Lettre d’un ami à un ami n° 10 (ASDE 18)

Lettre d’un ami à un ami n° 10

 

 

Je vous pose une question : Rêvez-vous en couleur ? Vous me direz sans doute : En quoi cela a-t-il de l’importance ?

 

Je vous avouerai qu’en ce qui me concerne, je ne suis pas encore parvenu à trouver l’image de mon écran car dès mon réveil quand j’introduis la question, mon rêve s’est bel et bien évanoui, impossible de retrouver mon cinéma. Je peux bien me représenter, les yeux fermés, les merveilles colorées de la jaune mésange qui picore les graines sur ma terrasse ou le bleu chatoyant qui émerge du geai déboulant hors de mon cerisier pour grappiller sa pitance sur l’herbe fraîche après le passage de la tondeuse. Mais tout cela, voyez-vous, reste figé dans mon conscient et j’en conclus ne pas pouvoir déceler encore les couleurs de mon rêve.

 

Cette question bizarre m’avait été posée par une amie très chère m’ayant certifié pouvoir bénéficier de ces retransmissions colorées et sur le coup, je vous avoue que cette réflexion m’avait paru sans grand intérêt ; ce n’est que bien plus tard que je me suis aperçu qu’il s’agissait là probablement d’un cadeau du ciel dont je n’avais pas encore été bénéficiaire car je me remémorais alors le beau visage angélique et ravi de mon amie de 81 ans qui m’avait confié « C’est bien plus beau ainsi ! »

 

Aujourd’hui, il me semble, pour avoir bien connu cette personne, que son chemin de sainteté dessine des sillons auxquels je n’ai pas encore goûté ; en effet, comme Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et comme d’ailleurs bien d’autres saints, elle a déjà vécu sa crise du « trou noir » ; j’entends par là la période durant laquelle on ne sait plus si on croit encore ; on se révolte contre tant d’incompréhension ; on pense avoir perdu le goût de Dieu !

 

Et cela, mes frères, ça fait très mal ; d’autant plus qu’en pareilles circonstances, comme vous n’en doutez pas, l’esprit du mal rôde et agit car il enfonce la personne afin qu’elle crie aux abois, qu’elle perde foi, parfois même toute raison. Bref, cela vous déstabilise, cela vous nuit terriblement, cela vous noie.

 

Heureusement pour nous, Dieu n’abandonne jamais son enfant et quand nous sommes tentés et perturbés, ce n’est bien évidemment que dans la proportion permise par Notre Père car vous le savez bien : « Dieu connaît nos limites et nos faiblesses et Il ne nous laisse jamais orphelin ».

 

 

Un seul cri de détresse « Seigneur, sauve-moi », un seul soupir d’amour et d’espoir « Hâte-toi de me secourir » et voilà toute la troupe des anges et archanges qui dresse la cavalerie avec St Michel comme grand chef des armées célestes pour nous défendre et nous ramener comme butin de guerre aux pieds de Dieu qui nous transfigure alors de sa paix profonde.

 

Oui, bien chers amis, c’est finalement très encourageant de comprendre à quel point le bon Dieu nous emmène dans ses chemins de providence, comment, infiltré dans notre grenier, Jésus joue avec sa petite balle que nous sommes tous à un moment donné ; et cela pour notre bien, cela afin que tout notre être fait de chair et d’os puisse un jour se muter en esprit fait d’amour et de joie. Cette joie-là, nous le savons, est un réel cadeau du ciel ; elle ne s’obtient, ni ne s’acquiert que par la volonté du Père.

 

Tant de cadeaux et tant de grâces nous sont offerts par gratuité lorsqu’en une seule foi débordante notre cœur chante « Je veux t’aimer » ; si cet aveu vous fend les lèvres et qu’il triomphe au fond de vous, n’hésitez pas, bien chers amis, c’est le Seigneur qui fait son nid.

 

Au cours des siècles, tant de modèles de sainteté, de charité ont concouru pour la victoire et c’est en vain qu’ont déferlé sur eux esprits mauvais et destructeurs car Dieu triomphe toujours en nous : Il veut assurer son territoire.

 

Ecoutons Sainte Faustine dans son Journal [*]; elle nous relate comment nous pouvons, nous aussi, passer de la crainte à la puissance divine si active qu’elle veut forger en nous son vrai havre de paix :

[*](Réf : 480p.204 « Petit Journal «  de Sœur Faustine Kowalska)+

 

29.IX. Fête de St Michel Archange.

 

« Je suis unie intérieurement à Dieu. Sa présence me pénètre jusqu’au fond de moi-même et elle me remplit de paix, de joie et d’étonnement. Après de tels moments de prières, je suis remplie de force, d’un étrange courage pour souffrir et combattre, rien ne m’effraye, même si le monde entier était contre moi ; toutes les contrariétés ne touchent que la surface, elles n’ont pas accès aux profondeurs car Dieu y demeure. Il me fortifie. Il me remplit. Tous les pièges de l’ennemi se brisent à ses pieds : En ces moments d’union, Dieu me soutient de sa puissance ; cette puissance se transmet à moi, et elle me rend capable de L’aimer. L’âme n’arrive jamais à cet état par ses propres efforts.

 

Au commencement de cette grâce intérieure, la peur me remplissait, et j’ai commencé à diriger, c’est-à-dire à céder à la crainte, mais le Seigneur me fit rapidement comprendre à quel point cela Lui déplaisait ; ça aussi Il l’a fait seul, me donner la paix. »

Soyons dès lors confiants ; cherchons à plaire à Notre Seigneur en tout ce qu’Il réalise en nous, en tout ce qu’Il dira au fond de notre cœur, en tout ce qu’Il désire que nous changions pour Lui par pur amour pour que règne Sa Gloire et aussi pour qu’Il répare en nos êtres fragiles toutes ces hontes enracinées en ceux qui ne veulent même pas de Lui (*).

 

Que la paix de Dieu tisse en vos cœurs ouverts générosité, sérénité, joie débordante et communicative. !

 

(*) Etes-vous parmi eux ?

 

Jean-Michel Moulart

 

 

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