La Réparation Eucharistique – Père Florian Racine (ASDE 20)

La Réparation Eucharistique

 

Récemment dans la ville de Paris, un spectacle profanateur voulait se moquer de la personne divine de Notre-Seigneur Jésus-Christ. La réponse de la part de l’église locale a été d’organiser des temps de prière en Réparation au Cœur innocent de Jésus, source et fontaine de tout amour, mais tant méprisé par les hommes pour lesquels il a donné sa vie sur la Croix.

 

Depuis quelques années, nous avons perdu le sens de la Réparation. Mais dans les siècles passés, celle-ci faisait partie de la vie spirituelle de tout chrétien. Pour répondre aux attaques sur la personne du Christ et surtout sur sa présence réelle dans l’Eucharistie, les chrétiens se mobilisaient pour faire Réparation. Cela prenait généralement la forme d’un temps d’adoration eucharistique prolongé. Par exemple, lorsque saint Pierre-Julien Eymard, l’apôtre de l’Eucharistie, avait découvert qu’une hostie avait été profanée, sa réaction immédiate était de passer une nuit entière en Réparation devant le Saint-Sacrement. Aujourd’hui encore, le Magistère de l’Eglise propose l’adoration eucharistique en Réparation des grandes fautes du monde : « L’Eglise et le monde ont un grand besoin de culte eucharistique, Jésus nous attend dans ce sacrement d’amour. Ne mesurons pas notre temps pour aller le rencontrer dans l’adoration, dans la contemplation pleine de foi et prête à réparer les grandes fautes du monde. Que notre adoration ne cesse jamais… » (Dominique cenae, Jean-Paul II, 1980). Cet article est consacré à cette question de la Réparation, un devoir des chrétiens et surtout des adorateurs.

 

 

  1. La Réparation et la Justice divine

Pour comprendre le sens de la Réparation, il faut l’étudier sur plusieurs niveaux différents. Le mot vient du verbe « réparer » qui, selon la définition du dictionnaire, est l’acte de « réparer quelque chose d’endommagé » ou « l’action de réparer une faute commise, le préjudice moral qu’on a causé à quelqu’un. » Au niveau de la justice, la Réparation est le rétablissement de l’équilibre de la justice dans des relations entre des personnes. La Réparation est achevée quand la partie coupable accomplit un acte qui répare le mal qui a été fait contre la partie qui a subi l’injustice.

 

Dans la Bible, la Réparation, dans ce premier sens, est nécessaire à cause du péché originel qui a détruit les relations entre Dieu et l’humanité. Puisque Dieu est infini, l’offense à sa dignité de la part de ses créatures qui se sont rebellées contre lui, est aussi infinie. La sainteté infinie de Dieu exigeait un acte de Réparation supérieur à ce que l’humanité pécheresse pouvait produire. Qui peut réparer une offense à une personne de dignité infinie. ? Seulement une personne avec une dignité infinie. Voilà le mystère de notre foi. Dans son incarnation, la deuxième personne divine de la Trinité est entrée dans ce monde pour réparer, au nom de l’humanité, la faute originelle et tous les péchés qui ont l’ont suivie. Toute l’humanité a été coupable devant Dieu, mais par ses souffrances inimaginables, le Verbe incarné a payé le prix pour tous les péchés, passés, présents et futurs. La miséricorde de Dieu s’est montrée plus forte que sa justice . Par son sang versé sur la Croix, Jésus-Christ nous a libérés des exigences de la justice et il nous a redonné notre dignité. Non seulement nos péchés sont pardonnés, mais ils sont complètement réparés par les souffrances du Christ. Il nous a même conféré une dignité supérieure à notre dignité avant le péché originel, en nous donnant par le baptême le privilège de l’appeler Dieu notre Père et d’être vraiment ses enfants.

 

À suivre …

 

P. Florian Racine

 

 

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