Les dispositions avec lesquelles vous devez écouter ma parole. – Soeur Marie Lataste (L2/Ch.26)

 

Dieu, la Sainte Trinité

9ème partie

Par Sœur Marie Lataste, mystique catholique

LIVRE 2

Le Verbe de Dieu fait homme

 

Chap. 26, « Les dispositions avec lesquelles vous devez écouter ma parole. »

 

Le Sauveur Jésus resta un moment en silence, jeta sur moi un regard d’une bonté divine qui pénétra jusqu’au plus intime de mon âme :

 

— Vous voulez, me dit-il, que je vous apprenne de quelle manière vous devez écouter ma parole ; ma fille, je suis prêt à vous satisfaire, parce que les impressions qu’elle produit sur les cœurs qui l’écoutent avec de bonnes dispositions produisent des fruits qui dureront jusqu’à la vie éternelle, car ma parole a non seulement avec elle l’onction qui touche le cœur, mais sa lumière brillante vient encore éclairer l’esprit et dissiper les ténèbres qui sont en lui. Heureuse serez-vous à jamais, ma fille, si vous écoutez ma parole ! Si vous l’écoutez comme vous le devez faire, cette audition bien réglée vous portera à accomplir ce que je vous dirai et vous inspirerai. Voici donc les dispositions avec lesquelles vous devez écouter ma parole : la pureté du cœur ou le désir d’acquérir cette pureté ; la soumission et l’obéissance à correspondre à la grâce de ma parole ; la fidélité à conformer votre conduite à ce qu’elle vous prescrira.

 

La pureté du cœur ou le désir d’acquérir cette pureté

 

« La pureté du cœur ou le désir d’acquérir cette pureté. L’homme n’est point parfait sur la terre, mais il y a un certain degré de perfection auquel l’homme doit aspirer et dans lequel il doit s’avancer de tout son pouvoir ; ce degré, c’est la pureté du cœur ou l’absence de tout péché mortel. Celui qui veut entendre ma parole, celui qui l’entend, doit avoir cette pureté de cœur ou le désir d’acquérir et d’augmenter cette pureté. Plus on est pur et plus ma parole est abondante, plus elle est douce et suave, plus elle fait de bien. Plus on a le désir d’entendre ma parole afin de devenir parfait, plus uni à Dieu, plus je la fais entendre ; mais je me tais lorsqu’on ne désire l’entendre que pour se glorifier de cette faveur et pouvoir dire : “Le Seigneur s’entretient avec moi, le Seigneur m’a fait entendre sa voix !” car ce serait là m’offenser et me déplaire souverainement.

 

La soumission et l’obéissance à correspondre à la grâce de ma parole

 

« La soumission et l’obéissance à ma parole et à la grâce. Ordinairement cette grâce est prévenue par une autre qui dispose le cœur et le prépare. On est libre de la recevoir ou de la rejeter ; quelquefois pourtant cette grâce prévenante est tellement absolue, qu’on ne peut la repousser ; mais elle est rare et je demande la correspondance à cette grâce. On peut se priver de la grâce de ma parole par une fausse humilité, en disant : “Je ne mérite pas que le Seigneur me parle” et fuyant l’attrait qu’on éprouve. Il est vrai, nul ne mérite que je lui parle, tous doivent le reconnaître ; mais on doit savoir aussi que je ne regarde point les mérites personnels, mais uniquement ma miséricorde et ma bonté toute paternelle.

 

On doit donc se soumettre et ne point refuser sous aucun prétexte ma parole, quand il me plaît de la faire entendre ; on peut se priver de la grâce de ma parole par légèreté, en ne l’écoutant point avec attention, quelquefois une attention moindre. Je suis comme l’époux des cantiques qui vient frapper tout doucement à la porte de son épouse. Si l’âme qui écoute ma parole est comme l’épouse dont je vous parle, elle fera comme elle. Elle se lèvera et viendra m’ouvrir, c’est-à-dire qu’elle abandonnera tout pour écouter ma parole. Ma voix sera un commandement pour elle ; elle m’obéira en m’écoutant attentivement, sinon je me retirerai et ne me ferai plus entendre. Il faut donc avoir l’oreille toujours ouverte, afin de m’entendre quand je voudrai parler.

 

La fidélité à conformer votre conduite à ce que ma parole vous prescrira

 

« Il faut enfin conformer sa conduite aux prescriptions de ma parole. Car il vaudrait mieux, ma fille, n’avoir jamais entendu ma parole que de ne point accomplir ce qu’elle prescrit. Je ne m’offense pas si dès le commencement on résiste à ma parole par crainte d’être trompé, car agir ainsi, c’est agir avec prudence. Mais résister encore quand on est raisonnablement assuré que c’est bien ma parole qu’on entend, c’est me déplaire et m’offenser. Entendre ma parole et ne point y conformer sa conduite, c’est pécher contre moi.

« Ma fille, augmentez donc de plus en plus la pureté de votre cœur, recevez avec soumission ma parole, correspondez à cette grâce, conformez-vous à ce qu’elle vous prescrira et demeurez toujours dans les sentiments de la plus grande humilité ; ma parole ne reviendra pas vers moi vaine et stérile, elle m’apportera au centuple les dons que j’aurai déposés en vous par elle et par ma grâce. Allez en paix, ma fille, je vous bénis pour la seconde fois. »

 

Je me retirai.

 

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