Le mystère de l’adoption divine (ASDE 23)

Ecrits d’Elisabeth de la Trinité

Le mystère de l’adoption divine

(à sa sœur, août 1905)

Je viens de lire dans saint Paul des choses splendides sur le mystère de l’adoption divine. Naturellement j’ai pensé à toi : ce serait bien extraordinaire qu’il en fût autrement. Toi qui es mère et qui sais quelles profondeurs d’amour le bon Dieu a mises en ton cœur pour tes enfants, tu peux saisir la grandeur de ce mystère. Enfant de Dieu, est-ce que cela ne te fait pas tressaillir ?

Écoute parler mon cher saint Paul : « Dieu nous a élus en Lui avant la création. Il nous a prédestinés à l’adoption des enfants pour faire éclater la gloire de sa grâce » (Ep 1, 4-5), c’est-à-dire qu’en sa toute puissance, Il semble ne pouvoir rien faire de plus grand. Et puis, écoute encore : « Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers. » (Ro 8, 17) Et quel est cet héritage ? « Dieu nous a rendus dignes d’avoir part à l’héritage des Saints dans la lumière. » (Co 1, 12) Et puis, comme pour nous dire que cela n’est pas un avenir lointain, l’Apôtre ajoute : « Vous n’êtes donc plus des hôtes ou des étrangers, mais vous êtes la Cité des Saints et de la Maison de Dieu. » (Ph 3, 20) Et encore « notre vie est dans les cieux » (Ep 2, 19).

28 Versets Biblique sur la Sainteté - DailyVerses.net

Ce ciel, cette « maison de notre Père » (Jn 14, 2), il est au centre de notre âme. Comme tu le verras en saint Jean de la Croix, lorsque nous sommes  au centre le plus profond, nous sommes en Dieu. N’est-ce pas que c’est simple, que c’est consolant. A travers tout, parmi tes sollicitudes maternelles, tandis que tu es toute aux petits anges, tu peux te retirer en cette solitude pour te livrer à l’Esprit-Saint, afin qu’Il te transforme en Dieu, qu’Il imprime en ton âme l’image de la Beauté divine, afin que le Père en se penchant sur toi ne voie plus que son Christ et qu’Il puisse dire : « Celle-ci est ma fille bien-aimée  en qui j’ai mis toutes mes complaisances. » (Mt 3, 17) Oh ! petite sœur, au ciel je me réjouirai en voyant paraître mon Christ si beau en ton âme. Je ne serai pas jalouse, mais avec une fierté de mère je lui dirai : c’est moi, pauvre misérable, qui ai enfanté cette âme à votre vie. Saint Paul parlait ainsi des siens, et j’ai bien de la prétention de vouloir l’imiter, qu’en dis-tu ? En attendant, « croyons à l’Amour » avec saint Jean, et puisque nous le possédons en nous, qu’importent les nuits qui peuvent obscurcir notre ciel ? Si Jésus « semble dormir », reposons-nous près de Lui. Soyons bien calmes et silencieuses, ne le réveillons pas, mais attendons dans la foi. Lorsque Sabeth ou Odette sont dans les bras de leur chère maman, je crois qu’elles s’inquiètent peu s’il fait du soleil ou s’il pleut. Imitons les chères petites, vivons dans les bras du bon Dieu avec la même simplicité.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :