Les mystères de la Création – Maria Valtorta (ASDE 20)

Extrait des cahiers de

Maria Valtorta

 

30 Décembre 1946

 

J’apprends qu’on a retrouvé des squelettes d’hommes-singes dans une caverne. Je reste pensive et je me dis : « Comment peut-on affirmer cela. Il doit s’agir d’hommes laids. Des visages et des corps simiesques, cela existe encore de nos jours. Peut-être les hommes primitifs avaient un squelette différent du nôtre. » Puis il me revint une autre pensée : « Mais d’une beauté différente. Je ne puis penser que les premiers hommes aient été plus laids que nous, puisqu’ils étaient plus proches de ce modèle parfait créé par Dieu qui, en plus d’être très fort, était sûrement très beau. » Je me demande comment la beauté de l’œuvre de création la plus parfaite a pu se dégrader au point de permettre à des scientifiques de nier que l’homme ait été créé homme par Dieu, et ne soit pas qu’un singe évolué.

 

Jésus s’adresse à moi pour me dire :

 

« Cherche la clé dans le chapitre 6 de la Genèse. Lis-le » Je le lis. Jésus me demande :

 

« Est-ce que tu comprends ?

 

Non, Seigneur. Je comprends que les hommes sont subitement devenus corrompus et rien de plus. Je ne vois pas quel rapport peut avoir ce chapitre avec l’homme-singe. »

 

Jésus sourit et me répond :

 

« Tu n’es pas la seule à ne pas comprendre ! Les savants, les scientifiques, les croyants comme les athées ne le comprennent pas. Ecoute-moi attentivement. Et commence par lire : « Lorsque les hommes commencèrent à être nombreux sur la surface de la terre et que des filles leur furent nées, les fils de Dieu – ou fils de Seth – trouvèrent que les filles des hommes – ou filles de Caïn – leur convenaient et ils prirent pour femmes toutes celles qu’il leur plut… Quand les fils de Dieu s’unissaient aux filles des hommes et qu’elles leur donnaient des enfants… ce furent les héros du temps jadis, ces hommes fameux. » Ce sont ces hommes dont la puissance du squelette étonne vos scientifiques, qui en concluent que, dans les premiers temps, l’homme était plus grand et plus fort qu’il ne l’est actuellement, et ils déduisent de la structure de leur crâne que l’homme descend du singe. Ce sont là les erreurs habituelles des hommes devant les mystères de la création.

 

Tu n’as toujours pas compris. Je vais être plus clair. Si la désobéissance à l’ordre de Dieu et ses conséquences ont pu transmettre à des innocents le mal sous toutes ses formes, de luxure, d’avidité, de colère, d’envie, d’orgueil et d’avarice, si cette transmission s’est bientôt épanouie en fratricide provoqué par l’orgueil, la colère, l’envie et l’avarice, quelle plus profonde décadence et quelle plus forte domination de Satan ce second péché n’aura-t-il pas provoqué.

 

Adam et Eve avaient manqué au premier des commandements de Dieu à l’homme, commandement sous-entendu dans cet autre – d’obéissance – qui leur fut donné à tout deux :  »De l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas ». L’obéissance est amour. S’ils avaient obéi sans céder à aucune pression du Mal sur leur âme, leur intelligence, leur corps et leur chair, ils auraient aimé Dieu  » de tout leur cœur, de toute leur âme et de toutes leurs forces », comme cela leur fut explicitement ordonné bien plus tard par le Seigneur. Ils ne l’ont pas fait et furent punis. Mais ils n’ont pas péché contre l’autre versant de l’amour, c’est-à-dire à l’égard de leur prochain. Ils ne maudirent même pas Caïn, mais ils pleurèrent en égale mesure sur celui qui était mort dans la chair et celui qui était mort spirituellement : ils reconnaissaient en effet que la souffrance permise par Dieu était juste, parce qu’ils avaient eux-mêmes créé la Souffrance par leurs péchés et devaient être les premiers à en faire l’expérience sous toutes ses formes. Ils sont donc demeurés enfants de Dieu, et avec eux leurs descendants venus après cette souffrance. En revanche, Caïn pécha à la fois contre l’amour de Dieu et contre l’amour du prochain. Ayant radicalement violé l’amour, Dieu l’a maudit, mais Caïn ne s’est pas repenti. Il s’ensuit que lui-même et ses enfants ne furent que les fils de l’animal qualifié du nom d’homme.

 

Si le premier péché d’Adam a provoqué une telle déchéance chez l’homme, quelle sera la conséquence du second, auquel s’unissait la malédiction de Dieu ? Quelles auront pu être les sources de péché dans le cœur de l’homme bestial – puisque privé de Dieu – et quelle puissance auront-elles atteint après que Caïn eut non seulement écouté le conseil du Maudit mais qu’il l’eut aussi choisi pour patron bien-aimé, en tuant sur son ordre ? L’abaissement d’une branche, de cette branche empoisonnée par la possession de Satan, n’a pas connu de répit et a revêtu mille visages. Quand Satan prend la mainmise, il corrompt toutes les ramifications. Quand Satan est roi, son sujet devient lui-même un Satan : un satan qui a tous les dérèglements de Satan, qui va à l’encontre de la loi divine et humaine, qui viole jusqu’aux normes de vie les plus élémentaires et instinctives les plus laids de l’homme bestial.

Satan s’installe là où Dieu n’est pas présent. L’homme qui n’a plus d’âme vivante devient un homme bestial. Les brutes aiment les brutes. La luxure charnelle – plus que charnelle, d’ailleurs, puisqu’elle est saisie et exaspérée par Satan – le rend avide de toutes les unions. Ce qui est horrible et perturbé comme un cauchemar lui paraît beau et séduisant. Ce qui est licite ne lui apporte aucune satisfaction. C’est trop peu et trop honnête. Fou de luxure, il recherche ce qui est illicite, dégradant et bestial.

 

Ceux qui n’étaient plus enfants de Dieu puisque, comme leur père et avec lui, ils avaient fui Dieu pour faire bon accueil à Satan, se précipitèrent vers ce qui est illicite, dégradant et bestial. Et en guise de fils et de filles, ils eurent des monstres. Ce sont ces monstres qui étonnent aujourd’hui vos savants et les induisent en erreur. Par leur physique puissant, leur beauté sauvage et leur ardeur bestiale, ces monstres – qui résultent de l’union de Caïn et des bêtes, de l’union des enfants les plus bestiaux de Caïn et des bêtes sauvages – séduisirent les enfants de Dieu, autrement dit les descendants de Seth par Enosh, Qénân, Mahalaléel, Yéred, Hénok fils de Yéred – à ne pas confondre avec Hénok, fils de Caïn –, Mathusalem, Lamek et Noé, le père de Sem, Cham et Japhet. C’est alors que Dieu, pour empêcher la branche des enfants de Dieu d’être totalement corrompue par la branche des enfants des hommes, envoya le déluge universel pour éteindre la débauche des hommes sous le poids des eaux et détruire les monstres engendrés par luxure des sans-Dieu à la sensualité insatiable puisque enflammée par les feux de Satan.

 

L’homme, l’homme contemporain, délire sur les signes somatiques et les angles zygomatiques ; il refuse d’admettre un Créateur parce qu’il est trop orgueilleux pour reconnaître qu’il a été créé, mais il admet descendre de ces brutes ! Il peut ainsi se dire : « C’est tout seuls que nous avons évolué de l’état d’animal à celui d’homme. » Il se dégrade lui-même par refus de s’humilier devant Dieu. Et il s’abaisse. Ah, comme il s’abaisse ! Mais il en a aujourd’hui les pensées et le cœur, et son âme, de par sa collusion toujours plus profonde avec le mal, a pris le visage de Satan chez trop d’hommes.

 

Ecris cette dictée dans le livre. J’aurais pu traiter plus amplement de ce sujet, comme je te l’avais dit dans ton lieu d’exil, pour réfuter les coupables théories d’un trop grand nombre de soi-disant savants. Mais il faut bien châtier ceux qui refusent d’entendre les paroles que tu écris sous ma dictée. J’aurais pu révéler de grands mystères, pour que l’homme sache, maintenant que les temps sont mûrs. Il n’est plus temps de satisfaire les foules par des fables. Sous la métaphore des histoires anciennes se cachent les vérités-clés de tous les mystères de l’univers, et je les aurais expliqués par l’intermédiaire de mon petit Jean, tellement patient. Ceci étant, l’homme aurait tiré de la connaissance de la vérité la force de remonter de l’abîme pour se trouver au même niveau que l’ennemi au moment de la lutte finale qui précèdera la fin d’un monde, qui, malgré toutes les aides de Dieu, n’a pas voulu devenir un pré-paradis, mais a préféré être un pré-enfer.

 

Montre cette page à ceux que tu sais, sans la leur donner. Cela aidera l’un d’eux à combattre les restes d’une pseudo-science qui lui atrophie le cœur, et cela servira aux autres à consolider une spiritualité déjà forte à laquelle ils reconnaissent en toutes choses le signe caractéristique de Dieu.

 

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