Demeurez en mon amour

L'Amour de Dieu - Lecture et Prière (2) - Monos-Connexion

« Demeurez en mon amour »

Après le livre de la Genèse et de l’Exode, nous regarderons cette année l’Évangile de saint Jean. Écrit plus tardivement que les autres évangiles, il donne une lumière toute spéciale sur la vie de Jésus et surtout sur quelques thèmes eucharistiques. Ceux-ci nous aiderons à vivre nos temps d’adoration auprès de Jésus présent au Saint Sacrement. Que cette année vous donne la joie d’être plus proche du Cœur doux et humble de Jésus !

Icône « Saint Jean » – Les Franciscains de l'Emmanuel

La première question que nous pouvons nous poser est celle-ci : Pourquoi saint Jean n’a-t-il pas rapporté l’Institution de l’Eucharistie, alors qu’il est le disciple que Jésus aimait et qu’il a reposé sur son Cœur ? Saint Jean n’est-il pas celui qui demeure ? Jésus lui dira : « S’il me plaît qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne... » (Jn 21, 22).

Jésus pose cette première question à ses disciples : « Que cherchez-vous ? » (Jn 1, 38). C’est vrai, que cherchons-nous ? Qu’est-ce qui nous mobilise le matin à notre réveil ? Une journée de plus à vivre ou cette phrase de Charles de Foucauld (que nous devrions écrire sur notre réveil) : «Il est l’heure d’Aimer ! » Que répondrions-nous à Jésus ? Les disciples, eux, préparés par Jean-Baptiste, répondent «Où demeures-tu ? ». Jésus alors répond : « Venez et voyez ».

Que veut dire demeurer ? C’est rester auprès de celui que j’aime. Ce demeurer auprès de Jésus, c’est expérimenter cette présence de Jésus, présent au Saint Sacrement. Oser faire cette démarche d’aller le rencontrer dans ce cœur à cœur. Des obstacles, des tentations, des doutes, des fragilités et même des révoltes, nous en aurons toujours pour ne pas aller prier. Mais Jésus attend, il nous parle et nous conduit dans cette fidélité à ces rencontres. Encore faut-il s’entendre sur ce « demeurer dans l’amour » ? De quel amour s’agit-il ?

Nous pouvons peut-être souligner deux grandes déformations de l’amour : la première concerne le fait que l’amour ait été souvent infléchi dans le sens d’un service actif. La seconde déformation est de vouloir aimer au sens général, mais de ne pas s’investir dans une relation personnelle, exigeante et vraie. « Rien ne révèle mieux un être que sa capacité d’aimer. Même s’il est tout aussi évident que cette capacité n’est pas immédiatement disponible. Ce n’est qu’après un processus de maturation, qui peut durer des années – parfois même toute la vie – que nous arrivons à libérer progressivement tout l’amour qui est enfermé dans notre cœur. Notre développement spirituel et l’expérience acquise y jouent un rôle important. Car, au fond, l’amour a affaire avec Dieu – car Dieu est amour – et nous ne pouvons aimer que dans la mesure où nous avons pu expérimenter quelque peu l’Amour de Dieu et sa grâce »2.

Que Marie nous apprenne à demeurer comme elle dans l’amour de son fils ! « De même, la dévotion (à la Vierge Marie) des fidèles manifeste l’intuition infaillible de la manière dont un tel amour devient possible : il le devient grâce à la plus intime union avec Dieu, en vertu de laquelle elle s’est totalement laissé envahir par lui – condition qui permet à celui qui a bu à la source de l’amour de Dieu de devenir lui-même une source d’où « jailliront des fleuves d’eau vive » (Jn 7,38). Marie, la Vierge, la Mère, nous montre ce qu’est l’amour et d’où il tire son origine, sa force toujours renouvelée. C’est à elle que nous confions l’Église, sa mission au service de l’Amour :

Jean 7:38 - Verset de la Bible - DailyVerses.net

 » Sainte Marie, Mère de Dieu, tu as donné au monde la vraie lumière, Jésus, ton fils – Fils de Dieu. Tu t’es abandonnée complètement à l’appel de Dieu et tu es devenue ainsi la source de la bonté qui jaillit de Lui. Montre-nous Jésus. Guide-nous vers Lui. Enseigne-nous à Le connaître et à L’aimer, afin que nous puissions, nous aussi, devenir capables d’un amour vrai et être sources d’eau vive au milieu d’un monde assoiffé « .

Sœur Beata Veronique

Extrait Brasier Eucharistique n° 20, septembre 2007

1 Jn 15, 9.

2 André LOUF, Au gré de sa grâce, Paris, 1989, p.170.

3 Benoît XVI,lettre encyclique « Deus Caritas est », Rome, 25 décembre 2005, n°42

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