Dieu est avec nous tout au long de notre vie, au-delà de toutes nos espérances. Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ! (ASDE 22)

Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !

 

Une saison chasse l’autre et à l’heure de sortir ce numéro, nous nous trouvons déjà à l’automne, cette période de l’année où, dans l’hémisphère nord, la nature se pare de mille couleurs plus chatoyantes les unes que les autres. C’est vrai que la saison est déjà bien entamée pour les voir et nous cheminons ainsi inexorablement et sûrement vers la fin de l’année liturgique, avec la période de l’Avent qui suivra conséquemment.

 

Cet arc-en-ciel de couleurs de la nature ne peut que nous conduire à admirer l’œuvre du créateur qui savait pouvoir toucher les âmes au travers de ce spectacle féérique. Pour l’admirer dans toute sa splendeur, la ville n’est probablement pas l’endroit le plus favorable pour en profiter pleinement. Certaines régions sont donc plus favorisées que d’autres, celles où les arbres sont en nombre, encore que les jardins bien arborés, donc même en ville, permettent également d’en jouir tout comme dans les régions boisées. Un déplacement dans nos Ardennes belges m’a cependant permis d’en goûter la magnificence avec une grande joie au cœur. Je reconnais que quelle que soit la saison, je ne peux me lasser d’admirer la nature qui m’entoure et tout naturellement, je remercie mon Dieu pour tant de beautés autour de moi.

 

Notre Père du Ciel, qui a créé cette nature pour que nous nous y épanouissions, a fait toute chose belle et admirable, reflet de ce qu’il est, la splendeur du Beau et du Vrai. Tout ce qui nous entoure, si nous le voulons, nous conduit à Lui. Il l’a bien voulu ainsi. Ce spectacle féérique n’est pourtant qu’une petite facette de ce que nous vivrons un jour, dans cette Vie éternelle à laquelle nous sommes tous appelés mais qu’il nous faut atteindre par une vie emplie de sa grâce, de Lui. Hélas, dans notre monde qui l’a chassé, combien de ses enfants le reconnaissent pour ce qu’Il est. Bien peu en regard de la multitude qui peuple notre terre, et de moins en moins dans notre Europe véritablement déchristianisée.

 

Dans ce monde qui a perdu ses repères parce que Dieu n’y est plus présent, il reste cependant des adorateurs en esprit et en vérité, disséminé çà et là, désireux de trouver Celui qui leur a laissé les paroles de cette vie éternelle et qui jamais ne les décevra parce qu’Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Grande joie dans le cœur quand il est possible de se retrouver entre chrétiens partageant un peu, voir beaucoup, cette aspiration profonde de participer ensemble à louer le Roi des Rois, le Seigneur des Seigneurs. Qu’il est bon de goûter la présence de son Dieu dans une assemblée priante. Car notre Dieu se réjouit de voir ses enfants réunis pour Le louer, L’adorer, Lui rendre hommage par des chants de joie, par la prière tout simplement. Il est bien là, plus présent que jamais, dans ces instants privilégiés et le Cœur de notre Dieu bat à l’unisson du nôtre. Il déverse alors ses grâces en abondance parce qu’Il est « heureux » de nous voir réuni pour Lui, donnant en fonction des besoins de chacun, dans un Amour unique pour chacun.

 

C’est bien quelque chose d’extraordinaire, quand on y réfléchit quelque peu, de savoir que notre Père se donne à 100 % pour chacun de nous. C’est quelque chose qu’il ne nous est pas possible de comprendre aisément, Dieu se donne à chacun de nous comme si chacun de nous était unique. Et pourtant, en tant que parents, pour ceux qui ont des enfants, nous devrions le comprendre assez facilement. Si vous demandez à un père ou une mère, tout aimant, dans une famille de plusieurs enfants, quel est le préféré, ils auront bien difficile à vous répondre car ils aiment tous leurs enfants d’un même amour. Ils auront peut-être tout naturellement plus d’affinités pour l’un d’entre eux mais en fin de compte, leur amour est total pour chacun, même imparfaitement.

 

Alors que penser de notre Père du Ciel, qui lui est Parfait et est tout Amour, n’est qu’Amour ? Il aime tellement ses enfants de la terre, qu’il a demandé à son Fils de se sacrifier, de donner sa vie pour eux. C’est ce que Jésus a accepté. Il a fait don de lui-même pour nous racheter et ramener tous ses enfants vers le Père, prenant le poids de nos fautes sur Lui : « C’est pour cela que le Père m’aime, c’est parce que je donne ma vie, pour la reprendre. Personne ne me l’enlève ; mais je la donne de moi-même. J’ai pouvoir de la donner et j’ai pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père. » Jean 10, 17-19

 

En regard de ce cadeau merveilleux, quelle est l’attitude que nous devons avoir ? Celle du remerciement, que nous exprimons au travers de la louange que nous adressons à notre Dieu, celle de la gratitude car ce que Dieu donne est gratuit, sans exigence d’un retour, bien qu’Il souhaite de tout son cœur de Dieu que nous répondions à son Amour par l’amour. N’avons-nous pas toujours une raison à être reconnaissant de ce que Dieu nous donne ? C’est en discernant ces moments où nous pouvons exprimer la joie d’avoir reçu que l’homme prouve sa grandeur d’âme.

 

Loin de considérer que la vie n’est faite que de moments de joie, loin s’en faut, il n’en demeure pas moins que nous avons à exprimer en tout temps notre reconnaissance à notre Dieu. Je l’ai déjà dit, et vous ne devez pas manquer de vous en rappeler, notre Dieu est un Dieu bon et plein de prévenance pour chacun de nous. Son plan étant parfait pour chacun de nous, tout ce qui peut nous arriver dans la vie concourt, d’une manière ou d’une autre, à nous affermir dans notre foi, et par l’acceptation confiante des évènements que nous avons à vivre à nous rapprocher de Lui. « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie. » Jean 16, 20.

En effet, celui qui n’a rien a tout si Dieu est avec Lui, surtout s’il a accepté de mettre Dieu au centre de sa vie. Dieu premier servi comme nous y invite Saint Ignace de Loyola. Quand Matthieu insiste sur les paroles de notre Seigneur nous invitant à ne nous inquiéter de rien, Jésus ne nous dit-Il pas : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît. » Mt 6, 33. N’hésitons surtout pas, dans les moments difficiles de la vie, à trouver un motif de reconnaissance pour ce que Dieu met dans notre vie. Notre attitude de « soumission », en acceptant ce qui nous arrive, joie comme tristesse, est pareil à un sacrifice d’action de grâces. Nul doute que le Cœur de notre Dieu en sera touché, Lui qui est bien présent en nous, quelques soient nos occupations quotidiennes.

Oui, il faut s’efforcer de trouver, dans tout ce qui nous arrive, la chose dont nous pourrions nous réjouir et être reconnaissant. Trop souvent, notre affectivité nous empêche de prendre la mesure de ce qui nous arrive, alors que la lumière de Dieu ne nous fera pas défaut, si nous le voulons. C’est ainsi que nous ne manquerons pas de trouver les sujets de joie et de gratitude qui se présenteront en nombre à nos cœurs pleins d’amour.

 

Prenez le temps de réfléchir quelque peu, en fin de journée, aux évènements que vous avez vécus. Vous vous rendrez compte du nombre de fois ou la Providence a été prévenante à votre égard : un accident de voiture évité, une chute qui aurait pu mal se terminer mais qui ne vous laisse qu’un petit bleu, votre doigt que vous auriez pu perdre en manipulant un engin dangereux mais qui vous a à peine effleuré en tombant, un objet lourd tombé à vos pieds qui vous a simplement touché en rebondissant au lieu de vous fracturer le pied. J’entends certain dire que les accidents arrivent aussi, et cela est tout à fait vrai, mais apprenez à les voir sous un autre jour : un rendez-vous manqué vous a laissé le temps nécessaire pour venir en aide à une personne que vous n’auriez pas vue autrement, une convalescence qui vous aura permis de rencontrer ou telle ou telle personne et de bénéficier en retour de telle ou telle chose.

 

Permettez-moi d’évoquer un élément plus personnel vécu cet été. Ayant perdu le contrôle de mon véhicule sur l’autoroute, je me suis retrouvé avec le dessous de la voiture sur une glissière de sécurité, sans plus pouvoir contrôler mon véhicule. Impossible d’éviter le grand panneau lumineux que j’ai percuté à 120 km à l’heure. Je me suis « préparé » au choc en me cramponnant au volant, voyant l’obstacle se rapprocher du parebrise. Après le choc, brutal, j’ai pu éviter la berne centrale en redressant au bon moment et à contrôler ma voiture folle pour l’arrêter sur la bande d’urgence. Chose assez incompréhensible, je suis sorti de ma voiture comme si je m’étais garé en ville tout naturellement, sans aucune égratignure, alors que la voiture avait un sinistre total. Plus de voiture pour le travail ! Je n’ai pas manqué de remercier le Seigneur pour sa bienveillante protection. De plus, bien assuré, j’ai reçu une indemnisation au-delà de toute espérance, me permettant de racheter un véhicule facilement. Oui, vraiment, merci Seigneur pour ta délicate sollicitude dans une telle situation.

Oui, en toutes circonstances, ne manquez pas de louer Dieu pour ses bienfaits. « Par la foi je marcherai, en comptant sur ses promesses, par lui je triompherai, en tout temps de mes détresses » dit un chant de louange et Isaïe 12, 2 : « Voici le Dieu de mon salut : j’aurai confiance et je ne tremblerai plus, car ma force est mon chant c’est Yahvé, il a été mon salut. »

 

Que peut-il m’arriver si Dieu est avec moi ? Jésus est bien le Seigneur de notre vie. N’est-il pas le véritable maître de nos journées, du présent que nous vivons comme de notre futur dont nous n’avons pas à nous inquiéter ? Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas avoir de projets et préparer notre avenir professionnel, le contraire serait même une faute, mais nous avons à les abandonner entre les mains de Dieu. Nous entrerons ainsi dans une vie placée sous la direction de Dieu. Il se chargera en quelque sorte de nous éduquer et de nous guider.

 

Alors oui, en tout temps, en tout lieu, louez votre Dieu trois fois saints, suivant le psalmiste : « Peuples, bénissez notre Dieu, donnez une voix à sa louange, lui qui rend notre âme à la vie, et préserve nos pieds du faux pas… Vers lui ma bouche a crié, l’éloge déjà sur ma langue. » Ps 66, 8-9-17.

 

Christian Dachy

Editorial d’août/septembre 2014 écrit en octobre

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