Lui et moi, Juin 1941

LUI et moi

 

 

Mois de Juin 1941

 

1109. [I,305] — 5 juin 1941. —

« Une petite servante est quelquefois introduite dans le palais du Roi, si ce Roi a besoin de son emploi.

« N’est-elle pas heureuse, alors, d’admirer toutes les richesses que renferme ce palais ? »

« Seigneur, elle est surtout heureuse d’être plus près du Roi et de risquer l’occasion de Le rencontrer. »

« Crois-tu que le Roi se dérobera à ce secret espoir ? Il multipliera les chances de rencontre,

« si bien qu’après L’avoir seulement aperçu de loin,

« après avoir fugitivement entendu le son de Sa Voix,

« la petite servante sera invitée progressivement jusqu’à s’asseoir à Sa Table et à connaître l’intimité des soirs,

« car le Roi l’a regardée avec tant d’amour

« qu’il a envoyé Son Fils unique afin qu’il meure pour la sauver. »

« Seigneur, comment la petite servante pourra-t-elle exprimer sa reconnaissance pour tant de faveurs ? »

« Elle vivra d’amour,

« de son pauvre petit amour qu’elle recommandera chaque jour à l’Esprit pour qu’il l’augmente.

« Elle ne s’étonnera pas de ses fautes renouvelées qu’elle offrira avec confiance au Fils unique qui l’a sauvée.

« Elle restera toujours petite, puisque Dieu est assez grand pour la rejoindre,

« et elle mourra,

« non pas parce qu’il le faut,

« mais parce qu’elle veut mourir pour son Roi.

« Elle s’excitera à mourir sans aucun regret, car elle tressaille du désir de voir..,

« Voir Son Amour.

« Voir Son But.

« Voir Son Tout.

« Il y a bien motif à la faire tressaillir…

« Et elle se rappelle, la petite servante, que le Fils unique est mort,

« Lui aussi,

« et pour elle.

« Alors, elle mourra en Lui. »

 

1110. [III, 71] — 5 juin 1941. —

La Paix de Dieu dans les dificultes de la vie - YouTube« Entre dans l’Océan Infini, dans la Paix, calme comme une belle aurore…

« Tu te souviens, à Naples ? des teintes du ciel d’avant le lever de soleil ? Tout le firmament, toute la mer dans une sérénité de mille nuances ?

« Considère ce que peuvent être les perfections de Mon Cœur dans leur infini. Peux-tu te rendre compte de leurs Beautés ?

« Adore, sans les savoirs. Et c’est parce que vous aurez adoré dans la cécité, que vous serez récompensés.

« Mets ton front sur Mon Front. Entre dans Mes Pensées. »

 

1111. [III, 72] — 10 juin. Avant la Communion, je regardais mes mains. 

« C’est de la boue. Rappelle-toi, Dieu prit de la terre et en forma le corps de l’homme. Ce n’est que ton enveloppe de boue.

« Vivifie ton esprit et remets-le-Moi pour le revivifier : Moi, la Vie. »

 

1112. [III, 73] — Saint Florent. 

« Tu vois comme les gens sont heureux quand ils se construisent une maison ?

« Seulement, ils se trompent s’ils y attachent leur cœur. Ce sentiment instinctif de « la maison » est donné à l’homme pour sa demeure du Ciel. »

 

1113. [V,168] — 12 juin 1941. — Heure sainte.  Je pensais à des moments de plaisir de ma jeunesse où le temps me paraissait si court.

« Et nos heures saintes n’ont-elles pas encore plus de rapidité ?… Est-ce que les quarts d’heure ne te semblent pas sonner en cinq minutes ? Est-ce qu’une nuit entière devant Moi n’est pas quelquefois comme un éclair ?…

« D’où vient cela ? C’est que Je vous transporte comme en dehors du temps. Tu vois : tu es sur Mon Cœur, Me remerciant de l’institution de l’Eucharistie qui t’a nourrie quotidiennement, et tu oublies toutes choses.

« Tu partages la place de Jean. Lui, pouvait compter les battements de ce Cœur, ému de l’Amour le plus attendri. Ο bienheureuse place !… Ne la quitte pas, ne la quitte jamais !… Essaie de répondre.

« Mais comme tu es pauvre et muette, prends en Moi et offre-le-Moi, Mon propre Amour, que tu as fait tien. Et dis-Moi merci pour toutes Mes Hosties, les tiennes, jusqu’à la dernière ; celles du monde, jusqu’à la dernière, celle d’avant le Jugement dernier.

« Oh ! ces Hosties, inventées pour vous, pour Mon séjour près de vous !… Je vous regarde vous unir à Moi, comme Je voyais Mes Apôtres à la Cène, et Je viens à Vous le Cœur aussi remué qu’en ce soir du Jeudi-Saint…

« Mes pauvres petits, qui n’y pensez pas, qui seriez tentés de croire que Je suis là, inerte, comme en un tableau, ou un souvenir ancien, tandis que c’est Moi, vivant, respirant en Vous.

« Rappelle-toi : il n’y a pas plusieurs Jésus-Christ, il n’y en a qu’un ; Celui qui est au Ciel, c’est le même que Celui que vous mangez. N’aie pas peur de ce mot : « Manger. » Je l’ai mis dans l’Évangile : il explique l’union que Je veux avoir avec vous. Oh ! mange-Moi, mangez-Moi sans crainte : vous satisfaites Mon Amour, vous soulagez Mon ardente soif. Sais-tu, la soif ?…

« Et si tu le sais, sais-tu la soif d’un Dieu qui, demain, à l’heure de l’Eucharistie, sera déjà mort d’Amour ?..,

« Chaque matin, donne-Moi un nom nouveau en Me recevant. Je figurerai ce nom choisi par toi. Surtout, fais-le bien tendre, bien intime. Fais-le avec des lettres de feu. Regarde-Moi, Ma pauvre petite enfant : comme tu es heureuse !… Et croirais-tu que Je te suis reconnaissant d’être heureuse… »

 

1114. [V,169] — 17 juin 1941. — Communion. 

«C’est Toi qui m’as conduite dans toutes mes voies, Toi Seul. »

« Remercie-Moi. Je suis Celui qui regarde; tu sais de quel Amour Mes regards sont chargés.

« Je suis Celui qui te parle.

« Je suis le Visiteur qui laisse quelque cadeau en souvenir de Son passage. »

Après une lettre mortifiante.

« Laisse-toi écraser, en silence, et en remerciant. »

Monotonie des jours.

« Mais puisque n’importe quel travail Me prouve ton amour. Je n’ai vécu et ne suis mort que pour l’amour des âmes. Ah ! les âmes… Quand tu pries pour elles, tu Me fais tant plaisir !… »

 

1115. [II,181] — 19 juin 1941. — Heure sainte.

« Je suis le Réparateur.

« Donne-Moi ton mal.

« Montre-le Moi de tes deux mains, comme une pauvresse.

« Je disais aux apôtres : « C’est Moi. Ne craignez pas. »

« Je te les répète, ces douces Paroles d’amour.

« Tu te rappelles, au Sinaï, Moïse seul pouvait s’approcher de Dieu.

« Si quelqu’un d’autre franchissait la limite au bas de la montagne, il était frappé de mort.

« Et maintenant que le Fils de Dieu est venu mourir cour vous, Il vous dit :

« Approchez-vous. Venez M’aimer sans peur, car Je vous aime. »

 

1116. [III, 74] — 19 juin 1941.—

« Seigneur, Vous souhaite déjà la Fête de Votre Cœur pour demain. »

« Ce serait tous les jours Ma Fête, si tu Me la souhaitais, Ma Gabrielle, c’est tous les jours la fête d’amour dès ton réveil jusqu’au coucher et c’est Moi qui t’envoie le sommeil : c’est encore une manière de t’aimer.

« Tu dors, Je ne te quitte pas pour cela du regard… Alors, demande à ton ange d’offrir ces respirations de ton repos encore pour Ma Gloire, comme ta Loire qui ne s’arrête jamais, ni jour, ni nuit. Combien c’est simple l’Amour : éveillés, on s’aime, endormis, on s’aime encore ; au Ciel, vois tu, jamais on ne s’arrête : c’est une pure activité.

« Oh ! désire bien le Ciel. Demande-le-Moi, chaque jour. Dis bien simplement :

« Mon grand Ami, donne-moi vite le Ciel où Tu es;

« Mon Époux Bien-aimé, appelle-moi dans notre demeure. Il ne convient pas que deux époux soient séparés.

« Me laisseras-tu longtemps encore alanguie, devant la porte fermée de Ton Palais. Et puisque c’est là que nous nous unirons dans la pleine lumière, hâte l’aurore…

« Sans Toi, rien ne m’intéresse plus sur la terre. Je suis comme une plante sans eau, comme une oiselle qui étouffe : emporte-moi en Toi et c’est assez.

« Et tu t’uniras aux langueurs résignées de Ma Mère, en la patiente fin de sa vie.

« Il faut désirer le Ciel : c’est Me désirer et cela Me glorifie.

« Lors même que tu ne Me connaisses que mal, désire-Moi ! C’est un triple acte de Foi, d’Espérance et d’Amour.

« Demain, dans la communion, tu M’appelleras le Cœur des Miséricordes. Et tu Me demanderas, en cadeau de fête, la conversion de Mon pécheur.

« Bien que Je les veuille tant tous convertis, il y en a toujours quelqu’un dont le retour donnerait tant de joie au Ciel.

« Aide à donner des joies au Ciel, toi, Tune des plus misérables. Vois Ma condescendance… Tu peux Me le donner en toute vérité ce titre : de « Cœur des Miséricordes ».

« Tu es l’une d’elles. Tu es donc chez toi dans Mon Cœur, Ma petite enfant : même sur la terre, c’est ta vraie maison. »

 

1117. [II,182] — 23 juin.  A la campagne, après une absence de huit jours, j’admirais dans le jardin l’immense moisson de roses.

« N’ai-Je pas bien travaillé pour toi pendant que tu n’étais pas là ?

« Toi, Mon Amie, fais tout pour Moi.

« Tes actions Me paraîtront plus parfumées que toutes ces roses en effervescence, « parce que c’est de la Vie à ton âme « et que cette vie-là fut le fruit de Ma Mort.

« Tu sais ? quand on a souffert pour quelqu’un, on aime davantage ce quelqu’un. Ah ! Ma pauvre petite Fille,

« qui pourra raconter

« l’amour de Jésus-Christ ?

« Qui pourra en narrer les Douleurs ?

« Sait-on « qui est Jésus-Christ ?

« Je disais : « Qui dit-on que Je suis ? »

« Je le demande encore au monde.

« Combien peu répondent : « Vous êtes le Fils du Dieu vivant »,

« ou l’on M’honore avec indifférence,

« ou l’on Me méprise dans la haine,

« ou l’on Me conjugue au passé…

« Combien sont rares

« ceux qui vivent en Moi vivant !

« ceux qui aiment Mon amour

« comme leur unique but.

« Toi, suis-Moi.

« Je disais cela autrefois.

« Je vous le dis encore.

« Fais partie du petit nombre.

« C’est là le cénacle des amitiés,

« c’est là l’instant des confidences.

« Je te demande ce soir de Me consoler en consolant les autres.

« C’est facile, penses-y.

« Sois toujours agréable.

« Tant de gens ont de lourdes croix !

« tu passes,

« tu dis un mot souriant : l’âme s’éclaire. C’est un réconfort.

« Les anges M’en apportèrent au Désert et dans Mon agonie.

« Imite l’ange plein de pitié.

« Que le tien t’emporte dans son mouvement.

« Les anges sont vos Frères aînés.

« Et puis dis-Moi souvent « Merci ».

« J’aime tes petits mots tout simples de reconnaissance qui sont comme une caresse d’amour.

« Un Père aime tous les gestes de sa petite fille,

« mais quand il peut la garder appuyée sur son cœur,

« il oublie toutes les peines qu’il a prises pour elle. »

 

1118. [II,183] — J’ouvrais un des carnets.

« Quand tu Me relis dans ces phrases que Je t’ai dites,

« descends, descends dans les profondeurs du texte.

« Entre toujours plus loin dans le mot toujours nouveau

« afin que tu ailles de découverte en découverte,

« dans les Jardins de Mon Amour. »

 

1119. [II,185] — Au Benedicite je disais : « Mon Amour, bénissez mon repas. »

Ne serait-ce que parce que tu as dit « Mon amour », Je bénirai.

« Tu sais que Je suis plus sensible que le plus sensible des hommes ?

« et que vos mots d’enfants tendres ont une grande puissance sur Mon Cœur.

« Connaissez les chemins qui conduisent droit à Moi.

« Je vous livre Mes secrets.

« Je suis Samson.

« Lui, se repentit d’avoir parlé.

« Moi, Je me livre sans retour parce que Mon Amour est inconcevable.

« Vous croyez peu à ce poids d’amour qui vous accompagne

« parce que vous jugez votre Dieu selon le jugement des hommes.

« Toi, au moins, rends-toi.

« Crois sans définir.

« Admets-Moi en toi.

« Si ta misère t’accable, pense qu’elle M’attire.

« Tu peux toujours prendre Mon Amour si ta froideur te fait peur.

« Je suis ton Grand Créateur, « mais tu es Ma petite Fille.

« Je. sais tes émotions comme Je sais chaque vague de la mer.

« Tu n’as pas même parlé que Je t’ai entendue

« puisque Je t’habite : « tu veux bien que Je Me promène dans ton jardin intérieur ?…

« Reposez-vous, Seigneur, cueillez les fleurs et les fruits. »

« Je sèmerai.

« Tu feras grandir.

« Tu me remettras toute moisson puisque Je suis le Maître du Jardin. »

 

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