Combattre aux côtés de Notre Dame

Il y a deux façons d’aborder les temps que nous vivons : soit comme victimes, soit comme protagonistes ; soit comme spectateurs, soit comme chefs de file. Nous devons choisir. Parce qu’il n’y a plus de zone intermédiaire. Il n’y a plus de place pour les tièdes. Nous ne pouvons plus tergiverser en ce qui concerne notre vocation à la sainteté ou notre devoir de témoigner. Soit nous sommes tout au Christ — soit nous serons emportés par l’esprit du monde.

Lire le texte original en anglais sur le blog de Mark Mallett

Le temps des larmes

Ne constatons-nous pas déjà qu’une vaste partie de l’humanité s’est laissé entraîner ne fut-ce que dans la première phase de cette force d’égarement dont parlait saint Paul ? Abêtie par une culture du politiquement correct, bercée par un faux sentiment de sécurité face à un clergé majoritairement silencieux, et rassemblée à la hâte, tel du bétail, dans un système qui, quotidiennement et sans relâche, fait table rase de la vérité, réécrivant l’histoire et évacuant la liberté d’expression, de conscience, de pensée et de mouvement. Et pourtant, qui résiste ? Qui tire la sonnette d’alarme ? Qui sont les bergers qui se lèvent pour défendre leurs troupeaux, les sacrements et la liberté non seulement d’adorer le Christ dans la sphère publique, mais également de proclamer Son Évangile à toutes les nations ?

Mon Seigneur et mon Dieu… J’ai vu tout cela si clairement il y a environ huit ans alors que je me rendais dans ma paroisse pour me confesser. Soudain, alors que j’étais encore sur la route, j’ai vu intérieurement de quelle manière tout allait nous être « retiré » et comment le monde allait descendre dans le silence du tombeau. Quand je suis rentré chez moi, j’ai mis cette vision intérieure par écrit : [1]

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Pleurez, ô enfants des hommes ! Pleurez pour tout ce qui est bon, vrai et beau. Pleurez pour tout ce qui doit descendre au tombeau, vos icônes et vos chants, vos murs et vos clochers.

Pleurez, ô enfants des hommes ! Pour tout ce qui est bon, vrai et beau. Pleurez pour tout ce qui doit descendre au Sépulcre, vos enseignements et vos vérités, votre sel et votre lumière.

Pleurez, ô enfants des hommes ! Pour tout ce qui est bon, vrai et beau. Pleurez pour tous ceux qui doivent entrer dans la nuit, vos prêtres et vos évêques, vos papes et vos princes.

Pleurez, ô enfants des hommes ! Pour tout ce qui est bon, vrai et beau. Pleurez pour tous ceux qui doivent passer la grande épreuve, le test de la foi, le feu du raffineur.

… Mais ne pleurez pas à jamais !

Car l’aube viendra, la lumière vaincra, un nouveau Soleil se lèvera.

Et tout ce qui était bon, vrai et beau

Respirera d’un souffle neuf et sera redonné, purifié, aux enfants des hommes.

Aujourd’hui, nous voyons à quel point est vrai l’axiome selon lequel « l’histoire se répète ». Nous avions posé sur les générations précédentes une sorte de regard de condamnation détachée : comment les Allemands ont-ils pu faire monter Hitler au pouvoir ? Comment les Russes ont-ils permis à Staline et à Lénine de déployer leur projet marxiste ? Comment les Français ont-ils permis cette révolution qui conduisit à la destruction de statues, au blanchiment d’icônes à la chaux et aux effusions de sang dans leurs rues ?

J’ai fini par comprendre l’Allemand et le Russe moyens vivant respectivement sous le nazisme et le communisme pour une autre raison : le pouvoir des médias dans le lavage de cerveau. Étudiant le totalitarisme depuis mes études supérieures à l’École des affaires internationales et publiques de l’Institut russe de l’Université Columbia (comme on l’appelait alors), j’ai toujours cru qu’une société ne pouvait subir un lavage de cerveau qu’au seint d’une dictature. J’avais tort. Je comprends à présent que le lavage de cerveau de masse peut avoir lieu dans une société se disant libre… C’est pourquoi je ne juge plus l’allemand moyen aussi facilement que j’avais l’habitude de le faire. L’apathie face à la tyrannie n’est pas une caractéristique allemande ou russe. Je n’avais simplement jamais pensé que cela pouvait arriver en [Occident].

— Dennis Prager, chroniqueur, « I Now Better Understand the ‘Good German’ » (Je comprends mieux maintenant le « bon allemand »), 8 janvier 2021, theepochtimes.com ; cf. theepochtimes.com

Et pourtant, beaucoup de ceux qui se disent chrétiens sont dans la grande majorité insensibles, voire en effet, tout simplement apathiques. Tout comme la majeure partie de Jérusalem célébrait la fête de la Pâque pendant que Jésus pleurait à Gethsémani, de la même manière, beaucoup ignorent également que Judas et la foule qui l’accompagne sont aujourd’hui au portes mêmes de notre Gethsémani.

Enfants bien-aimés, priez pour l’Église, car à présent la bataille fait rage devant ses portes ; elle [l’Église] vivra sa Passion.

— Notre Dame à Gisella Cardia, 3 février 2021 ; cf. countdowntothekingdom.com

Ceux qui sont éveillés, qui veillent et prient sont si peu nombreux que cela doit consterner même les anges du Ciel lorsqu’ils se remémorent les paroles de leur Seigneur :

Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?

Luc 18: 8

Nous sommes en guerre

Si nous pouvons nous sentir impuissants face à ce totalitarisme, nous ne le sommes pas. Notre Dame a déjà promis qu’elle triomphera, c’est-à-dire que la victoire a été acquise par son Fils sur la Croix et qu’elle est sur le point d’écraser la tête du serpent. Mais cela ne se fera pas sans une lutte, pas sans cette « confrontation finale » entre la Femme et le Dragon (Ap 12). Notre Dame, le nouveau Gédéon, ne manque pas de dire à sa petite armée exactement ce qu’il faut faire : soyez des [guerriers de lumière] face aux forces des ténèbres.

L’heure de la vraie bataille est arrivée, et avec les armes du jeûne et du Saint Rosaire entre vos mains, combattez avec moi pour le Triomphe de Mon Cœur Immaculé. Enfants bien-aimés, les temps qui arrivent seront terribles, mais n’ayez pas peur, car mon Fils et moi serons près de vous dans la tribulation. Jésus fera descendre le Saint-Esprit sur vous, tout comme Il l’a fait avec Ses apôtres.

— Notre Dame à Gisella Cardia, le 14 novembre 2020 ; cf. countdowntothekingdom.com

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Chers enfants, vous vous dirigez vers une grande bataille entre le Bien et le Mal. Les ennemis tenteront de plus en plus de vous barrer la voie de la vérité. Dans cette grande Lutte, votre arme de défense est l’amour de la vérité. Dans vos mains, le Saint Rosaire et la Sainte Écriture ; dans vos cœurs, l’amour de la vérité. Ne laissez pas le diable gagner. Vous êtes la propriété du Seigneur.

— Notre Dame à Pedro Regis, 27 octobre 2020 ; cf. countdowntothekingdom.com

Combattez, [mes enfants bien-aimés], mes apôtres de ces derniers temps. C’est l’heure de ma bataille. C’est l’heure de ma grande victoire. Avec vous dans ce combat, sont engagés aussi les Anges du Seigneur, qui, à mes ordres, accomplissent la tâche que je leur ai confiée.

— Notre Dame au Père Stefano Gobbi, Aux Prêtres, les fils de prédilection de la Vierge (livre bleu), n° 335 (« Avec vous dans la bataille ») ; cf. Message de Notre Dame à une âme californienne, 8 février 2021 ; countdowntothekingdom.com

Mes enfants, la vraie foi n’est pas quelque chose qui se perd : c’est comme un feu — elle peut être une flamme terne qui scintille ou un feu ardent : cela dépend de vous. Pour être un feu ardent, la foi doit être nourrie par la prière, l’amour, l’adoration eucharistique. Mes enfants, je viens rassembler mon armée, prête avec la vraie foi et l’arme à la main, prête à se battre avec amour. Mes enfants, je vous confie mes messages depuis un certain temps maintenant, mais hélas, bien souvent vous n’écoutez pas, vous vous endurcissez le cœur.

— Notre Dame à Simona, 8 février 2021 ; cf. countdowntothekingdom.com

Le jeûne, la prière, le Rosaire, l’adoration eucharistique, une foi invincible en Jésus, et l’amour pour la vérité, qui est le Glaive de l’Esprit [2] — ce sont là nos armes. Elles ont le pouvoir d’ébranler les principautés célestes, de perturber les princes de ce monde, d’exorciser le mal, de réunir les familles, d’arrêter les guerres, d’atténuer les châtiments et d’attirer la miséricorde pour sauver les âmes. Ainsi, même vous, chers grands-parents retraités, êtes appelés aux premières lignes de l’armée de Notre Dame (cf. Vous serez Noé).

Fixez vos yeux sur le Ciel

On parle beaucoup ces temps-ci de « l’Avertissement », des « refuges » et de la prochaine « Ère de Paix ». Oui, ce sont là autant d’aspects du Triomphe et de l’intercession maternelle de la Sainte Vierge qui trouvent leurs fondements dans les Saintes Écritures et la Sainte Tradition. Mais voici un secret. Orientez votre désir non pas vers ces choses mais vers le Ciel. Soupirez après le Ciel. Désirez vivement voir le visage de Jésus, sentir les bras de Marie, connaître l’amour de milliards de frères et sœurs qui, encore aujourd’hui, vous entourent tels une « nuée de témoins ». [3] La seule façon de persévérer en ces temps qui s’annoncent est de se détacher de ce monde, de mourir résolument à soi-même, et de tout abandonner entre les mains de Jésus. Nous sommes en guerre. Le hurlement des sirènes retentit dans les Cieux. L’Église est appelée au martyre — qu’il soit « blanc » ou « rouge ». [4]

Les seules familles catholiques qui résisteront et prospèreront au XXIe siècle sont les familles de martyrs.

— Serviteur de Dieu, Père John A. Hardon, s.j., The Blessed Virgin and the Sanctification of the Family

En d’autres termes, ces familles qui refusent de se prosterner devant les dieux du politiquement correct, de la peur, de la paix et de la sécurité trompeuses ; les familles qui crieront aux petits dictateurs de notre temps que « Jésus est essentiel ! » ; les familles qui défendront la vérité à temps et à contretemps. Oui, cela en « choquera » beaucoup. Mais alors, vous ressemblerez plus que jamais à votre Maître :

… ils étaient profondément choqués à son sujet… (Marc 6: 3)

Ceux qui défient ce nouveau paganisme sont confrontés à une option difficile. Soit ils se conforment à cette philosophie, soit ils sont confrontés à la perspective du martyre.

— Père John Hardon ; Comment être un catholique fidèle aujourd’hui ? En étant fidèle à l’évêque de Rome ; article de therealpresence.org

Cela vous fait-il peur ? Les saints d’hier aspiraient à vivre une telle époque pour avoir l’opportunité de prouver leur amour, de défendre leur Seigneur et de gagner une couronne de gloire pour l’éternité. C’est ce que je veux dire par le fait de fixer vos yeux sur l’horizon du Ciel. Le monde ici-bas, même si vous deviez vivre dans l’Ère de Paix, n’est tout au plus qu’un battement de cil en comparaison de l’éternité.

Je souhaite inviter les jeunes à ouvrir leur cœur à l’Évangile et à devenir les témoins du Christ ; si nécessaire, Ses témoins-martyrs, au seuil du troisième millénaire.

— SAINT JEAN-PAUL II, message aux jeunes, Espagne, 1989

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Oui, c’est l’heure, en particulier pour nos prêtres et évêques, de renouveler leur « fiat » à Notre Seigneur, leurs vœux de donner leur vie pour leurs brebis. Ce n’est plus une simple analogie. Bientôt, très bientôt, les prêtres seront confrontés à deux alternatives : fermer leurs églises ou encourir des amendes et même l’emprisonnement dans un contexte de confinement permanent ou de toute autre restriction imposée par l’État.

Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi.

Jean 15: 20

Je m’attends à mourir dans mon lit, mon successeur mourra en prison, son successeur mourra martyr sur la place publique. [Et celui qui viendra ensuite] ramassera les débris d’une société en ruine et lentement aidera à bâtir une nouvelle civilisation, ce que l’Église a fait si souvent dans l’histoire humaine.

— Cardinal Francis George, ancien évêque catholique américain et archevêque de Chicago (décédé en 2015) ; cf. ncregister.com (ajout)

C’est pourquoi Notre Dame nous implore si souvent de prier pour nos bergers, car ils sont aussi la clé de son Triomphe. [5]

Et pourtant, Notre Seigneur va aussi préserver de nombreuses familles chrétiennes et prêtres pour la dernière et ultime Ère de Paix, une nouvelle aube qui dispersera ces ténèbres, enchaînera l’ennemi et fera triompher l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre. Par conséquent, c’est aussi l’heure pour la petite cohorte de Notre Dame de commencer à entrer pleinement dans la Divine Volonté, de préparer vos cœurs à l’avènement prochain du Royaume du Christ que nous invoquons depuis 2000 ans dans le « Notre Père ». [6] Qui verra cette Ère ? Qui ira au Ciel ? Nous ne le savons pas, et nous ne devrions pas vraiment nous en soucier. Une seule chose nous importe : accomplir la Volonté de Dieu.

… aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même : si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur.

Romains 14: 8

Mark Mallett
Our Lady’s Wartime


[1] lire Pleurez, ô enfants des hommes !
[2] cf. Ep 6: 17
[3] He 12: 1
[4] Le martyre « blanc » est cette mort quotidienne à soi-même qui ne réclame pas le sacrifice de notre sang mais requiert plutôt de nous les vertus de patience, d’humilité, de charité, de bienveillance, etc. Il peut impliquer la persécution, la perte de sa carrière, de son statut, etc. alors que le martyre « rouge » consiste à perdre sa vie même, au nom de l’Évangile.
[5] lire Les Prêtres et le Triomphe du Cœur Immaculé de Marie
[6] lire La résurrection de l’Église

Traduction française améliorée par « Pierre et les loups »

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