La consécration du 25 mars 2022 – Pourquoi consacrer l’Ukraine en plus de la Russie ?

L’avis de Cap Fatima sur la récente demande adressée au pape par les évêques ukrainiens pour qu’il consacre la Russie et l’Ukraine au Cœur Immaculé de Marie…

Pourquoi consacrer l’Ukraine en plus de la Russie ?

Consécration du 25 mars 2022

Chers amis,

L’actualité nous conduit une fois de plus à vous envoyer une lettre de liaison sans attendre l’échéance mensuelle. En effet, depuis quelques jours, plusieurs personnes nous ont demandé notre avis sur la récente demande adressée au pape par les évêques ukrainiens pour qu’il consacre la Russie et l’Ukraine au Cœur Immaculé de Marie, ainsi que sur la réponse du Saint-Siège. Étant donné l’importance et la gravité du sujet, cette lettre sera plus longue que les lettres habituelles.

La demande des évêques ukrainiens

Métropolite Boris Gudziak

Cette demande est probablement le fruit des nombreuses prières qui ont été faites à cette intention depuis quelque temps. Par exemple, le 2 février dernier, des amis américains, qui avaient déjà suggéré en 2013 à Vladimir Poutine de demander au Saint-Père de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie (voir lettre de liaison n° 122), lancèrent une neuvaine à saint Maximilien Kolbe, du 3 au 11 février, pour obtenir que le pape fasse enfin cette consécration. À l’issue de cette neuvaine, l’un d’eux prit l’initiative de téléphoner au Métropolite Boris Gudziak à Rome pour l’inciter à contacter l’archevêque Shevchuk, chef de l’Église catholique ukrainienne, afin de le persuader de demander au pape, en union avec tous les évêques catholiques ukrainiens, de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Ce contact eut lieu par téléphone vers le 17 février.

Mgr Shevchuk

Il n’est bien sûr pas possible de savoir quel en fut l’impact réel sur Mgr Shevchuk. Mais, il est venu s’ajouter aux grâces reçues par Mgr Shevchuk suite aux prières de tous les catholiques ayant prié à cette intention ; et il n’est pas exclu qu’il ait contribué pour une petite part à la décision de l’épiscopat ukrainien. Quoi qu’il en soit, le 2 mars (mercredi des Cendres), les évêques d’Ukraine ont envoyé au pape François la lettre suivante :

Saint-père,
En ces heures de douleur incommensurable et de terrible épreuve pour notre peuple, nous, évêques de la Conférence épiscopale d’Ukraine, devenons les porte-parole de l’appel implacable et sincère, soutenu par nos prêtres et nos personnes consacrées, qui nous vient de tout le peuple chrétien, afin que Votre Sainteté consacre notre Patrie et la Russie au Très Saint Cœur Immaculé de Marie[1].
En réponse à cet appel, nous implorons humblement Votre Sainteté d’accomplir publiquement un acte de consécration au Très Saint Cœur Immaculé de Marie de l’Ukraine et de la Russie, comme l’a demandé la Très Sainte Vierge de Fatima.
Que la Mère de Dieu, Reine de la Paix, accepte nos supplications : Regina pacis, ora pro nobis ![2]

Parallèlement, les évêques ukrainiens demandèrent à tous les catholiques de réciter une très belle prière. (Voir annexe)

Que penser de la demande des évêques ukrainiens ?

Tout d’abord, la lettre demande clairement au pape « d’accomplir publiquement un acte de consécration au Très Saint Cœur Immaculé de Marie de l’Ukraine et de la Russie, comme l’a demandé la Très Sainte Vierge de Fatima ». Il s’agit donc bien de la consécration demandée par Notre-Dame.

Ensuite, cette lettre demande une consécration de l’Ukraine et de la Russie. L’ajout de l’Ukraine est-il conforme à la demande de Notre-Dame ? Dans son esprit, oui. Voici pourquoi.
Voici une carte de l’expansion de l’empire russe depuis le XIVe siècle :

Expansion Russie

Déjà sous Ivan le Terrible (1533 – 1584), une partie de l’Ukraine était russe. À partir de 1667, toute la partie de l’Ukraine située à l’Est du Dniepr, y compris la ville de Kiev, est russe. En 1793, la quasi-totalité de l’Ukraine est russe. Aussi, en 1914, au début de la première guerre mondiale, l’Ukraine est une province russe depuis plus d’un siècle et certaines parties depuis trois siècles et demi.
Profitant de la révolution russe, l’Ukraine tenta de devenir indépendante en janvier 1918. Il s’en suivit quatre années de troubles, pour ne pas dire de guerre civile, pour finalement être intégrée à l’URSS lors de sa création en 1922.
Voici la carte des frontières occidentales de la Russie en 1914 et 1922.

Frontires 1914 1922

Voici comment les frontières de la Russie de 1914 (en rouge) et de 1922 (en noir) coupent l’Ukraine actuelle :

Ukraine

Ainsi, la plus grande partie de l’Ukraine a toujours fait partie de la Russie, mise à part la courte tentative d’indépendance entre 1918 et 1922.

Avec la chute du mur de Berlin en 1989, suivie par la fin de l’URSS deux ans plus tard, l’Ukraine devient réellement indépendante pour la première fois de son histoire en 1991. Son indépendance est donc très récente. Aussi, en 1917, lorsque la Sainte Vierge demanda la consécration de la Russie, l’Ukraine était-elle une province russe. Il n’est donc pas exagéré de dire que l’Ukraine, au moins pour sa partie orientale, fait partie de la Russie, comme l’Alsace et la Lorraine font partie de la France depuis leur rattachement à la France au XVIIe et au XVIIIe siècle. La demande des évêques ukrainien de consacrer la Russie et l’Ukraine est donc parfaitement légitime et conforme à la demande de Notre-Dame.

Elle est également conforme dans son esprit. Car dans la prière envoyée conjointement par les évêques ukrainiens, il est demandé de prier pour obtenir « en particulier la conversion de la Russie » (voir annexe). Or c’est précisément une des raisons pour lesquelles Notre-Dame a demandé cette consécration. En effet, le 17 juillet 1917, elle confia aux trois petits voyants : « Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. »
La demande des évêques ukrainiens est donc tout à fait conforme à la demande de Notre-Dame, aussi bien dans sa forme que dans son esprit.

Quelques jours après cet appel, le 13 mars, le père Andrzej Draws, recteur du sanctuaire de la Vierge Marie de Fatima à Krisovychi, en Ukraine occidentale, demanda à tous les sanctuaires du monde dédiés à Notre-Dame de Fatima de s’unir dans la prière pour demander la conversion de la Russie.

Que penser de la réponse du Saint-Siège ?

Le 15 mars, le bureau de presse du Saint-Siège déclara :

Le vendredi 25 mars, au cours de la célébration pénitentielle qu’il présidera à 17 heures dans la basilique Saint-Pierre, le pape François consacrera la Russie et l’Ukraine au Cœur Immaculé de Marie.
Le même acte, le même jour, sera accompli à Fatima par Son Éminence le cardinal Krajewski[3], aumônier apostolique, en tant qu’envoyé du Saint-Père.

Ce même jour, la Conférence épiscopale d’Amérique latine (CELAM) décida de s’unir au Saint-Père pour cette consécration et invitait les catholiques, les organisations ecclésiastiques et les conférences épiscopales à « se joindre aux intentions du Saint-Père« .
Cette décision des évêques d’Amérique latine est particulièrement importante. Elle montre que, étant donné la tournure des événements, les évêques veulent que cette consécration soit faite, même en l’absence d’ordre du Saint-Siège, ce qui est un grand signe d’espoir. Prions, prions beaucoup, pour que tous les évêques du monde, en particulier ceux qui ont consacré leur pays au Cœur Immaculé de Marie en 2020 (voir lettre de liaison n° 107), fassent de même.

Les demandes de Notre-Dame

Il faut cependant se garder d’un optimisme béat. Car les choses ne sont pas si simples. Tout d’abord, rappelons les demandes du Ciel. Elles sont au nombre de six.
Le jour choisi, le pape doit :

1) en union avec tous les évêques du monde entier,
2) consacrer,
3) la Russie,
4) au Cœur Immaculé de Marie,
5) avec un acte public et solennel de réparation, et
6) promettre d’approuver et de recommander la communion réparatrice des premiers samedis du mois.

Voici les paroles de Notre-Dame :
13 juillet 197 : « Pour l’empêcher [la guerre], je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. »
29 juin 1929 : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Il promet de la sauver par ce moyen. »

Et voici les précisions données par Notre-Seigneur à sœur Lucie en mai 1930, précisions qu’elle transmit par lettre à son confesseur : « Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, Sa Sainteté promettant, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice. »
Le 12 juin 1930, suite à une nouvelle révélation de Notre-Seigneur, elle transmit mot pour mot à son confesseur les mêmes précisions.
Six ans plus tard, le 18 mai 1936, elle écrivit à son confesseur : « Le Cœur Immaculé de Marie sauvera la Russie, elle lui est confiée. »

La réponse des papes

Depuis la demande de Notre-Dame en 1929, neuf actes ont été accomplis par les papes : trois par Pie XII, un par Paul VI, quatre par Jean-Paul II et un par François. Voici un tableau résumant comment chacun de ces actes vérifie les conditions précisées par Notre-Seigneur :

Consecration papes 1

Nota 1 : Paul VI ne donna aucun ordre aux évêques. Jean-Paul II dit simplement qu’il faisait son acte « en union spirituelle » avec les évêques.
Nota 2 : Le terme employé lors de ces actes fut « remettre » et non pas « consacrer« .
Nota 3 : La formule employée par Pie XII fut : « spécialement à ceux [les peuples] qui professent pour vous une singulière dévotion et chez lesquels il n’y avait pas de maison qui n’honorât votre vénérable icône ». Celles employées par Jean-Paul II furent : « les nations qui ont particulièrement besoin de cette offrande et de cette consécration » et « les peuples dont tu attends de nous la consécration et l’offrande ».
Nota 4 : Jean-Paul II n’a pas consacré le monde au Cœur Immaculé de Marie mais à la « Mère des hommes et des peuples« . Toutefois, il mentionna trois fois le Cœur Immaculé de Marie et affirma clairement qu’il voulait refaire l’acte de consécration de Pie XII, lequel était bien un acte de consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie.

Ainsi, aucun des neuf actes accomplis jusqu’à présent par les papes n’a satisfait à toutes les conditions demandées par Notre-Seigneur. En particulier, il n’y eut ni acte public de réparation, ni promesse de reconnaître la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois.

Les demandes de Notre-Seigneur

Malgré cela, certains de ces actes ont porté de fruits réels, car ils répondaient à une autre demande du Ciel. En effet, en 1935, voyant que rien n’était fait, Notre-Seigneur promit à Alexandrina da Costa, une mystique portugaise béatifiée en 2004, que si le pape (même seul) consacrait le monde au Cœur Immaculé de Marie, il mettrait fin à la guerre. Voici comment les neuf actes posés par les papes y répondent :

Consecration papes 2

Nota l : Pie XII a consacré la Russie et non le monde.
Nota 2 : Le Cœur Immaculé de Marie est mentionné, mais la consécration ne lui est pas faite spécifiquement. (Voir note 4 du tableau précédent)

Nota : Ceux qui voudraient plus de détails sur ces consécrations peuvent se reporter à la brochure Très Saint-Père, consacrez la Russie au Cœur Immaculé de Marie (publiée en mai 2021 et diffusée par Livres en famille. Pour la commander, cliquer ICI).

Sœur Lucie confirma que la consécration de 1942 de Pie XII correspondait à ce qu’a demandé Notre-Seigneur. En conséquence la guerre s’était arrêtée. Mais cette consécration n’étant pas celle demandée par Notre-Dame, la Russie continuerait à répandre ses erreurs. Le 28 février 1943, elle écrivit à l’évêque de Gurza : « Le Bon Dieu m’a déjà montré son contentement de l’acte bien qu’incomplet selon son désir, réalisé par le Saint-Père et par plusieurs évêques. Il promet, en retour, de mettre bientôt fin à la guerre. La conversion de la Russie n’est pas pour maintenant. » De même, le 4 mai 1943, elle écrivit au père Gonçalvès : « Il [Notre-Seigneur] promet la fin de la guerre pour bientôt, eu égard à l’acte qu’a daigné faire Sa Sainteté. Mais comme il fut incomplet, la conversion de la Russie sera pour plus tard. »

Concernant la consécration de 1982, le 19 mars 1983, elle déclara au nonce apostolique du Portugal, Mgr Sante Portalupi :

Dans l’acte d’offrande du 13 mai 1982, la Russie n’apparaît pas clairement comme étant l’objet de la consécration. Et chaque évêque n’a pas organisé dans son diocèse une cérémonie publique et solennelle de réparation et de consécration de la Russie. Le pape Jean-Paul II a simplement renouvelé la consécration du monde faite par Pie XII le 31 octobre 1942. De cette consécration du monde, nous pouvons attendre quelques avantages, mais pas la conversion de la Russie. 

Et, effectivement, quelques années plus tard, le mur de Berlin tombait, et encore deux ans plus tard, c’était la fin de l’URSS.

Ainsi les consécrations de 1942 et de 1982/1984, même si elles ne correspondaient pas à ce qu’a demandé Notre-Dame, eurent pour fruit l’arrêt de la deuxième guerre mondiale pour la première, l’arrêt des persécutions en Russie pour la seconde, parce qu’elles correspondaient aux demandes de Notre-Seigneur. Mais de ces consécrations ne pouvaient résulter ni la conversion de la Russie, ni la fin des erreurs de la Russie.

« Les erreurs de la Russie »

Mais que signifie précisément cette expression : « les erreurs de la Russie » ? Ces erreurs ne sont pas nées en Russie : elles ont été élaborées bien avant la révolution d’Octobre par Marx et Engels au milieu du siècle précédent. Elles parurent notamment dans le Manifeste du Parti Communiste publié pour la première fois en février 1848.

Marx considérait que l’homme était parvenu au terme de l’aventure de la sagesse humaine qu’est la philosophie :  « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de diverses manières ; ce qui importe, c’est de le transformer. » Il voulait construire un monde nouveau, un homme nouveau, une société nouvelle et un dieu nouveau, la collectivité, à partir des seules exigences de la raison humaine. Il s’agissait d’engendrer un type d’homme intégralement socialisé qui se crée lui-même par toutes ses activités ramenées au seul acte de faire, de fabriquer, de travailler la matière, de bâtir un nouveau paradis terrestre. L’homme ne tire plus ses idées du monde : il engendre le monde à partir de l’idée qu’il s’en fait, conduisant ainsi à la destruction de toutes les communautés naturelles.
À la base de ces erreurs, il y a un double refus : le refus de l’être de Dieu et le refus de l’être de l’homme. Non seulement, le marxisme supprime Dieu, mais il supprime aussi la propriété privée. Marcel De Corte disait : « La suppression de la propriété privée est au plan pratique ce qu’est la suppression de Dieu au niveau théorique. Toutes deux sont les conditions nécessaires de l’autosuffisance de l’homme. » Or n’est-ce pas ce que nous observons aujourd’hui ?

Ces erreurs se développèrent pendant la deuxième moitié du XIXe siècle ; mais elles n’eurent une première réalisation concrète qu’à partir de 1917. La Russie fut le premier pays à appliquer à la lettre le programme du parti communiste. Dès son arrivée au pouvoir, Lénine décréta une impressionnante série de suppressions :

  • suppression des classes, en particulier la bourgeoisie,
  • suppression du pouvoir établi, avec l’assassinat du tsar et de sa famille,
  • suppression de la propriété privée par la collectivisation des terres,
  • suppression des familles et de la distinction de la femme,
  • destruction du mariage, notamment par le rétablissement du divorce,
  • suppression du droit d’éducation des parents, pour « arracher l’éducation à l’influence de la classe dirigeante »,
  • destruction des patries, car « un prolétaire n’a pas de patrie»,
  • suppression de toute vérité, car les idées changent avec le temps,
  • suppression des lois morales naturelles avec l’apologie de la liberté de conscience,
  • suppression de toute religion.

Ce programme, appliqué pour la première fois en Russie, est ni plus ni moins que la négation et le remplacement de l’ordre voulu par Dieu. On comprend que Pie XI ait pu écrire que le communisme était intrinsèquement pervers. Voilà pourquoi Notre-Dame a parlé des « erreurs de la Russie » et non pas du communisme, ce qui laisse entendre que ces erreurs peuvent se répandre sous d’autres formes que le communisme.

Effectivement, en 1991 (et même avant), les choses ont quelque peu changé. La chute du mur de Berlin en 1989, suivie deux ans plus tard de la fin de l’URSS, ont fait que les erreurs répandues jusque-là par l’URSS essentiellement, ne l’ont plus été par elle, mais par le monde occidental infesté petit à petit par ces erreurs. Car quelles sont aujourd’hui les valeurs de l’Occident dont on nous rebat tant les oreilles ?
Il fut un temps où il s’agissait de valeurs chrétiennes. Mais aujourd’hui ces dernières ont été totalement rejetées et ce qu’il en reste est combattu avec acharnement. Et par quoi ont-elles été remplacées ? Sans chercher à être exclusif, citons :

  • l’imposition incantatoire ad nauseam de faits ou d’idées, notamment dans le domaine historique, par une police de la pensée n’hésitant pas à sanctionner avec une dureté sans égale le moindre écart constaté (par exemple sur le génocide vendéen, le génocide arménien, les différents massacres de la 2e guerre mondiale : Katyn, Karkov, la shoah, …),
  • la gay pride, occasion de se moquer des symboles chrétiens,
  • la notion de gender et le transhumanisme,
  • le scientisme, approche fanatique de la science élevant les contradictions les plus absurdes au rang de dogme religieux,
  • l’étatisme et le positivisme juridique, instaurant une technocratie autoritaire dans laquelle les droits sont accordés par ceux qui détiennent le pouvoir dans l’État, signant ainsi la fin de notre liberté d’enfants de Dieu,
  • le syncrétisme religieux, le Christ n’étant plus qu’une voie de salut parmi d’autres,
  • l’écologisme dans lequel l’homme est considéré comme nuisible à la « Terre Mère »,
  • l’immigrationnisme pour nourrir le multiculturalisme,
  • le libertinage, c’est-à-dire la pornographie, la contraception, la prostitution, l’homosexualité, la pédophilie, …
  • l’avortement, l’euthanasie,
  • le divorce et la destruction du mariage, conduisant à l’union libre et à toutes les formes d’union contre-nature,
  • la perversion de la culture, notamment de l’histoire, sous prétexte de progrès idéologique, conduisant au « nettoyage » de toutes les idées antérieures, pour faire place aux « valeurs de l’Occident« ,
  • etc.

Toutes ses « valeurs » sont des déclinaisons des erreurs contenues dans le Manifeste du parti communiste. Elles ont eu une première application politique en Russie après la première guerre mondiale. Puis elles ont été répandues dans le monde par l’URSS après la deuxième guerre mondiale, comme l’avait prédit Notre-Dame. Enfin, après la chute de l’Union soviétique, elles ont été reprises par l’Occident sous la forme d’un nouvel ordre mondial et imposées à l’ensemble de la planète avec une vigueur accrue. Et pour comble, le Manifeste du parti communiste a été inscrit dans le registre Mémoire du monde de l’UNESCO en juin 2013, preuve manifeste de son actualité, !

Il est donc particulièrement important de prier pour que cette consécration de la Russie soit faite dans les conditions demandées par Notre-Dame, non seulement pour obtenir une véritable conversion (au sens religieux du terme) de la Russie, mais aussi pour arrêter l’infernale expansion des « erreurs de la Russie » par le monde occidental.

Que faire ?

Il faut, comme toujours, agir sur deux fronts : la prière et les actions concrètes.

Concernant la prière, peut-il y avoir une prière plus puissante sur le cœur de Notre-Dame que celle de la dévotion qu’elle a demandée à Fatima ? N’a-t-elle pas dit : « Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix » ?

Aussi récitons tous les jours le chapelet pour demander la paix, car seule Notre-Dame peut l’obtenir.
Offrons des sacrifices pour la conversion des pécheurs, particulièrement en ce temps de carême ; offrons notamment les sacrifices que le jeune quadragésimal exige de nous.
Consacrons-nous au Cœur Immaculé de Marie. En effet, le père Alonso disait :

À Fatima, la Vierge n’a demandé expressément que la consécration de la Russie, comme moyen efficace de sa conversion et de la paix du monde. Mais, il est évident que cette consécration de la Russie doit être précédée de la pratique généralisée et intense des consécrations individuelles et collectives. Disons plus : nous pensons qu’il faut insister sur ceci, que la consécration de la Russie n’arrivera que comme le fruit de la consécration généralisée et intense de tous les membres et de toutes les collectivités de l’Église. C’est pourquoi – ainsi que l’ont bien compris et exprimé le pape Pie XII et le pape Paul VI – il est nécessaire d’exhorter les fidèles à réaliser leur consécration personnelle et à la vivre intensément. C’est là le meilleur moyen de hâter l’heure du triomphe du Cœur Immaculé de Marie, et l’avènement du Royaume de Dieu sur la terre.

Et ce qui est vrai pour la consécration au Cœur Immaculé de Marie, l’est aussi pour la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois : la reconnaissance par le Saint-Siège n’arrivera sans doute que comme le fruit de la pratique de cette dévotion par tous les membres et toutes les collectivités de l’Église. Alors, pratiquons avec assiduité cette dévotion.

Comme prière particulière pour obtenir la consécration de la Russie et de l’Ukraine, Mgr Schneider suggère de faire une neuvaine du 17 au 25 mars. Voici la prière qu’il propose :

Ô Cœur Immaculé de Marie, Sainte Mère de Dieu et notre très tendre Mère, regardez la détresse dans laquelle se trouvent l’Église et l’humanité entière à cause de la propagation de l’impiété, du matérialisme et de la persécution de la foi catholique, erreurs dont vous nous avez averti à Fatima.
Vous êtes la Médiatrice de toutes les grâces. Obtenez-nous la grâce que tous les évêques du monde, en union avec le Pape, consacrent la Russie et l’Ukraine à votre Cœur Immaculé le 25 mars 2022. Par cette consécration, nous espérons – comme vous nous l’avez dit à Fatima – qu’au moment fixé par Dieu, la Russie sera convertie et que l’humanité connaîtra une ère de paix. Nous espérons que, par cette consécration, le triomphe de votre Cœur Immaculé sera bientôt proche et que l’Église sera authentiquement renouvelée dans la splendeur de la pureté de la Foi catholique, du caractère sacré de la liturgie et de la sainteté de la vie chrétienne.

Ô Reine du Saint Rosaire et notre Mère très tendre, tournez Votre regard miséricordieux vers le Pape, les évêques et chacun de nous, et écoutez gracieusement notre prière fervente et confiante.

Pour ce qui concerne les actions concrètes, voici ce qu’il est proposé de faire :

  • bien connaître les conditions demandées par Notre-Dame pour obtenir la conversion de la Russie,
  • les faire connaître autour de soi, en particulier à nos évêques.

Sur ce dernier point, ceux qui sont liés, de près ou de loin, avec un évêque ou un membre d’une conférence épiscopale pourraient lui rappeler les demandes de Notre-Seigneur en 1930. En particulier, il faut obtenir de nos évêques que, même si le Saint-Siège ne donne aucune consigne :

  • en union avec le pape, le 25 mars vers 17h,
  • ils consacrent la Russie et l’Ukraine au Cœur Immaculé de Marie (et non pas « confient », ou « remettent » ou toute expression de ce genre, l’humanité ou le genre humain, … à la Mère des hommes ou la Mère des peuples, …)
  • ils fassent également un acte public et solennel de réparation pour tous les péchés, désordres, blasphèmes, … commis suite à l’infestation du monde par les erreurs de la Russie.

Enfin, il faut également leur demander de recommander et de faire pratiquer dès maintenant dans leur diocèse la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois.
Ce n’est qu’à ces conditions que « la Russie se convertira » et qu’« on aura la paix ».

À vue humaine, étant donné l’opposition dont cette consécration a toujours été l’objet de la part du Saint-Siège depuis presque un siècle, il est peu probable que toutes les conditions soient réunies le 25 mars prochain. Toutefois, rien n’est impossible à Dieu. Et avec la foi, nous pouvons déplacer des montagnes.
Et quand bien même toutes les conditions ne seraient pas réunies, il est important d’obtenir que la consécration prévue le 25 mars soit au moins conforme à celles de 1942 et 1984. Car d’une telle consécration « nous pourrons attendre quelques avantages », à savoir la fin de la guerre en Ukraine.

Alors, prions sans nous lasser à cette intention. La démarche de nos amis américains mentionnée au début de cette lettre, montre que Dieu écoute nos prières. Et n’oublions pas d’y associer nos enfants, car au printemps 1916, l’Ange du Portugal confia aux petits voyants : « Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. » Que Notre-Dame de Fatima, Notre-Dame du Rosaire, accorde au pape la grâce de faire ce qu’elle demande depuis presque cent ans, à savoir consacrer la Russie à son Cœur Immaculé, faire un acte de réparation pour avoir tant tardé à le faire et reconnaître la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois.

Yves de Lassus

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

ANNEXE 

Prière des évêques ukrainiens

Source : Cap Fatima – Lettre de liaison n°132 : La consécration du 25 mars 2022

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