Lettre d’un ami à un ami n° 11 (ASDE 19)

Lettre d’un ami à un ami n° 11

(Propos autour de la prière,

de la messe et de la pénitence)

 

Bien chers amis en Notre Seigneur,

 

Dans une lettre précédente, j’ai été amené à mettre en évidence trois piliers importants sur lesquels nous pouvons compter pour gravir les échelons qui mènent à la vie éternelle ; il s’agit, je vous le rappelle, de la Sainte Messe, de la prière et de la pénitence.

 

Ces moyens précieux et indispensables servent également pour obtenir l’indulgence plénière pour nos chers disparus. N’oublions pas non plus qu’offerts dans une charité accrue nous aurons aussi la possibilité de contribuer à soutenir les autres âmes du purgatoire qui en ont bien besoin ainsi que celles des pécheurs dont nous faisons partie encore quelque temps sur terre.

Bref nous pouvons offrir notre participation pour « sauver le monde » !

 

Aujourd’hui il me semble urgentissime de développer la teneur de ces trois piliers et pour cela, bien cher lecteur, nous prendrons notre appareil photographique pour sonder la moelle qui s’y trouve et nous en inspirer en l’absorbant goulûment car c’est la seule façon d’en devenir bénéficiaire.

 

 

1. Je commencerai par attraper et m’agripper aux marches de la prière car, vous savez, ces moyens-là peuvent facilement nous coller à la peau, devenir pour nous le virus de l’Amour et nous faire connaître déjà, comme nous disait si souvent notre cher abbé Fauvelle (*) au sortir d’une confession, « un petit peu du bonheur du ciel ».

 

Nous le savons tous : il faut prier et notre Mère du Ciel ne cesse de nous le répéter. Mais pourquoi prier ? Et comment prier ?

 

C’est très simple : quand vous avez saisi la chance offerte en sautant pour les premières fois du vide de notre cœur pour vous élever sur les ailes de la prière suggérée par l’esprit Saint, vous remarquerez très vite que non seulement l’oraison ne vous semble pas difficile mais que cette missive qui monte verticalement vous transforme petit à petit.

 

Les retombées célestes ne se font pas attendre et facilitent encore votre élévation.

 

C’est donc bien goulûment que nous devons la marmonner notre prière du chapelet afin d’y mettre notre esprit et notre cœur car par cette abondance choisie avec goût, nous serons incités à en donner davantage et encore davantage…

 

Mais, me direz-vous, cela n’est pas toujours possible à insérer dans une journée !

Cela me semble exagéré. Comment peut-on vivre de cette manière parmi tant d’activités à contrôler à chacune de nos heures ?

 

C’est bien vu : comment prier dans ce contexte ? Nous n’ignorons pas qu’après avoir pris plaisir à cette élévation de l’âme, les chapelets, les rosaires défilent à profusion dans les mains tendues délicatement des dévots que nous sommes ou serons peut-être et c’est là une grande grâce. Nous savons aussi que le temps n’est pas élastique, que les responsabilités familiales, professionnelles ou autres perturberont bien évidemment ces envolées merveilleuses.

 

Voilà pourquoi ne soyons pas surpris que les oraisons jaculatoires (1) nombreuses et odorantes parfument le jardin de ceux qui s’y adonneront tout au long de la journée.

 

(1) (simples élévations de l’âme du style « Sois béni Jésus, mon Roi », « Seigneur, viens à mon secours », « Mère de Dieu, prie pour moi, pécheur », « Je te rends grâce oh Dieu Très Haut »)

 

Et puis remarquons qu’insidieusement si nous sommes généreux, de telles prières s’installeront en nous profondément pour nous faire « vibrer ». Les minutes s’égrèneront au cœur de nos activités amenant sans cesse à nos lèvres, à nos sens, ce « petit débordement » qui monte au ciel directement.

 

Vous m’avez donc compris : soyons des priants de lumière !

 

2. Les saintes messes auxquelles nous sommes conviés par Notre Seigneur Lui-même sont des châteaux de constructions fondées sur le roc. C’est Jésus en personne qui en inspira l’esquisse et le désir aux hommes et c’est en y participant tous aussi souvent que possible que nous y trouverons la substance nourrissante de l’amour de Dieu pour nous. En effet, durant cette cérémonie, élaborée on ne peut mieux, quelques temps forts retiennent notre attention :

 

 

  • Au début de la messe (quotidienne si possible) nous aurons la chance d’y graver nous-même notre demande de pardon pour nos erreurs sans nombre et la petite goutte d’eau que Jésus- prêtre va insérer au vin qui deviendra son sang nous fait goûter combien Il nous veut (co)rédempteur (décidément aujourd’hui nous goûtons beaucoup ; c’est un vrai festin !)

 

  • Un autre moment important est bien sûr la « Parole », cette haute et belle dictée de l’Esprit, fidèle reproduction du Verbe de Dieu ; lectures des Epîtres et de l’Evangile viennent éclairer nos lampes de peu de watts.

 

  • C’est dans la puissance de ces textes que nos chers prêtres puiseront, s’ils le peuvent, la nourriture spirituelle à divulguer au peuple. Et nous ferons souvent bonne chère à les écouter nous instruire.

 

  • La consécration, point culminant de cette belle heure passée en union commune est véritablement la base de notre commune union à nous chrétiens catholiques heureux. Puisque Dieu ne pourrait pas être plus présent qu’en elle, de façon invisible pour nos pauvres yeux mal voyants, il se passe à notre nez (et c’est si bon) et à notre barbe (et c’est si mystérieux) un des miracles les plus nombreux (tant de messes de par le monde !) et des plus nécessaires (tant de rachats !) au point que notre entendement risque d’en devenir littéralement perturbé du bonheur reçu.

 

  • Mais sommes-nous souvent interpellés de la sorte ? Si nous le voulons, mes frères, nous le serons bientôt. Laissons-nous simplement envahir par l’Esprit Saint et guider par son saint abandon. C’est alors que les effluves frissonneront dans nos êtres transis et transportés de haut en bas par la flèche céleste, celle qui peut venir toucher et marquer votre front.

 

  • Je n’oublierai pas bien évidemment avant l’envoi en mission le but ultime de notre messe : l’offrande si belle, si haute en élévation de Notre Seigneur Jésus-Christ à son Père. Là aussi, chers amis, nous pouvons nous unir à ce cadeau utile et nécessaire car ne l’oublions pas notre petite goutte d’eau y a été versée et en fait désormais partie !

 

Alors comment voulez-vous que notre Père qui est aux cieux ne soit pas touché, ému profondément par notre union intime à son fils, agneau pureté offert pour nos péchés !

Pensez-vous impossible son étonnement de nous avoir ainsi caché en Jésus-Isaac ? Le croyez-vous insensible à notre petite frimousse qu’il découvre enfouie sous le manteau maculé de son fils bien-aimé ? Non vraiment, rassurez-vous, Notre seigneur et Notre Dieu n’en demande pas plus ! Il est tout simplement ravi, comblé par ses eucharisties.

 

3. Je ne vous quitterai pas aujourd’hui sans vous faire goûter un peu plus la saveur si précieuse du troisième pilier que j’appelais jadis « l’escarpement » à gravir. C’est vrai que la pénitence tant recommandée par les Saintes Ecritures et dans les nombreuses apparitions de Notre Dame peut sembler amère à notre palais si vite perturbé.

 

Mais, vous savez, le bon Dieu nous donne souvent l’occasion de sanctifier nos heures par de belles petites épines à peine douloureuses au point que nous nous ferons un réel plaisir de nous y abandonner avec générosité :

 

L’été nous soumet parfois à sa canicule, soyons-en bien heureux et sourions sous la sueur en rendant grâce à Dieu !

 

A la personne âgée qui nous tendra la main, qui nous dira peut-être « j’ai si peur de demain », offrons large sourire qui lui fera tant de bien.


 

Quand tu verras venir la fin du mois sans sous, que tu ne pourras plus te dire j’ai vraiment tout, il te faudra peut-être alors tenir le coup et cette privation t’avancera plus haut car c’est Dieu Trinité qui pourra te donner le pain et l’eau du ciel qui auront goût de miel ; puisses-tu, bien cher ami, en saisir l’essentiel !

 

Bien souvent, dans nos cœurs, nous nous sentons brimés, abîmés, humiliés par les coups-providence ; sais-tu que c’est pour nous une réelle chance à offrir, à mourir en l’homme ancien » je pense.

 

Puissions-nous, généreux, donner de notre temps pour servir notre frère qui n’en attend pas tant ! Veuilles-tu bien, Seigneur Dieu, agir à notre place en tout lieu, en tout cas, fais-nous suivre ta trace.

 

Ainsi viendra sur toi doucement ton courroux ; il nous transformera en une belle hostie que tu digèreras puisqu’elle chante en ton âme et que viendra le temps de ton nouveau printemps.

 

Bien à vous, chers amis !

Que Dieu vous protège !

Goûtons et voyons comme est bon le Seigneur !

 

Jean-Michel Moulart

 

(*) J’ai très bien connu cet abbé Fauvelle, que j’ai eu comme titulaire en 3ème gréco-latine au collège et comme aumônier à la troupe scoute. C’était aussi un ami très cher de mon père. (CD)

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