Le monde d’après

Chers amis,

Voici une tribune d’un abbé qui se nomme abbé Niels Vrojsospet. Je l’ai reçue d’une amie, mais je ne connais rien de cet abbé. Je pense que c’est un nom d’emprunt. Il semble qu’il faille aujourd’hui se cacher pour dire ce que l’on pense : les menaces pèsent de tout côté. Ceci dit, il me semble qu’il récapitule bien le cri qui doit habiter celui des chrétiens et des prêtres en particulier. Je vous le partage donc volontiers.

En union de prière pour que la Vérité triomphe au cœur de ce bourbier.

« Parfois, je sens l’angoisse qui monte. « Le monde d’après », que la « crise sanitaire » a précipité, me fait peur.

« Pourtant, je sais bien que le Christ est ressuscité, et je sais quelle est la fin de l’Histoire : il reviendra dans la gloire. De ce point de vue-là, l’espérance est ferme, chevillée au corps. Je sais que le Christ est là, dans la barque agitée par la tempête, même si j’ai bien l’impression qu’il dort. Je sais que l’Esprit Saint est là, bien présent, bien agissant, et qu’en aucune occasion il ne faut s’inquiéter de ce qu’il faut dire pour sa défense. Je sais bien que désormais rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ.

Mais en regardant le chaos dans lequel nous entrons (et le chaos, c’est une régression, un retour à ce qui précède l’œuvre de la création, un retour à la confusion originelle), ma confiance vacille un peu de temps à autres. En voyant comment le diable se déchaîne librement (puisqu’on lui a ouvert grand les portes), je ne peux m’empêcher de frémir.
J’exagère ?

Les mensonges sont tellement nombreux et énormes que la majorité ne les voit même plus. Les divisions courent partout, au cœur même des familles (la famille est le dernier rempart humain contre la barbarie, rempart largement ébranlé depuis longtemps, dont on ne verra bientôt plus que les dernières ruines). Les citoyens sont désormais séparés en deux catégories. L’humanité agonise, dans le délitement des liens humains, dans le transhumanisme, dans la négation des fondements de la nature humaine, dans la mort du libre-arbitre (qui est pourtant d’une importance telle qu’il est la cause du risque du péché, risque devenu réalité) …

Tout cela sous les yeux abêtis et mornes de la grande majorité, qui veut juste revivre dans le monde d’avant et ses plaisirs, monde qui ne sera plus.
Et pire, tout cela dans un silence saisissant de la part de l’Église (dans sa grande majorité). Pourquoi l’Église, gardienne de l’espérance, gardienne de l’humanité s’est-elle autant couchée ? Certes, beaucoup des mesures prises, considérées séparément pouvaient passer pour acceptables temporairement – et moi-même c’est ce que j’ai fait – mais trop, c’est trop !

Comment se fait-il que l’Église – et le Pape en premier – ait oublié le caractère absolu de la liberté de conscience (liberté de conscience à la source de la liberté religieuse, liberté tant discutée à la suite du Concile Vatican II) et accepte ou promeuve les pressions qui sont faites pour la vaccination, quand tant de personnes se posent des questions légitimes ? Les bras m’en sont tombés lorsque j’ai appris que l’archidiocèse de Moncton au Canada demandait un pass vaccinal pour participer à n’importe quelle réunion religieuse (de la messe, à la réunion pastorale en passant par le catéchisme). Et que le Vatican est désormais soumis au pass sanitaire…

Comment se fait-il que l’Église, gardienne immuable du caractère absolument sacré de toute vie dès sa conception, accepte sans vraiment broncher, l’utilisation de vaccins qui ont nécessité à un moment ou un autre le recours à des lignées de cellules issues de fœtus avortés ?

Comment se fait-il que l’Église, mère conduisant au face à face avec Dieu, ait si facilement accepté de masquer les visages, projetant les fidèles dans un monde de l’anonymat ?

Comment se fait-il que l’Église, Corps du Christ, ait accepté la dislocation, l’émiettement du Corps ecclésial, dans des assemblées éparpillées où l’autre n’est qu’un danger potentiel ?

Comment se fait-il que l’Église, écrin du mystère eucharistique, ait enduit de solution antiseptique les mains de ses prêtres qui viennent de tenir avec crainte et vénération le Corps très Saint pour le consacrer, au moment où il faut le porter à ses enfants ?

Comment se fait-il que l’Église, mère aimante, ait refusé de déposer sur la langue de ses enfants le pain céleste pour les nourrir, comme une mère oiseau nourrit ses oisillons, tournant ainsi le dos à l’esprit d’enfance tant désiré par le Christ et tant mis en œuvre par ses saints ?

Bénitiers vidés, pas de poignées de main... Les églises parisiennes luttent  contre le coronavirus

Comment se fait-il que l’Église ait renoncé à ses bénitiers, qui permettaient à chacun de se rappeler son baptême et l’exorcisme qui l’accompagne, de refaire le signe salutaire de la croix avec l’eau par laquelle Dieu dit et veut du bien pour ses enfants ?

Tout cela, c’est pour des raisons de santé, me dira-t-on.

Mais alors, qui m’expliquera à quoi sert l’Église si elle ne prêche pas une Espérance qui ouvre à une vie qui va bien au-delà de la simple vie sanitaire ?

Qui m’expliquera à quoi sert l’Église, si la foi qu’elle professe et qui l’anime n’a aucune implication sur la vie concrète et n’apporte aucun regard différent sur la vie quotidienne ? Et même s’il était nécessaire de respecter toutes les règles de la vie commune édictées en cette occasion particulière, qui m’expliquera en quoi les chrétiens se sont montrés citoyens du ciel et comme l’âme de ce monde, ainsi que le dit la Lettre à Diognète ? Ont-ils vraiment été témoins de l’Espérance ?

L'hypnose pour ne plus avoir peur de la mort | Hypnose Experts

Qui m’expliquera pourquoi l’Église n’a pas davantage secoué la chape de plomb qu’est la crainte de la mort, cette chape qui écrase si dramatiquement le monde (et ce sont bien sûr les plus pauvres et les plus petits qui en pâtissent le plus) depuis un an et demi ? Pourquoi l’Église ne s’est-elle pas rebellée davantage face au dogme du « zéro risque » dans lequel notre monde s’est engouffré (tout en acceptant finalement, paradoxalement, et avec force mensonges, le risque de « vaccins » dont les effets à long terme sont nécessairement inconnus, et les effets à court terme, largement camouflés, semble-t-il…) ?

Et plus douloureusement, qui m’expliquera pourquoi l’Église n’a pas élevé une immense clameur, une gigantesque protestation, face à l’entrave disproportionnée à la liberté que met le « pass sanitaire » ? Alors que la liberté appartient au socle de la dignité humaine, l’Église, experte en humanité et protectrice de la liberté des enfants de Dieu, a à peine bronché… ou elle a même encouragé cela… Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Les fumées de Satan sont-elles effectivement entrées dans l’Église, éteignant les consciences des membres du Corps du Christ ?

La charité ne consiste peut-être pas à se faire vacciner par un vaccin qui ne protège quasiment pas les autres, mais à défendre la liberté, et garder vive la flamme de l’Espérance. Parce qu’il en va de la dignité humaine, et de notre union à Dieu.

ღ L'union avec Dieu ღ – Poèmes d'Amour du Sacré Cœur de Jésus

Fils de l’Église notre mère, j’obéis. J’aime l’Église, et je lui donne une soumission filiale. Mais sur cette situation, je ne peux plus. J’ai accepté beaucoup de choses parce qu’elles étaient demandées et apparaissaient comme inévitables, bien que ce soit souvent à contrecœur. Mais maintenant, trop, c’est trop ! Trop d’incompréhensions, trop de renoncements à ce qui fait et nourrit la vie ecclésiale, trop de mensonges avalés, trop de pressions et d’enfermements, trop d’atteintes à l’Espérance. Et Jésus l’a dit, le péché contre l’Espérance est le seul qui ne sera pas pardonné.

Le péché contre l’espérance — le plus mortel de tous, et peut-être le mieux accueilli, le plus caressé. Il faut beaucoup de temps pour le reconnaître, et la tristesse qui l’annonce, le précède, est si douce ! C’est le plus riche des élixirs du démon, son ambroisie.

— Georges Bernanos, Journal d’un curé de campagne (ajout)

Alors, à la suite de tant de chrétiens dans l’histoire de l’Église, en m’unissant à tous les fidèles qui souffrent actuellement, je m’écris : Non possumus (« nous ne pouvons pas ») !

Abbé Niels Vrojsospet

Source : https://pierre-et-les-loups.net/le-monde-d-apres-938.html?show=

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