Lettre d’un ami à un ami n° 17 (ASDE 25)

Lettre d’un ami à un ami  n° 17

Jésus nous a dit, vous le savez : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; non comme le monde la donne ! » (Jean XIV, 27)

Et bien souvent, je me suis demandé : Où est cette paix, où règne ta paix, Seigneur ? Car nous sommes tous en guerre, guerre avec notre prochain, guerre des peuples, des races, des religions, guerre avec la nature et surtout guerre avec nous-mêmes !

C’est vrai, il y a de quoi en perdre la boule, certains d’entre nous  en perdent d’ailleurs … leur âme !

Jésus seul procure la paix ! | Un miracle chaque jour, Paix, Jesus

Il y a peu de temps, en méditant le chapitre XXV du Livre III de l’Imitation de J-C., ma vie intérieure s’est orientée et ouverte aux réponses que j’attendais à mon questionnement en étant bien conscient que si tous désirent  la paix, bon nombre de personnes, cependant, ne cherchent pas ce qui procure la véritable paix.

En effet, l’humilité et la douceur, dons ineffables d’un Dieu si bon, constituent les poutres essentielles sur lesquelles s’établiront en nous les indispensables fondations de la grande patience à acquérir. Et la sérénité de cette paix profonde ne peut véritablement s’obtenir que si nous écoutons la Voix du Christ résonnant au fond de notre être et à condition d’obéir promptement à sa Parole.

Facile à dire, difficile à réaliser !

Mais comment, Seigneur, puis-je donc m’y prendre pour avancer mes pas sur une telle voie ?

Jésus nous conseille de veiller à ce que nous disons et à ce que nous faisons en toute chose car une seule intension devrait nous habiter : Plaire à Lui seul et ne rien rechercher, ni désirer hors de Lui.

Il nous propose aussi de ne pas juger témérairement les paroles et les actions des autres et de ne pas nous ingérer en ce qui ne nous regarde pas afin de n’être que peu ou rarement troublé !

Cependant, ne nous étonnons pas, bien chers amis, la vie présente ne nous permettra pas de ne jamais sentir aucun trouble, de n’éprouver aucune peine de cœur, ni aucune souffrance de corps car cela relève de l’éternel repos !

Il ne faudra donc surtout pas croire avoir trouvé la véritable paix lorsqu’à certains moments nous constatons qu’aucune contrariété ne nous arrive ou quand personne ne nous conteste.

Si tout semble réussir selon nos désirs, même légitimes, que cela ne nous fasse pas imaginer connaître alors le bonheur parfait.

Notre Seigneur nous met aussi en garde de ne pas avoir de nous-mêmes une haute idée ; cela ne nous amènerait qu’à nous persuader être particulièrement chéris de Dieu lorsque notre cœur est rempli d’une piété tendre et douce. En effet, celui qui aime vraiment la vertu et qui progresse vers la perfection ne reconnaîtra les changements opérés que lorsqu’il s’offrira de tout cœur à la Volonté Divine.

Il rendra grâce à Dieu aussi bien des maux que des biens reçus sans chercher d’avantage l’un que l’autre.

De plus, nous devons considérer comme capital, la fermeté et la constance dans l’espérance à travers toute épreuve de tout genre. Nous louerons alors la sainteté de Dieu dans l’adversité reconnaissant volontiers la justice divine ordonnée à nos fins thérapeutiques. Ne nous plaignons donc jamais en disant  ne pas mériter tant souffrir ! Et au contraire, remercions-Le sans cesse lors des privations de consolations intérieures car elles nous préparent ainsi à de plus dures épreuves.

Alors, chère sœur, cher frère, nous marcherons dans la voie droite, celle de la paix promise et véritable car nous pourrons avec assurance « espérer revoir votre visage, Seigneur, dans l’allégresse » (Job, XXXIII, 26)

Nous sommes en exil sur cette terre et pour jouir d’une paix aussi profonde, osons solliciter avec insistance la grâce de parvenir à un parfait mépris de nous-mêmes. Il s’agit là d’un cadeau que seuls les humbles peuvent obtenir après avoir compris l’extrême utilité d’un tel dépouillement total.

La leçon que Dieu nous rappelle à travers cette lettre à son ami, grâce aux écrits de Thomas A. Kempis(1), vaut bien, me semble-t-il, une ultime réflexion bien persuasive:

Photos de Thomas A. Kempis - Babelio.com

«  Cette douce lumière dans laquelle tu vas pouvoir vivre nourrira donc ton âme; elle la fortifiera, l’échauffera sans la troubler et tu entendras en  approchant l’oreille de ton  cœur : « Me voici, mon enfant, je viens à toi parce que tu m’as invoqué »

  • (1430-1471), chanoine de Cologne et abbé du Mont-Sainte-Agnès

Quelque chose de céleste dans la simplicité de ce livre prodigieux dont je tente de vous vanter les effets surprenants nous ferait presque croire qu’un de ces purs esprits qui voient Dieu face à face soit venu expliquer sa parole, nous révéler ses secrets.

Ce livre(2)  des « parfaits » ne nous montre pas uniquement nos misères puisqu’il en indique les remèdes ; il nous les fait goûter.

     (2) L’Imitation de Jésus-Christ (traduction Lamenais)

C’est lorsqu’on s’est abaissé que s’appuyant sur le Ciel nous pourrons mieux nous relever. Contemplons sans découragement, du sein même de notre impuissance, la perfection infinie où les chrétiens sont appelés.

Eprouvons ce calme ravissant, cette paix inexprimable où notre foi docile semble nous chanter doucement que les bruits de la terre s’éteignent autour de nous. Au milieu d’un grand silence, on n’entend plus qu’une seule voix, qui parle du Sauveur et nous attire à Lui comme par un charme irrésistible. Et l’âme transportée aspire au moment où se consommera son union avec l’époux céleste.

Que sont alors devenus pour nous les plaisirs du monde près de ces joies inénarrables de la Foi ? Comment peut-on sacrifier le seul vrai bonheur à quelques instants d’ivresse, bientôt suivis de longs regrets et d’un amer dégoût ? Oh ! « Si vous connaissiez le don de Dieu, si vous saviez quel est Celui qui vous appelle ! » (Jean IV,10), qui vous presse de vous donner à Lui, afin de se donner Lui-même à vous, avec quelle ardeur vous répondriez aux invitations de son Amour ! « Venez donc, et goûtez combien le Seigneur est doux ! » (Ps.XXXIII,9)

Jean 14:6 – Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne  vient au Père que par moi. – Bible En Famille

Venez et vivez. Maintenant vous ne vivez pas car ce n’est pas vivre que d’être séparé de Celui qui dit : « Je suis la Vérité et la Vie » (Jean XIV,6)

Il bénira vos larmes, il les essuiera de sa main compatissante. Son âme est toute tendresse et commisération. « Il a porté nos infirmités et connu nos langueurs » (Is. LIII,4), il sait ce que c’est que pleurer.

Rien n’est plus utile pour le salut que ce qui repose sur l’humilité. Si vous n’êtes pas humble, ou si, au moins, vous ne désirez pas le devenir, la Parole de Dieu tombera sur votre âme comme la rosée sur un sable aride. Ne croire que soi et n’aimer que soi représente le caractère de l’orgueil. Or, privé de foi et d’amour, de quel bien l’homme est-il capable ? Et dans ce cas, à quoi peuvent bien servir les instructions les plus solides, les plus pressantes exhortations ?

Tout se perd dans le vide de l’âme ou se brise contre sa dureté.

Humilions-nous et la foi et l’amour nous serons donnés.

Humilions-nous et le salut sera le prix de la victoire que nous remporterons sur l’orgueil. Quand le Sauveur voulut montrer, pour ainsi dire, aux yeux de ses disciples la voie du Ciel, que fit-il ? « Jésus, appelant un petit enfant, le plaça au milieu d’eux et dit : En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas et ne devenez pas comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux » (Math.XVIII,2 et 3).

Bonne méditation.

Jean-Michel Moulart

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :