Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, Il les aima jusqu’à la fin.

Ecrits d’Elisabeth de la Trinité

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« Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, Il les aima jusqu’à la fin. »

 

 

A l’abbé Chevignard.

 

Carmel de Dijon, le 14 juin 1903

 

Il semble que rien ne dit plus l’amour qui est au Cœur de Dieu que l’Eucharistie : c’est l’union, la consommation, c’est Lui en nous, nous en Lui, et n’est-ce pas le Ciel sur la terre ? Le Ciel dans la foi en attendant la vision du face à face tant désirée. Alors « nous serons rassasiés quand sa gloire apparaîtra », quand nous le verrons en sa lumière. Ne trouvez-vous pas que cela repose l’âme de penser à cette rencontre, à cette entrevue avec Celui qu’elle aime uniquement ; alors tout disparaîtra et il semble que déjà on pénètre dans le mystère de Dieu !…

 

Il est tellement « nôtre », tout ce mystère, comme vous me le disiez dans votre lettre. Oh, priez n’est-ce pas pour que je vive pleinement ma dot d’épouse. Que je sois toute disponible, tout éveillée dans la foi, afin que le Maître puisse m’emporter partout où Il voudra. Je voudrais me tenir sans cesse près de Celui qui sait tout le mystère, afin d’entendre tout de Lui. « Le langage du Verbe, c’est l’infusion du don » ; oh oui, n’est-ce pas, c’est bien ainsi qu’Il parle à notre âme dans le silence. Je trouve que ce silence est une béatitude. De l’Ascension à la Pentecôte, nous avons été en retraite au Cénacle dans l’attente de l’Esprit-Saint, et c’était si bon. Pendant toute cette Octave nous avons le Saint-Sacrement exposé à l’oratoire ; ce sont des heures divines que l’on passe en ce petit coin du Ciel où nous possédons la vision en substance sous l’humble Hostie. Oui, c’est bien le Même que les bienheureux contemplent dans la clarté et que nous adorons dans la foi.

 

L’autre jour on m’écrivait une si belle pensée, je vous l’envoie : « La foi, c’est le face à face dans les ténèbres. » Pourquoi n’en serait-il pas ainsi pour nous, puisque Dieu est en nous et qu’Il ne demande qu’à nous prendre comme Il a pris les saints ? Seulement, ils étaient toujours attentifs, comme dit le Père Vallée : « Ils se taisent, se recueillent et n’ont d’activité que pour l’être qui reçoit ». Unissons-nous donc, monsieur l’Abbé, pour faire le bonheur de Celui qui nous a « trop aimés », comme dit Saint Paul. Faisons-Lui en notre âme une demeure toute pacifiée en laquelle se chante toujours le cantique de l’amour, de l’action de grâces ; et approchons-nous, comme vous me le disiez, de la Vierge toute pure, toute lumineuse afin qu’elle nous introduise en Celui qu’elle pénétra si profondément, et que notre vie soit une communion continuelle, un mouvement tout simple vers le bon Dieu. Priez-moi pour la Reine du Carmel, de mon côté je prie bien pour vous, je vous assure, et je demeure avec vous dans l’adoration et l’amour…

 

Elisabeth de la Trinité

 

Source : Œuvres complètes d’Elisabeth de la Trinité (éd. Cerf), pg 479/480

 

 

 

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