Prophéties de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich sur le temps des deux Églises et des deux Papes

La Bienheureuse Anna-Catherine Emmerich reçut de la Divine Providence le don de voir l’avenir de l’Église et de l’humanité, résumé en à peu près sept périodes ; toutefois, il n’est pas facile de faire une chronologie claire des prophéties, fidèlement transcrites par Brentano, le « pèlerin » qui rendait visite presque tous les jours à la Bienheureuse. Voici quelques unes de ses visions qui semblent se référer à ce que nous vivons aujourd’hui.

La plupart de ces visions peuvent être trouvées dans les 3 tomes de la Vie d’Anne-Catherine Emmerich :

Vie d’Anne Catherine Emmerich – Tome 1
Vie d’Anne Catherine Emmerich – Tome 2
Vie d’Anne Catherine Emmerich – Tome 3

Source : jesusmarie.free.fr

Autres sources et références :

Le Pape

Je vis le Pape en prières : il était entouré de faux amis qui souvent faisaient le contraire de ce qu’il prescrivait. Je vis un petit homme noir (c’était un laïc) travailler à la ruine de l’église avec une grande activité.

Je vis le saint Père dans une grande tribulation et une grande angoisse touchant l’Église. Je le vis très entouré de trahisons.

Ils veulent enlever au pasteur le pâturage qui est à lui ! Ils veulent en imposer un qui livre tout aux ennemis ! (alors saisie de colère, elle leva le poing en disant 🙂 Coquins d’allemands ! Attendez ! Vous n’y réussirez pas ! Le pasteur est sur un rocher ! Vous prêtres, vous ne bougez pas ! Vous dormez et la bergerie brûle par tous les bouts ! Vous ne faites rien ! Oh, comme vous pleurerez cela un jour !

« Je vois le Saint-Père dans une grande angoisse. Il habite dans un bâtiment autre que celui d’avant et il n’y admet qu’un nombre limité d’amis proches de lui. Je crains que le Saint-Père ne souffrira beaucoup d’autres épreuves avant de mourir.

Je vis que, dans certains cas d’extrême détresse, il (le Pape) a des visions et des apparitions.

Quant à ceux qui récusent aujourd’hui le Pape, craignons qu’ils ne soient demain les premiers à acclamer le Ravisseur qui s’introduira dans la Bergerie.

Je vis, sous l’image de plusieurs jardins formant un cercle autour de moi, les rapports du Pape avec les évêques. Je vis le Pape lui-même sur son trône, placé comme dans un jardin… Je vis autour de lui des protestants qui voulaient le faire descendre dans le jardin, mais non avec les conditions que le Pape avait exigées.

Ils cherchaient à s’y glisser par toute espèce de moyens : ils bouleversaient certaines parties du jardin où y jetaient de mauvaises semences. Je les vis tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, cultiver, ou laisser en friche, démolir et ne pas enlever les décombres, etc. Tout était plein de pièges et de ruines. Je les vis intercepter et détourner les voies qui allaient au Pape.

Je vis, à ce que je crois, presque tous les évêques du monde, mais un petit nombre seulement parfaitement sain. Je vis aussi le Saint Père rempli de la crainte de Dieu et priant. Rien n’étant défectueux dans son extérieur: mais il était très affaibli par la vieillesse et par de nombreuses souffrances. Sa tête vacillait souvent d’une épaule à l’autre ou tombait sur sa poitrine comme s’il eût sommeillé ; souvent aussi je le vis tomber en défaillance et semblable à un mourant. Je le vis souvent soutenu, pendant qu’il priait, par des apparitions célestes ; alors sa tête se tenait droite. Mais aussitôt qu’elle retombait sur sa poitrine, je voyais plusieurs personnes tourner rapidement la tête à droite et à gauche, c’est-à-dire regarder du coté du monde.

J’ai été cette nuit conduite à Rome, où le Saint-Père, plongé dans l’affliction, s’est encore caché pour se dérober à de dangereuses exigences. Il est très faible et tout épuisé par la tristesse, les soucis et la prière. Sa principale raison pour se tenir caché est qu’il ne peut plus se fier qu’à peu de personnes. Mais il y a près de lui un vieux prêtre très simple et très pieux, qui est son ami et qu’on regarde, à cause de sa simplicité, comme ne valant pas la peine d’être éloigné. Or, cet homme reçoit beaucoup de grâces de Dieu. Il voit et remarque bien des choses qu’il communique fidèlement au Saint-Père. J’ai eu à le renseigner, pendant qu’il priait, sur des traîtres et des gens mal intentionnés parmi les hauts fonctionnaires qui vivent dans l’intimité du Saint-Père, afin qu’il lui en soit donné connaissance. C’est de cette manière qu’il a été mis en garde contre celui qui faisait tout jusqu’à présent et qui ne fera plus rien. Le Pape est si faible qu’il ne peut plus marcher seul.

J’ai vu le Saint-Père entouré de traîtres dans une grande détresse de l’Église. Il avait des visions et des apparitions dans les heures de détresse. J’ai vu beaucoup de bons, pieux évêques, mais ils étaient faibles et indécis, leur lâcheté prenait souvent le dessus.

La relation entre la vraie et la fausse Églises

J’ai vu des hommes aux noirs projets, les destructeurs s’en prendre à l’Église de Pierre, Marie debout avec son manteau sur elle, et les ennemis de Dieu mis en fuite… Puis j’ai vu l’obscurité se répandre partout et les hommes chercher la véritable Église. Ils sont allés vers une autre (Église) qui leur disait : « Tout est plus beau, plus naturel, ici, mieux légiféré », mais je ne vis aucun ecclésiastique parmi eux. »

Puis je vis que tout ce qui regardait le protestantisme prenait peu à peu le dessus et que la religion catholique était précipitée dans une complète décadence. La plupart des prêtres étaient attirés par les doctrines séduisantes mais fausses de jeunes enseignants, et tous contribuaient à l’œuvre de destruction. En ces jours, la foi tombera très bas, et ne sera conservée que dans quelques endroits, de rares maisons et de rares familles que Dieu a protégées contre les catastrophes et les guerres.

Il y avait à Rome, même parmi les prélats, bien des personnes de sentiments peu catholiques qui travaillaient au succès de cette affaire. Je vis aussi en Allemagne des ecclésiastiques mondains et des protestants éclairés manifester des désirs et former un plan pour la fusion des confessions religieuses et pour la suppression de l’autorité papale.

Je vis que beaucoup de pasteurs se laissaient prendre à des idées dangereuses pour l’Église… Ils bâtissaient une grande église étrange et extravagante ; tout le monde devait y entrer pour s’y unir et y posséder les mêmes droits ; évangéliques, catholiques, sectes de toute espèce : ce devait être une vraie communion des profanes où il n’y aurait qu’un pasteur et un troupeau. Il devait aussi y avoir un Pape mais qui ne posséderait rien et serait salarié. Tout était préparé d’avance et bien des choses étaient déjà faites ; mais à l’endroit de l’autel, il n’y avait que désolation et abomination.

Telle devait être la nouvelle église et c’était pour cela qu’il mettait le feu à la maison de l’ancienne église. Mais Dieu avait d’autres desseins.

Je vois que la fausse église des ténèbres fait des progrès, et je vois l’énorme influence qu’elle a sur les gens »

Je vois les ennemis du Saint-Sacrement, qui ferment les églises et empêchent qu’on l’adore, s’attirer un terrible châtiment. Je les vois malades et au lit de la mort sans prêtre et sans sacrement.

Il n’y a qu’une Église, l’Église catholique romaine ! Et quand il ne resterait sur la terre qu’un seul catholique, celui-ci constituerait l’Église une, universelle, c’est-à-dire catholique, l’Église de Jésus-Christ, contre laquelle les portes de l’Enfer ne prévaudront pas.

C’est quelque chose de très grand, mais aussi quelque chose d’impossible sans la vraie lumière (lire La flamme qui faiblit), sans la simplicité et la pureté, que de vivre selon la foi de cette sainte Église.

J’ai vu combien seraient néfastes les conséquences de cette fausse église. Je l’ai vue augmenter de dimensions; des hérétiques de toutes sortes venaient dans la ville (de Rome). Le clergé local devenait tiède, et j’ai vu une grande obscurité.

Je vois le Saint-Père dans une grande détresse. Il habite un autre palais qu’auparavant et n’admet près de lui qu’un petit nombre d’amis. Si le mauvais parti connaissait sa force, il aurait déjà éclaté. Je crains que le Saint-Père, avant sa mort, n’ait encore bien des tribulations à souffrir. Je vois la fausse Église des ténèbres en progrès et la funeste influence qu’elle exerce sur l’opinion. La détresse du Saint-Père et de l’Église est réellement si grande que l’on doit implorer Dieu jour et nuit… Il m’a été prescrit de beaucoup prier pour l’Église et le Pape …

Je vis bâtir une église étrange et au rebours de toutes les règles… Rien ne venait d’en haut dans cette église; tout y venait de la terre et de la région ténébreuse… tout était obscur, à contresens et sans vie : il n’y avait que division et haine. Je vis dans le voisinage une autre église, où régnait la clarté et qui était pourvue de toute espèce de grâces d’en haut. J’y vis les anges monter et descendre, j’y vis de la vie et de l’accroissement, mais aussi de la tiédeur et de la dissipation : pourtant elle était comme un arbre plein de sève en comparaison de l’autre qui ressemblait à un coffre plein d’appareils inanimés. Celle-là était comme un oiseau qui plane, celle-ci comme un dragon de papier avec une queue chargée de rubans et d’écriteaux qui se traîne sur un chaume au lieu de voler. Je vis que beaucoup des instruments qui étaient dans la nouvelle église, comme par exemple des flèches et des dards, n’étaient rassemblés que pour être employés contre l’église vivante… Tout restait sur la terre et allait dans la terre, et tout était mort, artificiel et fait de main d’homme : c’est proprement une église de fabrique humaine suivant la dernière mode, aussi bien que la nouvelle église hétérodoxe de Rome, qui est de la même espèce.

Je voyageai à travers une contrée sombre et froide et j’arrivai dans la grande ville: J’y vis de nouveau la grande et singulière église qu’on y construisait ; n’y avait là rien qui fût saint; je vis que d’innombrables esprits planétaires y travaillaient.

Pendant que l’église était ainsi démolie d’un côté, on la rebâtissait de l’autre côté, mais avec très peu de zèle. Je vis plusieurs membres du clergé que je connaissais. Le vicaire général me causa une grande joie. Il passa, sans se troubler, à travers les démolisseurs et donna des ordres pour maintenir et réparer.

Je vis le saint Père dans une grande tribulation et une grande angoisse touchant l’Église. Je le vis très entouré de trahisons. Je vis que, dans certains cas d’extrême détresse, il a des visions et des apparitions. Je vis beaucoup de bons et pieux évêques, mais ils étaient mous et faibles, et le mauvais parti prenait souvent le dessus. Je vis de nouveau les manèges de l’homme noir. J’eus encore le tableau des démolisseurs s’attaquant à l’église de saint Pierre ; je vis encore, comment, à la fin, Marie étendit son manteau au-dessus de l’église et comment les ennemis de Dieu furent chassés. Je vis saint Pierre et saint Paul travaillant activement pour l’Église. Je vis l’église des apostats prendre de grands accroissements. Je vis les ténèbres qui en partaient se répandre à l’entour et je vis beaucoup de gens délaisser l’Église légitime et se diriger vers l’autre, disant : « Là tout est plus beau, plus naturel et mieux ordonné.

Je ne vis pas encore d’ecclésiastiques parmi eux. Je vis le Pape continuant à tenir ferme, mais très tourmenté.

« Tout y est foncièrement mauvais ; c’est la communion des profanes. Je ne puis dire combien tout ce qu’ils font est abominable, pernicieux et vain. Ils veulent être un seul corps en quelque autre chose que le Seigneur. Il s’est formé un corps, une communauté en dehors du corps de Jésus qui est l’Église : une fausse église sans rédempteur, dont le mystère est de n’avoir pas de mystère.

C’est lorsque la science s’est séparée de la foi qu’ont pris naissance cette Église sans Sauveur, les prétendues bonnes œuvres sans la foi, la communion des incrédules ayant les dehors de la vertu, en un mot l’anti-église dont le centre est occupé par la malice, l’erreur, le mensonge, l’hypocrisie, la lâcheté, les artifices de tous les démons du siècle.

J’eus une vision où je vis les autres dans la fausse église… Ils étaient en grande intimité avec l’esprit qui y règne. Cette église est pleine d’immondices, de vanités, de sottise et d’obscurité. Presque aucun d’eux ne connaît les ténèbres au milieu desquelles il travaille. Tout y est pur en apparence : [mais] ce n’est que du vide. Elle est pleine d’orgueil et de présomption, et avec cela destructrice et conduisant au mal avec toute espèce de beaux dehors. Son danger est dans son innocence apparente.

Ils font et veulent des choses différentes : en certains lieux leur action est inoffensive ; ailleurs ils travaillent à corrompre un petit nombre de gens savants, et ainsi tous viennent ensemble aboutir à un centre, à une chose mauvaise par son origine, à un travail et à une action en dehors de Jésus-Christ pour lequel seul toute vie est sanctifiée et hors duquel toute pensée et toute action restent l’empire de la mort et du démon.

La relation entre les deux Papes

J’ai vu également la relation entre les deux papes …

Cette nuit, d’onze heures à trois heures du matin, j’ai eu une vision des plus merveilleuses sur deux Églises et deux Papes et sur une infinité de choses anciennes et nouvelles.

Alors je vis aussi le rapport entre l’un et l’autre Pape, entre l’un et l’autre temple. Je regrette d’avoir oublié les chiffres, mais il me fut dit et montré combien l’un avait été faible, quant au nombre de ses adhérents et de ses appuis humains, mais combien il avait été fort par la volonté puisqu’il avait renversé tant de dieux (j’ai su le chiffre), et réuni tant de cultes en un seul culte; combien au contraire celui-ci était fort par le nombre et combien faible par la volonté, puisqu’en autorisant le faux temple, il avait laissé le seul Dieu véritable et la seule religion véritable se perdre dans tant de faux dieux et de fausses religions.

La grande tribulation

Je vis partout les communautés catholiques opprimées, vexées, resserrées et privées de toute liberté. Je vis beaucoup d’églises fermées. Je vis de grandes misères se produire partout. Je vis des guerres et du sang versé. Je vis le peuple farouche, ignorant, intervenir avec violence, mais cela ne dura pas longtemps. J’eus de nouveau la vision où l’église de Saint-Pierre était sapée, suivant un plan formé par la secte sécrète… mais je vis aussi le secours arriver au moment de la plus extrême détresse.

J’ai eu encore une vision sur la grande tribulation, soit chez nous, soit dans des pays éloignés. Il me semblait voir qu’on exigeait du clergé une concession qu’il ne pouvait pas accorder. J’ai vu beaucoup de vieux prêtres et quelques vieux franciscains, qui toutefois ne portaient pas l’habit de leur ordre et notamment un prêtre très âgé, pleurer bien amèrement. J’en vis aussi quelques jeunes pleurer avec eux. J’en vis d’autres, parmi lesquels tous les tièdes, se prêter volontiers à ce qu’on demandait d’eux. Je vis les vieux, qui étaient restés fidèles, se soumettre à la défense avec une grande affliction et fermer leurs églises. Je vis beaucoup d’autres gens pieux, paysans et bourgeois, s’attacher a eux : c’était comme si l’on se divisait en deux camps, un bon et un mauvais.

Je vis la secte secrète miner sans relâche la grande Église. Près d’eux, je vis une énorme bête qui émergeait de la mer. Partout dans le monde, de bonnes et pieuses gens, surtout les prêtres, étaient persécutés, opprimés et emprisonnés. Toutes les communautés catholiques étaient opprimées, persécutées, emprisonnées et privées de liberté. Je vis beaucoup d’églises fermées, une grande misère et la guerre, et l’effusion de sang. Une foule sauvage et ignorante manifestait violemment. Mais cela ne durerait pas longtemps…

La destruction de Rome

J’eus à nouveau une vision dans laquelle l’église de Saint Pierre était arrachée de ses fondations, suivant un plan mis au point par la secte secrète, juste au moment où elle était endommagée par les tempêtes. Mais je vis aussi le secours qui arrivait dans le temps de plus grande affliction. Je vis à nouveau la Sainte Vierge se poser sur l’église et étendre sur elle son manteau.

Au point dont nous approchions, cependant, le feu consumait tout, et je vis tous les édifices noircis. Nous avons traversé un certain nombre de luxueux salons et j’ai enfin trouvé le pape. Il était assis dans l’obscurité et dormait dans un énorme fauteuil. Il était très malade et faible; en fait, il ne pouvait plus marcher.

Lorsque je vis l’église de Saint-Pierre dans son état de ruine et comment tant d’ecclésiastiques travaillaient, eux aussi, à l’oeuvre de destruction, sans qu’aucun d’eux voulut le faire ouvertement devant un autre, j’en ressentis une telle affliction que je criai vers Jésus de toutes mes forces, implorant sa miséricorde. Alors je vis devant moi mon époux céleste sous la forme d’un jeune homme et il me parla longtemps. Il dit, entre autres choses, que cette translation de l’église d’un lieu à un autre signifiait qu’elle paraîtrait en complète décadence, mais qu’elle reposait sur ces porteurs et qu’elle se relèverait avec leur aide. Quand même il ne resterait qu’un seul chrétien catholique, l’Église pourrait triompher de nouveau, car elle n’a pas son fondement dans l’intelligence et les conseils des hommes. Il me montra alors comme quoi il n’avait jamais manqué de personnes priant et souffrant pour l’Église: Il me fit voir tout ce que lui-même avait souffert pour elle, quelle vertu il avait donnée aux mérites et aux travaux des martyrs et comment il endurerait de nouveau toutes les souffrances imaginables s’il lui était possible de souffrir encore.

Lorsque j’allai à travers Rome avec sainte Françoise et l’autre saint, nous vîmes un grand palais entouré de flammes du haut en bas (le Vatican). J’avais grand-peur que les habitants ne fussent brûlés, car personne ne venait éteindre le feu : mais lorsque nous nous approchâmes, la flamme cessa et nous vîmes l’édifice noirci et calciné.

J’ai vu sur cette ville de terribles menaces venant du nord.

La fuite du Pape de Rome

Les ecclésiastiques de son plus proche entourage ne me plaisaient pas, ils semblaient faux et dépourvue de zèle. Les hommes pieux et simples que je vois quelquefois près de lui étaient dans une partie plus éloignée de la maison. Je lui parlai longtemps et je ne puis dire à quel point ma présence là me parut réelle : car j’étais d’une faiblesse indicible et ceux qui étaient près de moi étaient obligés continuellement de me soutenir. Je lui parlai des évêques qu’on doit instituer présentement. Je lui dis encore qu’il ne devait pas quitter Rome ; que, s’il le faisait, tout tomberait dans la confusion. Lui croyait que le mal était inévitable et qu’il devait s’en aller pour sauver sa personne et beaucoup de choses. Il était très enclin à quitter Rome et on l’y poussait beaucoup.

Si le pape quittait Rome, ces ennemis de l’Église prendraient le dessus.

L’Église est en grand péril… Il faut prier pour que le Pape ne quitte pas Rome; il en résulterait des maux incalculables…

Le schisme et l’Antéchrist

Je vois chez tous, même chez les meilleurs d’entre eux, un orgueil effrayant, mais chez aucun l’humilité, la simplicité et l’obéissance. Ils sont terriblement vains de la séparation dans laquelle ils vivent. Ils parlent de foi, de lumière, de christianisme vivant ; mais ils méprisent et outragent la sainte Église dans laquelle seule il faut chercher la lumière et la vie.

Ils se placent au-dessus de tout pouvoir et de toute hiérarchie ecclésiastique et ne connaissent ni la soumission ni le respect envers l’autorité spirituelle. Dans leur présomption, ils prétendent mieux comprendre toutes choses que les chefs de l’Église et même que les saints docteurs. Ils rejettent les bonnes oeuvres et veulent pourtant posséder toute perfection, eux qui, avec leur prétendue lumière, ne jugent nécessaires ni obéissance, ni règles de discipline, ni mortification, ni pénitence. Je les vois toujours s’éloigner de plus en plus de l’Église, et je vois beaucoup de mal provenir d’eux.

Quand le royaume de l’Antéchrist sera proche, apparaîtra une fausse religion qui ira contre l’unité de Dieu et de son Église. Cela entraînera le plus grand schisme jamais vu dans le monde.

Aucun égarement n’amène des conséquences aussi désastreuses et n’est aussi difficile à guérir que cet orgueil de l’esprit par suite duquel l’homme pécheur prétend arriver à la suprême union avec Dieu sans passer par le chemin laborieux de la pénitence, sans pratiquer même les premières et les plus nécessaires des vertus chrétiennes et sans autre guide que le sentiment intime et la lumière qui est censée donner à l’âme la certitude infaillible que le Christ opère en elle.

Ces « éclairés » je les vois toujours dans un certain rapport avec la venue de l’Antéchrist, car eux aussi, par leurs menées, coopèrent à l’accomplissement du mystère d’iniquité.

Lire : Le schisme de l´Eglise latine et l’inévitable châtiment divin – Visions d’Anne Catherine Emmerich

L’illumination des consciences

Lorsque l’ange fut descendu du haut de l’église, je vis au-dessus de lui dans le ciel une grande croix lumineuse à laquelle le Sauveur était attaché ; de ses plaies sortaient des faisceaux de rayons resplendissants qui se répandaient sur le monde. Les plaies étaient rouges et semblables à des portes éclatantes dont le centre était de la couleur du soleil. Il ne portait pas la couronne d’épines, mais de toutes les plaies de la tête partaient des rayons qui se dirigeaient horizontalement sur le monde. Les rayons des mains, du côté et des pieds avaient les couleurs de l’arc-en-ciel ; ils se divisaient en lignes très menues, quelquefois aussi ils se réunissaient et atteignaient ainsi des villages, des villes, des maisons sur toute la surface du globe. Je les vis çà et là, tantôt de loin, tantôt de près, tomber sur divers mourants et aspirer les âmes qui, entrant dans un de ces rayons colorés, pénétraient dans la plaie du Seigneur. Les rayons de la plaie du côté se répandaient sur l’église placée au-dessous, comme un courant très abondant et très large. L’église en était tout illuminée, et je vis la plupart des âmes entrer dans le Seigneur par ce courant de rayons.

Je vis aussi planer à la surface du ciel un coeur resplendissant d’une lumière rouge, duquel partait une voie de rayons blancs qui conduisait dans la plaie du côté et une autre voie de rayons qui se répandait sur l’Église et sur beaucoup de pays…

Le Triomphe de l’Église, le Triomphe de Marie et le nouveau Pape

Quand l’Église sera détruite dans la plus grande partie de la secte secrète et quand seuls le sanctuaire et l’autel seront restés debout, les démolisseurs entreront dans l’Église avec la Bête. Après je trouvai une femme d’apparence noble, qui marchait lentement, ce qui me fit penser qu’elle était enceinte. En la voyant, les ennemis furent en proie à la terreur et la Bête ne parvint pas à faire un seul pas en avant. Elle allongea le cou, comme si elle allait la dévorer, mais la femme se prosterna devant l’autel, touchant le pavé de son front.

La Bête s’enfuit en volant vers la mer à nouveau, et les ennemis furent abandonnés dans un grand désordre. Très loin, une grande légion s’approchait, avec à sa tête un homme sur un cheval blanc. Tous les ennemis furent persécutés. Immédiatement, l’Église fut reconstruite et elle fut plus magnifique qu’elle ne l’avait jamais été.

Pendant que le combat s’achevait sur la terre l’église et l’ange, qui disparut bientôt, étaient devenus blancs et lumineux. La croix aussi s’évanouit et à sa place se tenait debout sur l’église une grande femme brillante de lumière qui étendait au loin au-dessus d’elle son manteau d’or rayonnant. Dans l’église on vit s’opérer une réconciliation accompagnée de témoignages d’humilité. Je vis des évêques et des pasteurs s’approcher les uns des autres et échanger leurs livres : les sectes reconnaissaient l’Église à sa merveilleuse victoire et aux clartés de la révélation qu’elles avaient vues de leurs yeux rayonner sur elle…

Lorsque je vis cette réunion, je ressentis une profonde impression de l’approche du royaume de Dieu. Je sentis une splendeur et une vie supérieure se manifester dans toute la nature, et une sainte émotion s’emparer de tous les hommes comme au temps où la naissance du Seigneur était proche, et je sentis […] l’approche du royaume de Dieu…

Je vis arriver Marie ; comment cela, je ne puis l’exprimer ; c’est de la même manière que j’ai toujours le pressentiment d’un rapprochement du royaume de Dieu. Je ne puis le comparer qu’à cet autre sentiment dont je parlais. Je l’ai vu s’approcher, attiré par l’ardent désir de beaucoup de chrétiens, pleins d’humilité, d’amour et de foi ; c’était le désir qui l’attirait. Je vis sur la terre de petites troupes d’agneaux lumineux conduits par des bergers, et je vis tous ces bergers comme étant les bergers de celui qui, en qualité d’agneau, a donné son sang pour nous tous ; il y avait dans les hommes un amour infini et une force divine.

Je vis une grande fête dans l’église qui, après la victoire remportée, rayonnait comme un soleil. Je vis un nouveau Pape très austère et très énergique. Je vis, avant le commencement de la fête, beaucoup d’évêques et de pasteurs chassés par lui parce qu’ils étaient mauvais. Je vis les saints apôtres prendre une part toute spéciale à la célébration de cette fête dans l’église. Je vis alors tout près d’être exaucée la prière « que votre règne arrive. » Il me semblait voir des jardins célestes, brillants de lumière, descendre d’en haut, se réunir sur la terre à des endroits où le feu était allumé, et baigner tout ce qui était au-dessous dans une lumière primordiale. Les ennemis qui avaient pris la fuite dans le combat ne furent pas poursuivis ; mais ils se dispersèrent de tous côtés.

Les démolisseurs venaient de prendre un instant de repos, mais, quand ils voulurent se remettre à l’oeuvre, il leur fut absolument impossible d’approcher de l’espace couvert par le manteau. Cependant, de l’autre côté, ceux qui rebâtissaient se mirent à travailler avec une incroyable activité. Il vint des hommes d’un très grand âge, impotents, oubliés, puis beaucoup de jeunes gens forts et vigoureux, des femmes, des enfants, des ecclésiastiques et des séculiers, et l’édifice fut bientôt restauré entièrement. Je vis alors un nouveau Pape venir avec une procession. Il était plus jeune et beaucoup plus sévère que le précédent. On le reçut avec une grande pompe. Il semblait prêt à consacrer l’église, mais j’entendis une voix disant qu’une nouvelle consécration n’était pas nécessaire, que le très saint Sacrement y était toujours resté. On devait alors célébrer très solennellement une double fête : un jubilé universel et la restauration de l’église.

Maintenant tout refleurissait. Je vis un nouveau Pape très ferme, je vis aussi le noir abîme se rétrécir de plus en plus : à la fin il était arrivé à ce point qu’un seau d’eau pouvait en couvrir l’ouverture. En dernier lieu je vis encore trois troupes ou trois réunions d’hommes s’unir à la lumière. Ils avaient parmi eux des gens de bien éclairés, et ils entrèrent dans l’église. Alors tout se renouvela. Les eaux abondaient de toutes parts: tout était vert et fleuri. Je vis bâtir des églises et des couvents.

Vision de la Jérusalem Céleste

Ces visions sur l’Église se perdirent bientôt dans une grande vision de la Jérusalem céleste. Je vis dans les rues brillantes de la cité de Dieu une quantité de palais et de jardins éblouissants dans lesquels se mouvaient d’innombrables troupes de saints, louant Dieu et agissant d’en haut sur l’Église. Dans la Jérusalem céleste, il n’y a pas d’église ; le Christ lui-même est l’église. Marie a son trône au-dessus de la cité de Dieu et au-dessus d’elle le Christ et la très sainte Trinité. De celle-ci, il tombe sur Marie comme une rosée de lumière qui de Marie se répand sur toute la cité sainte. Je vis au-dessous de la cité de Dieu l’Église de Saint-Pierre et j’eus une grande joie de ce que, malgré toute l’indifférence des hommes, elle reçoit pourtant toujours en elle la véritable lumière d’en haut.

Je vis aussi mon chemin vers la cité de Dieu et je vis de là, comme du centre d’un vaste cercle, tous ceux auxquels j’ai été secourable de quelque manière. Je vis là tous, les enfants et les pauvres pour lesquels j’avais fait des pièces d’habillement, je m’étonnai et je me réjouis particulièrement des modes de toute espèce suivant lesquelles j’avais taillé les habits. Je vis ensuite toutes les scènes de ma vie dans lesquelles j’avais été utile, ne fût-ce qu’à une seule personne, par le conseil, l’exemple, l’assistance, la prière, la souffrance : je vis le fruit qu’ils en avaient tiré…


Vision générale

Voici finalement une vision globale de la lutte entre la vraie et la fausse Églises et de la victoire finale de la seule et unique Église du Christ :

Je me trouvais dans un navire tout percé et j’étais couchée au fond, à la seule petite place qui fut encore intacte : les gens étaient assis sur les deux bords du navire. Je priais continuellement pour qu’ils ne fussent pas précipités dans les flots ; cependant ils me maltraitèrent et me donnèrent des coups de pieds. Je voyais à chaque instant le navire au moment de couler et j’étais malade à mourir.

Je vois tant de traîtres ! Ils ne peuvent pas souffrir qu’on dise : « cela va mal ». Tout est bien à leurs yeux pourvu qu’ils puissent se glorifier avec le monde !

Hélas, ils périront les abusés, dans l’instant même où « le petit reste » pénétrera dans l’enclos de Jérusalem, là où pousse l’arbre de vie…

Je vis très distinctement… les erreurs, les égarements et les péchés innombrables des hommes, et avec quelle sottise et quelle méchanceté ils agissaient contre toute vérité et toute raison. Je vis des scènes de toutes espèces : je revis le navire en détresse, portant ces hommes convaincus de leur immense mérite et admirés aussi bien par d’autres, passer près de moi sur une mer dangereuse et je m’attendais à chaque instant à le voir périr. Je connaissais parmi eux des prêtres et je souffris de grand coeur pour les aider à venir à [la repentance].

Je priais toujours pour que ces malheureux débarquassent aussi mais à peine étais-je sur le rivage que le navire coula à fond et aucun de ceux qui y étaient ne se sauva, ce qui me remplit de tristesse. Dans l’endroit où j’allais, il y avait une grande abondance de fruits. »

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