Méditation : « Tout est consommé. » (Jn 19, 29-30) – (ASDE 25)

Tout est consommé

(Jn 19, 29-30)

Tout est consommé, parce que vous nous avez tout donné, votre humanité, et votre divinité, pendant trente-trois ans d’existence, d’exemples et de leçons, tout ce que Vous êtes, dans la sainte Eucharistie ; votre sang dans la Passion, votre mère du haut de la croix, dans un instant votre vie… Vous nous avez tout, tout donné… Aussi tout est consommé, Votre œuvre d’amour est achevée, Vous avez aimé les hommes « jusqu’à la fin », jusqu’à la fin du possible, dans l’Incarnation et la sainte Eucharistie, jusqu’à la fin de votre vie, jusqu’à la dernière goutte de votre sang… O cœur de Jésus qui allez être percé pour nous, que Vous nous aimez !

Un jour de délivrance - Elle croit

Aimons Jésus qui nous a tant aimés, qui a tant souffert pour notre bien, pour nous racheter et pour nous sanctifier (nous sanctifier en nous portant à l’aimer : et par la certitude de son amour pour nous prouver d’une manière si sanglante et par l’entrainement à une vie de sacrifice et de souffrances, à laquelle nous attire l’exemple d’un Dieu, et qui est nécessaire pour nous établir dans l’amour, – car le sacrifice dispose à l’amour en vidant le cœur de l’affection, de tout ce qui n’est pas Dieu seul, et il perfectionne l’amour en lui fournissant les moyens de donner, de donner sans cesse au Bien-Aimé, puisque les sacrifices ne sont qu’autant de dons, d’offrandes faites par l’épouse à l’Époux…)

La Croix, notre unique Espérance

Aimons Jésus jusqu’à pouvoir dire aussi : « tout est consommé… » jusqu’à donner tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes : tous les instants de notre existence, en en les employant, jusqu’au moindre, que pour Lui seul, de la manière qui Lui plaît le plus, de la manière la plus parfaite, c’est-à-dire faisant toujours ce qu’Il veut de nous, ce en quoi consiste pour nous, comme pour Lui, la perfection : « Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais celle de Celui qui m’a envoyé. » Le plus parfait pour Jésus a été de faire en tout instant la volonté de Dieu : le plus parfait pour nous aussi est de faire à tout moment la volonté de Dieu… Le plus parfait, en effet, ne consiste pas dans telle ou telle œuvre extérieure, il consiste dans la perfection de l’amour, de l’amour vivant et non de l’amour mort, de l’amour produisant les œuvres de l’amour, et en produisant une vie d’amour, et non dans l’amour sans ses œuvres… Or, la première de toutes les œuvres de l’amour est l’obéissance, comme Notre Seigneur l’a montré par mille paroles et l’exemple de toute sa vie : « Je ne suis pas venu pour faire ma volonté, mais celle de Celui qui m’a envoyé. » « Celui-là M’aime qui observe mes commandements. »

Celui qui obéit parfaitement à tout moment, aime parfaitement à tout moment ; celui qui obéit parfaitement à tout moment, fait le plus parfait à tout moment, puisque le plus parfait c’est ce en quoi il y a le parfait amour… En donnant tout ce que nous sommes, en nous consommant pour Jésus dans la parfaite obéissance de tous, tous les instants, consommons-nous aussi pour Lui, par les plus grands sacrifices, et en embrassant, de tout cœur et amoureusement, ceux que sa main nous présente et en accomplissant tous ceux que son Esprit nous inspire de faire et que la sainte obéissance nous permet de Lui offrir.

Si le grain de blé tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit » -  Diocèse de Lyon

C’est une mine que les enseignements que Vous nous donnez dans votre agonie, mon Dieu ! Vous montrez avec évidence, en Vous, la vérité de votre parole : « Le grain de froment qui tombe en terre, s’il ne meurt pas, ne rapporte rien, mais s’il meurt, il rapporte beaucoup de fruit. » Ainsi Vous nous instruisez sans cesse beaucoup ; mais plus Vous souffrez, plus vos enseignements sont nombreux ; dans votre agonie, ils sont sans nombre, dans votre croix ils sont infinis.

C’est là même un premier enseignement que Vous nous donnez que, sur terre, on ne fait du bien qu’à condition de souffrir beaucoup, et que plus on veut faire du bien, plus il faut recevoir de Dieu de souffrances, non pas de se les imposer soi-même par la volonté propre, mais les recevoir de Dieu, ou directement par son action dans notre âme ou indirectement par l’obéissance à ses représentants ; ainsi nous porterons non une croix quelconque à notre fantaisie, mais « notre croix », celle que Dieu nous destine, qu’Il veut pour nous.

LE SENS BIBLIQUE DU SIGNE DE CROIX | Eglise Catholique Romaine Genève

Mais on peut, on doit demander la croix à Dieu et à ses supérieurs, à l’exemple de Jésus qui « désirait d’un grand désir manger cette Pâque » qui était si pressé d’être baptisé, de ce baptême. Mais dans ces demandes, il faut rester dans une grande soumission, obéissance, et, d’une manière indifférente ; ne voulant les choses que si elles sont la volonté de Dieu, que parce qu’elles sont la volonté de Dieu… Car tout cela est bon, non en soi, mais parce que cela glorifie Dieu et cela ne Le glorifie qu’autant que cela est selon sa volonté.

Le deuxième enseignement que vous nous donnez, Seigneur Jésus, c’est que la tristesse est parfois bonne, sainte, voulue de Vous… Il ne faut donc pas vouloir mettre les âmes de force, à tour de bras dans la joie de votre gloire, il faut voir d’où vient leur tristesse et tout en cherchant à les soutenir de peur qu’elles ne fléchissent : agir avec suavité de manière à ne pas combattre les tristesses qui viennent de Vous, mais à les diriger et leur faire produire pour votre gloire, des fruits que vous attendez.

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