il a dit, maintes fois : « Vos amici mei  – Vous êtes mes amis ! » Et Béthanie paya de retour cette divine préférence.

 

C’est à Béthanie sûrement qu’Il confia ses secrètes amertumes, c’est là qu’Il versa des larmes qu’Il cacha au monde et à sa divine Mère… Là, Il demanda et Il donna le pain de la consolation plus qu’ailleurs. Et quand l’orage grondait sur sa tête, à Jérusalem ou dans les environs, c’est à Béthanie qu’Il demandait un refuge, c’est là qu’Il s’abritait, le Cœur plein d’angoisse. Et aux heures de grandes fatigues, quand son corps se sentait rompu, épuisé, c’est à Béthanie qu’Il demandait des soins reconstituants que les maigres ressources de Nazareth n’auraient pu Lui procurer.

Oh, les moments de paradis que durent goûter ces trois frères, dont la seule peine était l’absence de leur Ami Bien-Aimé ! Multipliez, ô Jésus, vos Béthanies !

 

Que dirai-je maintenant de sa compassion ? N’est-elle pas profondément humaine, elle aussi ?

 

Jamais un homme ne fut plus humain que ce Dieu-Jésus.

 

Tous ceux qui souffrent y ont droit : les pauvres, les malades, les pécheurs surtout, enfants de sa grande miséricorde.

 

« Le Fils de l’homme est venu pour les pécheurs… Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. » (Ma 9, 12)

 

La source de la faiblesse de Jésus, c’est la miséricorde, et cette miséricorde est sa puissance.

 

En face de la misère, Il n’y tient plus. Aussi tous nos maux ont-ils trouvé un écho dans son Cœur et tous les miracles sont-ils le fruit de ce Cœur compatissant.

 

Quand les foules oublient tout pour Le suivre dans le désert, ravies pas le charme qui rayonne de sa Personne adorable et par la sublimité de ses enseignements, Lui, le Sauveur infiniment bon, y pense ; son Cœur s’émeut et Il laisse tomber de ses lèvres divines ces paroles d’ineffable compassion : « Misereor super turbam – J’ai pitié de cette foule ! »

 

Et Il multiplie entre ses mains le pain qui la rassasiera.

 

Il va partout où on L’appelle, pour guérir, ressusciter, consoler. Rappelez-vous la Chananéenne : les larmes et la foi de cette païenne ont raison du Cœur de Jésus.

 

Il provoque la rencontre pour trouver l’occasion du miracle : la veuve de Naïm pleure ; Il passe, s’arrête, Il pense à Marie, son Cœur éclate et Il rend l’enfant à sa mère.

 

Avec quelle tendresse ses yeux ne recherchaient-ils pas les lépreux, les paralytiques, les aveugles, pour les guérir avec un sourire et une bénédiction d’amour ! S’ils ne pouvaient parvenir jusqu’à Lui, Lui fendait la foule, passait par le chemin au bord duquel ils gisaient… les regardait, leur tendait la main et ils se levaient guéris… la conscience purifiée.

 

Vous rappelez-vous le mot du paralytique : « Je n’ai pas trouvé un homme, un ami » ? Jésus s’avance, lui offre sa main et son Cœur, et le guérit.

 

Un jour, sur la croix, on Lui lancera ce défi :

 

« Si tu es le Fils de Dieu, descends. »

 

Mais, Il ne fera pas de miracle : pour les autres oui… pour Lui, non.

 

Le centurion, la fille de Jaïre, les époux de Cana, l’Evangile tout entier n’est que le merveilleux monument de cette divine compassion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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