Jugement d’une âme. Sainte Brigitte de Suède (1303-1373) Suède. Uppsala. (ASDE 26)

Ils ont vu le purgatoire

Un ouvrage de Jean Mathiot

Jugement d’une âme.
Sainte Brigitte de Suède (1303-1373) Suède.
Uppsala.

Brigitte naquit à Uppsala en Suède. Elle était de famille royale et fut mariée à 13 ans au Prince de Méricie. Ils eurent 8 enfants à qui elle donna une éducation vraiment chrétienne. Elle avait 41 ans quand son mari mourut. Elle partagea ses biens entre ses enfants déjà installés. Abandonnant son rang de princesse, elle mena une vie de pénitence pour elle-même et de charité pour les pauvres qu’elle servait et soignait dans les hôpitaux. Favorisées de révélations divines, elle fonda l’Ordre du Saint Sauveur. Vivant à l’époque du grand schisme, elle transmit souvent aux papes des avertissements divins. Elle consigna ses lumières divines dans son livre des Révélations. Elle mourut à Rome à 70 ans.

Sainte Brigitte assista au jugement et à la condamnation d’un soldat qui venait de mourir. L’âme fut présentée devant Dieu, ayant à sa droite son ange gardien comme avocat, et à sa gauche le démon comme accusateur. Le démon l’accusait de trois crimes : le premier, d’avoir péché par les yeux en regardant délibérément des choses défendues qui remplissaient son imagination et son cœur de mauvais désirs ; le second d’avoir péché par la langue en prononçant des mots grossiers, des serments et des malédictions ; le troisième, d’avoir péché en actions par toute espèce de souillures et de larcins.

L’ange prit sa défense et rappela les actes de vertu : ses prières ferventes, ses aumônes abondantes pour les malheureux, ses jeûnes et mortifications qu’il s’imposait au milieu même des camps, et il ajouta qu’au moment de la mort, il avait recouru avec beaucoup de confiance à la mère de miséricorde et Reine du Ciel, et qu’elle lui avait fait avoir une vraie contrition.

Après ce double plaidoyer, le Seigneur prononça que l’accusé serait exempt des peines éternelles, mais qu’il ferait un long et douloureux purgatoire conforme à ses fautes : « Il faut, dit le Seigneur, que cette âme soit entièrement purifiée, et elle subira un châtiment en rapport avec ses faiblesses. La peine des yeux sera de contempler des objets affreux ; celle de la langue sera d’être percée de mille points et tourmentée de la soif, celle du toucher sera d’être plongée dans un océan de feu. » A ce moment parut l’avocate des pécheurs, la mère de Dieu, pour demander à son Divin Fils la grâce d’un adoucissement à tant de supplices réunis ; elle rappelait tout ce que ce soldat avait fait de bon : il avait jeuné les veilles de ses fêtes, récité son office souvent, et recourut à sa protection par de dévotes prières. Le Seigneur, touché de cette intervention, consentit à adoucir la sentence, et ajouta que pour obtenir davantage encore, il faudrait des prières, des aumônes et des pénitences de la part des vivants sur la terre.

Sainte Brigitte se trouvait en prière lorsqu’elle vit un jour une jeune fille de condition distinguée qui était dans de grands tourments et gémissements, et qui se désolait au sujet de sa mère, dont l’excessive indulgence l’avait laissée trop à elle-même et à ses goûts de dépenses, de délicatesse et de vanité ; en plus, elle l’avait conduite aux spectacles, aux festins, aux réunions mondaines et licencieuses. « Il est vrai, ajoutait la malheureuse fille, que ma mère me conseillait de temps en temps quelques actes de vertu et plusieurs dévotions utiles ; mais, comme d’autre part elle consentait à mes égarements, ce bien se mêlait au mal ; c’était des aliments sains d’eux-mêmes, empoisonnés et rendus mauvais. Toutefois je dois rendre grâce à l’infinie miséricorde du Sauveur, qui n’a pas permis ma damnation éternelle, que je méritais si bien par tant de fautes. Avant de mourir, touchée de repentir, je me suis confessée ; et quoique cette conversion fut l’effet de la crainte, au moment où j’entrais en agonie je me ressouvins de la douloureuse passion du Sauveur, et cette pensée me porta à une sincère contrition. Je m’écriais donc, de cœur plus que de bouche ‘Seigneur Jésus, je crois que vous êtes mon Dieu, ayez pitié de moi, ô fils de la Vierge Marie, au nom de vos douleurs du calvaire. J’ai un vif regret de mes péchés, je souhaiterais de les réparer si j’avais pour cela du temps.’ En disant ces mots, j’expirais. J’ai été délivrée de l’enfer, mais précipitée dans les graves tourments du purgatoire. »

Après ce discours, que Dieu fit entendre distinctement à Sainte Brigitte pour servir d’instruction à tous, l’âme continuait d’expliquer ce qu’elle endurait en rapport avec ses fautes : « Maintenant ma tête qui se plaisait aux parures et à la vanité, qui cherchait à attirer les regards, est dévorée de flammes à l’intérieur et à l’extérieur, de flammes si cuisantes qu’il me semble que je suis le point de mire de toutes les flèches du ciel. Mes épaules et mes bras que j’aimais à découvrir sont cruellement étreints dans les chaînes de fer. Mes pieds, ornés pour la danse et objets de vanité, sont entourés de vipères qui les mordent et les souillent de leur bave immonde. Tous mes membres, chargés de colliers, de bracelets, de fleurs, de joyaux, se trouvent plongés dans des tortures qui leur font éprouver à la fois le consomption du feu et l’insupportable froid de la glace. »

La pauvre poursuivait ce tableau afin d’émouvoir la compassion et d’obtenir les suffrages de Sainte Brigitte qui raconta tout à une cousine de la défunte qui s’abandonnait elle-même à la mondanité : ce qui fit sur elle une telle impression qu’elle commença par renoncer à ses vains ajustements, et plus tard se voua à la pénitence dans un ordre très austère, priant, jeûnant et se mortifiant pour elle-même et pour soulager sa pauvre parente.

Sainte Brigitte vit une autre fois, ouvert devant elle, le lieu où les âmes sont purifiées comme l’or dans le creuset, avant de monter au Ciel, au séjour de l’éternel repos. Elle y entendit la voix d’un ange qui disait parmi ses prières : « Béni soit celui qui, vivant encore sur la terre, aide les âmes de ses prières et de ses bonnes œuvres ! Car l’infaillible justice de Dieu exige que les âmes soient purifiées par les tourments du Purgatoire ou délivrées par les bonnes œuvres de leurs amis. »

Alors Sainte Brigitte entendit un chœur de voix suppliantes : « O Seigneur Jésus-Christ, très juste Juge, au nom de votre infinie miséricorde, n’ayez pas égard à nos innombrables fautes, mais aux mérites de votre très précieuse Passion. Inspirez un sentiment de vraie charité au cœur des ecclésiastiques, des religieux, des prêtres et des prélats, afin que par leurs prières et leurs sacrifices, par les aumônes et les indulgences, ils nous secourent dans notre triste situation, ils peuvent, s’ils le veulent, adoucir et abréger nos tourments ineffables, et faire que nous soyons plus tôt près de vous, ô Dieu ! »

De ce lieu de souffrances, d’autres supplications se faisaient entendre :

« Grâces et mille fois grâces à ceux qui nous envoient du soulagement dans notre malheur ! » Puis une sorte de lumière, brillante d’un côté et nuageuse de l’autre, descendit d’en-haut et pénétra dans le Purgatoire, pour faire comprendre que le soulagement venait avec des prières, mais non parfait encore. Et de nouvelle voix chantaient :

« O Seigneur Dieu, que votre puissance infinie rende au centuple le bien que nous font ceux qui pensent à intercéder pour notre délivrance, et à contribuer à nous introduire dans votre céleste et douce lumière ! »

La Mère de Dieu déclara un jour à sainte Brigitte : « Je suis la Mère de toutes les âmes du Purgatoire, et toutes les peines qu’elles ont méritées sont à toute heure plus ou moins adoucie par mon intercession. »

Bibliographie : Révélations de sainte Brigitte. Livre VI, ch. 38 et 52 ; Livre IV, ch. 7.

Pensez à la récitation des « Oraisons de sainte Brigitte » ou « Les sept Pater » auxquels sont attachés de si belles promesses. Il faut penser sérieusement à entamer la récitation de l’une ou l’autre sans tarder, surtout en ayant à l’esprit les temps que nous vivons. C’est plus que jamais nécessaire, pour soi et les sien. Voici le lien : https://ausouffledelesprit.org/prieres/

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