Jésus et Marie. – Actions de Dieu veillant sur Marie – Marie Lataste L3-Chap5

Dieu, la Sainte Trinité

10ème partie

Par Sœur Marie Lataste, mystique catholique

LIVRE 3

La Sainte Vierge Marie,

mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ

 

Chap. 5, Actions de Dieu veillant sur Marie. 

« Pensez souvent à ces grandes choses, à ces admirables relations de la divinité avec cette créature dont le nom est Marie. ».

 

 

— Ma fille, je veux vous parler aujourd’hui de ma Mère, me dit un jour le Sauveur Jésus. Sa conception a été immaculée. Il devait en être ainsi pour qu’elle fût digne de moi. Je suis la sainteté même, comment aurais-je pu m’incarner dans un corps qui eût été souillé par le péché ? Toute la substance de mon corps a été prise du corps de Marie ; par conséquent, si Marie avait eu une chair, même un seul instant, souillée par le péché, ma chair eût été une chair sur laquelle le péché aurait eu un instant empire, ce qui ne pouvait compatir avec ma divinité et ma sainteté. C’est pour cela que Marie, destinée à être ma mère, a été exempte du péché originel ; c’est pour cela que, dès le premier instant de sa conception, Marie reçut de moi la sainteté en partage, et, avec cette sainteté originelle, toutes les prérogatives qui pouvaient y être attachées.

 

Elle reçut une telle abondance de grâce en ce moment, que vous chercheriez en vain dans la création une semblable merveille. Elle resta neuf mois voilée et cachée pour la terre, comme moi-même je devais plus tard rester neuf mois voilé et caché en elle. En ce temps son âme douée d’intelligence et de raison s’unissait de plus en plus à Dieu, pendant qu’elle était encore inconnue au monde et qu’elle ne voyait pas le monde, afin qu’à l’heure de sa naissance et durant toute sa vie, son regard ne fût fixé que sur Dieu, ne cherchât que Dieu, ne se plût qu’en Dieu.

 

La naissance de ma mère fut ignorée de la terre, méconnue de la terre, mais non du ciel. Dieu, dès lors, put s’arrêter avec complaisance sur une créature pleine de justice et de sainteté, et, en sa faveur, accomplir l’œuvre de miséricorde qu’il avait promise au monde. Dieu ne regardait que Marie, ne vivait qu’avec Marie, ne se plaisait qu’en Marie. Il ne regardait point les grands, les puissants, ni les rois de la terre ; son œil ne s’arrêtait que sur l’humble Marie, sur Marie inconnue, sur Marie enfant, qu’il aime comme sa fille, comme son épouse, comme sa mère, comme son temple. Du sein de son éternité, il veille sur Marie, il la dirige, il la conduit, il la regarde comme celle qu’il veut faire participer aux plus étonnants mystères qu’il doit opérer dans le temps. Chaque jour il augmente les grâces dans son âme, chaque jour il la fait croître en âge, en vertus, en mérites à ses yeux.

 

« Bientôt Marie fut tellement élevée en sainteté, que le monde ne fut plus digne de la posséder ; et Dieu, malgré qu’elle fût bien jeune, l’appela dans son temple, où elle se consacra à lui pour toujours : offrande spontanée, offrande sainte, offrande sans retour ! Dieu l’accepta afin que Marie voulût accepter un jour aussi son offrande. Dieu lui donna son temple pour retraite, afin qu’elle lui donnât son sein virginal, où il voulait habiter corporellement. Temple de Dieu et solitude de Marie ! Dieu et Marie ! Ma fille, pensez souvent à ces grandes choses, à ces admirables relations de la divinité avec cette créature dont le nom est Marie. Votre âme s’y perdra comme dans un abîme sans fin, et dans cet abîme, qui ne l’entraînera pas à sa perte, elle goûtera un bonheur inexprimable. Marie se retira près de Dieu, et Dieu vint près de Marie ; Marie se plaça sous la garde de Dieu, et Dieu veilla sur Marie ; il déploya toute sa puissance, toute sa force, toute sa vertu pour entourer Marie, pour environner son âme, éclairer son esprit, enflammer son cœur. Il fut tellement occupé de Marie, tellement agissant en Marie, que Marie sembla ne pas vivre, mais Dieu vivre en elle. Marie, c’était une créature manifestant l’action de Dieu.

 

Cette manifestation était toute secrète, c’est-à-dire qu’elle n’était qu’entre Dieu et elle. La terre ne la connaissait point et ne pouvait la connaître, parce que la terre était séparée de Dieu, parce que la terre avait tellement perdu le souvenir de l’influence de Dieu et de son action, qu’elle ne l’aurait point aperçue, quand elle eût été extérieure en Marie. Marie, trésor du ciel, inconnue sur la terre, Dieu la voile dans sa simplicité, dans son humilité, dans son abaissement ; mais il la tient sous ses yeux, il la tient dans sa main, il la tient dans son esprit, il la tient dans sa grâce, et quand viendra l’heure fixée éternellement, elle sera prête, elle sera disposée. Dieu aura Marie en Marie, c’est-à-dire sa Mère dans la Vierge annoncée par les prophètes, attendue par les patriarches, et promise au premier homme après sa chute. ».

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