L’Ascension – Maria Valtorta (ASDE 19)

Extrait des cahiers de

Maria Valtorta

 

 

Ascension de Notre-Seigneur, à 8 heures (heure solaire)

 

Alors que je prie, j’ai la vision intellectuelle d’un immense tissu pourpre qu’un nombre infini d’anges, agenouillés et en profonde adoration, tiennent par l’un de ses bords (pour ainsi dire) ; il est étendu au-dessus de toute la terre.

 

J’ai dit « pourpre » pour indiquer sa couleur. Mais la soie et la pourpre les plus belles ressemblent à des cotonnades de peu de valeur en comparaison de ce tissu ; ce n’est d’ailleurs pas du tissu, car mon conseiller intérieur m’avertit qu’il s’agit du très précieux Sang de Notre Seigneur que les anges étendent continuellement sur la terre entière, afin que ses mérites descendent dans les âmes, et devant toute la création, adorent le Sang qu’un Dieu a versé par amour pour ses créatures.

 

Je ne vois rien d’autre. Mais cette vision est d’une telle beauté qu’elle submerge toute autre sensation, efface la souffrance et l’épuisement physique, pourtant bien pénibles, fortifie toute espérance et ravive toute joie.

 

Contre ce ciel paradisiaque d’un bleu resplendissant, par rapport auquel notre ciel le plus bleu est terne, se tiennent les flammes angéliques : ce sont des lumières incandescentes de forme humaine, des perles et de l’argent en fusion et allumés pour revêtir l’aspect de corps sensibles à ma pesanteur humaine, des aspects d’une beauté si parfaite que j’en méprise les représentations artistiques les plus belles. Melozzo da Forli et fran Angelico, le Pérugino et le Guercino comme tous les peintres d’anges, s’ils sont dans la gloire de Dieu, doivent se faire horreur en comparant ces perfections angéliques à leurs esquisses informes et tellement, tellement rabaissées au niveau de notre humanité.

 

Plus magnifique encore que tous les saphirs de ce ciel paradisiaque et que les perles enflammées des anges, le voile du très précieux Sang est un rubis fluide, un velours liquide, une couleur qui est aussi voix, une voix qui est grâce, grâce pour nous.

 

Je regarde et j’adore jusqu’à ce que Jésus parle.

 

Jésus dit :

 

Les esprits difficiles habituelsje les appelle les « rationalistes incrédules » – trouveront cette dictée saugrenue : pourquoi parler du Sang en ce jour où l’on commémore mon Ascension ?

 

Parce que je le veux. Or, si le je le veux, c’est le signe que c’est pas saugrenu, car je ne fais jamais rien d’illogique. Du reste, je ne m’adresse pas à ce poids mort aveugle de l’humanité, à cette bande d’idoles sans âmes, à ces modèles d’orgueil et de stupidité. Je m’adresse à mes enfants, et à toi en particulier, Maria.

 

Nous avons été séparés quarante jours durant. Ta souffrance et ton amour les ont comptés. Aujourd’hui, en ce jour qui commémore ma séparation des disciples, je reviens vers toi, pauvre violette de ma croix, submergée et brûlée par le sel de ses larmes, mais assoiffée de mon sang pour vivre. Il n’y a que mon Sang qui te fasse vivre. Il n’y a que ma voix qui te console. Il n’y a que ma présence qui te rende heureuse. Me voici, je suis avec toi.

 

Tu pleures ? Ne pleure pas. Écoute. Ce que tu as vu intellectuellement, c’est ce qui arrive réellement.

 

Mon sang ne cesse de se répandre sur la terre. Depuis vingt siècles, il resplendit devant la création en témoignage d’amour et, comme la rosée, il descend partout où il y a une croix qui dit : « C’est ici une terre du Christ. »

 

En vertu de leur nature angélique, les anges gardiens de chaque croyant – ou plutôt de chaque personne qui porte le nom de « chrétien » – ne font rien d’autre qu’entrelacer des vols entre ciel et terre pour puiser aux trésors divins en faveur de chacun de leurs protégés. L’activité angélique ne se borne pas à ceci, car les autres membres, innombrables, du peuple angélique adorent par un ordre éternel pour les non-chrétiens qui n’adorent pas le vrai Dieu ; ils prient aussi mon Sang de se répandre sur toutes les créatures afin d’en être adoré.

 

Unis aux âmes des justes qui anticipent sur terre l’adoration qui sera éternelle, leurs anges gardiens adorent dans la joie. Les anges de ceux qui ne sont pas chrétiens adorent avec l’espoir de pouvoir devenir leurs gardiens sous le signe de la croix. Quant aux anges gardiens des pécheurs qui ne sont plus enfants de Dieu, ils adorent en pleurant. C’est en pleurant qu’ils supplient le Sang dont le pouvoir sauve ces cœurs. Enfin, les anges des églises répandues sur toute la terre adorent et portent à Dieu le sang élevé à chaque messe en souvenir de moi.

 

Le Sang descend et le Sang monte en un rythme incessant. Il n’y a pas un seul instant de la journée où mon Sang ne s’élève pas vers Dieu et où il ne descend pas du trône de Dieu sur la terre.

 

Tu n’y a jamais pensé, Maria. Mais la messe reprend les trois points les plus importants de ma vie en tant que Jésus-Christ, Verbe de Dieu incarné.

Lorsque, à la consécration, les espèces deviennent Corps et Sang, je m’incarne comme autrefois. Non pas dans le sein de la Vierge, mais entre les mains d’un homme vierge. Voilà pourquoi une virginité angélique est exigée de mes prêtres. Malheur aux profanateurs qui touchent le Corps du Christ alors que leur corps est souillé par une union charnelle ! Car si votre corps est le temple de l’Esprit-Saint et doit donc être gardé saint et chaste, le corps du prêtre sur l’ordre de qui je descends du ciel pour devenir Corps et Sang et entre les mains de qui je repose comme dans un berceau, doit être plus pur que le lys. Il en va de même de son esprit, de son cœur, de sa langue.

 

La mise en croix se retrouve dans l’élévation. « Une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » Par conséquent, lorsque je suis élevé au-dessus de l’autel, j’attire à moi tous les battements de cœur des personnes présentes, tous leurs besoins, toutes leurs souffrances, toutes leurs prières, et c’est avec eux que je me présente au Père pour lui dire : « Me voici. Celui qui s’est consumé d’amour te demande, Père, de tout donner à ceux-ci, qui m’appartiennent, parce que, moi, j’ai tout donné pour eux. »

 

Oui, quand le sacrifice a été consommé par la consommation des espèces, je retourne chez mon Père en vous disant : « Je vous bénis. Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde », comme au matin de l’Ascension.

 

C’est par amour que je m’incarne, que je me consume dans le sacrifice, que je m’élève, pour plaider votre cause. C’est toujours l’amour qui règne dans mes actes.

 

Médite la messe à cette lumière par laquelle je t’éclaire. Pense en outre qu’il n’est aucun moment de la journée où une hostie ne soit consommée par amour pour vous et un Sang consacré pour agrandir les bassins célestes où les âmes des hommes se purifient, où les infirmités sont guéries, où les aridités sont irriguées, où les stérilités deviennent fécondes et où ce qui appartenait à l’erreur est converti à Dieu.

 

Contemple mon Sang qui, après avoir été versé dans des douleurs atroces, s’élève vers le Père en criant pour vous : « Père, entre tes mains je remets mon esprit que voici. Père, ne les abandonne pas. C’est moi, l’Agneau éternellement immolé, qui le veux pour eux. » En outre répète-toi, pour faire disparaître jusqu’au souvenir de ton doute passé : « Pour cette raison, mon cœur exulte, ma langue se réjouit et même mon corps repose dans l’espérance, car tu n’as pas abandonné mon âme dans l’enfer de la souffrance. Mais, par amour de ton sang, tu m’as fait connaître, plus encore que dans un passé récent, les voies de la vie et tu me combleras de joie par ta présence. »

 

A quelques nuances près, ce sont les mots même de Pierre après la Pentecôte. Dis-les avec quelques jours d’avance. Tu as bu tant de fiel, ma pauvre Maria ! Console ton cœur par le miel des paroles éternelles.

 

Je te bénis, comme les Onze, avant de m’élever.

 

 

 

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