Jésus et Marie. – Le Sauveur Jésus en croix et Marie au pied de la croix – Marie Lataste L3-Chap11

Dieu, la Sainte Trinité

Par Sœur Marie Lataste, mystique catholique

LIVRE 3

La Sainte Vierge Marie,

mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ

 

Chap. 11, Le Sauveur Jésus en croix et Marie debout au pied de la croix – Le cœur de Marie percé par un glaive de douleur

 

Un jeudi soir de la semaine sainte, je me transportai par la pensée sur le haut du Calvaire. Là, je vis le Sauveur Jésus en croix et Marie debout au pied de la croix.

 

Je n’ai jamais vu de spectacle qui m’ait émue de compassion comme celui que j’eus alors sous les yeux. J’aurais voulu être en croix à la place de Jésus qui souffrait pour moi ; j’aurais voulu consoler Marie qui venait de sacrifier son Fils pour moi.

 

Je m’approchai de Marie, et je vis ses yeux s’arrêter sur mes yeux. Son regard m’arracha des pleurs. Elle vint à moi, essuya mes larmes et me dit :

— Ma fille, j’ai voulu vous montrer l’état dans lequel m’avait mise la passion de mon Fils et vous faire comprendre tout ce qu’a souffert mon cœur de mère.

 

« En ce moment s’est réalisée la parole du saint vieillard Siméon, m’annonçant qu’un glaive de douleur percerait mon âme. J’avais vu mon Fils livré par un de ses disciples, conduit par une soldatesque barbare, flagellé, couronné d’épines, dépouillé de ses vêtements ; je le voyais à cette heure, cloué sur la croix élevée entre le ciel et la terre. Ah ! vous ne comprendrez jamais l’excès de mes souffrances en ce moment de la passion de mon Fils ; je souffrais tout ce qu’il souffrait de la part des soldats, de ses juges, de ses bourreaux ; j’étais crucifiée avec lui. Oui, mon âme et ma bouche disaient bien haut à Dieu : “Mon Dieu, que ce calice, s’il est possible, passe loin de moi !” Mais, sachant que par la mort de mon Fils le monde devait être sauvé, j’ajoutai : “Que votre volonté soit faite et non la mienne.”

 

« Combien douloureux a été pour moi le glaive de la justice de Dieu perçant le cœur de mon Fils, et perçant aussi mon cœur ! Sera-t-il jamais douleur pareille à cette douleur ? Combien les âmes rachetées au prix du sang de mon Fils m’ont coûté cher, ma fille ; combien ce rachat m’a fait souffrir ! Il ne m’a point coûté la vie, mais il a coûté la vie de mon Fils, et, en ce moment, la vie m’était plus douloureuse que ne l’eût été la mort.

 

« Telle n’était point la volonté de Dieu ; il voulait la mort de mon Fils et non ma mort, et j’ai vu mourir mon Fils, j’ai supporté, j’ai conservé ma vie avec soumission à sa sainte volonté.

 

« Ma fille, vous aurez beaucoup à souffrir dans votre vie ; vous aurez beaucoup de tribulations à supporter : quand vous n’aurez plus ni force ni courage, venez dans mon cœur, il vous relèvera et vous soutiendra. Venez dans mon cœur, il vous donnera patience et soumission ; venez dans mon cœur, il vous consolera ; venez dans mon cœur, il guérira toutes vos blessures et vous fera croître par la patience en mérite devant mon Fils. La souffrance est le chemin du salut, le sentier qui mène à la patrie, le combat qui assure la couronne ; c’est le signe de ralliement avec mon Fils, c’est le drapeau des soldats qui marchent sous ses ordres. »

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