Le mystère de la Transfiguration nous enseigne l’amour de la souffrance

Par le R.P. Hamon – Adorons Jésus sur le Thabor, s’entretenant avec Moïse et Elie, non de la gloire dont il resplendissait, mais des souffrances qu’il devait endurer au calvaire. La bouche parle de l’abondance du cœur ; et, comme son cœur était rempli de l’amour de la croix, sa bouche se plaisait à en parler. Remercions-le de cette grande leçon qu’il nous donne, et demandons-lui la grâce d’en profiter.

12 mars 2023

Il semble qu’au sein de la gloire, Jésus aurait dû faire trêve quelques instants avec la pensée de la souffrance ; mais son cœur soupirait si ardemment après le baptême de sang qui devait sauver le monde, que, même au milieu des splendeurs du Thabor, il semblait ne pouvoir dire autre chose. Jésus, Moïse et Élie s’entretenaient, dit le texte sacré, des souffrances excessives et de la mort cruelle qu’il devait endurer au Calvaire.

Oh ! Que ce céleste entretien est bien propre à nous faire comprendre ce que nous devons le plus aimer sur la terre. En toutes circonstances, en tout temps, en tout lieu, nous devons méditer, aimer, porter la croix, et en parler souvent avec notre cœur, comme Jésus sur le Thabor avec Moïse et Elie. Saint Pierre, que l’Esprit Saint n’avait pas encore éclairé sur l’excellence de la croix, ne songe qu’à jouir du bonheur présent et s’écrie : Il fait bon être ici : demeurons-y et construisons-y trois tentes, une pour vous, Seigneur, l’autre pour Moïse et une troisième pour Elie.

Mais l’Esprit Saint, qui raconte le fait, en corrige aussitôt le scandale, en remarquant que saint Pierre ne savait pas ce qu’il disait. Il oubliait que jouir est le partage de l’éternité, souffrir le partage de la vie présente ; que chaque chose en son temps ; que, pour s’asseoir un jour sur le trône, il faut s’attacher ici-bas à la Croix ; que pour avoir part à la gloire de la résurrection, il faut porter auparavant la ressemblance de la mort ; qu’enfin il faut traverser beaucoup de tribulations pour arriver royaume des cieux.

Nous serions inexcusables de nous laisser aller à un oubli semblable, nous qui voyons cette loi de souffrances écrite en caractères de sang sur le corps même de Jésus-Christ ; nous qui avons vu ce divin Sauveur se rassasier, selon le mot de Tertullien, du plaisir de souffrir pour nous, et qui l’avons entendu déclarer par son apôtre qu’il manquait quelque chose à sa passion s’il ne souffrait dans tous les membres de son corps mystique comme il a souffert dans tous les membres de son corps naturel ; nous enfin qu’il a enfantés à la vie dans la douleur, qui sommes nés de ces blessures et avons reçu sur nous la grâce découlant avec son sang et de ses veines cruellement déchirées. Enfants de sang, enfants de douleur, nous ne pouvons nous sauver parmi les délices. Prions Jésus-Christ de nous faire comprendre ces austères vérités et de nous donner le courage de les mettre en pratique.

Source : Le mystère de la Transfiguration nous enseigne l’amour de la souffrance | L.I.E.S.I. (liesidotorg.com)

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