Lui et moi : Décembre 1940

LUI et moi

 

 

Mois de Décembre 1940

 

1028. [III, 48] — 3 décembre 1940. — Neuvaine à Notre-Dame.

« Pense davantage à la Sainte Trinité présente en toi.

« Adore-La. Aime-La. Réjouis-La.

« Que les trois Personnes soient tes trois Compagnes de vie. »

 

1029. [V,137] — 5 décembre. Heure sainte. 

« Cause plus souvent avec Moi, ton Époux. Si tu savais la joie que J’y trouve, de toi-même, tu Me viendrais à tous propos.

« Songe donc : une petite créature, c’est plus, pour le Créateur, que l’enfant n’est pour la mère. Je sais bien que vous ne pouvez pas comprendre. Mais sache qu’en tout, il faut, même sans comprendre, prendre modèle sur Ma Vie de la terre. Alors, rappelle-toi Mon union avec le Père. Rappelle-toi Mes nuits entières passées en prières et en conversations célestes.

« Et combien souvent Je parlais de Mon Père ! Mes Apôtres voyaient bien qu’il était toujours dans Ma pensée : que Je sois donc dans la tienne, Mon amie, et que tous ceux qui t’approchent s’en aperçoivent et en ressentent du bien.

« Car Me nommer devant les autres, c’est déjà comme une bénédiction tombant de Mon Nom ! Et quand tu es seule, J’allais dire : quand nous sommes seuls…, c’est alors qu’avec plus d’effusion et sans craindre d’exagérer ta tendresse, tu trouves avec les inventions de ton amour, mille sujets d’épanchements.

« Ah ! si tu Me voyais t’écouter !… Mais sur terre, tout est ténèbres, afin que la Foi travaille, mérite, gagne, enlève…

« Crois. Je te demande de croire au bonheur que Me procure vos confidences. Alors, votre coeur bat plus près du Mien. Je partage tout ce que vous Me confiez, ainsi que Mon Père s’unis-sait à Moi sur la terre : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé en qui J’ai mis toutes mes complaisances… »

« Ne puis-Je pas dire les mêmes paroles de chacun de Mes fidèles ? N’êtes-vous pas d’autres Christs ?

« Et si vous vivez dans Mon étroite intimité, n’êtes-vous pas Mes bien-aimés, remplis de Mes complaisances ?

« Oh ! cherchez bien Ma tendre intimité, comme tu chercherais un trésor ! Vois-tu, être intime avec son Dieu, cela seul compte ; quelle que soit la vie qui vous est faite, vous pouvez la passer sur Mon Coeur.

« Combien peu y songent… Oh! Mes petits enfants, Je suis Charité, Je suis Amour ! Entendez doucement ces paroles douces. Ne faites pas comme ces Pharisiens qui s’en indignaient et s’éloignaient de Moi !… Mais que Mon Amour qui est comme la liquéfaction de Mon Coeur, vous attendrisse au point que vous ne vouliez plus quitter Mon chemin, ni Me quitter en chemin !…

« Est-ce difficile de souvent Me regarder ? de mettre votre main dans la Mienne, de Me dire les petits mots qui montent de votre âme et qui Me font tant de plaisir ? Vous Me les dites et vous les oubliez ; mais Moi, Je les garde, ils Me sont précieux et plus tard, c’est Moi qui vous les répéterai quand nous serons dans l’union du Ciel. »

« Merci, mon Amour ! »

« Je te dirai tes paroles, Ma chère Fille: merci, Mon amour. »

 

1030. [VII,338] — 6 décembre 1940,  après la communion.  Comme je pensais à Sa délicatesse de Se servir de nos propres mots, pour nous aimer au Ciel.

« Ne suis-Je pas la Réponse à toutes vos aspirations ?

« Ne suis-Je pas dans vos plus secrets désirs ?

« Je suis, pour chacun, Celui qui est pour lui, l’affection directe de ses affections. Comprenez Mon Amour !…

« Tu es à Moi pour jamais : comprends cette douceur, et sois, dès maintenant, à Moi, sans hâte, comme sans lenteur, puisque c’est pour jamais… Je vous prends tous de même, dans l’abri de Mon Coeur.»

Je lui disais : « Merci pour cette nuit sans alerte. »

« Tout est dû à Ma Providence infiniment aimable. »

 

1031. [III, 49] — Clôture de la neuvaine. 

« Empare-toi, comme fruit de la neuvaine à l’Immaculée, empare-toi de la Pureté, tu comprends ?

« La pureté d’intention qui mettra directement en Moi toutes tes actions et pensées.

« Moi, ton But unique. »

 

1032. [V,138] — 8 décembre.  A la procession du Saint-Sacrement, dans la foule. De l’ostensoir porté par Monseigneur Villepelet.

« Prends ton âme et entre en Moi.

« Vois-Moi uniquement.

« C’est ainsi que Je veux vos coeurs : tout entiers. »

 

1033. [VII,339] — 8 décembre.  Je me tenais aux pieds de la Sainte Vierge. 

« Je vais te donner un moyen de bien faire toutes choses : c’est de faire chacune de tes actions comme si tu sortais de la sainte Table. Et tu verras ainsi ta vie intérieure s’amplifier dans un paisible recueillement. »

 

1034. [V,139] — 12 décembre. Heure sainte.  Je priais pour les pauvres anglaises captives et abandonnant leurs biens, et je demandais que cette épreuve servit à leur conversion au catholicisme.

« Offre-Moi au Père, en même temps. J’ai été captif, prisonnier. J’ai été lié de cordes et arraché de ceux qui M’aimaient et desquels Je goûtais les douceurs de l’affection, pour subir les mauvais traitements, les haines grossières, les mépris subtils…

« J’ai voulu tout souffrir, afin que vous puissiez Me rencontrer à mi-route de chacune de vos souffrances. Je viens toujours au-devant de vous, pour vous apporter le soutien et la joie de peiner avec Moi, votre Époux. »

« Seigneur, il y a encore ces pauvres filles de ces tristes maisons. Je voudrais tant qu’il y en ait quis’évadent de cette horrible existence. Je passe chaque dimanche devant ces portes afin que Vous, qui êtes en moi, Vous envoyiez une grâce à quelqu’une »..

« Tu te rappelles ? Je t’ai dit : quand tu ne pourras pas entrer toi-même dans un lieu, ta prière entrera.

« Il n’y a aucune faute que Je ne puisse absoudre, aucune âme, si tombée soit-elle, que Je ne puisse guérir. Vois, dans l’Évangile, certains en étaient scandalisés. Et Je suis toujours de même, Mon Coeur allant aux plus misérables.

« Ne restreins donc pas tes prières, ose et espère. Plus tu M’arracheras de grâces, plus J’en aurai de nouvelles à ta disposition. J’aime que vous Me sollicitiez sans cesse. Comment donnerais-Je beaucoup, si vous demandez peu ?

« Pense qu’une chose qui te semble difficile ou impossible à obtenir, n’est cependant rien pour Ma puissance. Ne puis-Je pas tout ? Et t’exaucer, n’est-ce pas dans Mon domaine d’Amour ?

« Ne quitte pas l’Amour : parle avec ton amour, adresse-toi à l’Amour. Et n’est-ce pas tout simple entre l’âme et son Dieu ? Et entre deux intimes, peut-on faire autrement… Est-ce qu’au contraire tout sujet ne ramène pas toujours aux redites du cantique d’Amour ? sans jamais apporter de lassitude, mais une vie, dans le coeur toujours plus ardent.

« Oh ! Ma Fille, que le cantique de ton âme monte toujours nouveau chaque jour : il n’aura pas de fin, car tu le chanteras encore dans l’Éternité, dans des rassasiements inénarrables…

« Aime déjà, aime beaucoup. Tu ne peux pas savoir tout ce que tu peux obtenir, transformer, acquérir, avec ton amour sur la terre. Moi, Je le sais. »

« Seigneur, je suis si pauvre en amour. »

 

« Prends le Mien, puisque tu sais qu’il est à toi, qu’il est à vous. Offre-Le au Père, dans la certitude de ta puissance, et alors, demande, demande, demande !…

« Mes petits enfants, en tous temps, revêtez-vous de votre Jésus, comme Jacob, recouvert, ressemblait à Esaü.

« Alors, le Père vous fera entrer dans l’héritage de tous ses biens. Et Moi, si heureux, si heureux, d’avoir payé de Mes larmes, des coups reçus, et de Mon Sang. Oh ! Mes petits enfants, bien à Moi ! »

 

1035. [III, 50] — 15 décembre. 

« Servir ! Servir Dieu : tu Le sers quand tu pries.

« Il a besoin de tes prières pour répandre des grâces.

« Tu Le sers quand tu fais toutes actions de ta journée pour Lui. Quand tu L’adores et que tu L’aimes : Il emploie tout.

« Tous tes services, au service de votre service.

« Oh ! sers Dieu. »

 

1036. [V,140] — 19 décembre. Heure sainte. 

« Ne te lasse pas de Moi. Ne te lasse pas !…

« Je M’en vais et Je reviens à vous. Et quand Je M’en vais, vous restez près de Moi.

« Ne faites pas comme les âmes qui, dans les moments d’aridité Me fuient et M’abandonnent.

« Ces âmes ne connaissent pas leur Sauveur. C’est parce que Je vous aime que Je Me cache. Ne dois-Je pas éprouver Mes chères brebis ?… Même s’il fait tout noir dans votre coeur, si Ma Voix semble s’être tue pour toujours, pensez : « Il m’aime et Il s’est livré pour moi. »

« Livré !… Si tu savais ce que cela a pu signifier pour Moi !… Il faudrait avoir connu la cruauté de Mes bourreaux pour comprendre Mon courage, aidé par Mon Amour !… Oui, Je vous ai aimés, chacun, jusqu’à ces souffrances-là… Alors, ne doutez jamais de Moi, parce que Je suis l’Infini. »

« Seigneur, aidez notre foi, aidez notre espérance, aidez notre charité! »

« N’aie aucune confiance en toi ; n’attends rien de tes petits moyens ; alors, Je t’aiderai, parce que te vidant de toi-même, Je pourrai te remplir.

« Conviens de ton néant. Et Moi, le Tout, J’agirai en toi et par toi. Souvent, dépose ta faible petitesse dans Mes mains puissantes. La puissance d’un Père, d’un Époux, comme c’est fort, Ma petite Fille !… Oh ! comme tu te réjouiras de M’avoir tout remis, tout, tout ce que Je t’avais donné !

« Tu Me le remets dans le désir unique de Me plaire et de mieux travailler à Ma gloire. Oh ! développe en toi ce désir !… Qu’il grandisse jusqu’à la passion. Tourne vers ce but toutes tes actions, comme certaines fleurs se tournent vers le soleil jusqu’à ce qu’elles meurent et tombent. « Me plaire et augmenter Ma gloire. » Moi. Jamais toi. Et si tu t’oublies à ce point, si tu te souviens de Moi à ce point, comment résisterai-Je à ce charme de Ma créature ?…

« Je lui donnerai bien au-delà de ses besoins, et Ma Gloire rejaillira. Tu sais dans quelle disproportion sont Mes récompenses et vos efforts ! Il Me faut cet élan de votre abandon : sortir de vous, pour entrer en Moi.

« Et si tu le fais humblement et avec joie, quelle joie tu Me procures ! J’oublie alors les souffrances que beaucoup Me font subir, et Je Me réfugie, avec toutes Mes faveurs, au fond de votre coeur.

« Nous sommes bien, chez nous… Et là, dans ton coeur, J’ai où reposer Ma tête. »

 

1037. [III, 51] — 24 décembre 1940. —

Je lisais : « Marie avait une Foi que n’aura jamais aucune créature humaine ».

« Tout ce qui est à une mère est aussi à ses enfants. As-tu jamais rencontré une mère refusant de partager ?

« Tout. Elle te donne tout, si tu le lui demandes.

« Enrichis-toi donc par Elle, pour Ma Gloire, Ma pauvre petite Fille. »

 

1038. [V,141] — Veille de Noël 40. — Dans ma chambre. 

« As-tu quelquefois pensé que l’amour  qu’avaient pour toi ta maman, ta soeur Clémence et celles qui s’intéressent à toi, c’était un peu de l’Amour de Ma Mère pour toi ?

« Un peu. Remercie-La bien. Rends-Lui donc en tendres pensées la sollicitude de son Coeur. »

Comme je priais à mes intentions.

« Prie aussi pour les Miennes, pour celles de Ma Mère. Il y a des âmes que Nous voudrions.

« Nous aurions besoin de leur donner une grâce spéciale et pour cela, il Nous faudrait une aide.

« Aider Dieu… Cela te semble étonnant ?

« Est-ce que cela ne t’est pas doux de M’aider ?

« Prie comme pour Me forcer à donner cette grâce. Plus tard, tu verras l’âme dans sa gloire, et sa gloire glorifiera ta gloire. »

 

1039. [VII,340] — Noël 1940. 

« Comme cadeau de Noël à Moi, petit Enfant, donne-Moi ton bonjour de chaque matin, au premier réveil.

« Dis? Ce n’est pas bien coûteux ?…

« Rappelle-toi ce bon Prêtre (l’abbé M…), qui t’avait dit à propos du signe de la Croix, le matin :

« Ce sera comme une belle procession, toutes vos actions seront en ordre, derrière la Croix. »

Je disais, après la communion de la messe de l’aurore :

« Je Vous adore, Vous qui venez apporter le salut au monde. »

« Je viens vous l’apporter. Mais vous, au moins, venez le prendre. »

1040. [III, 52] — 25 décembre – le soir.  Je pensais à Sa pauvre Vie.

« N’ai-Je pas pris la plus grande peine dans la peine des hommes ? »

 

1041. [V,142] — 26 décembre 1940. — Nantes, avenue de Launay. Heure sainte. 

« Tu vois comme il fait froid dans la grotte de Bethléem, comme la lumière manque, ainsi que bien des choses nécessaires… Cependant, Ma Mère et Saint Joseph sont heureux ; parce qu’ils sont avec Moi, rien ne leur manque ; ils ne céderaient leur place à aucun prince de la terre.

« Oh ! que ton amour soit assez grand pour comprendre la plénitude de la joie de l’union du bon Dieu !

« Vois-tu, même quand on n’a rien, si l’on possède son Jésus, on a tout. Et posséder Jésus, ce n’est pas une fiction, c’est vraiment Moi.

« Je M’empare, quand on se donne. Quelquefois, Je n’attends pas que vous vous offriez pour vous prendre, tellement J’ai le désir de Mes chères petites créatures.

« Qui aura assez de simplicité du coeur pour Me croire ? On ne croit pas à Mon Amour par une fausse humilité. Ce n’est pas parce que vous en êtes dignes que Je vous aime, mais parce que vous êtes Mes pauvres enfants, Mes pauvres images, et parce que Mon Coeur est le plus aimant des coeurs.

« Je trouve toujours un prétexte à aimer, serait-ce l’âme la plus misérable. Je suis Son Ami, prêt à lui apporter son pardon. Tu dis : « Il parle toujours de Son Amour pour les hommes ! »… C’est que Je suis Amour, tu comprends ?

« Je parle d’abondance. Ma pensée est immuable. Je suis le brasier qui ne s’éteint pas. Ma pensée est profonde.

« Vous M’êtes tous présents comme un seul, oh ! Mes pauvres petits !… Si vous compreniez un seul instant Mon Amour, quelle vie céleste mèneriez-vous ! Vous vivriez davantage dans Mon Coeur que sur la terre. Votre pensée n’aurait qu’une seule direction : boire à la coupe de la Vie.

« Toi, au moins, crois simplement. Abandonne-toi.

« Passe en Moi et ne t’en vas plus, car tu as trouvé. »

 

1042. [VII,341] — 27 décembre.  Après la communion aidée par saint Jean. 

« Souvent tu cherches quels sacrifices tu pourrais M’offrir dans ton petit bouquet de chaque jour. Il y a ceux de la prière. Je veux dire : mettre un acte de foi spécial, à tel passage de tes prières. Un acte d’espérance en Moi, en Mes mérites.

« Et toujours plus de charité. »

 

1043. [VII,342] — 29 décembre. 

« Non, ce ne sont pas tes oeuvres qui comptent. Ce sont tes intentions dans la présentation, dans la préparation de ton action dans les oeuvres.

« Va directement, pour Me plaire. Rien autre : Moi.

« Et pour toi, ne crains rien : Je suis toujours là. »

« Remercie-Moi d’avoir une nature si remplie de défauts, puisque cela peut te procurer des mérites. »

 

1044. [III, 53] — 31 décembre. 

« Finissons l’année ensemble et remercie-Moi, avec ton coeur. Car Je t’ai servie avec Mon Coeur tant de grâces !

« D’où pouvaient-elles venir ? Sinon de ce Coeur qui a tant aimé les hommes ?

« Et J’aimerai ta reconnaissance, comme J’aime tout ce que vous Me donnez, Mes pauvres petits enfants. »

 

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