Apparition de Marie « Vivez sur la terre en pensant à Jésus. » – Marie Lataste L3 Chap2 (ASDE26)

Dieu, la Sainte Trinité

10ème partie

Par Sœur Marie Lataste, mystique catholique

LIVRE 3

La Sainte Vierge Marie,

mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ

 

Gloire et louange, amour et reconnaissance à jamais rendus à Jésus au saint sacrement de l’autel, au Père et au Saint-Esprit dans tous les siècles des siècles. Amen.

 

Chap. 2, Apparition de Marie

« Vivez sur la terre en pensant à Jésus. »

 

Le Sauveur Jésus m’avait souvent parlé de lui, et jamais encore il ne m’avait parlé de Marie.

 

— Ma fille, me dit-il un jour, désirez-vous voir ma mère ?

— Seigneur, lui répondis-je, je n’ai aucun désir, ma volonté sera la vôtre. Je ne veux avoir d’autre volonté que votre volonté.

Jésus leva les yeux au ciel et s’écria :

— Ma Mère, apparaissez à ma fille ; je le désire, et, pour conformer son désir au mien, elle le désire aussi.

— Le désirez-vous, ma fille ?

— Oui, Seigneur.

 

Aussitôt j’aperçus des yeux de l’âme Marie devant l’autel. Je me trouvais dans l’église (c’était un dimanche matin avant la sainte messe). Je la considérai attentivement. Son visage était resplendissant comme le soleil ; ses mains brillaient comme des rayons de soleil ; sa robe était blanche et parsemée d’étoiles, un large manteau de couleur de feu enveloppait ses épaules, il était aussi parsemé d’étoiles ; sa chevelure retombait en arrière, couverte d’un voile en dentelle magni-fiquement travaillé ; enfin une couronne de diamants, plus beaux et plus éclatants que tous les astres des cieux, ceignait son front. Cette lumière qui était en Marie n’est comparable à aucune autre lumière, celle du Sauveur Jésus exceptée. La lumière du soleil aurait pâli devant celle qui sortait de Marie ; et cependant mes yeux ne peuvent regarder en face le soleil, et je regardais Marie dont l’éclat ne m’éblouissait pas à ce point de m’empêcher de la regarder. Je regar¬dais Marie et je ne pouvais ne la point regarder. Sa vue donnait à mon âme la félicité. Lorsque j’eus longtemps considéré Marie, elle pris mes deux mains ; je m’élevais sans savoir où j’allais ; mais je ne craignais point, mes mains étaient dans les mains de Marie, mes yeux arrêtés sur ses yeux. Je me regardais comme un enfant entre les bras de sa mère, où nul danger ne peut l’atteindre. Nous arrivâmes dans un temple magnifique dont le pavé était en or, les colonnes extrêmement élevées, et l’intérieur éclairé par des milliers de lampes allumées en l’honneur de la sainte Vierge. Une multitude innombrable y chantait ses louanges. Elle me conduisit devant un trône d’or d’une grandeur immense, qui ressemblait à un autel.

 

— C’est là, ma fille, me dit-elle, le trône de la divinité. C’est de là que partent tous les effets de la justice de Dieu.

Elle se plaça ensuite sur un trône magnifique préparé près du premier, et des vierges sans nombre, vêtues de blanc, vinrent se ranger autour d’elle. Elles étaient d’une beauté ravissante, de beaucoup néanmoins inférieure à celle de Marie. Combien je me sentis pauvre, dénuée, en comparaison de tout ce que je voyais ! Ma misère pénétra jusqu’au plus intime de moi-même, et je me mis à pleurer. La sainte vierge me cacha alors dans son manteau ; mes pleurs cessèrent, et je vis la lumière de Marie passer en moi comme la lumière du jour à travers un cristal. Je ne me possédais pas de joie. Les yeux de mon corps s’ouvrirent alors ; je vis le prêtre à l’autel. J’entendis sa voix dire distinctement ces paroles : « Sanctus, sanctus, sanctus », et je fus comme toute pénétrée par la sainteté de Dieu ; mes yeux se fermèrent, mes oreilles n’entendirent plus rien, je me trouvai encore sous le manteau de Marie. La sainte Vierge se leva, retira son manteau qui me couvrait, s’approcha du trône de la divinité, et me remit entre les mains de Dieu. Je n’avais point vu Dieu sur son trône, même avec les yeux de mon âme ; mais, dès que Marie m’eût placée sur le trône où Dieu réside, je sentis mon âme tout embrasée d’amour s’unir à Dieu en unité de la sainte Trinité. Dieu le Père me bénit, le Verbe de Dieu mit sa main sur mon cœur, et le Saint-Esprit se reposa sur ma tête comme une rosée pleine de fraîcheur qui me faisait à la fois vivre et mourir. Je me rapprochai de plus en plus du Verbe de Dieu et par lui de Dieu son Père. Enfin, il me sembla que je finis par reposer dans le sein de Dieu le Père, que Dieu le Fils vint reposer sur mon cœur, et que le Saint-Esprit présenta à Dieu le Père Dieu le Fils reposant en moi. Ô moment de félicité, de joie, de transports inexprimables ! Était-ce le ciel et son bonheur que j’éprouvais en ce moment ? Pour une éternité, ce bonheur m’aurait suffi, et je l’eusse accepté de Dieu pour jamais, si telle avait été sa volonté. Marie vint me retirer de ce repos que je goûtais en Dieu ; elle me prit entre ses bras et me dit :

 

— Ma fille, vivez sur la terre en pensant au ciel ; vivez sur la terre en pensant à Jésus ; vivez sur la terre en pensant à moi.

 

En ce moment Jésus descendit du ciel en terre ; c’était le moment de la consécration. Je descendis du ciel avec lui.

 

Je me préparai à faire la sainte communion. Quand j’eus en moi le Sauveur Jésus, je crus être encore sur le trône de Dieu, voir le Verbe reposer sur mon cœur, et le Saint-Esprit nous présenter ainsi à Dieu le Père.

 

Je remerciai le Sauveur Jésus de tant de grâces et de bontés à mon égard ; je remerciai Marie aussi bien que je le sus faire, et je me retirai.

 

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