Maria Valtorta

Maria Valtorta est une mystique chrétienne italienne ayant bénéficié de 1943 à 1947 de visions des scènes de l’Evangile réunies dans une œuvre monumentale de dix volumes « L’Evangile tel qu’il m’a été révélé » (Il Poema del Uome-Dio). Née à Caserta au Nord de Naples en 1897, elle est décédée à Viareggio, sur la côte toscane en 1961. Elle a reçu des enseignements du Christ ou de la Vierge Marie qu’elle a relatés dans des « Cahiers ». Tout en gardant son lit et malgré ses souffrances, elle écrivait de sa propre main et d’un seul jet, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, sans se sentir nullement dérangée par des interruptions occasionnelles, gardant toujours son aspect naturel. Les seuls livres qu’elle pouvait consulter étaient la Bible et le Catéchisme de Pie X.

 

L’œuvre de Maria Valtorta reste très contestée au sein de l’Eglise. Pie XII donna en 1948 un jugement favorable. Au moment de sortir une 1ère édition de l’éditeur, l’évêque du lieu, Mgr Fontevecchia, n’eut pas le courage de donner son imprimatur, vu la masse des pages en présence, mais il appréciait sa lecture ou son audition. Peu après la Congrégation du Saint Office mit à l’index ces écrits non pour le véritable contenu doctrinal mais sur la manière dont la vie du Christ était présentée, un Christ trouvé fort loquace, pouvant apporter une confusion dans l’esprit de certains. L’écriture pouvait donner aussi l’impression d’une vie du Christ comme romancée, surtout peut-être dans le dialogue des personnages décrits. Malgré tout, trois conseillers du même Saint Office le père Bea (devenu cardinal), monseigneur Lattanzi et le père Roschini avaient montré un témoignage plus favorable.

Maria Valtorta jeune

En 1962, le vice-commissaire du Saint-Office, le père Giraudo, dominicain, accorda un jugement qui avait la forme d’une autorisation modérée : « Nous verrons comment l’œuvre sera accordée ». A la suite du concile, l’index des livres défendus fut supprimé et la censure des lecteurs et éditeurs qui en découlait fut abrogée, en vue d’une révision de toute la question.

La publication des livres n’est donc pas interdite et le Vatican met en garde le lecteur. Ces écrits sont certes très beaux, mais sont de l’ordre des révélations privées et ne sont surtout pas à considérer comme un 5ème Evangile, le danger résident de goûter à ces écrits « pour vivre une expérience quasi sensorielle ». Ces révélations sont belles dans la mesure où elles demeurent une aide dans notre méditation, au même titre que la méditation ignacienne (sentir, goûter, toucher, entrer dans la scène biblique, etc.) mais sans plus.

 

Une question qui reste à se poser, et qui est une question de fond, pourquoi y-a-t-il des révélations privées ? Pourquoi de grandes saintes et saints en ont bénéficié ?

Si l’on prend l’exemple du Padre Pio qui a été canonisé, il fut bien contraint à n’avoir aucun contact avec l’extérieur pendant un nombre d’années considérable de sa vie, accusé d’être un simulateur alors que la sainteté de vie n’est plus à démontrée aujourd’hui. Cet exemple est loin d’être unique dans l’histoire de l’Eglise ! Saint Padre Pio non seulement permettait la lecture des écrits de Maria Valtorta mais les recommandait même aux âmes dont il avait la direction.

Marie-Magdeleine suivant une description de Maria Valtorta

S Pie XII disait : « Publiez l’œuvre tel quel. Il n’y a pas lieu de donner une opinion quant à son origine, qu’elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui liront comprendront ».

 

Voici ce qu’en dit Augustin Bea (1881-1966) cité plus haut, directeur de l’Institut Biblique Pontifical, futur cardinal et confesseur de Pie XII :  « J’ai lu plusieurs fascicules de l’ouvrage écrit par Maria Valtorta, en m’attachant plus particulièrement aux domaines exégétique, historique, archéologique et topographique. Pour ce qui est de son exégèse, je n’ai pas trouvé d’erreurs importantes dans les fascicules que j’ai examinés. En outre, j’ai été très impressionné par le fait que ses descriptions archéologiques et topographiques sont faites avec une exactitude remarquable. En ce qui concerne certains éléments exprimés moins précisément, l’auteur, interrogé par moi par le biais d’un intermédiaire, a donné des explications satisfaisantes. Ici et là, certaines scènes m’ont semblé décrites de façon trop diffuse, même avec beaucoup de couleurs vives. Mais de façon générale, la lecture de l’œuvre est non seulement intéressante et agréable, mais vraiment édifiante. Et, pour les personnes moins bien informées sur les mystères de la vie de Jésus, instructive. »

 

Le père Yannik Bonnet, prêtre français, répond à une dame qui lui pose la question « Peut-on lire Maria Valtorta ? ». Il lui dit : « Dès que l’Eglise entend parler de soi-disant révélations privées, première réaction : prudence, prudence, prudence. Personnellement, j’ai lu les 10 volumes de Valtorta et je trouve que « L’évangile tel qu’il m’a été révélé » éclaire beaucoup de choses. Et pour vous madame, si cette lecture vous rend plus aimante de Dieu, de l’Eglise et de votre prochain, continuez à la lire. »

 

Pour mère Téresa de Calcutta, selon ce que rapporte le Père Leo Maasburg, responsable national des missions à Vienne en Autriche et confesseur occasionnel de Mère Térésa pendant 4 ans, elle se déplaçait toujours avec trois livres : La Bible son Bréviaire et un troisième livre. À la question du P. Leo, elle lui dit qu’il s’agissait d’un livre de Maria Valtorta. À sa demande sur le contenu, elle lui dit et répéta simplement : « Lisez-le« .

 

Chacun réagira selon sa sensibilité, la mienne rejoint celle des personnes que je viens de citer, dans la mesure où la lecture de ces écrits me porte à aimer davantage Celui qui est tout pour nous. Veuillez excuser la longueur de cette présentation de Maria Valtorta, beaucoup plus courtes à l’origine, mais dont la critique m’a amené à préciser certains points afin qu’il y ait le moins de confusion possible pour le lecteur non averti.

 

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