Judas Iscariote – Sœur Beghe

Judas l'Iscariote.

Mercredi 16 décembre 2020

Judas Iscariote

Le Seigneur Jésus-Christ était toujours doux avec les Siens, Il leur expliquait, Il était patient, calme, et Sa présence était pour eux une expérience extraordinaire. Ils étaient les compagnons du Messie ! Eux, un pécheur ou un autre, qui ne se doutaient pas qu’ils deviendraient un jour les compagnons, les proches de Dieu incarné ! C’était tellement incroyable, la terre portait sur sa surface tant d’êtres humains, et c’étaient eux, les douze et les autres disciples qui étaient chargés de L’accompagner, d’être Ses témoins. Quel honneur, quelle dignité, quel don !

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Et pourtant Judas L’a trahi parce qu’il était envieux, parce qu’il était déçu, parce qu’il pensait qu’il serait glorieux or Jésus-Christ enseignait l’humilité. Il ne voulait pas la croix pour lui-même, il ne voulait pas s’effacer, il ne résistait pas à l’envie d’être admiré, d’être regardé comme un proche du Roi d’Israël.

Il s’était joint aux apôtres, à sa demande, quand il réalisa que Jésus-Christ était remarquable et qu’Il était l’Oint de Dieu. Il le comprit vite et il espérait en retirer des fruits personnels tandis que Jésus-Christ n’en recherchait ni pour Lui-même, ni pour Ses apôtres. Il s’engagea auprès de Jésus et il fut souvent impatienté par Sa très grande bonté, par Sa fréquentation des pauvres, des pécheurs et des lépreux alors que, à son avis, ce n’était pas auprès d’eux qu’il fallait se faire connaître. Il voulait que Jésus soit plus proche qu’Il ne l’était des Pharisiens, des docteurs de la loi, des grands de ce monde, or Jésus ne paraissait pas rechercher leur fréquentation pour leur amitié, seulement pour leur faire la leçon !

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Il reprochait en lui-même cette façon de faire, et pourtant il voyait bien que la foule qui suivait Jésus et qui L’admirait était de plus en plus nombreuse. Elle était subjuguée par Lui, par Son enseignement si lumineux et même nouveau, par sa simplicité, ses explications si claires et apparemment si justes, sa nouveauté et sa bonté par rapport à l’enseignement de l’époque ; elle en voulait toujours plus et partout où Il allait, elle le suivait autant qu’elle le pouvait.

Judas en prit ombrage, cette admiration l’énervait tant qu’il faisait souvent bande à part. Il s’éclipsait au lieu de rester avec les autres apôtres, mais comme il n’était pas vraiment leur ami, ceux-ci ne le recherchaient pas, ni pour lui-même ni pour son amitié. Il s’occupait des questions matérielles du groupe et cela lui permettait de s’écarter et de prendre des initiatives. C’est ainsi que Jésus le remerciait pour ses attentions et que les apôtres aussi lui en étaient reconnaissants.

Il espérait ainsi accéder petit à petit à un rôle de choix lorsque Jésus deviendrait le Roi temporel d’Israël mais le jour vint où il sut que ce n’était pas là l’intention du Seigneur, et que ce ne le serait jamais. C’est par déception qu’il livra Jésus-Christ aux autorités juives, il pensait que le Seigneur était dans l’erreur et qu’Il passait à côté de toutes les occasions à saisir pour devenir Roi.

Les Rameaux

Quand vint le jour des Rameaux, il fut heureux mais déçu par le fait que le Seigneur était monté sur un ânon : c’était ridicule, cela n’avait aucune prestance, et pourtant le Seigneur le voulait ainsi. L’ânon représentait l’innocence, la pureté, personne ne l’ayant encore monté, et la sincérité. En effet, la première présence est Dieu avant tout autre être, et personne n’avait encore monté cet ânon. Il était vierge de toute empreinte autoritaire humaine et Jésus Lui-même était immaculé et supérieur à toute autorité humaine. Il Lui fallait une monture vierge et innocente comme Il l’était Lui-même.

Judas déçu comprit ce jour-là que Jésus-Christ ne serait pas un Roi comme il l’imaginait et qu’il attendrait en vain sa place de proche du Roi d’Israël. C’est sur cette déception qu’il alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le livrer (Lc 22, 4). Il se livra du même coup à Satan qui cherchait, lui aussi, le moment de nuire au Fils de l’homme.

Satan entra en lui et la suite est connue. Judas trahit son Maître et Seigneur mais, trop orgueilleux pour s’en repentir, il alla se pendre quand la réalité de la mise à mort de Jésus lui apparut. C’est ainsi que le méchant qui commet un crime s’en effraye souvent après son forfait, mais il se tait plutôt que de s’en accuser et de le regretter. Le repentir est le fruit de l’humilité, le remord est un reproche de la conscience qui n’aboutit pas à l’humilité du repentir.

Fichier:Autun cathédrale chapiteau pendaison de Judas.jpg — Wikipédia

Judas quitta la vie terrestre en se donnant la mort et Jésus Lui-même avait dit de lui : il eut mieux valu pour lui qu’il ne fut pas né. La naissance est un don de la vie or Judas la mena vers la mort, la mort du corps et la mort de l’âme. Satan était entré en lui et Judas ne l’en chassa pas. Tel est le sort de beaucoup d’autres hommes qui ne se préoccupent pas de rejeter Satan entré en eux et qui, le gardant, s’en vont avec lui dans l’abîme de la mort éternelle.

Que cette narration vous soit fructueuse et qu’elle vous indique que la grandeur terrestre est souvent néfaste à l’âme quand elle est recherchée pour elle-même et non pour la gloire de Dieu.

Source : https://srbeghe.blog/2020/12/16/judas_iscariote/

 

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