Lettre d’un ami à un ami n° 15 (ASDE 23)

Lettre d’un ami à un ami n° 15

 

 

 

« Notre cœur n’était-il pas tout brûlant lorsqu’Il était avec nous sur le chemin d’Emmaüs ? N’étions-nous pas alors envahis par ce feu d’Amour dévorant qui nous réchauffait et nous transportait littéralement ? »

 

Voilà sans doute ce que se disaient les compagnons qui marchaient à l’époque en la Divine Compagnie de Jésus juste après sa résurrection.

 

Comment, bien chers amis, cette heureuse sensation put-elle se communiquer ? N’avons-nous pas aussi déjà éprouvé cet envahissement merveilleux semblable à une vague d’Amour prenant possession de son rivage ? Oui, cela est tout à fait possible !

 Malgré les difficultés de la vie entraînant notre ego pour le faire complètement sombrer dans les ordures de nos péchés, Notre Seigneur peut, Lui-même, réaliser cet événement en nous ; l’heureux instant durera jusqu’au moment où, ingrats que nous sommes, nous reprendrons alors nos mauvaises habitudes.

 

La vraie consolation spirituelle ne saurait être autosuggestionnée car, étant d’origine divine, elle est capable de nous permettre de nous détacher momentanément de tout lien terrestre !

 

Alors qu’il est si souvent difficile de se l’imaginer sans l’avoir expérimentée, cette céleste flamme peut donc nous laisser un avant-goût du ciel, véritable petite trace de bonheur réjouissant notre âme ravie.

 

Mais cela bien sûr ne dépend pas que de nous, bien que nous devrions plutôt, en pratiquant une vie sainte, nous rendre constamment à l’écoute de l’appel divin.

 

J’aimerais aujourd’hui vous confier deux découvertes importantes pour l’âme et son salut :

 

Comme je méditais récemment dans l’Evangile la pécheresse pardonnée et aimante (Luc, 7, 36) et qu’il m’arrive souvent de parcourir en même temps plusieurs ouvrages traitant des mêmes sujets brûlants de l’Amour de Dieu en nous, la Providence m’a présenté le parallèle avec une révélation qui aurait été accordée par Notre Seigneur à Maria Valtorta (1).

 

(1) Maria Valtorta est une mystique chrétienne membre du tiers ordre des Servites de Marie, née à Caserte en Italie le 14 mars 1897 et décédée le 12 octobre 1961 à Viareggio en Toscane.

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous en transcrire ci-après l’étonnante richesse dont nous pourrons désormais nous nourrir abondamment.

 

Mais pour bien comprendre le contexte et en savourer tout l’historique, je vous conseille vivement d’acheter ce livre (Volume IV) ; vous y lirez le n° 97 qui précède : il concerne l’entrée de Marie-Magdeleine dans la maison du pharisien Simon lorsque ce dernier reçut Jésus et l’apôtre Jean pour un riche repas avec sa bande d’amis pharisiens …

 

 

 

98. « Il est beaucoup pardonné à qui aime beaucoup » (2)

 

Jésus maintenant me dit : « Ce qui a fait baisser la tête au pharisien et à ses amis, et ce que l’Evangile ne rapporte pas, ce sont les paroles que mon esprit, par mon regard, ont dardé et enfoncé dans cette âme sèche et avide. J’ai répondu avec beaucoup plus de force que je ne l’aurais fait par des paroles car rien ne m’était caché des pensées des hommes. Et lui m’a compris dans mon langage muet qui était encore plus lourd de reproche que ne l’auraient été mes paroles.

 

Je lui ai dit : « Non, ne fais pas d’insinuations malveillantes pour te justifier à tes propres yeux. Moi, je n’ai pas ta passion vicieuse. Cette femme ne vient pas à Moi poussée par la sensualité. Je ne suis pas comme toi, ni comme sont tes semblables. Elle vient à Moi parce que mon regard et ma parole, entendue par pur hasard, ont éclairé son âme où la luxure avait créé les ténèbres. Et elle vient parce qu’elle veut vaincre la sensualité et elle comprend, la pauvre créature, qu’à elle seule, elle n’y arriverait jamais. C’est l’esprit qu’elle aime en Moi, rien que l’esprit qu’elle sent surnaturellement bon. Après tant de mal qu’elle a reçu de vous tous, qui avez exploité sa faiblesse pour vos vices, en la payant ensuite par les coups de fouet du mépris, elle vient à Moi parce qu’elle se rend compte qu’elle a trouvé le Bien, la Joie, la Paix, qu’elle avait inutilement cherché parmi les pompes du monde.

 

Guéris-toi de cette lèpre de l’âme, pharisien hypocrite, sache avoir une juste vision des choses. Quitte l’orgueil de ton esprit et la luxure de ta chair. Ce sont des lèpres plus fétides que les lèpres corporelles. De cette dernière, mon toucher peut vous guérir parce que vous me faites appel pour elle, mais de la lèpre de l’esprit non, parce que de celle-là vous ne voulez pas guérir parce qu’elle vous plaît. Elle, elle le veut. Et voilà que je la purifie, que je l’affranchis des chaînes de son esclavage. La pécheresse est morte.

 

Elle est là, dans ces ornements qu’elle a honte de m’offrir pour que je les sanctifie en les consacrant à mes besoins et à ceux de mes disciples, pour les pauvres que je secours avec le superflu d’autrui, parce que Moi, Maître de l’univers, je ne possède rien maintenant que je suis le Sauveur de l’homme. Elle est là, dans ce parfum répandu sur mes pieds, humiliée comme ses cheveux, sur cette partie du corps que tu as négligé de rafraîchir avec l’eau de ton puits après tant de chemin que j’ai fait pour t’apporter la lumière, à toi aussi.

La pécheresse est morte.

 

Et Marie est revenue à la vie, redevenue belle comme une fillette pure par sa vive douleur, par la sincérité de son amour. Elle s’est lavée dans ses larmes. En vérité je te dis, ô pharisien, qu’entre celui qui m’aime dans sa jeunesse pure et celle-ci qui m’aime dans le sincère regret d’un cœur qui renaît à la Grâce, Moi je ne fais pas de différence, et à celui qui est Pur et à la Repentie je confie la charge de comprendre ma pensée comme nul autre, et celle de donner à mon Corps les derniers honneurs et le premier salut (je ne compte pas le salut particulier de ma Mère) quand je serai ressuscité ».Voilà ce que je voulais dire par mon regard au pharisien.

 

Mais à toi, je fais remarquer une autre chose, pour ta joie et la joie d’un grand nombre. A Béthanie aussi, Marie (Magdeleine) répéta le geste qui marqua l’aube de sa rédemption.

 

Il y a des gestes personnels qui se répètent et qui traduisent une personne comme son style. Des gestes uniques. Mais, comme il était juste, à Béthanie le geste est moins humilié et plus confiant dans sa respectueuse adoration.

 

Marie a beaucoup cheminé depuis l’aube de sa rédemption, beaucoup. L’amour l’a entraînée comme un vent rapide vers les hauteurs et en avant. L’amour l’a brûlée comme un bûcher, détruisant en elle la chair impure et en rendant maître souverain en elle un esprit purifié.

 

Et Marie, différente dans sa dignité de femme retrouvée, comme différente dans son vêtement, simple maintenant comme celui de ma Mère, dans sa coiffure, dans son regard, dans sa contenance, dans sa parole, toute nouvelle, a une nouvelle manière de m’honorer par le même geste. Elle prend le dernier de ses vases de parfum, mis en réserve pour Moi, et me le répand sur les pieds, sans pleurer, avec un regard que rendent joyeux l’amour et la certitude d’être pardonnée et sauvée, et sur la tête.

 

Elle peut bien me faire cette onction et me toucher maintenant la tête, Marie, le repentir et l’amour l’ont purifiée avec le feu des séraphins et elle est un séraphin.

 

Dis-le à toi-même, ô Maria, ma petite « voix », dis-le aux âmes. Va, dis-le aux âmes qui n’osent pas venir à Moi parce qu’elles se sentent coupables. Il est beaucoup, beaucoup, beaucoup pardonné à qui aime beaucoup. A qui m’aime beaucoup.

 

Vous ne savez pas, pauvres âmes, comme vous aime le Sauveur ! Ne craignez rien de Moi. Venez. Avec confiance. Avec courage. Je vous ouvre mon Cœur et mes bras. Souvenez-vous en toujours : Je ne fais pas de différence entre celui qui m’aime avec une pureté intacte et celui qui m’aime avec le sincère regret d’un cœur qui renaît à la Grâce ! » Je suis le Sauveur. Souvenez-vous-en toujours.

 

Va en paix. Je te bénis.

 

(2) L’Evangile tel qu’il m’a été révélé Maria Valtorta V.4ème n° 98 p.60

 

La première découverte que je vous chuchote à l’oreille se situe vers le milieu du texte ; nous avons ainsi confirmation que pour être pardonné de nos fautes, pour bénéficier de cette miséricorde ahurissante de Notre seigneur envers nos pauvres agissements si souvent maladroits, le Très Haut ne nous demande pas plus qu’un cœur brisé et sincère.

Nous étions si aveugles ! Et nous renaissons enfin à la grâce sanctifiante ! Nous partions perdants et revenons champions comblés d’amour pour Lui, remplis d’une ineffable tendresse et de reconnaissance sans borne pour tous les bienfaits et les dons prodigués gratuitement depuis tant et tant de temps !

 

Mais attention : Pour en attirer cette grâce, il faut la Lui demander …

 

Rendons-nous bien compte, chers lecteurs, comme ils sont précieux ces cadeaux que nous trouvons là posés au pied de notre arbre de vie ? Il ne s’agira plus désormais de continuer à jouer la comédie mondaine ; quittons notre carapace de mensonges et de fierté ; confessons notre laideur interne pour être délié par une vraie repentance ! Implorons la clémence, elle séchera nos larmes par le souffle incessant de l’Esprit purificateur.

 

Dans cette lecture méditée que je vous propose à l’occasion de ce petit mot d’amitié, laissons-nous envahir par l’intelligence de cette troisième personne divine bien vivante au fond de nous afin de détacher du récit la profondeur de la précieuse miséricorde y transparaissant.

 

En fin de confidence accordée à Maria Valtorta et donc aussi à nous, à partir de ce jour, découvrons cette seconde perle à déguster et à mémoriser ; j’espère qu’elle sera pour vous comme pour moi étonnante de générosité et de grandeur d’Ame ! (il est vrai qu’il s’agit de celle de notre Jésus).

 

Ce joyau rutilant, le voici : « Je ne fais pas de différence entre celui qui m’aime avec une pureté intacte et celui qui m’aime avec le sincère regret d’un cœur qui renaît à la Grâce ! »

 

N’est-ce pas là, chers amis, une très bonne nouvelle ? Elle répond parfaitement à une question que je me posais depuis toujours puisqu’en ce qui me concerne, je me situe plutôt dans la deuxième catégorie, la pureté de mon amour n’étant malheureusement pas souvent restée intacte dans mon passé…

 

Cette heureuse parole qui personnellement vient de m’être dévoilée dans ma soixante-troisième année me semble bien réconfortante et le sera, je crois, pour bon nombre d’entre vous.

 

Terminons notre petite entrevue en nous réjouissant de ce bel envoi en mission souhaité par Jésus ; vous le trouverez en page 62 du volume 4 en question ; qu’il nous incite à évangéliser toujours mieux autour de nous :

 

« Va, dis-le aux âmes qui n’osent pas venir à Moi parce qu’elles se sentent coupables. Il est beaucoup, beaucoup, beaucoup pardonné à qui aime beaucoup, à qui m’aime beaucoup. Vous ne savez pas, pauvres âmes, comme nous aime le Sauveur ! Ne craignez rien de Moi. Venez. Avec confiance. Avec courage. Je vous ouvre mon Cœur et mes bras. »

 

 

En toute amitié,

Jean-Michel Moulart

 

 

 

 

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