Le secret du pardon 2, Textes choisis par les moines de l’abbaye de Solesmes (ASDE22)

Le secret du pardon

 

Textes choisis par les moines de l’abbaye de Solesmes

 

Le sacrement de pénitence

2

 

Une certitude de foi

(EA Reconciliatio 29-30, RP 139-140)

 A la plénitude des temps, le Fils de Dieu, venant comme l’Agneau qui enlève et porte sur lui le péché du monde, apparaît comme celui qui possède le pouvoir aussi bien de juger que de pardonner les péchés ; et il est venu non pour condamner mais pour pardonner et sauver.

 

Or, ce pouvoir de remettre les péchés, Jésus l’a conféré, par l’Esprit Saint, à de simples hommes, eux-mêmes sujets aux assauts du péché, à savoir ses apôtres : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leurs seront retenus. » C’est là une des nouveautés évangéliques les plus formidables ! En conférant ce pouvoir aux apôtres, Jésus leur donne la faculté de transmettre, comme l’Eglise l’a compris dès l’aube de son existence, à leurs successeurs, investis par les apôtres eux-mêmes de la mission et de la responsabilité de continuer leur œuvre d’annonciateurs de l’Évangile et de ministres de la rédemption du Christ.

La révélation de la valeur de ce ministère, et du pouvoir de remettre les péchés conférés aux apôtres et à leurs successeurs par le Christ, a fait se développer dans l’Église la conscience du signe du pardon donné par le sacrement de pénitence. Il s’agit de la certitude que le Seigneur Jésus lui-même a instituée et confiée à l’Église – comme don de sa bienveillance à tous – un sacrement spécial pour la rémission des péchés commis après le baptême.

 

La pratique de ce sacrement, quant à sa célébration et à sa forme, a connu un long processus de développement, comme l’attestent les sacramentaires les plus anciens, les actes des conciles et des synodes épiscopaux, la prédication des Pères et l’enseignement des docteurs de l’Église. Mais, en ce qui concerne la substance du sacrement, la certitude que, par la volonté du Christ, le pardon est offert à chacun au moyen de l’absolution sacramentelle, donnée par les ministres, et de la pénitence, est toujours demeurée solide et inchangée dans la conscience de l’Église ; et cette certitude est réaffirmée vigoureusement aussi bien par le concile de Trente que par le concile de Vatican II : « Ceux qui s’approchent du sacrement de pénitence y reçoivent de la miséricorde de Dieu le pardon de l’offense qu’ils lui ont faite et du même coup sont réconciliés avec l’Église que leur péché a blessée et qui, par la charité, l’exemple, les prières, travaille à leur conversion. » On doit réaffirmer comme une donnée essentielle de la foi sur la valeur et le but de la pénitence, que notre Sauveur Jésus-Christ institua dans son Église le sacrement de pénitence, afin que les fidèles tombés dans le péché après leur baptême puissent recevoir la grâce et se réconcilier avec Dieu.

 

La foi de l’Église dans ce sacrement comporte quelques autres vérités fondamentales qu’on ne peut éluder. Le rite sacramentel de la pénitence, dans son évolution et les variations de ses formes concrètes, a toujours conservé et mis en lumière ces vérités. Le concile Vatican II, en prescrivant la réforme de ce rite, avait en vue une expression encore améliorée de ces vérités et cela s’est réalisé grâce au nouveau rituel de la pénitence. Celui-ci, en effet, a repris dans son intégrité la doctrine de la tradition formulée par le concile de Trente, en la transférant de son contexte historique (celui d’un effort déterminé de clarification doctrinale face à de graves déviations par rapport à l’enseignement authentique de l’Église) pour l’exprimer fidèlement en termes plus adaptés au contexte de notre époque.

 

 

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :