Le secret du pardon – 3ème Partie (ASDE 21)

Le secret du pardon

 

 

CONVERSION ET RECONCILIATION AVEC DIEU

 

 

Le christ seul guérit

(Jean-Paul II, au secrétariat du Synode, 30 octobre 1982, RP 121-122)

 

C’est le Christ seul qui peut donner à chacun un cœur nouveau et un esprit nouveau. C’est ainsi qu’il commence à arracher de nous le péché. C’est ainsi qu’il touche notre conscience, précisément à la racine de ce déséquilibre fondamental, dans la profondeur de nous-mêmes, là où nous sommes déchirés entre le bien et le mal, presque si nous étions incapables de réaliser le bien que nous décidons de faire, et d’éviter le mal que nous réprouvons. Le Christ nous guérit précisément là où nous sommes malades de ce mal contagieux qui crée le déséquilibre du monde tout entier : l’égoïsme, la jalousie, la volonté de domination.

 

Il faut donc insister sur cela, précisément parce que c’est là que se trouve la clé de beaucoup de problèmes très difficiles : la possibilité d’accueillir le don de Dieu par une conversion sincère est le signe de la dignité de l’homme. En réalité, en assumant la responsabilité de ses fautes, l’homme atteste la valeur de sa liberté, certes blessée, mais régénérée par le Christ.

 

Il faut insister sur cela, car si le péché et la faute n’étaient plus reconnus pour ce qu’ils sont aux yeux de Dieu, alors ce qu’il y a de plus humain dans l’homme lui-même serait mis en danger. « As-tu péché ? » nous demande saint Jean Chrysostome. « Alors, confesse à Dieu, j’ai péché. Dénonce ton péché, si tu veux qu’il te soit pardonné. Il n’y a pas à te fatiguer pour le faire ; il ne faut pas beaucoup de paroles ni dépenser de l’argent ; rien de tout cela. Il faut reconnaître de bonne foi ses péchés et dire : j’ai péché. »

 

L’appel du Christ à la pénitence est un appel à reprendre conscience de sa dignité. C’est une occasion pour la réconciliation, dans un sens plus large, au sein de la société et entre les peuples. A travers les chemins difficiles de l’histoire humaine, la guérison du cœur laisse aussi entrevoir à notre espérance quelque chose de la réconciliation eschatologique : la paix messianique pleinement réalisée dans les cieux nouveaux et sur la terre nouvelle.

 

Dans le sanctuaire inviolable du cœur humain, le rôle que chacun doit jouer dans l’histoire de l’homme est en jeu : du côté de l’amour et de la paix, ou du côté de la haine et de la guerre. En suivant le Christ, on chemine vers la lumière et on s’avance sur les routes de la paix. Sur ce chemin, toute l’Église sera invitée à avancer d’un pas plus courageux et plus rapide, à condition que nous soyons toujours attentifs aux paroles de l’Apôtre : « Nous vous supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu. »

 

 

L’Église réconciliatrice au nom du Christ

(EA Reconciliatio 12, RP 37)

 

L’Église a la mission d’annoncer cette réconciliation et d’en être le sacrement dans le monde. Sacrement, c’est-à-dire signe et instrument de réconciliation, l’Église l’est à titre divers, qui n’ont pas tous la même valeur mais qui, tous, convergent vers l’obtention de ce que l’initiative divine de miséricorde veut accorder aux hommes.

 

Elle l’est avant tout par son existence même de communauté réconciliée, qui témoigne dans le monde de l’œuvre du Christ et la représente.

 

Elle l’est par son service de gardienne et d’interprète de la Sainte Écriture, qui est la joyeuse nouvelle de la réconciliation car elle fait connaître de génération en génération le dessein de l’amour de Dieu et elle indique à chacun les voies de la réconciliation universelle dans le Christ.

 

Elle l’est enfin par les sept sacrements qui, chacun à sa manière, font l’Église. Puisqu’ils commémorent, en effet, et renouvellent le mystère de la Pâque du Christ, tous les sacrements sont sources de vie pour l’Église et, entre ses mains, instruments de conversion à Dieu et de réconciliation des hommes.

 

Le sacrement de la pénitence et de la réconciliation

(EA Reconciliatio 28, RP 135-136)

 

Toutefois, parmi les sacrements, il en est un qui, souvent appelé confession en raison de l’accusation des péchés qu’il comporte, peut être considéré de façon plus appropriée comme le sacrement de la pénitence par excellence – c’est en effet ainsi qu’on le désigne – et il est donc le sacrement de la conversion et de la réconciliation. L’Église, en effet, connaît et valorise depuis ses origines des formes nombreuses et variées de pénitence : certaines de type liturgique ou paraliturgique, qui vont de l’acte pénitentiel de la messe aux cérémonies pour implorer le pardon et aux pèlerinages ; d’autres de caractère ascétique comme le jeûne. Cependant, parmi tous ces actes, aucun n’est plus significatif, plus divinement efficace, ni plus élevé et en même temps plus accessible au sein du rite lui-même que le sacrement de Pénitence.

 

Comme l’a reconnu le Synode, le sacrement de pénitence traverse une crise. En même temps, du Synode lui-même l’Église a reçu une claire confirmation de sa foi en ce qui concerne le sacrement qui donne à tout chrétien et à la communauté entière des croyants la certitude du pardon grâce à la puissance du sang rédempteur du Christ.

 

 

Il est bon de renouveler et de réaffirmer cette foi à une époque où elle pourrait s’affaiblir, perdre quelque chose de son intégrité ou entrer dans une zone d’ombre et de silence, menacée comme elle l’est par la crise déjà mentionnée en ce qu’elle a de négatif. En effet, le sacrement de la confession est en butte à de nombreuses menaces : d’un côté, l’obscurcissement de la conscience morale et religieuse, la diminution du sens du péché, la déformation de la notion du repentir, l’élan insuffisant vers une vie authentiquement chrétienne ; d’un autre côté, la mentalité répandue ici ou là selon laquelle on pourrait obtenir le pardon directement de Dieu, même de façon ordinaire, sans s’approcher du sacrement de la réconciliation, et aussi la routine d’une pratique sacramentelle qui manque parfois de ferveur et de spontanéité spirituelle, cette routine étant due peut-être à une conception erronée et détournée de son vrai sens en ce qui concerne les effets du sacrement.

 

 

à suivre …

 

 

 

 

 

 

 

 

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