La Présence réelle (ASDE 25)

La présence réelle

Elles sont nombreuses toutes ces belles âmes qui ont donné leur vie à Jésus. Elles ont beaucoup reçu de Lui et elles ont passé leur temps sur terre à nous aider à nous rapprocher de celui qui est la Vie. La merveille des merveilles n’est elle-pas l’Eucharistie durant laquelle Jésus renouvelle son sacrifice de la Croix et se donne à nous. Elles nous ont laissé de beaux textes sur la présence réelle dont je me permets de vous faire profiter dans ce qui suit. (CD)

Saint Charles de Foucauld

Devant le Saint-Sacrement, on se sent si bien en présence de l’Etre, alors que tout le créé paraît, avec tant d’évidence, toucher au néant ! Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916).

Après la consécration, le bon Dieu est là comme dans le ciel !… Si l’homme connaissait bien ce mystère, il mourrait d’amour.
Dieu nous ménage à cause de notre faiblesse…

Litanies de Saint Jean Marie Vianney - images saintes

Si l’on nous disait : « A telle heure, on doit ressusciter un mort », nous courrions bien vite pour le voir. Mais la consécration qui change le pain et le vin en corps et en sang d’un Dieu, n’est-ce pas un bien plus grand miracle que de ressusciter un mort ? Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), curé d’Ars.

Sainte Catherine de Sienne (statue de Neroccio di Bartolomeo de' Landi) —  Wikipédia

« C’est toute l’Essence divine que vous recevez en ce très doux Sacrement, sous cette blancheur du pain. Comme le soleil est indivisible, ainsi Dieu se trouve tout entier et l’homme tout entier dans la blancheur de l’hostie. Diviserait-on l’hostie en mille et mille miettes s’il était possible, en chacune je suis encore, Dieu tout entier, homme tout entier, comme je t’ai dit … » Jésus à Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Le Dialogue (trad. Hurtaud, 1931, t.2, p. 4-5)


Amazon.fr - PELERIN (LE) N? 1934 du 25-01-1914 REVUE ILLUSTREE MGR BOURCHANY  EVEQUE D'ADRUMETE ET AUXILIAIRE DE MGR SEVIN ARCHEVEQUE DE LYON  ENCAISSEMENTS - M. CAILLAUX PAR BROUSSE - Collectif - Livres

La Sainte Eucharistie n’est pas autre chose que l’Incarnation du Fils de Dieu fait homme prolongée sur la terre, d’une manière invisible mais réelle, jusqu’à la fin des siècles, et étendue dans l’espace jusqu’aux confins du monde, autant que l’Eglise catholique elle-même. Mgr Bourchany (1855-1931, évêque auxiliaire de Lyon de 1914 à 1924)


Sainte Angèle (Angela) de Foligno, Pénitente italienne, Mystique (v.  1248-1309). Fête le 04 Janvier.

Ce n’est pas seulement en mémoire de sa mort que Jésus institua l’Eucharistie ; non, c’est pour rester tout entier avec nous, tout entier et pour toujours. Sainte Angèle de Foligno (1248-1309), Visions et Instructions, ch. 67.


Aujourd’hui pendant la sainte messe, j’ai vu Jésus crucifié. Jésus était cloué à la croix et dans de grands supplices. Mon âme fut pénétrée des souffrances de Jésus, dans mon âme et dans mon corps, quoique de façon invisible, mais douloureusement. Oh ! Quels terribles mystères ont lieu pendant la sainte messe.

Sainte Faustine l'apotre de la miséricorde

Un grand mystère s’accomplit pendant la sainte messe. Avec quelle piété devrions-nous écouter et prendre part à cette mort de Jésus. Nous connaîtrons un jour ce que Dieu accomplit pour nous à chaque messe et quel don Il y prépare pour nous. Seul Son amour divin a pu vouloir nous gratifier d’un tel don. Sainte Faustine (1905-1938), Petit Journal, n°913-914, Parole et Dialogue, Paris, 2002.

Serviteurs de Jésus et de Marie

Notre Seigneur se montre à moi avec les mains et les pieds tuméfiés et un morceau de chair qui retombe dessus… Quelles souffrances !… Je touche souvent ses pieds, qui sont entre le calice et le canon, quand Il est debout sur l’autel, pendant la messe ; je touche son côté, et je sens la plaie du côté et ses côtes à travers son manteau quand j’élève l’Hostie. Je la pose et l’appuie contre son côté. P. Edouard Lamy (1853-1931), in Comte Paul Biver, Apôtre et mystique : le Père Lamy, Gabriel Enault, 1946.


Longtemps on peut être séduit, ému par cette idée qu’il y aurait une parenté entre les trois grandes religions monothéistes, le judaïsme, l’islam et le christianisme parce qu’elles seraient toutes trois une religion du « livre ». Ce n’est pas un livre que Jésus propose et confie à ses apôtres. C’est sa Présence. Pendant plus de cinquante ans, l’Eglise n’a pas vécu seulement et d’abord du Livre, mais d’une Présence, celle d’une Personne aimée, vivante, offerte, celle du fils Bien-aimé qui nous a assimilés à Lui. Pendant des décennies, avant que soient ultimement fixés les textes (c’est au Concile de Latran en 360, qu’a été établie définitivement la liste des livres désignés

Bernard Bro, O. P. | Discographie | Discogs

comme Parole de Dieu, les livres dits canoniques), c’est d’abord autour de l’Eucharistie, de la Présence réelle de son Seigneur que l’Eglise s’est réunie. Avant que les Evangiles soient définitivement stabilisés et écrits, les fidèles ont célébré Pâques après Pâques, Jeudi Saint après Jeudi Saint, dimanche après dimanche, la communion à leur Seigneur bien aimé. C’est tout autre chose qu’un livre : une Présence réelle, la plénitude de la vie, du Corps, de l’âme et de la divinité de Jésus livré en partage, le pain rompu et le sang versé dans la coupe. Bernard Bro, Peut-on éviter Jésus-Christ ?, Ed. de Fallois-Ed. Saint-Augustin, 1995.


L’Ecriture Sainte est la Parole de Dieu ; mais elle n’est pas Dieu. La Sainte Hostie, en effet, est réellement et en propres termes, Dieu. La Bible constitue un message de Dieu à l’homme, tandis que l’Eucharistie, c’est lui-même donné aux hommes. Le message de Dieu à l’homme se présente comme un intermédiaire entre Dieu et l’homme, tandis que l’Eucharistie n’est pas un intermédiaire, mais le Fils unique du Dieu vivant. La Parole de Dieu écrite ne s’identifie pas avec la Personne du Verbe, tandis que l’Eucharistie s’identifie avec la Personne du Verbe incarné, Jésus, vrai Dieu et vrai homme. Frère Jérôme, Vigilant dans la nuit, Ed. Saint-Augustin, Saint-Maurice, 1995.

Cette présence, on la nomme « réelle », non à titre exclusif, comme si les autres présences n’étaient pas « réelles », mais par excellence ou « antonomase », parce qu’elle est substantielle, et que par elle le Christ, Homme-Dieu, se rend présent tout entier.

Ce serait donc une mauvaise explication de cette sorte de présence que de prêter au Corps du Christ glorieux une nature spirituelle (« pneumatique ») omniprésente; ou de réduire la présence eucharistique aux limites d’un symbolisme, comme si ce Sacrement si vénérable ne consistait en rien autre qu’en un signe efficace « de la présence spirituelle du Christ et de son union intime avec les fidèles, membres du Corps Mystique ». […]

Le Concile de Trente, appuyé sur cette foi de l’Eglise, « affirme ouvertement et sans détour que dans le vénérable Sacrement de la Sainte Eucharistie, après la consécration du pain et du vin, notre Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme, est présent vraiment, réellement et substantiellement sous l’apparence de ces réalités sensibles ». Notre Sauveur est donc présent dans son humanité non seulement à la droite du Père mais en même temps dans le Sacrement de l’Eucharistie « en un mode d’existence que nos mots peuvent sans doute à peine exprimer, mais que notre intelligence, éclairée par la foi, peut cependant reconnaître et que nous devons croire fermement comme une chose possible à Dieu ». Paul VI (1897-1978), Encyclique Mysterium Fidei, 3 septembre 1965.


Avec toute la tradition de l’Eglise, nous croyons que, sous les espèces eucharistiques, Jésus est réellement présent. Il s’agit d’une présence qui — comme l’a si bien expliqué le Pape Paul VI — est dite «réelle» non par exclusion, comme si les autres formes de présence n’étaient pas réelles, mais par antonomase, car, en vertu de cette présence, le Christ tout entier se rend substantiellement présent dans la réalité de son corps et de son sang (Cf. Encycl. Mysterium fidei (3 septembre 1965), n.39). C’est pourquoi la foi nous demande de nous tenir devant l’Eucharistie avec la conscience que nous sommes devant le Christ lui-même. C’est sa présence même qui donne à toutes les autres dimensions — repas, mémorial de la Pâque, anticipation eschatologique — une signification qui va bien au-delà d’un pur symbolisme. L’Eucharistie est mystère de présence, par lequel se réalise de manière éminente la promesse de Jésus de rester avec nous jusqu’à la fin du monde. […]

Il convient tout particulièrement, aussi bien dans la célébration de la Messe que dans le culte eucharistique hors de la Messe, de développer une vive conscience de la présence réelle du Christ, en prenant soin d’en témoigner par le ton de la voix, par les gestes, par les mouvements, par le comportement tout entier. A cet égard, les normes rappellent – et j’ai eu moi-même l’occasion de le rappeler récemment (Cf. Message Spiritus et Sponsa, pour le XLe anniversaire de la Constitution Sacrosanctum Concilium sur la Sainte Liturgie (4 décembre 2003), n.13) – l’attention qui doit être portée aux moments de silence dans la célébration comme dans l’adoration eucharistique. En un mot, il est nécessaire que les ministres et les fidèles traitent l’Eucharistie avec un très grand respect (Congr. pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, Instruction Redemptionis Sacramentum sur certaines choses à observer et à éviter concernant la très sainte Eucharistie (25 mars 2004). La présence de Jésus dans le tabernacle doit constituer comme un pôle d’attraction pour un nombre toujours plus grand d’âmes pleines d’amour pour lui et capables de rester longuement à écouter sa voix et à entendre presque les battements de son cœur. « Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! » (Ps 33 [34], 9).

MALOPOLSKA, LA TERRE NATALE DE KAROL WOJTYLA, PAPE JEAN-PAUL II

En cette année, puisse l’adoration eucharistique en dehors de la Messe, constituer un souci tout spécial des communautés paroissiales et religieuses ! Restons longuement prosternés devant Jésus présent dans l’Eucharistie, réparant ainsi par notre foi et notre amour les négligences, les oublis et même les outrages que notre Sauveur doit subir dans de nombreuses parties du monde. Dans l’adoration, puissions-nous approfondir notre contemplation personnelle et communautaire, en nous servant aussi de textes de prière toujours imprégnés par la Parole de Dieu et par l’expérience de nombreux mystiques anciens ou plus récents! Le Rosaire lui-même, entendu dans son sens le plus profond, biblique et christocentrique, que j’ai recommandé dans la Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, pourra être une voie particulièrement adaptée à la contemplation eucharistique, réalisée en compagnie de Marie et à son école (Instruction Redemptionis Sacramentum, n. 137).

Jean-Paul II (1920-2005), Lettre Apostolique Mane nobiscum Domine (16 & 18), 7 octobre 2004.

Benoit XVI s'oppose à l'ordination d'hommes mariés - Le site de l'Eglise  Catholique en Belgique

Précisément parce qu’il s’agit d’une réalité mystérieuse qui dépasse notre compréhension, nous ne devons pas nous étonner si, aujourd’hui encore, de nombreuses personnes ont du mal à accepter la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Il ne peut en être autrement. Il en fut ainsi depuis le jour où, dans la synagogue de Capharnaüm, Jésus déclara publiquement être venu pour nous donner en nourriture sa chair et son sang (cf. Jn 6, 26-58). Ce langage apparut « dur » et de nombreuses personnes se retirèrent. A l’époque, comme aujourd’hui, l’Eucharistie demeure « un signe de contradiction » et ne peut manquer de l’être, car un Dieu qui se fait chair et se sacrifie pour la vie du monde met en crise la sagesse des hommes. Mais avec une humble confiance, l’Eglise fait sienne la foi de Pierre et des autres Apôtres, et proclame avec eux, tout comme nous proclamons : « Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68). Renouvelons nous aussi ce soir la profession de foi dans le Christ vivant et présent dans l’Eucharistie. Oui, « c’est un dogme pour les chrétiens, / que le pain se change en son corps / que le vin devient son sang ». Benoît XVI, Homélie en la solennité de la Fête Dieu, jeudi 7 juin 2007.


Centre de vie spirituel inspiré par le bienheureux John Henry Newman

Lorsque nous pensons que ces mystères sont trop forts pour nous, et que nous en venons à douter, demandons-Lui sincèrement l’humilité et l’amour. Ceux qui sont humbles et qui aiment auront le sens de ce qui est caché. De ces choses que les esprits charnels ne cherchent pas, et qui choquent les esprits orgueilleux. Prions-Le de nous donner de Lui un ardent désir – une soif de sa Présence, – une inquiétude de Le trouver, – une joie d’apprendre qu’on Le trouve dès maintenant, sous le voile des choses sensibles, et bon espoir que nous L’y trouverons. Oui, qu’ils sont heureux, ceux qui croient sans avoir vu ! Cardinal John-Henry Newman (1801-1890), PS. VI 141.151 du 13 mai 1838, in Le mystère de l’Eglise, Centre des amis de Newman, Rome, Téqui, 1983.


Fichier:Jacques-Bénigne Bossuet - Versailles MV 2923.png — Wikipédia

Mon âme, arrête-toi ici de discourir ; crois aussi simplement, aussi fortement que ton Sauveur a parlé, avec autant de soumission qu’Il fait paraître d’autorité et de puissance. Encore un coup, Il veut dans la foi la même simplicité qu’Il a mise dans ses paroles. « Ceci est mon Corps » ; c’est donc son Corps. « Ceci est mon Sang » ; c’est donc son Sang. Je me tais, je crois, j’adore. J.-B. Bossuet (1627-1704), Méditations sur l’Evangile, La Cène, XXIIème jour.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :