Ma rencontre avec le Chrit – extrait du livre  »Quand le Christ se manifeste » (ASDE 19)

Quand le Christ se manifeste

Un ouvrage de Jean-Marie Mathiot

 

Ma rencontre avec le Christ

 

(Année 1988)

 

 

Nahed Mettwali était directrice adjointe d’une grande école secondaire du Caire et de famille connue en Égypte. Elle ne connaissait du Christ que ce qu’en dit le Coran ; elle ignorait tout du christianisme et persécutait les chrétiens. Mais sa quête de Dieu était sincère et le Christ de l’Évangile s’est révélé à elle en 1988. Elle avait 46 ans. Elle se convertit comme Saul à Damas et quitte tout pour le Christ. Véritable Saint Paul féminin, elle ne peut se taire. En trois semaines, son témoignage enregistré se répand en Égypte, comme une traînée de poudre, occasionnant un tremblement de terre dans les esprits. La persécution s’abat sur elle ; elle doit quitter l’Egypte pour avoir la vie sauve.

 

« … Et, soudain, je me suis retrouvée portant une robe dont la couleur grise était rehaussée de filaments argentés, une robe longue jusqu’à terre, avec des manches longues et une ceinture large de la même couleur et, sur ma tête, un voile de la même couleur. Je suis très heureuse dans cette jolie robe et je me demande d’où elle vient. Je ne l’ai jamais vue auparavant, je n’ai, de ma vie, rien vu de pareil, ô merveille !

 

Je baissai les yeux pour découvrir que j’étais pieds nus ! Comment pouvais-je être vêtue avec cette élégance et avoir les pieds nus… Mais je ne m’en fis pas, me disant que la robe me couvrait les pieds. Je regardai le sol et ce fut une surprise : il était d’un vert très pur ; je n’avais jamais vu cette couleur admirable. Et quelle finesse au toucher ! Je me mis à bouger les pieds pour savoir : est-ce du gazon velouté… ou du tapis  ? Non, c’est de la soie…

 

Je relevai la tête pour découvrir ce que la langue est impuissante à décrire. Il ressemble aux châteaux qui n’existent que dans l’imagination… Non, il dépasse l’imagination, il est hors de sa portée… Une place immense avec des colonnes, dont l’œil ne peut atteindre l’extrémité, recouvertes de soierie brillante qui scintillait d’une manière étrange. Et une senteur d’encens que je reconnaissais : elle ressemblait à celle qui se manifestait Samia, mais elle était plus suave. Et voici, une brise fraîche et vivifiante qui caresse mon corps et me fait éprouver une paix merveilleuse. Des oiseaux voltigent au-dessus de ma tête, je ne les vois pas, mais je les sens. Calme, bonheur, repos parcourent mon corps avec brise.

 

Je me mis à marcher pour explorer l’endroit. Et je me trouvai en face d’un siège élevé et imposant, mais vide, avec, en arrière-plan, comme une coupole d’église. Je marchai et marchai encore, jouissant de tout ce qui était en ce lieu, lorsque je vis des hommes âgés, debout en arc de cercle, formant une sorte de garde d’honneur. Ils portaient des vêtements d’une étonnante blancheur. Sur leur tête, une coiffure blanche avec des objets scintillants. Leur barbe, d’un blanc éclatant, tombait sur leur poitrine. Ils parlaient en chuchotant ; j’essayai de me rapprocher d’eux dans l’espoir de comprendre ce qu’ils disaient, mais je ne pus comprendre. Je les quittai alors et m’en allai jouir de ce que je voyais. Mon regard était incapable d’embrasser le lieu, ni d’en atteindre l’extrémité…

 

Quelqu’un, brusquement, entra. Je ne savais pas où il était entré, ni comment. Je vis ces hommes se prosterner devant lui. Il se dirigea vers le siège élevé et imposant. Il ne progressait pas en faisant des pas sur le sol… Non, il s’avançait comme porté sur des nuées ou comme un fantôme. Il parvint au siège et s’y assit. Ô merveille, je marchais derrière lui sans réfléchir, ni le vouloir : je le suivais. Je me prosternai à ses pieds, envahie par d’étranges sentiments, un mélange de joie et de crainte… Bonheur, tranquillité, paix merveilleuse, avec un frisson qui parcourait mon corps comme un courant électrique. Je ne pouvais maîtriser mon corps qui tremblait.

 

Je me demandais ce que pouvaient être ces sentiments étranges. Et qui était celui devant qui je me prosternais, ainsi que tous ces hommes. Il faut que je lève la tête et que je le regarde pour voir qui il est. Je rassemblai mes forces et le regardai… Ô mon Dieu ! Que vois-je ? Ma langue est inapte à le décrire : je ne peux trouver les mots qui conviennent. Ce visage lumineux, cette peau translucide, cette beauté… Il semble fatigué, épuisé, triste… Il porte un habit de couleur claire et, sur son épaule gauche, une écharpe cramoisie de couleur sombre. Ses cheveux blonds qui lui tombent sur les épaules ressemblent à une pièce de velours !

 

 

Et qu’est toute cette tristesse ? Il ferme les yeux, appuie ses mains sur les genoux, sa tête penchée en avant. L’œil ne se lasse pas de le regarder… On dirait que quelque chose lui manque et il n’y consent pas, mais, au contraire, il en est attristé. Une fois de plus, je me posai la question : qui est ce Puissant ? Est-il un roi ? Non, je ne vois pas de roi ayant cette beauté. Et qui est capable de fâcher ce Puissant ? Je me mis à regarder attentivement son beau visage rayonnant qui communique le repos, son cou pareil à une colonne de pur cristal, sa peau d’une blancheur éclatante… Plus je le regardais, plus je m’attachais à lui ; et mon désir de le connaître augmentait de plus en plus, mon désir de connaître son identité.

 

Brusquement, il ouvrit les yeux et me regarda. Je ne pus supporter son regard et tombai sur ma face… Ô mon Dieu ! Qui vois-je ? Quels yeux ! Je sens que je vais mourir ou perdre connaissance… De ses yeux larges émanent des rayons aussi lumineux que ceux du soleil et les prunelles de ses yeux sont grandes, on dirait qu’elles contiennent tout le globe terrestre ; leur couleur est merveilleuse, d’un bleu clair tel le ciel clair ou l’eau pure, donnant sur le vert. Et ces rayons qui, de ses yeux, tombent sur moi : ils parcourent mon corps comme l’électricité.

Je ne peux fixer mon regard sur lui. Je suis désir pour lui, je l’ai aimé, je veux le regarder. Je rassemblai mes forces. Je dois le regarder une fois de plus. Oui, je relevai la tête et le regardai… ô merveille ! Il me regarde, il approche son visage du mien… Et ce regard… Il est tout entier amour, tendresse, délicatesse… Il dit en me suppliant d’une voix calme : « C’est fini, Nahed ? »

 

Je tombai sur la face, je ne pouvais supporter tout cet amour, toute cette tendresse, toute cette délicatesse ! Mais qui suis-je pour que ce Puissant me supplie de cette manière ? Sa tendresse dépasse la douceur d’une mère à l’endroit de son fils au cœur dur. Et ce Puissant connaît mon nom ! Et il m’appelle par mon nom ! Il me connaît bien. Mais qu’entend-il par ces mots : c’est fini ? Je ne comprends pas ce à quoi il fait allusion. Le lui demander ? Oh non ! Ce n’est pas quelqu’un à qui l’on pose des questions, c’est quelqu’un auquel on obéit seulement. Ce monologue intérieur fut rapide et, maintenant, je me dois de lui répondre vite. Je dis alors sans pouvoir me maîtriser : « Oui, c’est fini… c’est fini ! »

 

Je suis tout désir pour lui. Je dois rassembler mes forces et le regarder de nouveau. De fait, je relève la tête : il se rapproche encore de moi et me regarde… Avec le même amour, la même tendresse, la même délicatesse, il me supplie une deuxième fois et me dit : « Es-tu sûre, Nahed ? »

 

Les rayons qui émanent de ses yeux parcourent mon corps. On dirait qu’il voit la profondeur de mon être. Et pour la deuxième fois, je tombe à ses pieds. De ma vie, je n’ai rien vu de semblable à cet amour, cette tendresse, cette bonté. Et tout cela est pour moi ! Qui suis-je pour qu’il me donne tout cela ? Et je me demandai encore : sûre de quoi ? Je ne comprends pas ce qu’il veut dire, mais je dois lui obéir, je n’ose pas lui poser de question. Je lui réponds sans relever la tête : « Oui, je suis sûre… je suis sûre ! »

 

Je l’aime parce que je sens (chez lui) un amour sans pareil… Pour la troisième fois, je rassemble mes forces et relève la tête pour le regarder, malgré la peur qui me possède et mon corps qui tremble et qui échappe à mon contrôle, bien que je sois (en même temps) submergée par le repos, la paix et le bonheur. Je le regardai. Ô merveille ! Il se rapproche de plus en plus de moi… Même regard, même voix tranquille : « C’est à dire je me rassure, Nahed ? »

 

Ô mon Dieu ! Ce Puissant veut être rassuré par moi ? Mais à propos de quoi veut-il être rassuré ? Il faut que je lui obéisse, et de la même manière, je lui réponds sans comprendre le sens de ma question : « Oui, rassure-toi… rassure-toi ! » Puis il ajouta : « Regarde-moi. » Je lui dis : « Je ne peux pas. » Il me dit avec assurance : « Ne crains pas… Regarde-moi. » Et lorsque j’entendis : Ne crains pas ! Ma crainte disparut à l’instant…

 

Je relevais la tête et me mis à regarder attentivement son beau visage que la langue est impuissante à décrire. Je constatai que les rayons intenses qui sortaient de ses yeux étaient devenus supportables ; c’était comme si la lumière irradiait de ses yeux. Qu’est cela, ô mon Dieu ? Amour… tendresse… délicatesse… bonté… pureté… innocence… Je ne trouve pas les mots aptes à exprimer ce que je vois.

 

Quelques instants passèrent. Je ne me lassais pas de le regarder. Et chaque fois que je le regardais, mon désir de lui augmentait. Puis il dit calmement : « Que vois-tu ? » Je sentis qu’il voulait me mettre à l’épreuve ! Je gardai un moment le silence, réfléchissant, puis je lui dis : « Je vois l’aspect d’un enfant. » Les signes de tristesse disparurent aussitôt, mais il ne sourit pas. Puis je vis des larmes couler à flots de ses yeux comme un torrent, et plus, comme un fleuve qui coulait sur ses joues vers ses habits… Je pleurais fort avec lui et mon corps tremblait ; pourtant, dans mon tréfonds, je sentais que j’étais heureuse, que ma réponse était bonne et qu’il était satisfait de moi. Quelques moments passèrent… Je repris conscience au choc de mon corps contre le lit… J’ouvris les yeux… Où suis-je ? Et où est-il ? Où est l’habit que je portais ? Il s’écoula un certain laps de temps comme si j’avais perdu la mémoire. Je refuse la réalité, je veux à ce que je viens de vivre… Je sens de l’amertume, je veux retourner à lui. Aide-moi, ô mon Seigneur, à supporter l’exil sur la terre, loin de Toi, sans Te voir.

Je T’aime de tout mon être, je T’aime du plus profond de mon cœur. Tu m’as fait sentir que Tu m’aimes d’un amour qui n’a pas son pareil dans ma vie. Les rayons qui émanaient de ses yeux ont fait fondre mon corps, et lui en ont substitué un autre… Chaque fois qu’il me parlait, il hochait la tête avec compassion, ses yeux lumineux dessinant des cercles de lumière. Ils sont devant moi, je les vois encore ; sa voix calme et tendre est dans mes oreilles. Il est au-dessus de la raison et de l’imagination. C’est un merveilleux mélange : malgré toute la délicatesse, la tendresse, l’amour, la bonté, il paraissait d’une force extrême. Je suis incapable de le décrire. Incapable d’endurer la séparation.

 

 

 

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