La grâce de la Réparation, Père Florian Racine (ASDE 20)

La grâce de la réparation

 

Si je fais tomber un beau vase, je peux le jeter. Si j’y tiens tout particulièrement, je vais le réparer. De la même manière, lorsque nos premiers parents ont rejeté l’amour divin, Dieu aurait pu abandonner sa création et la laissant à son triste sort. Mais par miséricorde, Dieu a envoyé son propre Fils pour réparer les offenses des hommes. Là où l’homme a résisté à l’amour, Jésus a su faire preuve d’un amour infini jusqu’à offrir sa propre vie en rançon pour la multitude. C’est l’œuvre de la Rédemption, offrant à la justice divine un amour qui compense largement l’orgueil et la désobéissance de l’humanité. Nous pouvons aussi participer à cette œuvre de Réparation en faisant des actes d’amour supplémentaires envers Jésus lorsque celui-ci est rejeté par d’autres. Réparer, c’est offrir à Dieu tout l’amour que notre cœur peut donner pour contrecarrer les offenses contre notre Seigneur.

 

A Paray-le-Monial, Jésus manifeste son Cœur aux hommes, tantôt comme un « soleil d’amour divin, une ardente fournaise, tantôt « entouré d’une couronne d’épines ». D’une part, Jésus est embrasé d’amour pour les hommes. D’autre part, il est offensé par leur ingratitude. Cette double considération doit nous mouvoir d’une part à rendre amour pour amour à l’amour du Cœur de Jésus et d’autre part, à lui offrir une compensation pour l’offense qui lui est faite. Réparer et consoler le Cœur de Jésus, c’est aimer Jésus de tout son cœur pour ceux qui le rejettent ou l’ignorent.

 

Jésus est vrai Dieu et vrai homme en une personne divine. Il aime avec le Cœur de Dieu, c’est-à-dire avec la charité divine insondable. Il aime aussi avec un Cœur humain, un Cœur de chair, vulnérable, que l’on appelle le Sacré-Cœur. L’Evangile rapporte que ce Cœur a aimé passionnément chaque personne rencontrée il y a deux mille ans en Palestine. La réponse à son amour lui donnait une joie indescriptible, mais la haine ou l’indifférence brisait ce Cœur. A Paray-le-Monial, Jésus rappelle que ce même Cœur de chair palpite aujourd’hui au Saint-Sacrement, pour nous qui n’avons pas vécu avec lui il y a deux mille ans. Là, il nous aime du même amour, de la même affection qu’il manifestait à ses proches dans l’Evangile. Là aussi notre indifférence à son amour déchire son Cœur. Ainsi, l’amour ou l’ingratitude des hommes envers le Saint-Sacrement n’est rien d’autre que l’amour ou l’ingratitude envers son Cœur de chair. Dans ce sens, Jésus révèle à Marguerite-Marie que son Cœur est plus offensé aujourd’hui par ses amis, nous-mêmes qui, le connaissant au Saint-Sacrement, l’aiment si peu, que par ses ennemis qui, au Golgotha, l’ont mis en croix. Eux l’ont couronné d’épines. Nous, aujourd’hui, le couronnons d’indifférence et de mépris par la manière dont nous le traitons dans le sacrement de son Amour. D’où cette couronne d’épines sur son Cœur dans la représentation traditionnelle ! Par contre, notre adoration et notre reconnaissance le couronnent de joie et de consolations. Nous l’aimons pour les autres, au nom des autres. C’est la réparation !

 

« Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce sacrement d’amour ». Marguerite-Marie passera tout le temps qu’elle dispose pour aimer passionnément « le Cœur de mon aimable Jésus au très Saint-Sacrement, hors duquel il n’y a ni plaisir, ni joie, ni consolation en la vie », en réparation pour ceux qui ne le reconnaissent pas, l’ignorent ou le méprisent.

 

P. Florian Racine

Brasier Eucharistique, éditorial du n° 66, mars 2012

 

 

 

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :