L’amour de Dieu, extrait du Brasier Eucharistique – (ASDE 23)

 

Dévotions eucharistiques

 

L’amour de Dieu

 

La seule tristesse au monde est celle de ne pas pouvoir aimer. Le cœur de l’homme est fait pour l’amour. Or, tant qu’il résiste aux sollicitations de Dieu, qui est Amour, il ne sera pas comblé. Ici-bas, la loi spirituelle régit toute créature. On ne peut donc se priver du besoin vital d’aimer.

 

Toute l’expérience de l’adoration mène à un changement de notre vie intérieure. Ainsi, l’homme ancien tourné sur lui-même et fermé à la relation avec les autres fait place à l’homme nouveau, l’homme retrouvé en lui-même parce que retrouvé en Dieu. La contemplation du Corps du Christ nous transfigure. Elle transforme notre regard. Parce que nous devenons christiques, nous posons un autre regard sur nous-mêmes et sur les autres.

 

La condition humaine n’est ni stable ni dépourvue d’obstacles. Des embûches se dressent sans cesse ici et là, nous empêchant de maintenir la qualité d’ouverture dans nos relations. En effet, le cœur se ferme face à des regards malveillants ou des propos haineux. Malgré cela, Dieu nous demande de pardonner. Le pardon est la seule clef pour construire notre être en Lui.

 

Il en est de même pour la vie de couple, celle des religieux et de tout célibataire. Personne n’échappe au travail qu’il faut continuellement faire sur soi-même afin de demeurer dans la vie spirituelle. La source du Cœur de Dieu, toujours présente dans l’hostie à l’ostensoir ou dans le tabernacle, guérit tous les maux qui nous affligent. Blessés à l’origine, nous sommes en effet des êtres à guérir. Tout redevient neuf Iorsque nous nous laissons toucher par la force purifiante de Dieu. Par l’Esprit Saint, Il traverse le corps et toute sa matière pour rejoindre l’âme.

 

Dieu n’est préoccupé que d’une seule chose : Il aspire plus que tout à ce que nous soyons comme son Fils, plein de grâce, de vérité et d’amour. Il désire que notre volonté soit totalement immergée dans la sienne, et que nous devenions des « aimants ». Ce n’est pas toujours facile. Souvent, nous sommes emmurés dans nos fragilités ou retranchés dans nos propres questionnements. Nous n’arrivons pas à faire jaillir la source : tout est ensablé sous un tas de préoccupations personnelles.

 

Si Dieu nous juge aptes à devenir des, c’est-à-dire perfectibles dans l’Amour, c’est qu’Il a mesuré notre force de dépassement à partir des dons reçus. « Rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1,37). Cette Parole de lumière suffit à nous redonner confiance devant les difficultés. Nous pouvons toujours nous unir davantage au Christ. C’est pourquoi l’adoration est le lieu où l’homme reprend sa route. Plus rien ne pourra l’empêcher de se donner. Chaque fois qu’il tombe, Dieu lui tend la main, le redresse pour mieux partager avec Lui les bienfaits de Sa propre nature.

 

La fête du Sacré-Cœur de Jésus que l’Église propose ce mois-ci n’est rien d’autre que cela : adorer le Christ qui est la raison d’être de notre vie; réparer nos manquements et nos erreurs de parcours, sacrifiant ainsi notre moi afin de mieux Le laisser transparaître ; consacrer notre personne à sa miséricorde. Nous sommes loin de l’image désuète d’une piété sentimentale au Sacré-Cœur, ou d’un drapeau de croisade. Nous sommes plutôt dans le terreau essentiel d’une spiritualité qui fonde l’être dans son unique révélation: l’homme est fait pour aimer, sans quoi il meurt.

Gertrud von Le Fort, dans un extrait de poème intitulé Sois aimé, éternel amour, rend bien ce Cœur de Dieu qui sauve le monde :

 

Cœur profond comme les nuits qui n’ont plus de visage,

Cœur fort comme les vagues qui n’ont plus de rivage,

Cœur doux comme les petits enfants qui n’ont pas encore d’amertume,

Sois éternellement aimé.

 

Cœur qui nous prend tous sur son Cœur,

Cœur qui nous atteint tous au milieu du cœur,

Cœur qui brise en nous l’orgueil de notre cœur,

Nous implorons ton amour.

 

Cœur par lequel le peuple devient grand,

Cœur par lequel le peuple devient un,

Cœur par lequel le peuple devient tien,

Nous nous consacrons à ton amour.

 

Cœur débordant, cœur flamboyant, cœur bouillonnant,

Sois aimé, amour éternel, sois éternellement aimé.

 

Louis Grégoire

 

Extrait de la revue Brasier Eucharistique, n°9, juin 2006

 

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