Lui et moi, Mai 1941

LUI et moi

 

 

Mois de Mai 1941

 

1096. [V,161] — Ier mai 1941. —

« Tu Me remercies du printemps et de toutes les fleurs, des oiseaux qui chantent dans tes tilleuls, des premiers papillons, de toutes Mes beautés, et tu as raison : la Beauté, c’est Moi.

« Mais les printemps que J’apporte dans les âmes par Ma Grâce, il faut M’en remercier davantage. Ces printemps-là, pleins de sève d’éternité, viennent par le prix de Mon Sang répandu et forment des splendeurs que vous ne voyez pas. Mais les Anges et les Saints contemplent.

« C’est le double travail de Dieu-Esprit et de l’âme-esprit : la force et la bonne volonté. L’une sans l’autre est impuissante selon la justice. Les deux ensemble, quelle marche rapide !

« Désire. Désire avancer… Désire la sainteté. Quête-la comme une femme pauvre. Demande à Ma Mère, tous les jours de ce beau mois, de t’y conduire, de t’introduire plus avant dans Mon Coeur. C’est une Mère si bonne !

« Pourquoi doutes-tu ? Tes misères ?… Elle s’en chargera, Elle y remédiera. Rappelle-toi comme une maman arrange la toilette de sa petite enfant avant de la présenter au salon. Elle !… fera-t-elle moins bien en vous présentant devant Moi ?

« Demande-Lui pardon de tes manquements et donne-Lui confiance absolue ! Et puis, cela Me fera tant plaisir !…

« Je Lui avais confié Madeleine, Jean, tous ceux que J’aimais… Comme, tout petit, J’étais à Elle… Ses bras ne Me quittaient pas : laisse-toi bien enfermée, tout ce mois…

« Je La regardais souvent. Regarde-La : tu comprendras ton devoir, Et où mènerait-Elle, si ce n’est à Moi, à Moi qui t’attends toujours, qui penses à toi quand, toi, tu ne penses pas à Moi… Moi, qui pensais à toi, avant que tu ne fusses…

« Tu sais ? au Jardin… Tu sais ? du haut de la Croix…

« Oh ! Mes très aimées créatures !…

« Ce qui fait du mal, c’est l’Amour quand Il n’est pas aimé. Je sais ce mal !… Console. Repose. Aide l’Amour.

« Donne tout à l’Amour, toute misérable que tu sois, aide ! Appuie-toi sur Mon Coeur et ton fardeau Le réjouira, et Je passerai en toi, comme la sève du pied de vigne dans la branche. Et ta vie sera Ma Vie : seule, tu n’es rien, Ma pauvre petite Fille ! »

 

1097. [V,162] — 8 mai. Heure sainte. 

« Peut-être, Tu étais pressé de beaucoup de choses à me dire et je suis en retard ? »

« Pose ton front sur Mon Coeur et écoute : tu sais qu’il faut donner aux toutes petites choses de tous les instants des jours les plus ordinaires, une grande importance, parce qu’à Mes Yeux de Dieu tout n’a que la valeur de l’intention d’amour que vous y apportez.

« Je te dis cela souvent, afin que l’on ne perde rien : vous pouvez être si riches à peu de frais et enrichir les autres ! Ne laissez donc rien dans le vague. Tout à l’Amour ; et tout dans le désir de la perfection de votre travail, afin de Me plaire mieux et afin de réparer vos imperfections passées.

« Sais-tu qu’un seul de ces moments peut réparer une vie entière ? Fais bien ce que tu fais, quoique tu fasses, en Me regardant, en Me demandant Ma Gloire. Et tu seras bénie de Dieu. »

« Mon Seigneur, aidez-moi ! Vous savez mon néant et mon inclination au mal… »

« Ma Grâce te suffit. Elle vient quand tu la demandes.

« Et souvent, Elle te devance. Prends bien au sérieux ton influence d’épouse du Christ. Ne dis et ne fais que des choses que ton Époux approuve. Vois-Le à ta place : « que ferait-Il ? que répondrait-Il ? »

« Ce sera une façon nouvelle de Me plaire, une façon de ne pas Me quitter. Est-ce que tu ne trouves pas que Je suis toujours à ta recherche ?… à votre recherche…

« Tu te rappelles cette mère qui réveillait son enfant uniquement pour le plaisir de le voir encore sourire ? »

 

1098. [VII,361] — 9 mai 1941 

 «Charme-Moi. Charme ton prochain. On ne charme pas sans sourire. Rappelle-toi que J’ai attaché une force à ton sourire.»

 

1099. [VII,362] — 14 mai. Après la communion. 

 « Offre-Moi au Père pour réparer ta mauvaise vie. Toute âme a, dans sa vie : celle qui a fait de mauvaises actions, celle qui a fait de bonnes actions, celle qui n’a été ni bonne, ni mauvaise, mais sans être unie à Moi.·

« Répare donc, maintenant que tu Me possèdes dans ton coeur, tout ce qui fut défectueux dans le passé, dans ton passé, à toi, dans celui de ton prochain. « Je suis l’infini Réparateur. » « Si tu as faim dans ces restrictions, mets ta faim dans Ma faim au Désert, afin de soulager Ma faim des âmes. »

 

1100. [V,163] — 15 mai.  Église d’Anjou. Heure sainte 

À l’église, remplie du bruit des rues et de la place.

« Et pourtant, tu es tranquille à Mes pieds. Tu vois comme au milieu des affaires du siècle, on peut quand même s’occuper de Moi dans le silence de son coeur.

« Celui qui demeure avec vous jusqu’à la consommation du temps.

« Quand tu es sur scène, que tous les yeux sont fixés sur toi, comme instinctivement, tes gestes en sont gracieux.

« Ne crois-tu pas que si tu pensais que Je considère tout en toi, en tout moment, même en ton sommeil, tu prendrais le soin d’être pleine de grâces ? Sois-le.

« Ne crains pas de trop Me plaire » (Comme souriant.)

« Je n’ai pas craint de trop t’aimer…

« C’est vrai, c’est toujours d’Amour que nous parlons… Et ce sera éternellement ainsi ! N’est-ce pas le langage du Ciel ? Alors, pardonne-Moi de l’employer déjà sur la terre… Je suis comme un voyageur qui ne connaît qu’une langue et parle partout la même. Ne trouves-tu pas que cette langue s’apprend le plus facilement et qu’on en acquiert vite l’accent ?

« Oh ! Ma petite épouse, n’aie cure d’aucune autre science : celle-là suffit, pour Ma joie et pour la tienne. »

« Je voudrais dépasser même mon Professeur, pour Lui faire plaisir ».

« Écoute ces deux mots : don et abandon. Tu comprends, ne garde rien pour toi : passe en Moi, jusqu’à perdre la mémoire de toi-même.

« Quand tu seras bien perdue, c’est Moi qui te retrouverai.,. Alors, que craindrais-tu, oh ! Ma chère petite Fille ? »

 

1101. [V,165] — 25 mai 1941. Après la communion. 

« Abandonne-toi dépouillée de toi : tu n’as rien et tu n’es rien. Quand tu sèmes un noyau, est-ce toi qui fais l’arbre ? ses fleurs ? ses fruits et les centaines d’arbres qu’il produira ?

« C’est Moi.

« Et ton corps ? Il vient de Moi.

« Ton coeur, ton esprit, est-ce de toi ? C’est de Moi. Regarde-toi nue et néant. Cette nudité de ver, unis-la à Ma nudité au pied de la Croix, pleine de mérites.

« Offre-toi ainsi au Père dans ton extrême pauvreté, mais confiante en l’extrême richesse de ton Sauveur, et le Père Se reconnaîtra en toi, et Son Amour t’enveloppera. »

 

1102. [VII,363] — 25 mai. —

« En instituant l’Eucharistie, Je voyais toutes les communions. Toutes les tiennes : celles d’hier, celle d’aujourd’hui.

« Applique-toi à les bien accomplir avec amour, à M’en remercier en amour.

« Puisque tout entier Je Me donne, donne-toi tout entière, sans même penser que tu pourrais te réserver quelque chose. »

 

1103. [V,166] — Mai 1941. — Revenant de la sainte table, je disais en marchant :

« Mon grand Amour, mon bel Amour, mon doux Amour… »

« Vois-tu, si tu passais chaque journée dans la contemplation soit de Ma Grandeur, soit de Ma Beauté, soit de Ma Douceur, cela romprait la monotonie et donnerait de la vie à l’Amour. »

 

1104. [V,164] — 25 mai. (Après les Vêpres). —

« Et si Je voulais te garder une heure à Mes pieds sans rien te dire, te regardant seulement Me regarder, il faudrait conserver ta même sérénité d’âme.

« Tu sais que tu es à Moi, que Je puis faire ce que Je veux de toi sans même que tu quittes ton sourire inférieur. Aie ce courage d’amour. Ne veuille que ce que Je veux, puisque toutes Mes volontés sont d’amour.

« Et si quelquefois cela te paraîtrait pénible, pense que tu te rattraperas plus tard sur Mon Coeur.

« Pense plus souvent au Ciel, puisque c’est votre demeure de demain, puisque beaucoup vous y attendent, puisque là, vous augmentez Ma gloire accidentelle.

« Mais non, ce n’est pas de l’orgueil de penser aller au Ciel ; et c’est votre devoir de vous y rendre, de ne négliger aucun moyen, puisque c’est le grand désir de Ma tendresse.

« Tu sais, la nuit, si tu t’éveilles, tu M’offres instinctivement ce passage de ta mort, car, Moi, Je la connais, ta mort, telle qu’elle te viendra. Je te l’ai choisie, pour toi, avec Mon Amour, comme Je l’avais choisie pour chacun de Mes Apôtres.

« Ne crains donc pas d’embrasser d’avance cette dernière croix de la terre, l’unissant à Ma Croix.

« Fais-en, d’avance, un acte d’amour parfait, heureux de quitter ton corps pour entrer dans Mes bras.

« Tu te rappelles : « le plus beau jour de la vie, c’est le jour de la mort. » Quitter sa maison pour s’unir à l’Époux. Quitter tout, joyeusement, sans regret, afin de Lui prouver son amour.

« Tu te rappelles cette phrase du soldat à la guerre :

« Quand je pense que, d’un instant à l’autre, je puis voir Dieu ! » Toi, désire bien cette vision de Dieu. Désire, comme la plus splendide chose qui puisse t’arriver. Subordonne toutes tes actions à ces derniers instants de ton départ.

« N’est-ce pas, quand tu te mettais en route pour changer de continent, tu te sentais comme une autre personne ? Crois bien qu’à ce grand moment du dernier départ, tu auras toute grâce nécessaire, insoupçonnable maintenant, parce que Je n’abandonne pas les Miens, Ma petite enfant.

« D’avance, offre-Moi souvent ton impatience à Me rejoindre : avec quel coeur J’entendrai ton cri ! »

 

1105. [VII,364] — 28 mai. Après la communion. 

« Tu es trop petite pour pou voir t’élever toute seule. Demande-le-Moi. Et demande-le à Ma Mère. Et nous t’élèverons.

« Le fruit de ton amour pour Moi sera de donner de la joie à ton prochain, même au détriment de ton repos. Sers. Sers... Veux-tu être Mon Disciple ?

« Alors, approche-toi de Moi. Regarde-Moi. Ne Me quitte jamais. »

 

1106. [III, 69] — 29 mai 1941. —

« Tu sais comme c’est fort une habitude. Tu as pris celle de la messe quotidienne, de la communion, du coucher dur et tu ne peux plus t’en passer.

« Prends, maintenant, celle du sourire intérieur, fidèle et régulier à tout événement. Il Me charmera et te rapprochera de Moi sans cesse, comme une nouvelle façon de Me parler.

« Gagne ton temps. Gagne ton temps. Ne perds plus rien. »

 

1107. [III, 70] — 30 mai 1941. — Vigile Pentecôte. 

« Ne dois-tu pas imiter, toi, Fille de Dieu, l’embrassement triple et un de la Trinité.

« Demande cela à l’Esprit qui descendra demain.

« Crois-tu qu’il reste inactif au matin de Pentecôte.

« Il renouvelle la terre et chacun selon sa disposition.

« Il est Infini. Abandonne-toi à Lui : c’est un Feu dévorant.

« Abandonne-toi, c’est le Consolateur. Demande-Lui de consoler par toi, anéantie.

« Oui, rentre dans ton néant, et laisse Dieu faire. »

 

1108. [V,167] — 30 mai 1941. — J’avais un sacrifice à Lui offrir.

« C’est une fleur que j’épingle à ta tunique. »

« Donne-M’en souvent. C’est comme si tu augmentais Ma Beauté, (comme souriant),

« Vois-tu quand tu deviens plus belle, Je deviens plus Beau. Oh ! Ma petite enfant, comme nous sommes unis. Depuis ta communion du matin, jusqu’à ton sommeil du soir, soyons Un. Et encore Un, quand tu es endormie.

« Tu veux bien ? Dis-Moi ce désir : toujours Un. Aie-le sans cesse devant les yeux de ton âme ; comme à Beaune, les tapisseries des murs de l’Abbaye ne sont formées que du mot « seule », exprimant le deuil de la Veuve inconsolable.

« Les tapisseries du palais de ton âme porteront le mot « Un », exprimant notre indissolubilité. Ne dois-tu pas imiter, Toi, fille de Dieu, l’embrassement triple et un de la Trinité ? Demande cela à l’Esprit qui descendra demain. Crois-tu qu’il reste inactif au matin de Pentecôte ? Il renouvelle la terre et chacun selon sa disposition.

 

« Il est infini. Abandonne-toi à Lui : c’est un Feu dévorant.

« Abandonne-toi à Lui, c’est le Consolateur.

« Demande-Lui qu’il console par toi.

« Oui, rentre dans ton néant et laisse Dieu faire. »

 

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